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JUSTICE INTERNATIONALE…QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE?(3)

mars 29, 2009

JUSTICE INTERNATIONALE …QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE ?(3)

 

E- TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL POUR L’EX-YOUGOSLAVIE (TPIY) :

ORGANE SUPPLÉTIF DE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN ET DE L’OTAN

 

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie(TPIY), établi à La Haye, est un tribunal ad hoc créé officiellement le 25 mai 1993 par les résolutions 808 et 827 du Conseil de sécurité et le chapitre VII de la Charte des Nations unies. La création du TPIY a été justifiée par la nécessité de punir « les crimes et les atrocités » commis en Croatie et en Bosnie par les forces armées serbes. Les « crimes et atrocités » serbes ont été constatés par une commission d’experts créée à la fin de 1992 par les Nations unies pour enquêter sur les violations du droit international et du droit humanitaire dans l’ex-Yougoslavie. Dans son rapport, la commission affirme l’existence des massacres de civils torturés et emprisonnés et des réfugiés expulsés de leurs villages par dizaines de milliers. La Commission attribue ces massacres notamment à Srebrenica aux forces armées serbes accusées d’avoir commis des crimes de guerre « horribles , de génocide et des graves violations des Conventions de Genève et du droit international humanitaire.

 

Ce sursaut d’humanité dans l’ex-Yougoslavie de la part des Etats-Unis, de leurs satellites européens et des membres de l’OTAN paraît suspect et il cache bien les vrais enjeux dans les Balkans. D’ailleurs, on peut se demander depuis quand les États impérialistes se soucient des souffrances des autres alors qu’ils n’arrêtent pas de faire souffrir la planète entière soit par leurs guerres à répétition soit par leur système économique générateur de misère et de pauvreté. La stratégie des États impérialistes, Etats-Unis et Europe et leur bras armé, l’OTAN, est désormais bien connue et bien rôdée. Ils font semblant d’éteindre des incendies alors qu’ils sont eux-mêmes les vrais pyromanes.(sur les vrais incendiaires et les pyromanes, voir l’article « aggravation de la guerre en ex-Yougoslavie: plus les puissances parlent de paix, plus elles sèment la guerre » dans http://fr.internationalism.org  Ils ourdissent eux-mêmes les complots en semant la zizanie et en réveillant les vieilles rancunes entre des groupes ethniques et religieux pour les pousser à s’entretuer entre eux selon la stratégie bien connue du « combat de chiens ». Une fois leur stratagème réussi, ils appellent au châtiment des criminels alors qu’ils sont eux-mêmes à la fois les instigateurs les complices des criminels et des bourreaux. Avant l’invasion de l’Irak, la propagande américaine tournait à plein régime pour vendre l’idée que les Etats-Unis allaient « libérer » le peuple irakien d’un  dictateur et d’un régime sanguinaire détenteur des armes de destruction massive, les fameux ADM(voir l’article d’Ignacio Ramonet, Mensonges d’Etat, Le monde diplomatique, juillet 2003) La question que l’on peut se poser est la suivante: qui a fait le plus de morts en Irak ? Saddam Hussein ou George Bush ? Allez demander aux Irakiens aujourd’hui, six ans après l’invasion de leur pays, s’ils ne préfèrent pas mille fois la « dictature » de Saddam Hussein à la « démocratie » de George Bush.

 

Mais avant les ADM de Saddam Hussein, l’OTAN, les Etats-Unis et leurs satellites avaient déjà orchestré le thème de la « purification ethnique ». Il y a eu sans aucun doute de populations civiles croates et bosniaques massacrées mais aussi et des villageois expulsés de leurs villages. Mais on oublie d’ajouter aussitôt qu’il y a eu aussi et en même temps 200 000 serbes chassés de Croatie en 1995. En Turquie, des Kurdes ont été expulsés de leurs villages, mais personne n’a entendu parler de kurdes expulsés de leurs villages. Pourquoi ? Car la Turquie est membre de l’OTAN. Les Palestiniens ont été chassés de leurs terres et ils sont des réfugiés dans plusieurs Etats arabes, la soi-disant communauté internationale fait tout pour qu’ils restent des réfugiés. Pourquoi ? Parce que l’État sioniste qui les a chassés et expulsés de leurs terres est le gendarme des États impérialistes au Moyen-Orient qui considèrent le pétrole de cette région du monde comme leur propriété privée. Il y a eu certainement des représailles infligées par les forces serbes à la population albanaise, mais la Serbie de Milosevic fait figure de piètre amateur à côté des crimes commis par les Français en Algérie et par les Américains au Vietnam.

 

Pour préparer les opinions publiques occidentales à la guerre dans l’ex-Yougoslavie, les États impérialistes et l’OTAN ont avancé des chiffres astronomiques pour accréditer la thèse de la purification ethnique. Par exemple, la propagande US et OTAN fait état de 250 000 morts mais ce chiffre n’est que fabrication funeste maintes fois démentie par des observateurs et des journalistes des médias occidentaux présents sur le terrain. Le chiffre de 250 000 morts est un simple bidonnage et il a tout simplement été fabriqué pour le besoin de la propagande officielle. Le nombre exagérément gonflé de victimes albanaises ou kosovares était en réalité une pure tricherie médiatique ni plus ni moins. (Sur les mediamensonges pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie, Renaud de la Brosse, les medias de la haine, faculté de droit et de science politique de Reims, 2000 ; Renée LAROCHELLE, La grande peur des médias, le 17 novembre 1994, http://www.scom.ulaval.ca; Michel Collon, Dossiers Balkans, dans http://www.communisme-bolchevisme.net/; Michel Colon, Oui, Kouchner mentait, http://100langue2bois-over-blog.com; jean Toschi, la désinformation en ex-Yougoslavie et au Kosovo, http://www.csotan.org)

 

On retrouve le même bidonnage de chiffres avec la crise du  Darfour et avec la même tricherie médiatique pour démanteler le Soudan comme jadis l’ex-Yougoslavie. On invente des chiffres astronomiques comme jadis pour l’ex-Yougoslavie ou les victimes du stalinisme pour faire croire aux opinions publiques à l’existence de crimes et de génocide. Dans le cas du Darfour, on avance des chiffres allant de 600 000 à 3 millions de victimes, mais ces chiffres sont une pure invention, car personne n’est capable d’établir un chiffre exact et les populations civiles du Darfour sont victimes d’une guerre civile provoquer et alimentée en sous-main, grâce à des mouvements rebelles financés et équipées par les États occidentaux et Israël. Il y a quelques jours, le directeur des Médecins sans frontières au Darfour fait une déclaration à la chaîne arabe Al-Jazira dans laquelle il affirme qu’il n’ y a au Darfour ni génocide ni crimes de guerre ou crimes contre l’humanité, comme le prétend le procureur de la CPI, Luis-Moreno Ocampo. Car si c’était le cas, son organisation, Médecins sans frontières aurait évacué son personnel depuis longtemps. Or il n’en est rien puisque « Médecins sans frontières » continue à travailler sur place comme d’habitude. En réalité, la CPI et le procureur Ocampo se sont fondés sur des simples allégations et non sur des faits réels pour accuser  El-Bachir de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 

