Archives pour juillet 2009

TOUR DE FRANCE: DECEREBRER LA MASSE ET FAIRE SON BEURRE

juillet 26, 2009

TOUR DE FRANCE :

DÉCÉRÉBRER LA MASSE ET FAIRE SON BEURRE

 

Avec l’éducation, la télévision et la presse, le sport est un puissant levier dont disposent les États capitalistes pour décérébrer les masses. Aussi les grands groupes capitalistes trouvent-ils dans le sport leur compte et surtout leurs comptes bancaires. Le succès populaire dont jouissent certains sports de compétition comme le Tour de France cycliste et le foot témoigne de l’état de délabrement mental des hommes qui est la condition sine qua non de leur asservissement politique et idéologique.

 

Par simple curiosité, nous nous sommes rendus sur un des lieux de passage du Tour de France. Dès les premières heures de la matinée, des routes ont été fermées et des effectifs de la gendarmerie nationale ont été déployés tout au long du parcours des cyclistes. Pour faire de la publicité pour leurs produits en profitant du champ des caméras de télévision, certaines entreprises avoisinantes ont sorti leurs véhicules publicitaires. Des marchands ambulants ont dressé tentes et parasols en proposant boissons rafraîchissantes, sandwichs et braisier (le barbecue). Pour ne pas rater le « spectacle de leur vie », badauds, estivants français et touristes se sont massés aux abords des routes sous un soleil de plomb en attendant le passage des cyclistes du tour de France.

 

Comme tous les curieux et les badauds, nous attendions impatiemment le passage des coureurs cyclistes du Tour de France. Quelques minutes après notre arrivée, nous voyons passer des véhicules publicitaires, Belin, Carrefour, Panach, LCL etc. Quelques minutes plus tard, suivent d’autres véhicules publicitaires appartenant à d’autres sponsors, Skoda, Etap Hotel, Cochonou, Norbert Dentressangle. Après un moment d’accalmie, nous voilà de nouveau avec d’autres véhicules de sponsors comme Festina, CSC, Antargaz, Brandt, Orange, Nesquik, Haribo, Ricoré, Sodexo, Culture Vélo, Kawasaki, Mavic, Kleber, Petit ambulances. Cela faisait plus d’une heure que nous attendions sous un soleil de plomb et le spectacle auquel nous avons assisté jusqu’ici, c’est un défilé ininterrompu des marques et des sponsors du Tour de France. Puis, nous voyons enfin arriver furtivement les premiers coureurs du tour de France suivis par les autres coureurs du peloton. Tout compte fait, la durée du spectacle, c’est-à-dire voir  en chair et en os les coureurs cyclistes du Tour de France n’a pas dépassé une minute alors que les spectateurs que nous avons passé plus d’une heure et demie sous un soleil de plomb à regarder passer les voitures publicitaires des marques et des sponsors du Tour de France. Le spectateur ne voit pas la même chose que le téléspectateur. Ce que montre la télévision ne correspond aucunement à la réalité, car le téléspectateur voit des coureurs cyclistes alors que ceux qui attendent sur les lieux de passages du tour de France, assistent à un défilé ininterrompu de marques et de sponsors. Cela s’appelle en langage juridique, une tromperie sur le produit, c’est-à-dire, vous croyez acheter un tel produit mais en réalité le vendeur vous vend autre chose, un autre produit qui n’a rien à voir avec ce que vous recherchiez initialement. 

 

Le Tour de France est d’abord et avant une entreprise commerciale qui utilise le sport pour faire de l’argent et rien que de l’argent. Les coureurs cyclistes, les Contador, les Armstrong, les Schleck, sont en réalité des marchandises comme les produits que l’on achète à Carrefour. Les cyclistes du Tour de France se dépouillent de leur identité pour devenir la propriété de leurs sponsors pendant toute la durée de la course. Tel coureur ou tel autre est membre d’une équipe propriété d’une marque ou d’une banque. Le tour de France est lui-même organisé par une entreprise capitaliste, Amaury Sports Organisation (ASO) qui prétend « organiser et développer des compétitions de qualité qui respectent les valeurs de l’éthique sport » mais dont l’objectif premier consiste à faire de l’argent sur le dos des coureurs cyclistes. 

 

Avec le Tour de France, nous avons un exemple grandeur nature de la manière dont le capitalisme a réussi à décérébrer les masses grâce au sport et aux loisirs débiles. Des heures durant, les téléspectateurs du Tour de France sont collés à leur poste de télévision pour regarder sans se lasser des hommes pédaler et pour écouter les commentaires infantiles des journalistes. Sur les lieux de passage des coureurs cyclistes, ce sont des foules en furie composées d’hommes et de femmes à moitié alcoolisées et à ventres dégoulinants, qui se déchaînement, qui hurlent, crient et applaudissent ceux qui contribuent grandement à leur dégénération mentale et intellectuels, les sportifs de compétition.

 

Le Tour de France nous fournit un autre exemple, celui du « vol » du temps des loisirs des salariés par les capitalistes. Logiquement,

les salariés devraient disposer comme bon leur semble de leur temps des loisirs. Or l’organisation du Tour de France coïncide avec les congés annuels de la plupart des salariés pour faire de l’audience pour faire de l’audience et pour ne pas laisser aux exploités du capital aucun moment de répit ou de récupération. C’est dire que dans un système capitaliste, le temps libre n’est pas vraiment du temps libre, car tout est fait pour ne laisser aucun loisir au salarié. Au même titre que la plus-value extorquée durant le procès de la production, le temps des loisirs est aussi un temps volé et un temps manipulé pour faire du profit. Le peu de temps « libre » laissé au salarié est aussitôt récupéré par les capitalistes avec l’aide des mass medias pour canaliser les activités dites de loisirs en permettant à des profiteurs comme c’est le cas d’Amaury Sports Organisation et de la société le Tour de France, à la fois de décérébrer la masse et de faire leur beurre.  

