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POURQUOI UN PACTE MILITAIRE POUR LES ETATS DU SUD?

septembre 27, 2009

POURQUOI UN PACTE MILITAIRE POUR LES ÉTATS DU SUD ?

Dans son discours prononcé le 12 mars 1947, Harry Truman annonce sa doctrine de l’endiguement de l’Union soviétique et déclare la guerre au communisme international. Pour combattre militairement le communisme, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, la Belgique, le Canada, l’Islande, l’Italie, le Norvège, et le Portugal créent un pacte militaire par le traité de Washington signé le 4 avril 1949. Après la signature du traité de Washington, une série d’organes, civils et militaires, se mettent en place en vue de coordonner les futures actions des États membres dans leur lutte contre leur ennemi d’alors, l’Union soviétique et les États socialistes est européen. En riposte à l’alliance militaire des pays capitalistes, l’Union soviétique et les États socialistes d’Europe de l’Est créèrent le pacte de Varsovie groupant l’Union soviétique, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie et la Hongrie. Calqué sur le traité Atlantique, le pacte de Varsovie fut un pacte d’amitié, de coopération et de d’assistance mutuelle dont le commandant unique avait été confié au maréchal Koniev. Pourquoi pas un pacte militaire pour les Etats du sud?

 

DOCTRINE DE LA « CONTRE FORCE » ET DE LA DISSUASION

 

En 1961, les Etats-Unis ont élaboré une nouvelle doctrine stratégique sous l’impulsion du secrétaire d’etat à la défense Mac Namara visant à renforcer les forces conventionnelles rendues plus mobiles et le développement de nouveaux moyens de ripostes, telles les fusées « Polaris ». À partir de février 1963 et durant les deux années à venir, les Etats-Unis ont œuvré pour faire de l’OTAN une nouvelle puissance nucléaire par la création d’une force atlantique intégrée. Le développement de la puissance nucléaire soviétique pendant les années 1949-1957 et celui de la capacité de lancer des bombes nucléaires sur des objectifs situés à l’intérieur des Etats-Unis ont nécessité une modification en profondeur de la pensée militaire américaine. La première dénommée  « contre-force » reposait sur la supposition que la guerre thermonucléaire est possible, concevable, acceptable et qu’elle sera « gagnée » ou « perdue ». Le concept de « contre-force » est un concept stratégique qui considère que seules les capacités de bombardement de l’ennemi sont des objectifs non ses villes. Les adeptes de théorie de la « contre-force » pensaient qu’ils serait préférable d’empêcher pareille guerre avant d’avoir lieu mais ils estimaient aussi que le seul moyen possible était la mise en place d’une force capable de gagner pareille guerre et d’obtenir la reddition de l’ennemi. À ce concept de « contre-force » s’oppose le concept de « dissuasion limitée » fondée sur l’idée que « gagner » ou « perdre » une guerre thermonucléaire était inconcevable et que pareille guerre doit être absolument évitée et que pour ce faire il suffit tout simplement d’augmenter beaucoup sa terreur.

 

NOUVELLE  DONNE STRATÉGIQUE EN EUROPE ET DANS LE MONDE

 

En somme, ce sont la puissance militaire et la dissuasion nucléaire soviétique qui ont permis à l’Union soviétique et au bloc de l’est de réaliser une percée dans le Tiers monde et qui ont mené finalement à l’échec de la politique de l’endiguement Truman et de la doctrine d’Eisenhower au Proche et Moyen-Orient. D’abord le rapprochement entre l’Egypte et l’Union soviétique est annoncé lors d’une déclaration commune le 16 avril 1955. Cette déclaration a une double portée: elle annonce l’entrée de l’Union soviétique sur la scène proche et moyen orientale et donne le coup de grâce au pacte de Bagdad.  Ensuite, le refus des Etats-Unis de livrer des armes au colonel Nasser, celui-ci se tourna vers le bloc socialiste en signant le 27 septembre 1955 un contrat de livraison d’armes avec la Tchécoslovaquie.

 

