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POURQUOI UN PACTE MILITAIRE POUR LES ETATS DU SUD?

septembre 27, 2009

POURQUOI UN PACTE MILITAIRE POUR LES ÉTATS DU SUD ?

Dans son discours prononcé le 12 mars 1947, Harry Truman annonce sa doctrine de l’endiguement de l’Union soviétique et déclare la guerre au communisme international. Pour combattre militairement le communisme, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, la Belgique, le Canada, l’Islande, l’Italie, le Norvège, et le Portugal créent un pacte militaire par le traité de Washington signé le 4 avril 1949. Après la signature du traité de Washington, une série d’organes, civils et militaires, se mettent en place en vue de coordonner les futures actions des États membres dans leur lutte contre leur ennemi d’alors, l’Union soviétique et les États socialistes est européen. En riposte à l’alliance militaire des pays capitalistes, l’Union soviétique et les États socialistes d’Europe de l’Est créèrent le pacte de Varsovie groupant l’Union soviétique, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie et la Hongrie. Calqué sur le traité Atlantique, le pacte de Varsovie fut un pacte d’amitié, de coopération et de d’assistance mutuelle dont le commandant unique avait été confié au maréchal Koniev. Pourquoi pas un pacte militaire pour les Etats du sud?

 

DOCTRINE DE LA « CONTRE FORCE » ET DE LA DISSUASION

 

En 1961, les Etats-Unis ont élaboré une nouvelle doctrine stratégique sous l’impulsion du secrétaire d’etat à la défense Mac Namara visant à renforcer les forces conventionnelles rendues plus mobiles et le développement de nouveaux moyens de ripostes, telles les fusées « Polaris ». À partir de février 1963 et durant les deux années à venir, les Etats-Unis ont œuvré pour faire de l’OTAN une nouvelle puissance nucléaire par la création d’une force atlantique intégrée. Le développement de la puissance nucléaire soviétique pendant les années 1949-1957 et celui de la capacité de lancer des bombes nucléaires sur des objectifs situés à l’intérieur des Etats-Unis ont nécessité une modification en profondeur de la pensée militaire américaine. La première dénommée  « contre-force » reposait sur la supposition que la guerre thermonucléaire est possible, concevable, acceptable et qu’elle sera « gagnée » ou « perdue ». Le concept de « contre-force » est un concept stratégique qui considère que seules les capacités de bombardement de l’ennemi sont des objectifs non ses villes. Les adeptes de théorie de la « contre-force » pensaient qu’ils serait préférable d’empêcher pareille guerre avant d’avoir lieu mais ils estimaient aussi que le seul moyen possible était la mise en place d’une force capable de gagner pareille guerre et d’obtenir la reddition de l’ennemi. À ce concept de « contre-force » s’oppose le concept de « dissuasion limitée » fondée sur l’idée que « gagner » ou « perdre » une guerre thermonucléaire était inconcevable et que pareille guerre doit être absolument évitée et que pour ce faire il suffit tout simplement d’augmenter beaucoup sa terreur.

 

NOUVELLE  DONNE STRATÉGIQUE EN EUROPE ET DANS LE MONDE

 

En somme, ce sont la puissance militaire et la dissuasion nucléaire soviétique qui ont permis à l’Union soviétique et au bloc de l’est de réaliser une percée dans le Tiers monde et qui ont mené finalement à l’échec de la politique de l’endiguement Truman et de la doctrine d’Eisenhower au Proche et Moyen-Orient. D’abord le rapprochement entre l’Egypte et l’Union soviétique est annoncé lors d’une déclaration commune le 16 avril 1955. Cette déclaration a une double portée: elle annonce l’entrée de l’Union soviétique sur la scène proche et moyen orientale et donne le coup de grâce au pacte de Bagdad.  Ensuite, le refus des Etats-Unis de livrer des armes au colonel Nasser, celui-ci se tourna vers le bloc socialiste en signant le 27 septembre 1955 un contrat de livraison d’armes avec la Tchécoslovaquie.

 