 

FAOUZI ELMIR

ODILE DEVEAUX

 

Mots-clés, Tour de France, argent, sport

 

 

 

 

 

 

CONQUETE DE LA LUNE: POUR UNE SOCIOLOGIE DE L’ANGOISSE

juillet 20, 2009

40ème anniversaire de la conquête de la Lune

 

POUR UNE SOCIOLOGIE DE L’ANGOISSE

 

Depuis une semaine, les Etats-Unis et leurs satellites européens célèbrent en grande pompe le 40ème anniversaire du voyage d’Apollo 11 et la marche du premier homme sur la Lune le 20 juillet 1969. Des journalistes et des scientifiques se bousculent pour venir relater dans les menus détails les préparatifs du voyage d’Apollo 11 qui avait permis aux trois astronautes, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins de fouler pour la première fois dans l’histoire de l’humanité le sol lunaire. À cette occasion, des festivités et des expositions sont organisées aux Etats-Unis et en Europe avec la réception à la Maison Blanche de l’équipage d’Apollo 11. Outre une conférence de presse donnée au siège de la Nasa à Washington, des images seront diffusées sur les sites d’alunissage et une soirée muscade sera animée par l’Orchestre symphonique national à Washington. Des festivités sont également prévues au Centre Kennedy en Floride, au centre spatial de Houston au Texas et au musée de l’Air et de l’Espace.

 

Ce tapage médiatique autour du voyage d’Apollo a de quoi surprendre quand on sait que le programme d’Apollo a été un fiasco total et dont les résultats sont insignifiants pour ne pas dire nuls au regard des sommes colossales dépensées. Par exemple, du point de vue de la connaissance, le programme d’Apollo n’a réalisé aucun progrès épistémologique puisque les connaissances que nous avons de la Lune et de son environnement remontent à Galilée. Les moyens déployés par le programme d’Apollo sont gigantesques puisqu’il a mobilisé 400 000 personnes et a coûté 25,4 milliards de dollars en 1969, soit 135 milliards en 2009.  Alors que l’argent coule à flot pour envoyer des hommes dans l’espace, 95% des 6,2 milliards de terriens vit dans la misère et la privation et les milliards de dollars dépensés pour des résultats si maigres auraient pu nourrir des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui meurent de faim en Afrique ou ailleurs. Contrairement à la célèbre phrase prononcée par Neil Armstrong pour qui marcher sur la Lune est un grand pas pour l’humanité, le voyage d’Apollo en juillet 1969 n’a fait avancer d’un seul iota l’humanité, à cause d’un mode de production fondé sur l’exploitation et le pillage des ressources naturelles des pays du tiers monde. Depuis la conquête de la Lune, le sort de la planète terre et les conditions de vie de l’écrasante majorité des hommes vivant sur la terre, loin d’être améliorés, se sont, bien au contraire, fortement et dangereusement dégradés. Depuis 40 ans, les terriens subissent de plein fouet les effets ravageurs et dévastateurs d’un système impérialiste mondial impérialiste qui a mis à feu et à sang notre planète terre.

 

Si le programme d’Apollo n’a rien changé au sort de l’humanité, il a en revanche permis à quelques industries de faire leur beurre notamment les industries fabriquant des matériaux et des circuits intégrés qui ont permis l’essor et le développement de l’informatique. Il faut dire que ce fameux voyage d’Apollo et la marche du premier homme sur la Lune le 20 juillet 1969 sont tombés dans les oubliettes de l’histoire puisque cet événement est passé inaperçu il y a 10, 20 ou 30 ans. Pourquoi alors ce réveil subit et cet engouement soudain pour le voyage d’Apollo 11 et la marche sur la Lune le 20 juillet 1969 ?

 

Si les Etats-Unis et leurs satellites n’avaient pas célébré en grande pompe, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, les 10ème, 20ème ou 30ème anniversaire de la conquête de la Lune, c’est parce que les États capitalistes n’avaient pas besoin d’un tel événement pour montrer leur puissance et leur hégémonie planétaire. En juillet 1979 ou en juillet 1989, malgré la guerre du Vietnam et la crise économique mondiale, les Etats-Unis restaient la première puissance économique et militaire et ils allaient devenir quelques mois plus tard avec la Chute du mur de Berlin en novembre 1989, le maître incontestable du monde. En Juillet 1999, les Etats-Unis, leurs satellites européens et l’OTAN ont resserré encore un peu plus leur étreinte sur le reste du monde puisqu’ils venaient de rayer de la carte d’Europe, le dernier vestige du communisme, avec le démantèlement de l’ex-fédération yougoslave. Quand on est le maître du monde, on n’a pas besoin du passé, de ses mythes et de ses légendes pour montrer sa puissance puisque les faits parlent d’eux-mêmes. Si les Etats-Unis et leurs satellites européens n’avaient pas célébré en grande pompe le 30ème anniversaire de la conquête de la Lune en juillet 1999, c’est parce qu’ils étaient à l’apogée de leur puissance et que leur domination sur l’ensemble de la planète était un fait avéré et indiscutable. À quoi bon faire appel au passé et aux mythologies politiques quand le présent sert lui-même de pièce de conviction et suffit amplement à prouver la puissance et la domination des maîtres actuels du monde ?