Revenons à présent au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie(TPIY). La preuve que le TPIY est un simple outil politique entre les mains des Etats-Unis, de l’OTAN et de leurs satellites européens. Plusieurs éléments concourent pour penser que le TPIY n’a pas été créé pour faire justice mais pour punir, un État, la Serbie et un président, Milosevic. Selon l’article 16 du TPIY, il est dit que le procureur agira de façon indépendante et sans instruction d’aucun gouvernement. Mais selon 32, les dépenses du tribunal sont couvertes par le budget de l’ONU. On ne voit pas comment les Nations unies rémunèrent des juges et dépensent des millions de dollars en frais de fonctionnement d’un tribunal pour aboutir à des décisions contraires aux souhaits et aux désirs des membres du Conseil de sécurité qui sont à l’origine de la création d’un tribunal ad hoc pour l’ex-Yougoslavie. La présidente du tribunal du TPIY, Gabrielle Kirk McDonald a dit elle-même à la Cour suprême : « Nous avons bénéficié d’un ferme soutien des gouvernements concernés et la ministre Madeleine Albright a œuvré avec détermination pour créer ce tribunal. Nous nous référons à elle comme « la mère du TPI ». Quand le procureur du TPIY Louise Arbour a inculpé Milosevic, elle a informé en premier Bill Clinton deux jours avant la diffusion de l’infirmation. Comme son successeur Del Ponte, elle entretenait des relations de copinage avec des hauts officiels américains et elle a rencontré même le secrétaire général de l’Otan  et son commandement en Europe « pour discuter des modalités de coopération ».  

 

Il y a un adage qui dit : dis-moi qui te paie, je te dirais comment tu juges. Le TPIY a reçu du gouvernement américain la somme de 70 000 dollars cash et une autre de 2,3 millions de dollars en ordinateurs. Le TPIY a reçu aussi 50 000 dollars de la fondation Rockefeller et 150 000 dollars et du milliardaire George Soros qui est aussi le financier du premier journal séparatiste albanais au Kosovo. Parmi les autres donateurs du TPIY  figurent le magnat des médias Tim Warner et l’Institut pour la paix créé par Ronald Reagan. En mai 2000, la présidente McDonald remerciait le gouvernement US pour la somme reçue de 500 000 dollars. Les juristes du TPIY sont recrutés parmi les membres de la Coalition for International Justice fondée et financée par George Soros. Il va sans dire qu’avec un tel financement par le gouvernement des Etats-Unis, les fondations anticommunistes et les grands capitalistes, Milosevic et tous les opposants à l’impérialisme américain dans les Balkans n’avaient aucune chance de passer par les mailles du filet et ils étaient condamnés d’avance. C’est ce que l’on appelle comme lors du procès de Nuremberg, une parodie de justice.

 

Un autre point de comparaison entre le TPIY et du Tribunal militaire international de Nuremberg est la violation des principes de la séparation des pouvoirs, l’égalité entre accusation et défense et la présomption d’innocence. Le TPIY a été créé en 1993 par deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur recommandation de Madeleine Albright, alors qu’il fallait, pour la mise en place d’un tribunal international, un traité ratifié par tous les Etats membres de l’ONU. Dans le cas du TPIY, ce sont les Etats-Unis qui ont imposé une lecture arbitraire du chapitre VII pour permettre au Conseil de sécurité de prendre des « mesures » visant à la restauration de la paix internationale. En quoi les conflits ethniques à l’intérieur de l’ex-Yougoslavie constituent-ils une menace pour la paix internationale pour justifier le recours au chapitre VII de la Charte des Nations unies ? Le TPIY a été créé non pas dans le but de rendre justice mais pour punir des responsables politiques serbes qui s’opposent aux intérêts des États impérialistes dans les Balkans.

 

Ce qui montre que le TPIY n’est pas un tribunal comme les autres tribunaux de l’ordre judiciaire des États, c’est qu’il édicte lui-même ses propres règlements et ses propres lois qui sont rétroactives et qui ont été rédigées expressément pour couvrir des faits antérieurs à la création du tribunal. Un autre cas qui montre l’arbitraire qui règne au sein du TPIY, seul le procureur mène l’enquête et il n’existe pas de juge d’instruction appelé à instruire à charge et à décharge. Le procureur peut refuser à la défense de consulter certains documents, photos et autres preuves matérielles. La source des témoignages peut rester secrète et des représentants d’États « amis de l’OTAN » peuvent déposer sans répondre aux interrogatoires. Une personne peu être inculpée sans connaissance préalable de son inculpation. Un suspect peut être détenu 90 jours avant d’être inculpé et cela dans le but de lui arracher des aveux sous la menace et la pression psychologique exercée durant les interrogatoires policiers.

 

En résumé, le TPIY est tout le contraire d’un tribunal de l’ordre judiciaire étatique et à ce titre il est comme le tribunal militaire international de Nuremberg, un tribunal de vengeance érigé par les États impérialistes pour punir tous ceux qui sont tentés tant soit peu de s’opposer à leur politique hégémonique. 

 

F- LE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA(TPIR) ET LE TRIBUNAL SPECIAL POUR LA SIERRA LEON(TSSL) :

OUTILS D’INTIMIDATION

 

Les TPIR et TSSL, créés respectivement en 1994 et 2002 font partie de la guerre psychologique préventive internationale qui est destinée à intimider les dirigeants africains pour les contraindre à obéir au diktat et aux exigences des multinationales occidentales qui exploitent les richesses agricoles et minières de l’Afrique.

 

G- LE TRIBUNAL SPÉCIAL POUR LE LIBAN :

ORGANE D’INSTRUMENTALISATION

 

Le tribunal spécial pour le Liban a été créé par la résolution 1757 du Conseil de sécurité suite à l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005. Ce tribunal dont le siège a été établi à La Haye est doté d’un budget annuel de 30 millions de dollars pour trois ans et financé à 49% par le gouvernement libanais et le 51% par les Etats-Unis et la France et d’autres pays du Moyen Orient.