C’est aussi la puissance militaire soviétique et le pacte de Varsovie qui ont joué un rôle dissuasif en empêchant les Etats capitalistes de s’attaquer militairement aux jeunes États socialistes d’Europe de l’Est. Si les démocraties populaires ont pu survivre jusqu’à la chute du mur, c’est grâce à la force militaires soviétique et à une réseau de 68 traités d’alliance ou d’assistance mutuelle conclus entre 1945 et 1949 débouchant finalement à la constitution du pacte de Varsovie en 1955. La priorité pour les jeunes démocraties populaires était d’abord de se protéger contre les interventions militaires des États capitalistes de l’Ouest. Sans le pacte de Varsovie, le bloc communiste serait effondré non pas le 9 novembre 1989 mais en Hongrie le 4 novembre 1956 où les forces soviétiques étaient obligées d’intervenir pour mater une révolte fomentée en sous main par les États impérialistes avec l’aide de forces intérieures menées par Imry Nagy. En récompense de son soutien à l’intervention soviétique en Hongrie en 1956, la jeune révolution communiste chinoise s’est vu alors récompenser par un accord « secret » conclu le 17 octobre 1957 en vertu duquel l’Union soviétique promettait de fournir au gouvernement de Pékin l’aide technique nécessaire à la fabrication de la bombe atomique. Sans le pacte de Varsovie, les Etats capitalistes seraient intervenus militairement en Tchécoslovaquie pour soutenir le gouvernement d’Alexandre Dubcek et pour en finir une fois pour toutes avec le régime communiste dans ce pays. Quand l’Union soviétique est intervenue en Afghanistan en 1980, les États unis et de l’Europe se sont contentés de condamnations et de pleurnicheries.  Les Américains et les Européens n’ont pas envoyé leurs armées pour combattre les Soviétiques en Afghanistan mais ils ont alimenté et réveillé l’intégrisme et ont armé les Moudjahiddines et les Talibans. Même tout récemment, face à l’intervention des forces russes en Géorgie, les Occidentaux ont préféré condamner au lieu d’intervenir militairement pour soutenir leur allié et leur homme de lige à Tbilissi. A contrario, avec la chute du mur de Berlin, l’effondrement du bloc communiste et la disparition du pacte de Varsovie, les visées impérialistes des États capitalistes, les Etats-Unis et l’Europe se sont dévoilées au grand jour en démantelant la fédération yougoslave et en bombardant Belgrade pour chasser Milosevic du pouvoir.

 

La puissance militaire soviétique a joué un rôle dissuasif en poussant les États capitalistes à adopter un profil bas et à mener une politique moins agressive et plus de réalisme à l’égard du bloc communiste. Face au risque d’une guerre nucléaire, les deux puissance nucléaires étaient amenées à rationaliser leurs comportements et à cohabiter pacifiquement. En toile de fond du risque atomique, l’union soviétique et les Etats-Unis optent pour la coexistence.

 

UN MONDE MULTIPOLAIRE ET LA LEÇON DE L’UNION SOVIÉTIQUE

 

Pour pouvoir vivre dans la jungle capitaliste internationale où le capital ne connaît ni frontières ni pays, l’Union soviétique et le bloc de l’est étaient amenés d’abord à se défendre en concluant une série d’accords militaires et la constitution d’un pacte militaire, le pacte de Varsovie. Les jeunes « États » croupions du Tiers monde formés après la Seconde Guerre mondiale et à la suite de la décolonisation se sont fourvoyés en formant des alliances politiques et des mouvements aussi stériles les unes que les autres (Conférence de Bandoeng, mouvements afro-asiatiques, non alignement, nouvel ordre économique international etc.). La première grosse erreur commise par les jeunes États issus de la décolonisation est leur ignorance ou leur incapacité à comprendre le monde dans lequel ils vivent et qui est régi par la loi de la jungle capitaliste. Dans la jungle capitaliste prédominent non pas le droit et la morale mais la force et la violence. La violence appelle la violence et non pas la charité et les bonnes manières. Pour sauver leur peau, les États du sud et leurs dirigeants n’ont pas deux ou trois solutions, ils en ont une seule, établir un pacte militaire à l’instar de l’OTAN aujourd’hui et du pacte de Varsovie, hier. Pour les États du sud, notamment ceux qui sont convoités pour leur pétrole et leurs matières premières, il ne s’agit nullement de copier servilement l’organisation et les dispositions du traité atlantique et du pacte de Varsovie, mais de mettre en place une force militaire suffisamment dissuasive pour faire réfléchir par deux fois les États prédateurs capitalistes avant de venir avec leur armada occuper leurs pays comme ils l’ont fait durant ces dix dernières années, en Yougoslavie en 1999, en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. Comme par le passé, c’est l’arme nucléaire qui a prouvé son efficacité et sa force dissuasive. Pour les États du sud, les armes conventionnelles ne leur servent pas à grande chose, car ils achètent leurs avions, leurs chars et leurs artilleries aux États capitalistes du Nord qui, en cas de conflit armé, peuvent décréter un embargo sur les pièces détachées, ce qui mettra hors fonctionnement tout le matériel militaire de leur clients. Par exemple, à défaut de pièces de rechange pour les avions rafale ou Mig, ces avions restent cloués au sol et ils ne servent plus à des opérations militaires d’attaque ou de défense du territoire. Ce qui n’est nullement le cas pour l’arme nucléaire qui confère à l’État ayant opté pour cette solution une autonomie et une totale indépendance vis-à-vis des fabricants d’armes qui se trouvent en majorité dans les États capitalistes du Nord, les Etats-Unis et l’Europe. L’acquisition d’arme nucléaire est la solution la plus réaliste et la plus efficace pour les États du sud, car elle joue un rôle dissuasif et c’est cette dissuasion qui est la seule garante d’une véritable indépendance nationale sans laquelle aucun développement économique ou social n’est possible. Sans sécurité nationale, point de développement économique et social. Evidemment, les États impérialistes dont l’arsenal se chiffre par des dizaines de milliers de têtes nucléaires vont aussitôt crier à la dissémination et à la prolifération nucléaire dans le monde. Pour répondre à leurs arguments, il suffit de leur répliquer par la question suivante: pourquoi ont-ils, eux seuls, le droit de posséder l’arme nucléaire et pas les autres? Dans les débats sur la prolifération nucléaire, la question de la peur de la dissémination est récurrente. Ce qui fait le plus peur aujourd’hui, ce n’est vraiment pas la dissémination proprement dite qui est un thème de propagande politique, mais le gigantesque arsenal nucléaire détenu par les Etats-Unis (10 000 ogives nucléaires), la Russie(14 000 ogives nucléaires) sans compter celle de la France, de la Grande Bretagne, de l’Inde, du Pakistan et d’israël. Ce gigantesque arsenal nucléaire est capable de faire sauter mille fois la planète terre. Pour avoir les mains libres dans leur croisade immédiatiser, les Américains et les Européens jouent sur un autre registre, la peur que l’arme nucléaire tombe un jour entre les mains des intégristes ou des fous. Mais on peut leur répliquer que jusqu’à nouvel ordre, le seul fou qui a osé utiliser à ce jour l’arme atomique est Harry Truman en bombardant Hiroshima et Nagasaki par deux bombes atomiques ayant entraîné la mort en quelques secondes des dizaines de milliers de personnes. Rappelons pour mémoire à l’intention de tous les amnésiques de la terre que Harry Truman fut le président des Etats-Unis d’Amérique, champion de la démocratie et leader du monde libre.