 

Mais, depuis dix ans, le monde a changé et notre monde en juillet 2009 n’est plus celui de juillet 1999. En dix ans, entre 1999 et 2009, le monde capitaliste dominé par les Etats-Unis vacille sur ses pieds et subit de plein fouet les effets d’une crise mondiale sans précédent. La crise immobilière de subprime et la cascade de faillites des grandes banques américaines ont mis à genoux le l’économie capitaliste que l’on croyait prospère et florissant. Les États capitalistes découvrent du coup une économie vacillante, un colosse aux pieds d’argile mais aussi un système qui n’est plus viable et qui s’oriente inexorablement vers sa fon promulguée. La théorie de la fin de l’histoire de Samuel Huttington s’est ainsi trouvée en porte à faux et infirmée par les faits quand les grandes banques américaines, symbole de la toute puissance économique américaine, se sont effondrées en quelques semaines comme un château de cartes. Les aventures militaires des Etats-Unis et de leurs satellites européens en Afghanistan et en Irak qui ont coûté des trillions de dollars ont saigné à blanc l’économe américaine qui est dans un état de putréfaction avancé et qui ne doit sa survie qu’à la perfusion publique avec à la clé des plans de relance à répétition financés par l’argent du contribuable et par l’épargne populaire. Les Etats-Unis et leurs satellites européens constatent par eux-mêmes que leur système tant vanté est en train de mourir de sa mort naturelle, à petit feu, faute de solutions et d’alternatives crédibles. En témoigne le nombre de chômeurs qui grimpe en flèche et que personne n’a la potion magique pour arrêter l’hémorragie et la descente en enfer. Pour divertir et maquiller les problèmes existentiels des victimes du capitalisme, les stratèges de la propagande politique rivalisent d’imagination en inventant des thèmes et des sujets comme la soi-disant pandémie de la grippe porcine. L’idée de célébrer en grande pompe le 40ème anniversaire du voyage d’Apollo 11 fait partie d’un plan préétabli décidé et concocté par des scientifiques et des agents de la propagande politique aux Etats-Unis et en Europe dans un but bien précis : manipuler le psychisme des masses.   

 

Mais la célébration du 40ème anniversaire de la marche du premier homme sur la Lune doit être interprétée aussi comme un symptôme pathologique de sociétés rongées par la peur et l’angoisse. N’ayant plus de perspectives d’avenir, les classes dominantes des Etats capitalistes sont en proie à des doutes et à des incertitudes qui favorisent les relents millénaristes, les nostalgies passéistes, le culte du chef charismatique et les obsessions maléfiques. La peur et la perte de sens provoquent la paralysie et l’inertie du corps social. L’inertie sociale et politique Marx la considère comme une forme d’aliénation engendrée par la division du travail dans le mode de production capitaliste et que certains sociologues comme Durkheim et Robert Merton l’analysent en termes d’anomie. Le sociologue américain Merton appelle anomie une situation objective d’un système social et « anomia » la réaction subjective de l’individu. Merton considère comme principal facteur objectif l’énorme décalage qui existe entre les objectifs acceptés par toute une société et les moyens réels de les atteindre qui sont à la disposition d’une partie seulement des membres de cette société. La meilleure illustration de ce décalage est la prospérité économique que tous rêvent d’atteindre mais à laquelle seulement quelques-uns parviennent. Dans ce cas, l’anomie se manifeste par la frustration et par un sentiment général d’impuissance due à l’impossibilité d’atteindre cet objectif dans le cadre d’une société existante. C’est ce décalage entre les objectifs et les moyens qui conduit à un phénomène de régression et à la recherche d’objets imaginaires et fantaisistes en signe de compensation. Pour Freud le recours à des objets fantastiques est provoqué par l’introversion considérée comme le décalage entre l’état d’insatisfaction de la libido et sa régression vers des objets imaginaires ou fantaisies. Pour Freud, c’est l’introversion qui se trouve à l’origine de la vie imaginative et qui favorise l’éclosion de l’art. Un artiste qui est par définition un introverti est un névrosé en puissance qui créé et invente un monde imaginaire pour compenser un manque et une insatisfaction réelle dans la vie quotidienne.

 

Méfions-nous des apparences trompeuses. Dans la célébration du 40ème anniversaire du voyage d’Apollo sur la Lune, il n’y a pas que de la science et de la technique. Il y a aussi une action de thérapie sociale et un brin de nostalgie envers un passé à jamais révolu. Au-delà du pavoisement et de l’autosatisfaction, la célébration du 40ème anniversaire d’Apollo révèle l’angoisse et la peur des classes dominantes dans les États capitalistes qui cherchent à les exorciser par la sublimation,par l’évasion extraterrestre et par la construction d’un monde imaginaire et fantastique. Ce phénomène de régression vers les objets imaginaires est le propre des grandes civilisations qui, à l’heure de leur crépuscule, opéraient un repli vers leur passé en inventant des mythes et des mythologies pour compenser leur impuissance à dominer le présent et à prévoir l’avenir.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : conquête de la Lune, Apollo 11, psychanalyse.