 

Maintenant que la machine est bien rodée, comme dans l’ex-Yougoslavie, le Conseil de sécurité a été saisi, sur demande de Chirac, en dépêchant tout de suite après l’assassinat de Rafic Hariri, une mission d’évaluation au Liban. Cette mission avait conclu à la responsabilité des services syriens en proposant dans la foulée ses services d’assistance à la justice libanaise. D’un simple enquêteur sur le terrain, le chef de mission d’assistance, l’Allemand Detlev Mehlis, s’est vite transformé en procureur connu pour ses liens anciens et étroits avec les autorités américaines. Pour son enquête, Il a recueilli des témoignages douteux qui avaient été rémunérés par le fils du défunt Saad Harari et par Rifaat El-Assad, un oncle du président syrien devenu agent proche de la CIA. Comme dans le cas de l’ex-Yougoslavie, la commission d’assistance est devenue une commission d’enquête conduite par le Belge Serge Brammertz. Arguant de l’incapacité de la justice libanaise à mener l’enquête sur l’assassinat de Hariri, la France appuyée par les Etats-Unis ont proposé la création d’un tribunal international spécial pour sanctionner cette enquête. L’idée de créer un tribunal spécial pour enquêter et juger des auteurs et des faits commis à l’intérieur des frontières d’un État constitue un précédent de nature à décrédibiliser le Conseil de sécurité et à saper son autorité comme l’a affirmé l’ambassadeur de Chine au Conseil de sécurité, Guangya Wang lors du vote de la résolution 1757 intervenue le 30 mai 2007.

 

Sous le choc, grâce à une intense propagande internationale menée par les Etats-Unis et la France, une partie de l’opinion publique libanaise avait alors accusé la Syrie considérée comme la seule responsable de la mort de Rafic Hariri. Ceux qui ont accusé Damas prétendent que la Syrie voulait se venger du président français Jacques Chirac et de son ami Rafic Hariri pour avoir fait voter en septembre 2004, au Conseil de sécurité des Nations unies, et avec le soutien de Washington, la résolution 1559 sur le Liban réclamant le départ du président Emile Lahoud et de « toutes les forces étrangères qui y sont encore et le désarmement des milices libanaises ou non ».

 

La création d’un tribunal spécial pour le Liban pose un certain nombre de questions. D’abord, l’assassinat du premier ministre libanais, Rafic Hariri est un crime commis à l’intérieur des frontières d’un État souverain au regard du droit international. Le Liban est un membre de l’ONU comme tous les autres Etats. Le crime commis étant de droit commun, sa punition devrait relever logiquement de la seule compétence des tribunaux libanais. En outre cet acte ne figure nulle part dans la Charte des Nations unies qui permet au Conseil de Sécurité d’adopter des mesures dans le cadre du chapitre VII. Dans l’article 39 de la Charte de l’ONU, certaines hypothèses peuvent être envisagées comme la menace contre la paix, la rupture de la paix ou l’acte d’agression. En quoi l’assassinat de Rafic Hariri sera-t-il de nature à menacer la paix, à rompre la paix ou à constituer un acte d’agression ? En quoi l’assassinat de Rafic Hariri menace-t-il la paix internationale ? Ou encore, pourquoi un tribunal pénal international sera-t-il créé expressément pour juger la mort d’une seule personne alors qu’il n’existe pas à ce jour de tribunaux pénaux internationaux pour juger les millions de morts irakiens et des dizaines de milliers palestiniens ? A travers le tribunal spécial pour le Liban,  le Conseil de sécurité apparaît plus comme un fauteur de troubles et un déstabilisateur que comme un médiateur désintéressé soucieux de paix et de sécurité au Moyen Orient. Alors que pour la Palestine et pour l’Irak, le Conseil de sécurité est plongé dans un coma profond, il se réveille brusquement pour s’ingérer dans les affaires intérieures libanaises. Ce geste est plus que douteux.

 

Le tribunal pénal créé spécialement pour juger la mort de Rafic Hariri est une instrumentalisation de la justice internationale pour servir les intérêts politiques et géostratégiques des Etats-Unis, de la France et de l’État sioniste. Les Etats-Unis et la France ont aidé à la création du tribunal spécial pour le Liban pour mettre sous pression la Syrie et son allié libanais, le Hezbollah allié de l’Iran et de Damas. Mais ce tribunal servira aussi de monnaie d’échange dans des futurs règlements entre la Syrie et Israël sur le plateau du Golan occupé. Outre ce problème d’instrumentalisation, une toute dernière mérite d’être posée : valait-il la peine de dépenser 30 millions de dollars annuel pour un bilan plus que mitigé : 48 accusés détenus, 31 faisant l’objet d’un mandat d’arrêt et 23 personnes jugées ?

 

H- PRISONS SECRÈTES DE LA CIA

 

Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, la CIA a mis en place un système de prisons secrètes dans huit pays dont la Thaïlande, Afghanistan, dans certains pays d’Europe de l’Est et la prison de Guantanamo. Malgré leurs dénégations, les gouvernements russe, bulgare, slovaque et hongrois figurent parmi les pays qui abritent  des prisons secrètes de la CIA. Dans une interview, le ministre tchèque de l’intérieur déclare que son gouvernement a rejeté une demande la CIA pour l’installation d’une prison secrète sur le territoire de son pays. Selon l’un porte-parole de la Croix Rouge, la Pologne et la Roumanie sont des pays hôtes des prisons secrètes de la CIA . Sur les 3000 militants islamistes arrêtés par les Etats-Unis suite aux éventements du 11 septembre, seuls quelques centaines sont détenus à Guantanamo et les autres ont été envoyés aux services secrets égyptiens, jordaniens, marocains, afghans, et à d’autres services de renseignements.

 

Les conditions de détention dans ces prisons secrètes de la CIA ont été qualifiées par certains observateurs des « lieux noirs »  « Black-sites », car les prisonniers sont confinés dans un noir total au fond de leurs cellules. Ils n’ont pas de droits reconnus et personne, en dehors des gents de la CIA, n’est autorisée à leur rendre visite pour s’enquérir des conditions de leur détention. L’existence de ces prisons secrètes de la CIA n’est connu que par une poignée de responsables américains, le président américain et les services des renseignements des pays d’accueil. Ces prisons secrètes de la CIA ont été conçues pour contourner les législations américaines sur les droits de défense des prisonniers. Il faut savoir que les détenus dans les prisons secrètes de la CIA ne sont pas des prisonniers comme les autres, car contre lesquels, il n’existe aucune charge ou un crime. Ils sont emprisonnés seulement dans le but de contourner les législations légales en matière de protection des droits des prisonniers. D’autant plus que les pays d’accueil des prisons secrètes de la CIA sont tous des Etats signataires de la Convention des Nations unis contre la torture, la cruauté et les traitements inhumains et dégradants des prisonniers. Pour arracher des aveux ou obtenir des renseignements, les enquêteurs de la CIA sont autorisés à se rendre dans les pays d’accueil en utilisant leurs propres techniques d’interrogation qui sont interdites par la convention des Nations unies ou même par la loi militaire américaine.