 

Lors du deuxième sommet Afrique Amérique latine tenu samedi et dimanche à l’ile Marguerite, au Venezuela, Chavez déclare que le monde du vingt unième siècle sera multipolaire. Malheureusement le président vénézuelien ne nous dit pas comment un monde multipolaire est possible et comment il pourrait voir le jour avec la persistance d’un système impérialiste qui est par définition la négation même d’un ordre multipolaire. Ce n’est sûrement pas avec de la seule coopération dans les domaines économiques, commerciaux, monétaires et culturels que ce monde multipolaire verra le jour. Pour l’émergence d’un monde multipolaire, il faut absolument que les États du sud résistent d’abord et avant à l’assaut et à l’hégémonie des États impérialistes en formant un véritable pacte militaire avec l’arme nucléaire comme seule arme de dissuasion. Pour réaliser leur rêve d’un monde multipolaire, Il faut que les Etats du sud prennent pour exemple l’Union soviétique qui, grâce à la bombe atomique, ait pu établir une parité  stratégique avec le monde capitaliste. Sans la bombe atomique, l’Union soviétique et les démocraties populaires auraient été broyées et englouties comme l’ex-Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan. L’élément déterminant et décisif qui a donné naissance à un monde bipolaire après la Seconde Guerre mondiale, c’est la bombe atomique de l’union soviétique et celle de la Chine communiste. Le premier devoir d’un Etat du sud consiste à établir une véritable coopération avec les autres Etats du sud avec à terme la fabrication de sa bombe atomique. Mais ce n’est pas parce qu’un Etat se dote de l’arme nucléaire qu’il doit se préparer à une guerre thermonucléaire. Bien au contraire, la bombe atomique est le seul garant de son indépendance nationale dans un monde régi par l’impérialisme et par la loi de la soldatesque. L’histoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale montre que c’est la bombe atomique qui a été le principal facteur de pacification de ce continent grâce à la politique de l’équilibre de la terreur établie entre les puissances nucléaires. Les dirigeants des États du sud et du Tiers monde doivent absolument méditer cette leçon européenne s’ils veulent un jour voir émerger, comme l’a rappelé Chavez lors du sommet Afrique Amérique latine, un monde multipolaire.

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Alliances militaires, dissuasion. 

REFORMER OU DISSOUDRE L’ONU?

septembre 25, 2009

RÉFORMER OU DISSOUDRE L’ONU ?

 

Malgré son illuminisme et son extravagance, le dirigeant libyen, le colonel Kadhafi ne manque pas de bon sens quand il déchire la Charte des Nations Unies. Pour aller au bout de sa logique, en pensant à la chaussure de Khrouchtchev devant la même assemblée, le bouillant colonel aurait dû aller au bout de sa logique et essuyer ses chaussures avec les bribes de la Charte déchirée. Il ne l’a pas fait mais son discours musclé devant la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies en dit long sur le ressentiment de certains dirigeants des pays du tiers monde à l’égard d’une organisation considérée comme une machine de guerre utilise par quelques Etats qui se nomment communauté internationale pour maquiller leurs croisades impérialistes planétaires. Dans son discours, le colonel Kadhafi met d’emblée en cause le rôle de l’ONU en l’accusant d’avoir couvert et cautionné 47 guerres depuis sa fondation en 1945 et demande des réformes profondes de l’ONU en conférant plus de pouvoirs à l’Assemblée Générale et moins de pouvoirs au Conseil de sécurité. Le colonel Kadhafi, « le roi de l’Afrique » réclame également aux anciennes puissances colonisatrices le paiement de 777 trillions de dollars de dédommagement pour avoir pillé les richesses des pays colonisés et il propose le transfert du siège de l’ONU de New York à la ville libyenne, Syrte.  