 

 

 

 

 

 

REUNION G8 EN ITALIE:L’IMPUISSANCE

juillet 10, 2009

RÉUNION DU G8 EN ITALIE

L’IMPUISSANCE FACE À LA MORT DU CAPITALISME

 

La réunion des dirigeants du G8 à l’Aquila en Italie ressemble plus à une veillée funéraire qu’à un rassemblement de chefs d’États et de gouvernement décidés à relever les grands défis auxquels se trouve confronté le monde actuel. Le spectacle donné par la réunion du G8 est celui de l’impuissance des États capitaliste et leurs États croupions du tiers-monde face à l’agonie et à la mort imminente d’un système qui a dominé le monde depuis cinq siècles. Lors de cette réunion annuelle, on aurait pu s’attendre à ce que les participants accordent une large place à d’une question d’une brûlante actualité, la crise du mode de production capitaliste. Or, il n’en est rien, car les dirigeants du G8 ont parlé de tout, c’est-à-dire des choses accessoires, insignifiants ou hypothétiques comme le réchauffement climatique sauf de l’essentiel, la crise du système capitaliste. Comme si rien ne s’est passé depuis la crise de subprime aux Etats-Unis et la cascade de faillite de banques américaines et européennes qui s’ensuivit. Si les participants à la réunion du G8 n’ont pas abordé la question de la crise du capitalisme, c’est parce qu’ils n’ont plus rien à proposer pour sortir leurs pays du marasme dans lequel ils sont plongés depuis bientôt un an. La propagande politique dans les Etats capitalistes véhicule l’idée que la crise actuelle est une crise de plus qui vient s’ajouter aux autres crises qu’a connues le capitalisme tout au loin de son histoire. Or c’est que réside l’erreur des soi-disant experts, économistes et les politiciens, serviteurs du capital, car la crise actuelle ne ressemble à aucune des crises du passé et que le système capitaliste arrive aujourd’hui à la fin de son cycle naturel et qu’il est condamné à mourir de sa mort naturelle comme jadis la féodalité.

 

CRISE DU CAPITALISME, CRISE DE LA REPRODUCTION SIMPLE

 

Marx étudie chaque fois les crises au niveau de la reproduction simple, de ce que l’on appelle aujourd’hui la croissance zéro. L’étude du niveau de reproduction simple est un bon indicateur pour saisir le mécanisme et les lois de la crise générale et distinguer entre les diverses crises spécifiques : crise de production et de marché, crise industrielle et agricole, crises monétaires et commerciales, krach financier et boursier, crise partielle ou intermédiaire, crise générale, locale ou sectorielle. C’est quand le capital se reproduit lui-même, sans se grossir d’une masse nouvelle de profits, que l’on observe le plus clairement les lois de  ses échanges, de ses métamorphoses et de ses phases successives. Le caractère mercantile de ce mode de production(échanges contre équivalents) avec l’anarchie de la production qui en résulte entraîne déséquilibres et déformations des différentes phases parcourues par le capital. Si la crise a son centre de gravité dans la production, ses effets les plus ravageurs se manifestent immanquablement dans la sphère de la circulation proprement dite, où le capital trouve ses pires limitations : distribution sur le marché, le commerce avec les banques, la bourse, etc. Autrement dit, la crise est le point où la production de plus-value entre en conflit avec le mode de distribution mercantile, où l’échange avec plus-value s’oppose à l’échange entre équivalents des marchandises sur le marché. 

 

Pour se fructifier, le capital doit subir dans sa course folle une série de métamorphose. Avec son capital, le capitaliste achète du travail salarié(capital variable) et des moyens de production(capital constant) : machines, bâtiments, moyens de transport etc. Du fait de la nature anarchique du mode de production capitaliste, des marchandises sont produites avant d’être vendues. Après la phase A-M, grâce à la publicité et au matraquage permanent, tout ou une partie des produits fabriqués est vendu sur le marché et le capitaliste doit transformer son capital-marchandises en argent sur le marché, c’est-à-dire, M-A. Le premier échange peut se réaliser avec plus ou moins de bonheur mais ce moment d’extase peut ne pas se répéter dans les phases successives, puisque la distribution et le marché obéissent à des lois spécifiques réglées par l’appropriation privée et la demande solvable. Une crise intervient quand le capital ne parvient pas à sauter l’un de ces obstacles(A-M, M-A). Il se dévalorise alors et pour, tout ou partie, est mis au rebut ou détruit. Le capitaliste aura transformé son argent en un produit dénué de toute valeur nouvelle, mais il aura perdu sa valeur primitive. La crise est le point où le taux de profit tombe à zéro au moment précis où la masse de capital(surproduction) est la plus gigantesque. La reproduction croissante se renverse en son contraire et de potentielles, les contradictions du capital deviennent cinétiques ou explosives. La surproduction ne cesse de croître avec l’essor des forces productives, parce que l’énorme masse produite se dévalorise de plus en plus : le travail-valeur incorporé à une même marchandise diminue à mesure que croît la productivité des ouvriers. La surproduction inhérente au capital créateur de plus-value est par définition liée à la pénurie et à la sous-consommation. Elle-même se change en pénurie en temps de crise. L’âge d’or des restaus du Cœur et de la pandémie de la misère dans les Etats capitalistes va de pair avec l’abondance des marchandises et des produits fabriqués qui sont jetés sur le marché sans trouver d’acquéreurs potentielles faute d’acheteurs et de pouvoir d’achat.

 

Si l’humanité n’a pas encore été débarrassée de cette vermine qu’est le mode de production capitaliste, c’est parce que les conditions actuelles ne se prêtent pas encore à une révolution sociale qui entraînerait des bouleversements tant au niveau des rapports sociaux qu’au niveau des forces productives. Les forces sociales destinées à en finir avec le système capitaliste sont en gestation mais elles ne sont pas encore suffisamment mûres pour lui donner le coup de grâce final. C’est cette heure fatidique qu’ont voulu exorciser les participants à la réunion du G8 à l’Aquila en parlant seulement de la pluie et du beau temps et rien de plus.