 

Les images diffusées sur les mauvais traitements des prisonniers irakiens dans la prison d’Abu Graib en Irak donnent déjà une idée des techniques de la torture pratiquées par la CIA dans ses prisons secrètes (Pour plus d’informations sur les techniques de la torture de la CIA, lire l’interview du professeur McCoy dans http://www.radicalleft.net /blog/archive/2006/2/191/1772164.html

 

Fin de la Troisième partie

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie(TPIY), tribunal pénal international pour le Rwanda(TPIR), tribunal spécial pour la Sierra Léone(TSSL), tribunal spécial pour le Liban, prisons secrètes, CIA, torture.

JUSTICE INTERNATIONALE…QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE?(2)

mars 27, 2009

JUSTICE INTERNATIONALE …QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE ?(2)

 

UNE JUSTICE INTERNATIONALE À GÉOMÉTRIE VARIABLE

 

A- LE PROCÈS DE NUREMBERG :

UNE JUSTICE DE VENGEANCE ET DE VAINQUEURS

 

Après la défaite du nazisme, les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale se réunirent à Londres et décidèrent la création d’un tribunal spécial pour punir les hauts responsables du régime nazi. Ce fut le tribunal militaire international de Nuremberg créé par les accords de Londres du 8 août 1945 qui définirent le statut du tribunal, ses règles de fonctionnement, les procédures à suivre ainsi que la nature des chefs d’accusation. Un Tribunal parallèle fut institué à Tokyo le 16 janvier 1946 pour juger les hauts responsables japonais militaires et politiques.

 

Comme le montrent les accords de Londres, la création du tribunal de Nuremberg était motivée moins par des impératifs de justice et le respect des principes juridiques du droit international que par la volonté des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale de punir et d’humilier leurs ennemis nazis. Les Alliés ont voulu se faire justice eux-mêmes sans faire beaucoup de cas de l’ordre juridique existant ou de s’embarrasser de principes moraux transcendants. Autrement dit, le procès du Nuremberg était une parodie de justice et une simple mise en scène médiatique, car, avant le projet de création du tribunal de Nuremberg, les Alliés voulaient tout simplement exécuter par fusillade ou par pendaison les hauts dignitaires du régime nazi. C’est notamment l’idée de Churchill qui prônait l’exécution par pendaison ou par fusillade après l’établissement d’une liste de noms préalablement établie. Mais les positions des Alliés ont évolué vers l’organisation d’un procès public des anciens dignitaires nazis surtout après l’arrivée de Harry Truman à la Maison Blanche et la conférence de Postdam. 

 

Le tribunal créé par les Alliés par les accords de Londres portait le nom de tribunal militaire international de Nuremberg.  Mais ce tribunal n’avait rien d’international puisqu’il avait été mis en place par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union soviétique. Le procès de Nuremberg avait été préparé par un juge de la Cour suprême américaine, Robert Jackson. Ce sont les procédures accusatoires anglo-saxonnes qui ont été choisies comme mode opératoire lors du procès.  Ce sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et les membres signataires des accords de Londres qui ont choisi à leur guise les chefs d’accusation et qui ont décidé de dire ce qui est crime contre l’humanité, crime de guerre, génocide, crimes contre la paix. La notion de complot n’est pas un principe du droit international mais l’œuvre d’un avocat américain, Marray Bernays. Pour juger les responsables nazis, les organisateurs du procès de Nuremberg avaient appliqué le principe de la non-rétroactivité, ce qui constitue une violation flagrante des lois pénales de la rétroactivité. En violant le principe de la rétroactivité, le tribunal de Nuremberg apparaît comme une juridiction de vengeance et non comme une justice équitable visant à punir ce qui est punissable et ce qui ne l’est pas. Au terme de ce procès, aucun des accusés n’a été acquitté, ce qui montre que le caractère purement médiatique du procès de Nuremberg dont le but était moins de rechercher la vérité et de rendre justice aux victimes et même aux bourreaux que de punir et d’humilier des vaincus et des ennemis. Au fond, le procès de Nuremberg n’a rien dévoilé sur ce qui différenciait la nature du régime nazi des autres régimes politiques européens à part les visées impérialistes des nazis qui étaient concentrées sur le continent européen alors que celles des Etats-unis, de la France, de la Grande Bretagne étaient plutôt l’Afrique et l’Asie. Ceux qui étaient sur le banc des accusés n’ont rien dit ou n’ont pas pu dire ni sur ce qu’était réellement le régime politique dont ils étaient les promoteurs et les acteurs ni leur rôle exact dans le fonctionnement de la machinerie nazie, car ce qu’ils préoccupaient avant tout, c’était moins de dire la vérité que de sauver leur peau et pour éviter la peine maximale. Sur les victimes juives pendant la Seconde Guerre mondiale, on peut faire la même remarque concernant le nombre de juifs victimes de la politique raciste nazie, car personne n’était capable d’établir le nombre exact de juifs péris pendant la Seconde Guerre mondiale, car ni les accusés ni les victimes n’étaient en mesure de produire des données fiables. Il est bien malheureux de parler de chiffres s’agissant de la mort d’hommes, juifs ou non juifs, mais la vérité n’était pas le cadet des soucis ni des Alliés ni des dirigeants nazis responsables de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. On comprend le doute de Richard Williamson, réhabilité par Benoît XVI puis révoqué de sa mission en Argentine pour avoir mis en doute le nombre de victimes juives pendant la Seconde Guerre mondiale en avançant le chiffre de 300 000 victimes juives et non pas 6 millions comme l’affirme la version officielle. Richard Williamson a bien raison de douter des chiffres officiels, mais il n’a jamais nié la réalité de l’holocauste. Ce qui a facilité grandement le travail des négationnistes, c’est plutôt l’industrie de l’holocauste et les commerçants de la Shoah. 

 

En définitive, le procès de Nuremberg était une parodie de justice et que l’on s’attendait par ailleurs comme dans chaque procès politique, à ce que les accusateurs et les accusés nous apprennent quelque chose sur la nature et les caractères d’un régime ou d’un système. Or le procès de Nuremberg étant plus un procès politique qu’autre chose, n’a rien apporté en matière de vérité historique et ce qui est dommage et pour les acteurs du moment et pour les générations futures.