 

La requête du colonel Kadhafi pour la réforme de l’ONU n’est pas nouvelle et elle devient une question récurrente à toutes les sessions annuelles de l’Assemblée Générale. Faut-il réformer l’ONU ? Sur la réforme de l’ONU, tout le monde est d’accord, mais quoi réformer au juste ? Pour être plus précis, peut-on réellement réformer l’ONU ? La réponse est sans détour : la réforme de l’ONU est impossible et cela pour deux raisons principales. La première, l’ONU a été créée par la Charte de San Francisco signée le 26 juin 1945 sous l’impulsion des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale en leur ferme volonté  de devenir le nouveau gendarme du monde et de maintenir par la force et non par le droit le statu quo dans les nouvelles relations internationales . Avec l’ONU, c’en est donc fini avec l’angélisme et le juridisme de la SDN qui était plutôt une association ou un club d’États souverains et égaux paralysé par la règle de l’unanimité. En 1945, l’heure n’était plus à l’utopisme et aux rêveries stériles mais au réalisme, à l’action et au volontarisme.

 

La deuxième raison, c’est l’impossible réforme des dispositions de relatives à l’Assemblée générale. L’Assemblée Générale est certes composée d’États souverains d’Etats souverains et indépendants faisant croire à une sorte de « démocratie mondiale ou de gouvernement mondial » Mais les Etats du tiers monde qui y siègent sont des Etats croupions créés artificiellement de toutes pièces par les puissances impérialistes en légalisant le partage du monde par des accords et des traités, traité de Versailles, Sykes Picot etc. L’Asemblée Générale ressemble plutôt à une coquille vide, car elle est dépourvue de tout pouvoir réel et son domaine de compétence qui, théoriquement très vaste, est somme toute superficiel. D’abord, l’Assemblée ne peut entreprendre aucune action sur une question tant que le Conseil de Sécurité sen trouve saisi, car elle doit renvoyer au Conseil toute affaire qui « appelle une action ». En réalité, c’est le secrétaire général, un homme lige et une marionnette entre les mains des Grands, qui consacre la suprématie du Conseil sur l’Assemblée en matière de maintien de paix. Car, pour toute action militaire, c’est le Comité d’Etat-Major composé des représentants des États membres permanents du Conseil de sécurité, qui sera chargé de son exécution technique. De même, dans l’attente de la conclusion des accords militaires qui définissent les conditions et limites de la fourniture des forces par les Etats membres, ce sont les membres permanents du Conseil qui « pourront entreprendre en commun au nom des Nations Unies, toute action qui pourrait être nécessaire pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Il est vrai que les articles 43 et 106 de la Charte des Nations unies, qui énoncent  ces dispositions essentielles pour le maintien de l’ordre international, ne seront jamais appliquées et par conséquent, ce sont une fois encore les Grands qui décident librement et qui imposent leur loi et leur hégémonie politique.   

 

Un moment paralysée par le vélo de l’union soviétique, l’ONU s’est révélée, après la disparition du bloc communiste et la fin de la guerre froide, comme le marchepied des Etats capitalistes. Grâce au soutien des anciens États communistes devenus désormais des États satellites des Etats-Unis et de l’Union européenne, des tribunaux pénaux spéciaux et une Cour pénale internationale ont été créés pour juger et punir les Chefs d’État récalcitrants comme Milosevic. Quand on parle aujourd’hui de l’ONU, on pense immédiatement comme le chien de Pavlov à la communauté internationale. Cette soi-disant communauté internationale, composée de six pays, membres permanents du Conseil de Sécurité, évoque le chapitre VII de la Charte et prend des résolutions d’envahir tel pays ou tel autre sous prétexte de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Parfois, en cas de dissensions au sein du Conseil de sécurité, comme ce fut le cas avec la guerre en Irak, les États impérialistes envoient leurs troupes pour occuper les pays convoités quitte à faire appel à l’ONU pour couvrir et redonner légitimité à leurs occupations militaires comme en Irak et en Afghanistan. Alors que l’État sioniste représente depuis plus de 60 ans une menace permanente et sérieuse dans la région du Moyen Orient, jamais le chapitre VII de la Charte des Nations Unies n’a été brandi contre Israël dont les crimes en Palestine ont été, bien au contraire, récompensés et légitimés par le veto américain au sein du Conseil de sécurité. C’est encore le cas, il y a quelques jours, avec Suzanne Rice, et comme ce fut le cas jadis avec John Bolton, Jeanne Kirpatrick et Madeleine Albright qui, d’ailleurs, n’ont jamais fait mystère de leur haine et de leur profond mépris à l’égard de l’ONU et de ses institutions. Le désaccord au sein des membres du Conseil de sécurité n’a pas empêché George Bush d’envahir l’Irak aidé par quelques pantins européens, l’anglais Blair, l’Espagnol José Maria Aznar, l’italien Berlusconi, le Portugais José manuel Barroso, le tchèque Vaclav Havel, le hongrois Peter Mijissai, le Polonais Lack Miller et le danois Andreas Rasmussen.  