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : G8, crise, capitalisme, alternative  

LA CHINE FACE A SA MINORITE OUIGHOURE

juillet 8, 2009

TROUBLES ETHNIQUES DANS LA RÉGION DE XINJIANG 

LA CHINE FACE À SA MINORITÉ OUÏGHOURE 

 

 

Depuis dimanche soir, Urumpqi, la capitale de la région Xinjiang, est le théâtre d’affrontements interethniques opposant les Ouighours, ethnie majoritaire turcophone, aux Han, ethnie majoritaire en Chine. Ces affrontements ont fait plus de 156 morts et environ un millier de blessés. La région de Xinjiang est situé à l’extrême nord ouest de la Chine et représente le sixième du territoire chinois avec une superficie de 1,7 million de km². La population de Xinjiang estimée à 20 millions d’habitants en 2004 est répartie en treize nationalités dont les principales sont les Ouighours(45%), han(41%), hui(5%), kirghiz(0,9%), mongol(0,8%), tadjik(0,2%). Le Xinjiang est une région hautement stratégique à cause de ses ressources minières qui sont le pétrole, le fer, le charbon, l’or, l’argent, l’antimoine, le cuivre et le jade. La bordure sud du Taklamakan est une zone pour les essaies nucléaires chinois et abritant plusieurs centrales nucléaires construites avec l’aide de la France et des Etats-Unis.

Comme son voisin le Tibet, le Xinjiang est régulièrement en proie à des attentats et des troubles à l’ordre public.(février 1997, janvier 1999, février 1999, juillet 2004, août 2004, août 2008, avril 2009). La répression de toute manifestation nationaliste ou intégriste dans s’inscrit dans la logique de la constitution chinoise qui interdit tout acte visant à saper l’union des nationalités, c’est-à-dire toute expression de nationalisme local. En contrepartie, la constitution garantit l’application d’une certaine autonomie administrative régionale qui s’est développée au cours du premier plan. La région Ouigoure du Xinjiang fut justement la première région à bénéficier d’une autonome administrative à partir du 1er octobre 1955, suivie en juillet 1957 de deux autres régions, Chuang (Kwangsi) et Hui (Ninghsia). La région autonome de Mongolie intérieure existait déjà depuis 1947. Quant au Tibet, c sont les résistances locales et la rébellion des Khampas qui retardèrent son érection en région autonome jusqu’en 1965.

Pour lutter contre le nationalisme local dans la région du Xinjiang, Pékin a mis en place une série de réformes, notamment dans l’éducation. Parallèlement à la réforme de l’écriture chinoise, les écritures des minorités ont été maintenues comme l’alphabet latin, le cyrillique. Un programme de scolarisation a été mis en place à l’intention des minorités ethniques. Un autre aspect de la lutte contre le nationalisme local, fut le brassage des ethnies avec une forte émigration des membres de l’ethnie majoritaire en Chine, les Hans, vers les régions frontalières, le Xinjiang et la Mongolie intérieure. Ce brassage ethnique s’insère dans une stratégie délibérée du parti communiste chinois qui cherche à intégrer les minorités dans un État socialiste.

Avec la résurgence de l’intégrisme musulman à la fin des années 1970 et au début des années 1980, encouragé et soutenu par l’impérialisme pour lutter contre le communisme, la Chine se trouve confrontée à sa minorité musulmane de la région du Xinjiang. Les fauteurs de troubles sont des Ouighours qui ont été entraînés dans les années 1990 par les Moudjahiddins afghans. Ce qui explique la politique de conciliation de Pékin vis-à-vis du régime des Talibans à Kaboul avant d’être chassés par la guerre d’octobre 2001 par la coalition occidentale menée par les Américains. Mais la leçon du démantèlement de la fédération Yougoslavie et l’épreuve de la guerre d’Afghanistan en 2001 poussent la Chine à établir une collaboration étroite avec les États voisins dans le but de lutter contre la menace islamiste et le séparatisme. Tel fut l’objectif de la création du « Groupe de Shanghai » en 1996, regroupant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Avec l’adhésion de l’Ouzbékistan le 15 juin 2001, le « Groupe de Shanghai » se transforme en l’Organisation de Coopération de Shanghai. D’un simple forum de discussion et de concertation, l’OCS se métamorphose progressivement en une alliance politico-militaire régionale avec pour objectif de contrecarrer les visées de l’OTAN et des Etats-Unis en Asie centrale et dans les ex-républiques soviétiques qui jouxtent les frontières chinoises.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Chine, Ouighours, troubles ethniques

 

MANIPULATION DE LA COMMUNAUTE COMORIENNE

juillet 6, 2009

ACCIDENT D’AVION YEMENIA

LA COMMUNAUTÉ COMORIENNE DE FRANCE ET LE COMPLEXE POLITICO-MILITARO–INDUSTRIEL

 

Depuis l’accident de l’Airbus A310 de la compagnie yéménite, Yemenia qui a fait 153 morts le 28 juin, la communauté comorienne de France occupe le devant de la scène politico- médiatique. A l’annonce de la catastrophe, hommes politiques, journalistes des mass medias et experts aéronautiques montent sur le créneau pour accuser la compagnie aérienne yéménite d’être la seule responsable du crash Sanaa-Moroni. Cette mise en cause hâtive de Yemenia fait parie d’un plan préétabli visant à accréditer l’idée que les accidents aériens qui surviennent dans les pays dits exotiques sont provoqués par le défaut d’entretien et de maintenance de leurs avions. C’est la première étape du plan. La deuxième étape du plan est la seule rescapée comorienne qui a été rapatriée en France à grands renforts médiatiques. La troisième étape du plan est l’exploitation à chaud de l’émotion provoquée par l’accident pour manipuler la communauté comorienne de France à des fins bassement mercantiles. En effet, depuis le crash du 28 juin, les mass medias montrent tous les jours des comoriens en colère à Marseille et à Paris et dans d’autres villes de France. Les manifestations se succèdent à un rythme accéléré suivi d’attaque et de vandalisme contre les agences de voyage travaillant avec la compagnie Yemenia. Toutes ces manifestations de colère de la communauté comorienne de France ne sont pas spontanées mais provoquées et manipulées par des instances politiques, économiques et industrielles, par le complexe politici-militaro-industriel.