 

B- CRIMES AMÉRICAINS À HIROSCHIMA ET À NAGASAKI

 

Le 6 août 1945, c’est-à-dire deux jours avant la création par les  Alliés, en vertu des accords de Londres, du tribunal militaire international de Nuremberg, les Etats-Unis d’Amérique lâchait peu après 8H15 sur la ville japonaise Hiroshima, sa première bombe atomique tuant sur le coup 237 062 personnes selon les derniers chiffres avancés par le maire de cette ville lors d’un discours prononcé en 2005. En quelques secondes, la bombe dont la puissance est l’équivalent de 15 000 tonnes de TNT a fait augmenter la température sur le sol à plus de 4000° . les blessures causées par la déflagration sont responsables de la mort de 65% des décès. La principale cause des décès a été l’irradiation instantanée au moment de l’explosion.

 

Le 9 août 1945, c’est-à-dire, seulement un jour après la création par les Alliés du Tribunal militaire international de Nuremberg, les Etats-Unis d’Amérique, cette « plus grande démocratie au monde », lâchaient sa deuxième bombe atomique sur la ville japonaise de Nagasaki tuant sur le coup d’après des estimations récentes, 80 000 personnes sur une population estimée à l’époque à 250 000 habitants. La bombe lancée sur Nagasaki était encore plus puissante que celle de Hiroshima, puisqu’elle équivalait à 20 000 tonnes de TNT contre 15 000 pour celle de Hiroshima. Parmi les « journalistes embarquées » de l’époque à des fins de propagande après le bombardement d’Hiroshima, figurait un certain Wilfred Burchett, journaliste au Daily Express de Londres. Premier journaliste occidental à entrer dans la ville sinistrée, il décrit ce qu’il avait vu dans un article intitulé «  J’écris cela comme un avertissement au monde ».(voir l’article de John Pilger dans le monde diplomatique, « quand les mots font écran à l’histoire », octobre 2004. L’avertissement lancé par ce journaliste concernait les effets de la radioactivité que les forces alliées d’occupation cherchaient à dissimuler. Les séquelles de la radioactivité sont: les leucémies, l’augmentation du nombre de cancers chez les survivants, cataractes, stérilité, fréquence des maladies pulmonaires, cardiaques, digestives. Encore aujourd’hui, au Japon, 252 000 personnes charrient les séquelles du bombardement atomique sur Hiroshima et Nagasaki. Sans parler de toutes les destructions matérielles engendrées par les effets des deux explosions atomiques.

 

La propagande états-unienne a toujours véhiculé l’idée que les deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki étaient destinées à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Or cette idée ne résiste pas un seul instant à l’analyse minutieuse des faits. Quand les Etats-Unis avaient décidé de lancer les deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, l’empereur Hirohito préparait depuis bien longtemps la reddition de son pays. D’abord, le Japon au moment où les Etats-Unis avaient décidé de lancer leurs deux bombes atomiques était à genou et il était prêt à signer sa réédition. En août 1945, le Japon était un pays terrassé et à bout de souffle, avec des mouvements de résistance brisés, une armée défaite et des troupes soviétiques au Manzhougou. Comme l’explique John Pilger dans un article publié dans le journal anglais the Guardian du 6 août 2008, « The Lies of Hiroshima live on, props in the war crimes of the 20th century », le Japon cherchait la capitulation sans conditions. Ce que révèlent des documents dans les Archives nationales de Washington qui confirment que le Japon voulait capituler dès 1943 et encore plus en mai 1945 c’est-à-dire au même moment que l’Allemagne nazie.  

 

En réalité, les deux bombes d’Hiroshima et de Nagasaki avaient bien d’autres objectifs que d’obtenir la capitulation du Japon. D’abord, les deux bombes atomiques étaient destinées à affiner les expériences en vue d’améliorer la puissance des futures générations d’armes nucléaires. Ensuite, les deux bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki faisait partie d’une guerre psychologique préventive visant l’Union soviétique et le communisme international. Les deux bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagasaki ayant entraîné la mort de 300 000 personnes sans parler des séquelles d’hier et d’aujourd’hui de la radioactivité visaient d’autres objectifs politiques et psychologiques que d’obtenir la reddition sans condition du Japon. Si les Alliés étaient logiques avec eux-mêmes, ils se seraient appliqués les principes du tribunal militaire international de Nuremberg en jugeant Harry Truman, William Pearsons, chargé de la maintenance et de l’assemblage de la bombe, Paul Tibbets, le commandant de bord du bombardier B-29 pour les crimes suivants:

-crimes de guerre,

- crimes contre l’humanité,

-violation de la Convention de la Haye sur les coutumes de guerre,

- violation des Conventions de la Haye de 1899 et de 1907 pour usage des armes nucléaires, l’emploi de poison ou d’armes empoisonnées, attaque ou bombardement, par tout moyen, de villes, habitations et bâtiments non défendus. Rappelons que lors des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki, les Etats-Unis étaient signataires des deux Conventions de La Haye de 1899 et de 1907. Les nazis n’ont pas lancé des bombes atomiques sur les villes européennes ni sur les villes américaines et pourtant les hauts dignitaires du Troisième Reich ont tous été condamnés pour crimes de guerre, crimes contre l’Humanité, complot contre la paix etc.

C- CRIMES FRANÇAIS EN ALGÉRIE

 

On parle trop souvent de crimes nazis, de crimes staliniens, mais on ne parle jamais des crimes des Français en Algérie notamment à partir du début de l’insurrection algérienne, le premier novembre 1954. Les historiens de l’Algérie française sont unanimes pour admettre les tortures infligées aux combattants du FLN et à tous les Algériens soupçonnés de complicité ou de collaboration avec les nationalistes. Il faut reconnaître que les méthodes des tortionnaires français en Algérie sont des méthodes prouvées ayant une réputation mondiale comme en témoigne l’aide demandée par les tortionnaires américains dans leur prétendue guerre au terrorisme et pour lutter contre la résistance en Irak. La répression française en Algérie s’est intensifiée après du 7 janvier 1957 quand Lacoste avait transmis pleins pouvoirs aux généraux  Massu et Bigeard chargés de réprimer durement l’offensive nationaliste. Par exemple, le dirigeant nationaliste Larbi Ben M’hidi avait été assassiné par l’équipe du commandant Paul Aussaresses.  Pour rétablir l’ordre public, les généraux et les parachutistes ont procédé à l’arrestation par milliers et à la torture généralisée. Ces méthodes violentes des généraux et parachutistes avaient à l’époque provoqué de vives réactions dans le monde entier. Pendant la guerre d’Algérie, la France a bafoué toutes les conventions internationales relatives à la conduite de la guerre.