 

Les dirigeants du tiers-monde qui prônent la réforme de l’ONU pèchent soit par naïveté soit par ignorance car ils n’ont pas compris que les relations internationales sont régies par la force et la violence et une organisation internationale comme l’ONU n’a aucun pouvoir dans le maintien de la paix et de la sécurité. Le naïf ministre égyptien de la culture découvre après coup, suite à son échec face à Irena Bokova dans la course à la présidence de l’Unesco, que celle-ci était une institution politisée et sous influence du lobby sioniste français et américain. Depuis sa création en 1945, l’ONU a été conçue comme un instrument docile entre les mains des États impérialistes pour faire main basse sur les ressources naturelles en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Ceux qui exigent aujourd’hui sur la tribune de l’Assemblée Générale une simple réforme de l’ONU sont des rêveurs et des utopistes, car ce n’est pas la réforme de l’ONU qu’il faut exiger mais son abolition, sa dissolution et sa disparition pure et simple de la vie internationale. Au lieu de faire de la figuration et avec un peu de courage, les dirigeants des pays du tiers monde feraient mieux de franchir le Rubicon en se retirant purement et simplement de l’ONU. Mais que l’on se rassure, avec ou sans l’ONU, les relations internationales seront toujours dominées par les puissances impérialistes qui continueront leurs croisades et leurs guerres partout où il y a des puits de pétrole et des matières premières à piller et à exploiter.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : ONU, réforme, dissolution.

 

 

LA POLLUTION PSYCHOLOGIQUE

septembre 23, 2009

LA POLLUTION PSYCHOLOGIQUE

 

Par Faouzi Elmir pour mecanopolis

 

Jusqu’ici le mot pollution suggère la pollution de l’air, des eaux et des sols mais jamais cette forme invisible et insidieuse, la pollution psychologique. Le pouvoir de nuisance de la pollution n’est pas moindre sur l’organisme que la pollution chimique, qui est la plus importante de toutes les formes de pollution. Pour savoir ce que sous sous-entend le vocable de pollution psychologique, il convient d’établir au préalable quelques distinctions utiles.  On est tenté dès l’abord d’identifier pollution psychologique et propagande politique. Or, malgré les effets identiques produits par la pollution psychologique et par la propagande politique, c’est-à-dire, la modification de la posture psychique de l’individu et création d’êtres aliénés, elles diffèrent par leurs sources et leurs champs d’activité. D’abord, la propagande politique est reconnaissable par tout le monde ou presque, car elle émane d’organes et d’institutions politiques chargés d’influencer les opinions publiques et le choix des masses pour telle politique et contre telle autre. Les techniques et les acteurs de la propagande politique sont dûment identifiés, un gouvernement, un parti politique, une administration, une institution, un groupe de pression etc. Ensuite, les moyens mis en œuvre par les stratèges de la propagande politique sont volontaires, étudiés et calculés avec des objectifs à atteindre préalablement fixés et déterminés. Enfin, on reconnaît habituellement une propagande politique par les thèmes, les slogans et les mots d’ordre qui sont proprement politiques.

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www.mecanopolis.org

 

DÉFINITION ET FORMES DE POLLUTION PSYCHOLOGIQUE

LA CRISE ET LES DELIRES MEDIATIQUES

septembre 16, 2009

LA CRISE ET LES DÉLIRES MÉDIATIQUES

Un an après la crise de subprime et la faillite retentissante des grandes banques américaines, notamment la banque Lehmann Brothers, les mass medias des pays capitalistes, euphoriques, pavoisent et exultent.  Ça y est, le pire a été évité, on voit enfin le bout du tunnel et la crise est derrière nous. Comme pour nous convaincre que la crise est surmontée et que tout ou à peu près tout est rentré dans l’ordre, les mass medias en France qui, rappelons le au passage, sont contrôlées par deux marchands d’armes(Lagardère et Dassault) et par un entrepreneur en travaux publics(Bouygues) recourent ostensiblement à l’argument d’autorité en citant des noms d’experts et d’économistes célèbres, Stieglitz, Fitoussi, Cohen & CO. Puisque ces soi-disant sommités intellectuelles nous disent que la crise est finie et que l’on s’achemine vers une sortie imminente de crise, nous leur demandons de produire leurs preuves et leurs critères sur lesquels ils se fondent pour nous faire croire que le monde capitaliste est enfin sorti d’affaire.