 

Ce qui nous fait dire que la communauté comorienne de France est manipulée par le complexe politico-militaro-industriel, c’est la manière précipitée de pointer le doigt accusateur sur la compagnie aérienne yéménite. Alors qu’aucun élément probant ne vient étayer d’une manière ou d’une autre l’hypothèse de la responsabilité directe de la compagnie Yemenia. Le défaut de maintenance des avions peut être une des causes des accidents aériens mais il n’en est pas le seul élément d’explication. Sinon comment expliquer le crash de l’Airbus A330 d’Air France un mois auparavant alors qu’il était dans les ateliers de maintenance au mois d’avril 2009 ?

 

Un mois jour pour jour avant le crash Sanaa-Moroni, un Airbus A330 d’Air France s’est abîmé en mer à quelque 1100 km des côtes brésiliennes. A l’annonce du crash du vol Rio-Paris, une armée de psychologues a été dépêchée à l’aéroport Roissy pour consoler les familles des victimes. Le plan de la communication d’Air France et du gouvernement a consisté à entretenir le flou sur les circonstances du crash du vol Rio-Paris en s’abritant derrière le Bureau d’Enquête d’Analyse, le BEA, un organisme chargé d’établir les causes de l’accident. Nous n’avons pas vu de manifestations de colère ou de vandalisme de la part de la communauté brésilienne de France contre la compagnie Air France ou les agences de voyage.

 

RAISONS DE LA MANIPULATION DE LA COMMUNAUTÉ COMORIENNE DE France

 

Les manifestations et les actes de vandalisme commis contre les agences de voyages travaillant avec la société yéménite, Yemenia, ne sont pas spontanées mais manipulées par le complexe politico-militaro-industriel. En moins d’un mois, deux Airbus s’abîment en mer, l’un à un millier de kilomètres des côtes brésiliennes et l’autre à quelques 20 km de l’aéroport de Moroni, aux îles Comores. Les deux avions accidentés sont fabriqués le constructeur européen, Airbus. Ces deux accidents intervenus à moins d’un mois d’intervalles, sont un coup dur pour le constructeur européen engagé dans une guerre larvée contre son concurrent américain Boeing. Ces deux crash auront des conséquences dommageables pour le constructeur européen, Airbus, qui avait décroché un contrat de fourniture d’avions ravitailleurs à l’armée américaine au mois de mars 2008. Ce « contrat du siècle » d’un montant 40 milliards d’euros décroché par le consortium EADS et son partenaire européen Northrop Grunman vise à équiper l’armée américaine de 179 avions ravitailleurs KC 45, une version militaire de l’Airbus A330. Mais sous la pression du complexe politico-militaro-industriel américain mené par l’ancien candidat républicain John McCain, le contrat est suspendu suite à la contestation par Boeing des conditions d’attribution du marché à son concurrent européen. Depuis, des négociations sont menées actuellement pour départager le festin et couper la poire en deux, 50% pour le consortium européen EADS-Northrop Grunman qui fournira ses avions ravitailleurs KC-45, une version dérivée de l’Airbus A330 et 50% pour Boeing avec ses avions ravitalleurs KC-767, une version dérivée du Boeing 767. Le contrat de l’armée américaine vise à remplacer les avions ravitailleurs KC-135 datant de l’ère Eisenhower(des années 1950) fournis jusqu’ici par la seule compagnie, Boeing. La chute en mer des deux Airbus est une véritable aubaine pour le constructeur américain Boeing qui ne manquera pas de faire valoir la fiabilité de ses avions et un coup de massue pour Airbus qui cherche par tous les moyens à trouver un bouc émissaire pour minimiser sa responsabilité dans le crash de ses deux avions en l’espace d’un mois. Il va sans dire que derrière la manipulation de l’émotion provoquée la crash du vol Sanaa-Moroni et les manifestations de colère de la communauté comorienne de France dans les rues de Paris et de Marseille, il y a un important enjeu économique et commercial, un contrat de fourniture d’avions ravitailleurs à l’armée américaine d’un montant de 40 milliards d’euros.  

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Communauté comorienne de France, Airbus, EADS, manipulation de l’émotion, Boeing.  

LES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BEA

juillet 2, 2009

VOL AFF 447 D’AIR France

LES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BUREAU D’ENQUÊTES ET D’ANALYSES(BEA)

 