 

Jusqu’à l’instauration de l’état d’urgence en avril 1955, par Edgar Faure, celui-là qui défendait les intérêts français lors du procès de Nuremberg, la torture était le fait de la police qui utilisait les grands moyens pour arracher des aveux et pour obtenir des renseignements sur le MTLD(Mouvement pour le triomphe des Libertés Démocratiques). C’est un article de Claude Bourdet qui révèle les méthodes répressives de la police française pendant la guerre d’Algérie. Cet article fait état de sévices répétés de 1950-1951 avec la complicité de la magistrature. Les deux techniques mises en œuvre par les policiers étaient l’eau et l’électricité. Des unités militaires étaient envoyées dans la campagne pour rechercher des renseignements par la torture et le pillage. Quand les villageois s’enfuyaient, les unités de campagne tuaient volailles et bétail. Tout algérien était suspect et ceux qui étaient arrêtés, hommes ou femme, disparaissaient à jamais sans avoir aucune idée du sort qui leur avait réservé.  Ces mesures répressives étaient prises avec l’aval du haut commandement au temps de Soustelle. Après la bataille d’Alger, la torture était  devenue méthodique et s’est érigée en système organisé avec des fichiers sur tous les suspects et une liste dressée destinée à faciliter la rafle massive dans les quartiers musulmans de la ville. Les personnes arrêtées étaient parquées dans des centres de  détention où ils soumis pendant leurs interrogatoires à la torture par l’eau et l’électricité. Après la torture, ceux qui ont été relâchés sont assignés à résidence et surveillés par des paras et des guetteurs. Beaucoup d’entre eux devenaient fous. D’après un rapport de la police, sur les 24 000 assignés dans les camps, 4000 avaient « disparu ». Dans son livre « damnés de la terre », Franz Fanon parle en témoin et en connaisseur des séquelles de la torture pendant la guerre d’Algérie (voir le chapitre guerre coloniale et troubles mentaux). Nous avons trouvé sur Internet le témoignage d’un résistant algérien torturé pendant la guerre d’Algérie (Lire le témoignage de M. Hammou Mohamed  dit Rachid, témoignage sur la Torture d’un résistant algérien. http://www. Geocities.com/acaoh/temoignagetorture.htm ?200924) Notons enfin le témoignage du général Aussaresses qui reconnaît dans ses mémoires sa responsabilité dans la torture pendant la guerre d’Algérie.

 

Quelle différence y-a-t-il entre les crimes nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et ceux des Français en Algérie ? Aucune. Et pourtant, personne n’a demandé à l’État français de rendre compte de ses crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Algérie alors que ce même État français avait reconnu deux fois sa responsabilité dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Comprendra qui pourra !

 

D-CRIMES AMÉRICAINS AU VIETNAM

 

Pendant la guerre du Vietnam, les Américains avaient utilisé des armes chimiques et bactériologiques prohibées par les deux conventions de La Haye, de 1899 et de 1907. D’abord, en intervenant au Vitenam, les Etats-Unis avaient commis un crime contre la paix si l’on se réfère aux principes adoptés par les Alliés pour juger les hauts responsables nazis. Ce n’est pas le lieu ici pour faire l’inventaire de tout ce que les Américains avaient fait pendant la Guerre du Vietnam. Il suffit tout simplement de rappeler les crimes commis par le lieutenant Wiliam Calley, chef de section au Vietnam qui avait ordonné en 1968 le massacre de civils vietnamiens, y compris des enfants à My Lai ; Traduit en cour martiale en 1970, il fut gracié par Nixon. Ce massacre de civils vietnamiens à May Lai par l’armée américaine aurait dû être jugé comme crime de guerre et crime contre l’humanité. Or il n’en est rien, car personne n’a entendu parler de ce massacre de May Lai et personne n’a réclamé justice devant un tribunal ou une cour internationale pour tous les crimes commis par les Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam. À ce jour, les Etats-Unis jouissent d’une totale et parfaite impunité.

 

Fin de la deuxième partie

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Tribunal de Nuremberg, Hiroshima, Nagasaki, bombe atomique, torture, guerre d’Algérie, guerre du Vietnam.

JUSTICE INTERNATIONALE…QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE?(1)

mars 26, 2009

JUSTICE INTERNATIONALE …QUELLE JUSTICE INTERNATIONALE?(1)

 

Le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) Luis-Moreno Ocampo, vient de délivrer un mandat d’arrêt contre le président soudanais, Omar EL-Bachir pour génocide et crimes contre l’humanité au Darfour. C’est du jamais vu dans l’histoire judiciaire où un président en exercice se voit inculper non pas par la justice de son pays mais par une juridiction internationale. Ce mandat d’arrêt contre un président en exercice constitue un précédent et une violation de la convention de Vienne de 1961 relative à l’immunité diplomatique dont bénéficient les Chefs d’État au cours de leurs mandats. Le gouvernement et le peuple soudanais ont naturellement opposé une fin de recevoir à la décision du CPI en manifestant leur colère dans la rue et en fustigeant une justice à deux vitesses mise au service des intérêts du néocolonialisme et de l’impérialisme. Seuls quelques opposants au régime tels que EL-Turabi et le parti de la Justice et de l’Egalité qui a récemment ouvert un bureau en Israël ont approuvé la décision de la CPI. La Ligue arabe, les États arabes ainsi que l’OUA ont également rejeté la décision de la CPI.

 

Rappelons en quelques mots l’histoire de la CPI quitte à revenir dans notre quatrième partie sur les conditions politiques de sa création. La CPI a été créée par le traité de Rome du 17 juillet 1998 lors de la Conférence diplomatique de plénipotentiaires des Nations unies. À ce jour, 106 États ont ratifié le statut de la CPI et depuis l’entrée en vigueur de la CPI le 1er juillet 2002, c’est l’Argentin Luis Moreno Ocampo qui fait office de premier procureur. Parmi les pays qui ont refusé de ratifier le statut de la CPI figurent les Etats-Unis, Israël, Russie, Chine mais aussi le Soudan. La CPI a été conçue comme une instance permanente venant suppléer les tribunaux exceptionnels comme le TPIY(tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie), TPIR(tribunal pénal international pour le Rwanda), le TSSL(Tribunal spécial pour la Sierra Léone), le Tribunal spécial pour le Liban), des tribunaux qui sont des tribunaux provisoires et dont la création est soumise à des conditions politiques. Le CPI est compétente pour juger trois sortes de crimes jugés graves commis contre les individus: génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.  