 

À écouter ces économistes et experts attitrés, il n’y a pas eu effondrement de l’économie entraînée par une cascade de faillites de banques et de grosses entreprises comme les constructeurs automobiles. Ce redressement de la situation est dû à l’intervention rapide et efficace des États et de la banque Européenne et à une bonne et saine gestion de la crise. On oublie cependant une chose que ces économistes et ces experts attitrés qui occupent à longueur de journée l’espace médiatique et qui profèrent ce genre d’inepties sont d’abord et avant tout des individus organiquement liés aux intérêts des États et du Capital qui les nourrissent et qui les engraissent (comme l’engraissage des animaux d’élevage par les produits anabolisants) pour ensuite s’en servir comme une caution scientifique et comme instrument pour leur propagande politique. Il faut bien décortiquer et examiner à la loupe leurs discours et leurs arguments pour se rendre compte de leurs chamailleries et de leurs affabulations. Il est vrai que le pire a été évité de justesse mais la question qui se pose aussitôt : pour qui ? Le pire a en effet évité non pas pour les sociétés capitalistes qui elles, sont plongées comme toujours d’ailleurs depuis deux siècles dans des crises chroniques et endémiques mais seulement pour le grand Capital, les banques et les constructeurs d’automobiles. Le monde capitaliste est en crise profonde comme il n’en a jamais connu auparavant et la crise du capitalisme continue et s’aggrave jour après jour et rien ne semble arrêter cette descente en enfer. Dans cette crise, nous avons eu la preuve irréfragable que les États qui prétendent représenter l’intérêt général, sont sous les bottes du Capital et ils se sont révèles comme par le passé, les véritables serviteurs des monopoles. Nous avons pu remarquer que les États et la Banque Centrale Européenne se sont levés comme un seul homme pour venir en aide des banques et des constructeurs d’automobiles menacés de faillite en les renflouant à coup de milliards d’euros alors que les responsables politiques affirmaient quelques jours avant l’éclatement de la crise que les caisses étaient vides et que selon les termes de François Fillon, la France était en faillite imminente. Cette mobilisation sans précédent des États en faveur du grand Capital montre une fois de plus que les États dans un système capitaliste n’ont d’autres fonctions que de réprimer les classes exploitées et d’intervenir le moment venu pour servir les intérêts du Capital. 

 

Ceux qui pensent que la crise est derrière nous et que le pire a été évité de justesse se trompent lourdement et prennent leurs désirs pour des réalités, car le système capitaliste est incapable de fonctionner par ses propres moyens endogènes et de surmonter par lui-même ses propres crises endémiques et permanentes selon la main invisible d’Adam Smith et la sacro sainte loi du marché. Pour surmonter ses crises chroniques endémiques, le système capitaliste a besoin de deux béquilles: un État répressif d’un côté et une myriade d’institutions spécialisées dans le lavage des cerveaux de l’autre. Si le système capitaliste est en crise permanente, cela est dû à des éléments structurels contradictoires qui empêchent son bon fonctionnement. Car le système capitaliste est fondé sur la logique de l’accumulation du capital et c’est justement cette logique de l’accumulation du capital qui le plonge dans des crises endémiques et permanentes sans fin et qui l’empêche de s’autoréguler par lui-même. Il faut savoir que l’économie capitaliste n’est pas une économie faite pour satisfaire les besoins humains mais pour générer des richesses et de l’argent pour une poignée de profiteurs et d’exploiteurs. C’est pourquoi l’économie capitaliste est traversée sans cesse par des contradictions insurmontables, celles de la surproduction et de la sous-consommation, de l’abondance et de la pénurie, et des richesses et de la paupérisation.

 

Les crises endémiques du mode de production capitaliste sont engendrées par cette loi fondamentale, la baisse tendancielle du taux de profit. En effet, la surproduction inhérente au capital créateur de plus-value est par définition liée à la pénurie et à la sous-consommation. Le couple surproduction – pénurie est inscrit dans tout le cours du capital, car sa « productivité », c’est-à-dire sa capacité de faire des profits, est en diminution constante tout au long du cycle et au fur et à mesure de la baisse du taux de profit. Cela signifie concrètement que sur une composition organique déterminée du capital, une même somme de valeurs rapporte de moins en moins de profits de sorte que la masse énorme de capital se valorise toujours péniblement. Le capital qui est par définition production de plus-value ne peut plus alors fonctionner en tant que tel, se reproduire tout entier. Le capital non valorisé ou dévalorisé est un capital détruit, mort, un capital cadavérique. La crise est ainsi le tournant où la surproduction se mue en pénurie de capital. Ce renversement s’effectue lorsque la masse de plus-value extorquée(heures de travail non payés) ne suffit plus à valoriser la masse du capital accumulé. Surproduction ne signifie pas autre chose que surproduction de moyens de production qui entraîne à son tour chute du taux d’exploitation au-dessus d’un certain niveau, perturbations et arrêts du procès de production capitaliste.