Dans son rapport sur le crash du vol Rio-Paris, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses(BEA) a exclu l’hypothèse d’une dislocation en vol de l’Airbus A330 d’Air France en retenant celle des sondes Pitot qui mesurent les vitesses. Comme il était prévu, le BEA a décidé de noyer le poisson pour ne pas parler des choses qui fâchent, c’est-à-dire, la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens depuis l’ouverture du ciel à la concurrence avec le déferlement nihiliste de la révolution néo conservatrice reaganienne et de l’archéo-libéralisme. Il est remarquable qu’après chaque accident d’avion, il y a une stratégie médiatique savamment orchestrée visant à mettre hors de cause, le constructeur et la compagnie. Le discours sur la sécurité aérienne comme par exemple la manière d’enfiler les gilets de sauvetage avant le décollage a pour seul objectif de rassurer des âmes angoissées. Mais le voyageur ne sait pas que la compagnie qu’il transporte est soumise à la logique du profit et de la rentabilité. Le discours sur la sécurité aérienne ressemble à bien des égards à celui tenu habituellement sur la sécurité alimentaire. Comme le BEA dans le domaine aéronautique, il existe en France l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments(Afssa) qui est le gendarme qui surveille la qualité des aliments. Malgré une alimentation empoisonnée par une myriade de substances toxiques (pesticides, insecticides, dioxines, additifs alimentaires, pollution de l’air et du sol), l’Afssa considère que le fait d’ingurgiter toutes ces substances relève de l’ordre normal des choses. Et pour cause, l’Afssa ne peut rien contre les lobbies des industries agroalimentaires et des industries chimiques qui pèsent de tout leur poids pour empêcher l’information du public sur le nombre de poisons contenu dans chaque assiette. Un seul chiffre suffit pour montrer l’ampleur du problème posé par l’alimentation des hommes dans les société capitalistes. En France, chaque habitant consomme 2,3 kg de pesticides par an, soit plus de 120 000 tonnes 1999 contre 100 000 tonnes quelques années auparavant. Ces pesticides sont stockés dans les graisses causant un affaiblissement du système immunitaire qui prédispose les consommateurs comme les animaux aux maladies infectieuses et aux cancers. Avaler 2 kg de pesticides chaque année n’émeut apparemment pas outre mesure l’Afssa, organisme public chargé de surveiller la sécurité alimentaire et la santé publique. Que peut faire l’Afssa face aux industries agroalimentaires et aux industries chimiques qui fabriquent les pesticides, insecticides, colorants, additifs alimentaires?

 

A l’instar des lobbies dans les idustries chimiques et agroalimentaires, ile existe dans le secteur des transports aériens des lobbies qui s’activent dès la survenance d’une catastrophe. Le BEA se trouve donc dans la même situation que l’Afssa, car cet organisme soi disant indépendant qui est habilité à enquêter sur les accidents aériens peut délivrer une expertise technique mais il reste prisonnier d’une culture scientifique bornée et des intérêts économiques et commerciaux considérables qui sont en jeu après chaque accident aérien et qui empêchent d’avoir des conclusions et des explications impartiales et objectives. Comme le discours politique et idéologique dominant, le discours scientifique et technique est un discours clos qui baigne dans des tautologies et des interprétations acrobatiques. Un discours clos et tautologique est par définition un discours qui n’explique pas et qui ne démontre pas. Alain Bouillard, responsable du BEA a déclaré lors d’une conférence de presse que l’Airbus A330 d’Air France « n’a pas été détruit en vol » mais qu’il a « heurté la surface de l’eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale ». Pour appuyer son hypothèse selon laquelle l’avion « est arrivé entier au moment de l’impact », Mr Bouillard avance deux éléments d’explication: la dérive et les gilets de sauvetage introuvables. Selon lui, le fait que la dérive est restée toujours fixée à la structure de l’avion et qu’elle a été retrouvée au milieu des autres débris, démontre que l’avion n’a pas explosé en vol mais qu’il a été disloqué en mer après avoir touché la surface de l’eau à une grande vitesse. D’abord, il est faux de parler de structure de l’avion, car la plupart des débris restent introuvables à ce jour et que la structure de l’avion n’est pas seulement la partie attachée à la dérive. Ensuite, Mr Bouillard se trompe lourdement quand il prend la dérive comme base d’interprétation, car la dérive en elle-même ne démontre rien du tout et elle ne peut en aucun cas expliquer que l’avion est « arrivé entier au moment de l’impact ». Par ailleurs, des gilets de sauvetage introuvables ne sauraient suffire à démontrer que l’avion a été disloqué en mer et non pas en vol. Cette idée de gilets de sauvetage introuvables qui « montre que visiblement les passagers n’étaient pas préparés à l’amerrissage », peut être retournée contre Mr Bouillard, car si l’appareil était arrivé entier au moment de l’impact, les passagers auraient eu suffisamment le temps pour enfiler leurs gilets de sauvetage et que probablement il y aurait eu des survivants. Des gilets de sauvetage introuvables peuvent être interprétés différemment par le fait que le commandant de bord n’avait pas eu le temps de prendre la décision d’amerrir l’appareil. En réalité, à travers leurs explications acrobatiques, Mr Bouillard et le BEA cherchent à corroborer l’idée de la défaillance technique due aux « sondes Pitot ».

 

LES TROIS PRINCIPALES CAUSES DE L’ACCIDENT RIO-PARIS

 

Le crash de l’Airbus A 330 d’Air France est dû à trois principales causes. La première est due aux conditions météorologiques qui régnaient sur la trajectoire de l’appareil. La deuxième cause est psychologique, l’expérience professionnelle du commandant de bord qui est à l’origine des fausses inférences psychologiques. La troisième cause a partie liée avec la logique mercantile et la dure loi du profit qui dominent nos sociétés.