 

Les chefs d’accusation de la CPI retenus contre le président soudanais EL-Bachir sont au nombre de sept; cinq sont qualifiés de crimes contre l’humanité et deux crimes de guerre. Les crimes contre l’humanité concernent: le meurtre, l’extermination, déplacement volontaire de populations, torture, et viol et les crimes contre l’humanité concernent des raids contre les populations civiles et le vol. La CPI reproche à El-Bachir d’être responsable pénalement des crimes commis au Darfour depuis 2003 contre des mouvements rebelles et les populations civiles. Les faits allégués remontent à avril 2003 avec le raid sur l’aéroport d’Al-Facher qui a été planifié, d’après l’accusation, par El-Bachir et des hauts responsables politiques et militaires. Pour l’exécution du mandat d’arrêt contre El-Bachir, la CPI va demander la coopération des États voisins du soudan et des États membres des Nations unies. Mais l’Éthiopie voisine du Soudan a fait savoir qu’elle ne collaborerait pas avec la CPI.

 

DROIT ET CAPITALISME

 

Pour justifier la création de la CPI, ses concepteurs évoquent l’universalité des Droits de l’Homme et du Droit international humanitaire et le respect d’une règle de droit. Ils considèrent la création de la CPI comme un instrument de nature à responsabiliser les dirigeants politiques en jouant un rôle préventif et dissuasif.

 

L’idée selon laquelle la création de la Cour Pénale Internationale est motivée par « l’universalité des Droits de l’Homme et du Droit International et le respect d’une règle de droit » est simpliste à bien des égards et elle ne résiste pas un seul instant à l’examen critique. Il faut d’emblée écarter un certain nombre de malentendus sur les concepts du droit et de la justice. D’abord, on a trop souvent associé droit et justice alors qu’il n’existe aucun rapport intrinsèque entre les deux notions. Ceux qui croient que la justice est là pour appliquer ou pour dire le droit sont le fait d’une corporation, celle des juristes fortement endoctrinée et soumise durant de longues années à un lavage de cerveaux dans les Facultés de droit. C’est cet endoctrinement qui conduit les juristes à identifier droit et justice et qui les empêche du coup de voir la vraie nature du droit qui est déterminée par les rapports de production. Il semble que le temps de faire une énième critique de la science juridique est maintenant dépassé, car tous ses postulats de base se sont effondrés comme un château de carte et que plus personne ayant un peu de bons sens ne prend au sérieux ce que raconte les juristes et les hommes de loi. Si les postulats de la science juridique se sont révélés inopérants, c’est parce qu’on a voulu dériver le droit d’une instance métaphysique, la soi-disant nature humaine immuable qui transcende l’histoire concrète des hommes et leurs conditions sociales bien déterminées. Autrement dit, ni l’État ni le droit ne peuvent s’abstraire de l’évolution historique des sociétés humaines. Plus personne ne nous fera croire que les théoriciens du droit naturel et les juristes qui s’en réclament soient capables d’expliquer et de comprendre les grandes lois d’évolution de nos sociétés. Le droit, dans ses déterminations générales, le droit en tant que forme, existe seulement dans le cerveau et les théories des juristes spécialisés et nullement dans le réel. Le droit a une histoire parallèle qui ne se recoupe pas avec la discipline juridique officielle telle qu’elle est actuellement enseignée dans les universités et les Facultés de droit. Le droit n’est pas un système de normes abstrait, il est un système particulier qui détermine les rapports contractuels des hommes; il n’est pas le produit d’un choix conscient mais il a été engendré sous la contrainte des rapports de production. En un mot, le droit moderne puise ses racines dans les rapports de production capitalistes. Car le propre du droit moderne est de créer des sujets juridiques à la fois libres et égaux. Si les hommes sont libres et égaux, ce n’est pas parce que leur nature humaine qui les rend libres et égaux mais parce que c’est le commerce juridique qui veut qu’ils soient ainsi. Ce rapport juridique qui a pour forme le contrat est l’expression des volontés à travers lesquelles se manifeste le rapport économique. Les hommes n’ont affaire les uns aux autres qu’autant qu’ils sont les propriétaires d’une marchandise. Le droit moderne est par conséquent l’expression d’un système de plein marché où les hommes deviennent effectivement libres d’aliéner leur pouvoir, à un certain prix, comme certains y sont contraints, faute de disposer des moyens de production qui leur permettraient de réaliser leur propre bien en toute indépendance. C’est bien ce type de société tout à fait distinctif qui nécessite un type de régulation juridique que Macpherson appelle « l’individualisme possessif ». L’individualisme possessif consiste à ce que les hommes sont considérés comme des propriétaires de leur propre corps, dont ils sont libres, en même temps que contraints, de vendre l’usage aux possesseurs des capitaux. C’est pourquoi la doctrine du droit naturel constitue le fondement de toutes les théories bourgeoises du droit. A une certaine époque, l’école du droit naturel fut l’expression la plus marquée de l’idéologie bourgeoise. Mais passé le XIXe siècle, l’idéologie du droit naturel semblait battre de l’aile et il a fallu la remplacer par une autre doctrine plus adaptée à l’évolution de la bourgeoisie et à la consolidation de son État de classe. Le signe de l’épuisement de la doctrine du droit naturel a été donné par le positivisme juridique et l’école normative de Kelsen qui conçoit le droit comme un système hiérarchique de normes où les normes supérieures déterminent les normes inférieures. Avec le positivisme juridique de Kelsen, le droit s’est perdu dans des artifices méthodologiques et formels-logiques stériles à bien des égards.

 

DROIT INTERNATIONAL OLIGARCHIQUE ET PLOUTOCRATIQUE

 

Sur l’existence ou non d’un droit international, les opinions divergent. Les négateurs du droit international refusent d’attribuer  au droit international le statut de droit. Outre le professeur allemand Gustav Adolf Waitz, Hans Morgenthau, principal théoricien de l’école réaliste, réagit vigoureusement contre ceux qui croient en l’existence d’un droit international. Dans son « Politics among Nations, the struggle for Power and Peace ». Hans Morgenthau considère que les États poursuivent un seul objectif: l’accroissement de leur puissance économique, politique, militaire et culturelle. Il reconnaît certes un certain rôle au droit international, à la morale et à certains mécanismes des organisations internationales mais seulement à titre de modérateurs et de frein à la volonté de puissance des Etats. Pour garder sa puissance, l’État ne doit pas hésiter à recourir à la force pour appuyer le cas échéant sa diplomatie. Celle-ci peut en effet utiliser trois moyens: la persuasion, le compromis et la menace d’user de la force. Hans Morgenthau a été influencé par l’historien allemand Treitschke et par le théologien Reinhold Niebuhr qui considère que la nature humaine étant corrompue par le péché, c’est ce qui rend les collectivités et les sociétés humaines encore plus égoïstes et plus violentes que les simples individus.  Morgenthau s’oppose à l’idée que la paix puisse être préservée par une gouvernance mondiale. Morgenthau est d’accord avec le Président Harry Truman qui voulait faire de l’Amérique la nation la plus forte et une puissance assumant un rôle de dirigeant dans les relations internationales.