 

Le système capitaliste est donc une économie qui est en crise permanente et il ne connaît aucun répit. Les schémas et les cycles Juglar, Schumpeter etc sont faux, car il est impossible de tracer des frontières entre les périodes de crises du capitalisme et celles où il ne l’est pas. Il est faux de dire qu’à telle période, il y a crise et qu’à telle autre période, il n’y en a pas. Les périodes de crise ou de non-crise correspondent en réalité à des crises de surproduction soit générales soit partielles. Les crises de surproduction généralisées ont trouvé leurs solutions dans deux guerres mondiales qui ont fait plus de cent millions de morts. Quels sont les critères qui délimitent les périodes de crises ou de non crises ? il n’y en a aucun, car on retrouve aussi bien pendant les crises ou que dans celles de non-crise, les mêmes effets immuables: licenciement massif de salariés jetés sur le pavé ; faillite de capitalistes qui, privés de la manne des profits, arrêtent leurs usines et leurs machines encore en état de fonctionner. Les crises partielles du capitalisme sont maquillées par le système de crédit qui a porté à l’éléphantiasis la production dans tous les secteurs. Le système de crédit a été conçu comme une solution alternative aux guerres sanguinaires et aux champs de bataille pour conjurer les crises en donnant un certain pouvoir d’achat aux salariés. Mais il ne suffit pas de distribuer de l’argent pour doper ou droguer l’économie, harmoniser production et consommation et remédier au déséquilibre entre la surproduction et la sous-consommation. Ce n’est pas parce que l’on met plus d’argent en circulation que l’on résorbera la surproduction, car l’argent est lié aux revenus et directement ou indirectement à l’emploi d’une part et à la masse et à la qualité de la production d’autre part. La surproduction et donc la mévente fait baisser les salaires et les profits entraînant licenciement dans telle branche ou dans telle autre. 

 

INSTRUMENTALISATION DES CRISES DU CAPITALISME

 

Les crises endémiques du mode de production capitaliste sont du pain béni pour les classes dominantes et la propagande politique s’en sert comme arme psychologique pour domestiquer les classes exploitées et pour opérer des restructurations et délocalisations en vue de l’augmentation de la rentabilité et de la productivité du capital investi. Les crises du capitalisme sont instrumentalisées pour lutter contre cette inflexible et redoutable loi, qu’est la baisse tendancielle du taux de profit. La propagande politique dans les Etats capitalistes en crise joue sur la peur du chômage pour redonner légitimité au Capital et faciliter la mise en œuvre de plans libéraux d’austérité. La propagande capitaliste utilise le chômage de masse pour légitimer la surexploitation de la force du travail. Rappelons que les deux formes principales d’exploitation qui sont inhérentes au système capitaliste sont : l’augmentation de la durée de la journée de travail et la diminution du salaire. Le but de la propagande politique consiste à faire un bon usage de la crise pour paralyser la combativité des salariés et pour semer la peur et la panique psychique au sein des classes exploitées. Quand les classes exploitées sont gagnées par la peur, elles sont paralysées et elles sont incapables de mener des actions contre les politiques libérales visant à augmenter la durée du travail et à baisser les salaires. La crise doit être systématiquement exploitée pour cultiver la résignation populaire en jouant systématiquement sur la peur du chômage qui apparaît lui-même dans cette perspective comme un appui inappréciable pour les classes capitalistes. Exploité à bon escient, le chômage de masse, permanent et menaçant, est un rouage essentiel dans le fonctionnement du système capitaliste. Un vieil adage du capitalisme infantile doit être sans cesse présent à l’esprit de chaque salarié: si deux patrons courent après un ouvrier, le salaire monte mais si deux ouvriers courent après un seul patron, le salaire baisse. Hors de ce précepte, point de salut. Un chômeur de plus, c’est une véritable aubaine pour le capitaliste et le chômage apparaît comme le début de la sagesse sociale. L’insécurité de l’emploi et la hantise du chômage ont pour but d’affaiblir la résistance et la combativité des individus abattus moralement et psychologiquement. Les crises endémiques ont toujours été une aubaine pour les États et les classes capitalistes qui s’en servent comme un mode de gestion de la société. Il suffit tout simplement de faire un bon usage des crises du capitalisme pour domestiquer le peuple et les masses en leur apprenant le civisme économique et politique ainsi que l’obéissance aveugle aux ordres et aux injonctions de leurs maîtres et leurs donneurs d’ordre. À cet égard, les crises jouent un rôle pédagogique, car elles modifient la posture psychologique des peuples et des masses qui sont obligés de subir toute leur vie les effets ravageurs et destructeurs de la loi de la jungle capitaliste.

 

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés ; crise, banque, État, capitalisme.

 

 

POURQUOI HAIS-JE LE PEUPLE?

septembre 8, 2009

POURQUOI HAIS-JE LE PEUPLE ?

 