 

A-  Cause externe : Les conditions météorologiques:

 

Les messages automatiques ACARS envoyés par l’avion signalent d’abord des dysfonctionnement non pas des « sondes Pitot » mais des problèmes électriques et de pressurisation. Ces problèmes électriques ont été provoqués par des conditions météorologiques d’une rare violence. L’Airbus A330 s’est effet trouvé piégé par une barrière infranchissable de cumulonimbus et dans une zone de perturbation tropicale, subissant pendant 175 km (75 miles) et plus particulièrement durant les 12 dernières minutes du vol, de fortes rafales de vent, de cisaillement de vent, de grain, de turbulence, de pluie, de grêle et de la foudre. Contrairement aux explications tautologiques du BEA laissant entendre que l’appareil est arrivé entier au moment de l’impact, l’Airbus A 330 s’est disloqué en plein vol suite à une cascade de pannes et à une dépressurisation de l’appareil. Un avion qui subit pendant 125 km sans discontinu, de fortes rafales de vent, de turbulences, de pluie, de grêle, de la foudre, ne pourra jamais « arriver entier au moment de l’impact avec la surface de l’eau ». Les photos satellites donnent une idée des conditions météorologiques qui existaient dans la zone traversée par l’Airbus A 330 durant la nuit du 31 mai-1juin et elles corroborent l’hypothèse de la météo comme l’une des causes du crash. Les avions ayant contourné la zone de perturbation tropicale ont certes dû subir de fortes turbulences qui n’étaient pas de la même intensité ni sur une aussi longue distance. Ce qui explique que les autres avions ayant contourné la zone de perturbation tempétueuse sont arrivés à destination mais pas l’Airbus d’Air France.

 

B-  Cause psychologique : les pilotes expérimentés, victimes de l’inférence psychologique.

 

Dans ses enquêtes et analyses, le BEA privilégie la seule expertise technique mais non pas d’autres éléments comme la posture psychologique d’un commandant de bord très expérimenté ou la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens. Rappelons que le commandant de bord de l’Airbus d’Air France accidenté avait à son actif 11 000 heures de vol dont 1700 heures sur l’Airbus A 310-A330. Cette longue expérience professionnelle du commandant de bord engendre un excès de confiance en soi et l’illusion de la domination de la nature et des phénomènes naturels par l’homme et la machine. La solide expérience professionnelle du commandant de bord mesurée et consigné dans un carnet de vol peut être un facteur de sécurité pour les passagers mais aussi un facteur de risque dans la mesure où les pilotes expérimentés sont des victimes potentielles de ce que j’appellerai les fausses inférences psychologiques engendrées par la répétition et les régularités de certains phénomènes naturels et de la vie quotidienne. Le simple fait qu’un événement se produise un certain nombre de fois provoque chez l’homme comme chez l’animal l’attente de son retour, la levée du soleil par exemple. Mais si nous avons bien l’expérience des futurs passés, nous n’avons pas celle des futurs à venir. En effet, l’occurrence régulière d’un certain nombre d’événements dans le passé peut ne pas se répéter à l’identique dans l’avenir à cause d’éventuels changements de conditions. C’est là en effet que résident les dangers des inférences psychologiques, car il peut y avoir à la fin une mise en échec de la prévision en dépit de répétitions fréquentes. Les pilotes très expérimentés qui ont généralement à leur actif un nombre très important d’heures de vol sont souvent victimes de fausses inférences psychologiques qui les empêcheraient de procéder à toute analyse circonstanciée des et des événements et des problèmes auxquels ils se trouvent confrontés et à toute appréciation objective des situations de risque. La mise en retraite anticipée des commandants de bord ayant atteint un certain nombre d’heures de vol pourrait être une des solutions pour limiter les risques des accidents aériens, car les jeunes commandants de bord seront plus enclins à la prudence et à une analyse froide des situations critiques.

 

C-  Cause économique : la dure loi du profit

 

Le crash de l’Airbus d’Air France a une troisième cause indirecte, la logique mercantile qui régit les sociétés capitalistes. De toute évidence, toutes les compagnies aériennes tiennent le même discours sur la sécurité. Nous savons pertinemment qu’avec l’anarchie qui règne dans le secteur des transports aériens, le zéro accident aérien n’existe pas. Mais ce discours sur la sécurité dans les transports aériens n’est qu’un simple effet d’annonce, car la sécurité des passagers cède aussitôt devant les impératifs et les contraintes économiques et purement mercantiles. Souvent, la maintenance des avions est mise en avant pour rassurer les voyageurs, mais la maintenance n’est pas tout. Sinon comment expliquer le crash de l’Airbus d’Air France abîmé en mer après le décollage de l’aéroport de Rio de Janeiro dont la dernière révision datait du mois d’avril 2009 ? Il y a tout lieu de penser que ce n’est pas le défaut de maintenance qui est à l’origine de l’accident  mais bien d’autres éléments. Comme pour les lignes de la SNCF, les lignes aériennes sont soumises au critère de la rentabilité et du profit. La compagnie Air France est une société privée financée par des actionnaires privées, elle n’est pas une société philanthropique et ses prestations ne sont pas gratuites. Dans le cas du vol Rio-Paris, une annulation du vol aurait entraîné l’hébergement des passagers, ce qui représente des coûts supplémentaires pour Air France. Le contournement du vol Rio-Paris se serait traduit par des coûts supplémentaires en carburant, en frais d’hébergement et en taxes d’aéroports ; ce sont ces charges que doivent supporter la compagnie aérienne. 

 

Le BEA possède incontestablement des compétences techniques indéniables dans l’expertise des accidents aériens mais un crash n’est guère explicable par le seul facteur technique. Les comportements et la posture psychologique du commandant de bord qui prend les décisions pendant le vol ainsi que l’environnement économique dans lequel évoluent les compagnies aériennes doivent être pris en compte et intégrés dans toute enquête et dans toute analyse des accidents aériens. Les rapports et les observations du BEA sont entachés de graves anomalies, car ils privilégient le seul élément technique au détriment d’autres éléments certes indirects mais ô combien déterminants et décisifs qui sont les fausses inférences psychologiques du commandant du bord et la logique mercantile qui domine le secteur aérien.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Accident, vol Rio-Paris, BEA.