 

Cette conception réaliste de Morgenthau a fait des adeptes en Europe avec le professeur anglais G. Schwarzenberger, Raymond Aron et Georges Burdeau en France. Pour ce dernier, le droit international n’est pas un véritable droit en établissant une distinction entre ceux qui conçoivent le droit international et ceux qui l’appliquent, c’est-à-dire les Etats. Une deuxième objection soulevée par Burdeau contre le droit international est l’existence de règles internationales d’origine diverse qui empêchent la formation d’un corpus cohérent et sans faille. Mais le droit international a aussi ses partisans comme G. Scelle, disciple de Léon Duguit et de Durkheim, qui a élaboré une théorie solidariste de la société internationale.

 

Mais l’erreur des partisans comme des adversaires du droit international réside dans le fait qu’ils considèrent le droit comme l’expression d’une « communauté » d’intérêt, d’idéologies, de croyances, de valeurs etc. Dans leur conception du droit international, les théoriciens du droit international éludent la question des antagonismes et des contradictions sociales. D’abord, le droit international fait partie de la superstructure idéologique et il est au même titre que le droit interne, le produit des rapports de production capitalistes. Si droit international il y a, il ne saurait être que l’œuvre d’États hégémoniques qui édictent eux-mêmes les règles du jeu et qui les imposent par la force et par la violence aux États faibles. S’il y a droit dans nos sociétés actuelles, ce n’est pas, comme affirment les juristes, par amour de la justice, la quête du juste et le respect des principes moraux mais pour maquiller par des artifices juridiques et des schémas formels, les antagonismes et les contradictions sociaux. Le droit international actuel, comme le droit interne, permet justement l’escamotage momentané des antagonismes entre les États et la dissimulation des mécanismes de l’exploitation dont sont victimes les États faibles. C’est pourquoi on peut dire avec M. Bedjaoui, que le droit international qui régit actuellement les relations entre les États, est un droit oligarchique et ploutocratique qui a été mis en place par quelques États capitalistes membres d’un club fermé pour leur permettre d’exploiter les peuples du Tiers monde. Ce sont les fondements de ce droit international oligarchique et ploutocratique que les États du Tiers-monde ont toujours cherché à remettre en cause. En vain.

 

Fin de la Première partie

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : justice internationale, droit international, Cour pénale internationale, droit, capitalisme

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

mars 17, 2009

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

 

Par Faouzi ELMIR  pour mecanopolis

 

Quand on évoque la question de la guerre dans la vie internationale, on pense immédiatement à la guerre militaire. Mais on oublie très souvent qu’à côté des conflits armés et de la guerre militaire entre les Etats, il existe une autre guerre qui les précède et qui les prépare, la guerre psychologique. À la place des obus et des missiles qui tuent sur le coup, la guerre psychologique internationale utilisent des mots et des images transmis par des moyens de communication de masse(MCM) qui produisent et diffusent des milliards d’informations et qui touchent instantanément, en quelques fractions de seconde des milliards d’hommes à travers la planète.  Ces milliards de messages vont servir de support à la propagande politique et militaire dont l’objectif est de modifier la machinerie psychique des hommes en leur inculquant des leviers psychiques d’adhésion ou de rejet des personnes, des idées, des propositions, des concepts, des programmes, des politiques, des groupes, des races, des religions, des nations ou des Etats. Ces leviers psychiques opèrent sous forme de réflexes conditionnés déclenchés à distance par des meneurs, grâce à des mots-clés poison ou des mots-clés vertus, des images, des messages, des symboles, des slogans. 

Article disponible à partir de minuit 18 mars 2009 sur le site www.mecanopolis.org

LE RAISONNEMENT JUDICIAIRE A L’EPREUVE DE LA SIONISATION DES ESPRITS

mars 17, 2009

LE RAISONNEMENT JUDICIAIRE À L’ÉPREUVE DE LA SIONISATION DES ESPRITS

 

Par Faouzi ELMIR pour mecanopolis

 

Au moment où nous terminons la rédaction de ce texte, le Tribunal Pénal International(TPI) vient de lancer un mandat d’arrêt contre le président soudanais, OMAR EL-BACHIR, pour génocide, crimes de guerre et génocide contre l’humanité au Darfour. Cet événement exceptionnel montre l’ampleur de la sionisation des esprits qui n’engendre pas seulement la politique du deux poids et deux mesures dans les relations internationales mais atteint également la justice nationale et internationale. Le TPI reproche au  président soudanais d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre les populations du Darfour mais ce même TPI n’a pas cru d’enquêter sur tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité des perpétrés par les Etats impérialistes depuis la Seconde Guerre mondiale pour ne pas parler de toutes les guerres coloniales depuis la fin du XIXe siècle. En lançant l’équivalent des cinq bombes d’Hiroschima sur l’Irak, entraînant la mort d’un million et demi d’irakiens sans compter la destruction totale d tout un pays, le TPI n’a pas cru utile de demander à Georges Bush deTony Blaire de rendre compte de leurs crimes de guerre et de leurs crimes contre l’humanité en Irak, L’entité sioniste en Palestine qui a massacré des centaines de milliers de palestiniens et de libanais depuis plus de quarante ans avec l’utilisation des armes biologiques et chimiques prohibées par les conventions internationales et qui n’a jamais respecté une seule décision de la « communauté internationale », le TPI n’a pas cru là aussi utile de demander aux dirigeants sionistes militaires et politiques de rendre compte de leurs crimes de guerre et de leurs crimes de l’humanité. Nous n’avons jamais vu ni le Conseil de sécurité de l’Onu, ni le TPI ni les pays Occidentaux s’activer pour demander justice pour les victimes irakiennes et palestiniennes. Le mandat d’arrêt du TPI contre le président soudanais illustre une fois de plus l’instrumentalisation de la justice au service des intérêts américano-sionistes dans la région du Darfour qui est, rappelons-le, une région riche en pétrole et qui se trouve en ligne de mire des Etats-Unis et d’Israël.

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