La détermination du peuple est immuable et effrayante.  Le peuple est une masse d’individus conditionnés mentalement et intellectuellement par une myriade d’institutions spécialisées dans le lavage des cerveaux et dans l’apprentissage aux futurs métiers de la servilité et de l’assujettissement. En effet, pour qu’il y ait peuple conditionné mentalement et intellectuellement, il faut qu’il existe préalablement école, famille, lois, institutions, État etc dont la mission consiste à modifier la posture psychique de chaque individu pour en faire une masse et des hommes dressés comme les animaux du cirque. Dans le dressage des êtres humains, l’école n’a rien à envier aux centres de formation spécialisés dans la formation des animaux du cirque. L’école et les méthodes pédagogiques ne sont pas autre chose qu’une sorte de dressage des enfants en bas âge appelés à former plus tard ce que l’on appelle l’esprit public ou l’opinion populaire d’une collectivité ou d’une nation. Les chantres de l’humanisme et les philanthropes veulent faire croire que l’école est là pour faire le bonheur des hommes alors qu’elle est en réalité un lieu concentrationnaire chargé de former des troupeaux humains à marcher et à être contents à marcher. L’école est d’abord l’endroit où se forment les réflexes conditionnés des êtres humains suivant des méthodes claires et très sûres. Malgré les différences d’aptitude entre les animaux de diverses espèces, tous les animaux peuvent finalement être dressés. Il en est ainsi des populations scolaires qui, malgré les différences d’aptitude de chacun de leurs membres, seront en fin de compte dressées. À l’école, comme dans le cirque, on retrouve les mêmes principes: l’appât et la peur des sanctions, la crainte de la douleur qui sont les mobiles sur lesquels repose l’apprentissage des animaux et des troupeaux humains. L’imitation pratiquée sur une grande échelle dans l’éducation joue un rôle déterminant dans la formation des réflexes chez les enfants, car elle joue le rôle de « drainage » chez des écoliers en présence d’autres écoliers.

 

C’est au sein de l’école que se forme le peuple ou l’esprit populaire, cette grande masse d’individus suggestionnables, influençables et violables psychiquement. Dans la vie de nos soi-disant sociétés démocratiques, le peuple est censé être libre et souverain dans le choix de ses gouvernants et de ses représentants. Or, la réalité est tout autre et le peuple n’est là que pour une mission de figuration pour les kermesses électorales. Ce qui est demandé au peuple dans les démocraties capitalistes, ce n’est pas seulement de participer à la mascarade électorale mais surtout et avant tout d’obéir et de se taire. Le peuple a été formé et préparé des années durant à recevoir des ordres, à bien les interpréter et à les exécuter correctement. Il faut bien dire que l’ordre est plus ancien que le langage sinon les animaux du cirque ne pourraient pas le comprendre. La manière de bien comprendre le sens de l’ordre est d’une importance capitale, car la finalité de tout ordre est de déclencher une action. Mais comme toute action est précédée d’un ordre, on comprend aisément pourquoi les regards du peuple sont toujours rivés sur les lèvres de ses meneurs et de ses maîtres dans l’attente des mots d’ordre. Songeons à ces millions de victimes qui ont répondu présentes lors des différentes guerres et dont les corps ont servi de chair à canon. Le peuple est donc, comme le soldat, n’agit que par ordre et il passe sa vie durant à attendre ce moment crucial, le garde-à-vous. La réponse du peuple comme celle du soldat est toujours la même, « A vos ordres ». Comme le soldat lors de sa formation militaire, le peuple sait parfaitement grâce à l’école et à l’imitation, à quel moment il doit répondre présent à l’appel de ses maîtres et meneurs pour procéder à l’exécution des ordres. Pour passer de l’ordre à l’action, le peuple a besoin seulement du mot d’ordre des maîtres et des donneurs d’ordre qui lui imposent une certaine direction. L’art du meneur et du donneur d’ordre consiste à résumer en mots d’ordre tout ce qu’il veut obtenir et à les présenter avec force et d’une manière convaincante pour l’aider à rassembler des individus en peuple. C’est pourquoi les meneurs du peuple utilisent le langage de l’inconscient en recourant à des mots-clés, des slogans, des symboles visuels et sonores, à certaines couleurs et à la musique.

 

La première mission des meneurs est celle qui consiste à niveler le peuple vers le bas pour mieux le dominer. Pour que l’ordre soit efficacement exécuté, c’est-à-dire sans hésitation, ni discussion, ni explication, ni doute, car, comme pour les animaux du cirque, le peuple ne doit recevoir ni nourriture ni récompense que des mains de ses meneurs et ses maîtres attitrés. Mais contrairement aux animaux du cirque qui peuvent être sanctionnés soit par faim soit par la mort, le défaut d’obéissance du peuple se traduit généralement par sa participation directe dans la fabrication de la machinerie qui sera appelée à le châtier et à le punir, la dictature et le totalitarisme qui s’érigent en son nom.  Pour que l’ordre garde toute sa puissance et ses caractères indiscutables, il faut sans cesse travailler au nivellement du peuple vers le bas. Car plus le niveau intellectuel et mental du peuple est bas plus l’ordre a une chance d’être spontanément et correctement exécuté.

 

C’est parce que le peuple a toujours été à la fois la victime consentante et le complice des dictateurs et des dictatures, que je hais le peuple. Je hais le peuple, parce qu’il est par définition ignorant, aveugle et une marionnette manipulable à volonté. Je hais le peuple, car il est composé d’individus frustes mus par le seul instinct et absorbés par les seuls besoins animaliers, par le boire, le manger et le s’amuser bêtement. Je hais le peuple, car il constitue une entrave à ma liberté et à la réalisation de mes aspirations qui ne sont nullement celles de produire et de consommer. C’est parce qu’il est le seul responsable de tous mes malheurs et de tous mes déboires dans la vie terrestre, que je hais profondément et viscéralement le peuple.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : peuple, école, dressage.