C’est aussi la puissance militaire soviétique et le pacte de Varsovie qui ont joué un rôle dissuasif en empêchant les Etats capitalistes de s’attaquer militairement aux jeunes États socialistes d’Europe de l’Est. Si les démocraties populaires ont pu survivre jusqu’à la chute du mur, c’est grâce à la force militaires soviétique et à une réseau de 68 traités d’alliance ou d’assistance mutuelle conclus entre 1945 et 1949 débouchant finalement à la constitution du pacte de Varsovie en 1955. La priorité pour les jeunes démocraties populaires était d’abord de se protéger contre les interventions militaires des États capitalistes de l’Ouest. Sans le pacte de Varsovie, le bloc communiste serait effondré non pas le 9 novembre 1989 mais en Hongrie le 4 novembre 1956 où les forces soviétiques étaient obligées d’intervenir pour mater une révolte fomentée en sous main par les États impérialistes avec l’aide de forces intérieures menées par Imry Nagy. En récompense de son soutien à l’intervention soviétique en Hongrie en 1956, la jeune révolution communiste chinoise s’est vu alors récompenser par un accord « secret » conclu le 17 octobre 1957 en vertu duquel l’Union soviétique promettait de fournir au gouvernement de Pékin l’aide technique nécessaire à la fabrication de la bombe atomique. Sans le pacte de Varsovie, les Etats capitalistes seraient intervenus militairement en Tchécoslovaquie pour soutenir le gouvernement d’Alexandre Dubcek et pour en finir une fois pour toutes avec le régime communiste dans ce pays. Quand l’Union soviétique est intervenue en Afghanistan en 1980, les États unis et de l’Europe se sont contentés de condamnations et de pleurnicheries.  Les Américains et les Européens n’ont pas envoyé leurs armées pour combattre les Soviétiques en Afghanistan mais ils ont alimenté et réveillé l’intégrisme et ont armé les Moudjahiddines et les Talibans. Même tout récemment, face à l’intervention des forces russes en Géorgie, les Occidentaux ont préféré condamner au lieu d’intervenir militairement pour soutenir leur allié et leur homme de lige à Tbilissi. A contrario, avec la chute du mur de Berlin, l’effondrement du bloc communiste et la disparition du pacte de Varsovie, les visées impérialistes des États capitalistes, les Etats-Unis et l’Europe se sont dévoilées au grand jour en démantelant la fédération yougoslave et en bombardant Belgrade pour chasser Milosevic du pouvoir.

 

La puissance militaire soviétique a joué un rôle dissuasif en poussant les États capitalistes à adopter un profil bas et à mener une politique moins agressive et plus de réalisme à l’égard du bloc communiste. Face au risque d’une guerre nucléaire, les deux puissance nucléaires étaient amenées à rationaliser leurs comportements et à cohabiter pacifiquement. En toile de fond du risque atomique, l’union soviétique et les Etats-Unis optent pour la coexistence.

 

UN MONDE MULTIPOLAIRE ET LA LEÇON DE L’UNION SOVIÉTIQUE

 

Pour pouvoir vivre dans la jungle capitaliste internationale où le capital ne connaît ni frontières ni pays, l’Union soviétique et le bloc de l’est étaient amenés d’abord à se défendre en concluant une série d’accords militaires et la constitution d’un pacte militaire, le pacte de Varsovie. Les jeunes « États » croupions du Tiers monde formés après la Seconde Guerre mondiale et à la suite de la décolonisation se sont fourvoyés en formant des alliances politiques et des mouvements aussi stériles les unes que les autres (Conférence de Bandoeng, mouvements afro-asiatiques, non alignement, nouvel ordre économique international etc.). La première grosse erreur commise par les jeunes États issus de la décolonisation est leur ignorance ou leur incapacité à comprendre le monde dans lequel ils vivent et qui est régi par la loi de la jungle capitaliste. Dans la jungle capitaliste prédominent non pas le droit et la morale mais la force et la violence. La violence appelle la violence et non pas la charité et les bonnes manières. Pour sauver leur peau, les États du sud et leurs dirigeants n’ont pas deux ou trois solutions, ils en ont une seule, établir un pacte militaire à l’instar de l’OTAN aujourd’hui et du pacte de Varsovie, hier. Pour les États du sud, notamment ceux qui sont convoités pour leur pétrole et leurs matières premières, il ne s’agit nullement de copier servilement l’organisation et les dispositions du traité atlantique et du pacte de Varsovie, mais de mettre en place une force militaire suffisamment dissuasive pour faire réfléchir par deux fois les États prédateurs capitalistes avant de venir avec leur armada occuper leurs pays comme ils l’ont fait durant ces dix dernières années, en Yougoslavie en 1999, en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. Comme par le passé, c’est l’arme nucléaire qui a prouvé son efficacité et sa force dissuasive. Pour les États du sud, les armes conventionnelles ne leur servent pas à grande chose, car ils achètent leurs avions, leurs chars et leurs artilleries aux États capitalistes du Nord qui, en cas de conflit armé, peuvent décréter un embargo sur les pièces détachées, ce qui mettra hors fonctionnement tout le matériel militaire de leur clients. Par exemple, à défaut de pièces de rechange pour les avions rafale ou Mig, ces avions restent cloués au sol et ils ne servent plus à des opérations militaires d’attaque ou de défense du territoire. Ce qui n’est nullement le cas pour l’arme nucléaire qui confère à l’État ayant opté pour cette solution une autonomie et une totale indépendance vis-à-vis des fabricants d’armes qui se trouvent en majorité dans les États capitalistes du Nord, les Etats-Unis et l’Europe. L’acquisition d’arme nucléaire est la solution la plus réaliste et la plus efficace pour les États du sud, car elle joue un rôle dissuasif et c’est cette dissuasion qui est la seule garante d’une véritable indépendance nationale sans laquelle aucun développement économique ou social n’est possible. Sans sécurité nationale, point de développement économique et social. Evidemment, les États impérialistes dont l’arsenal se chiffre par des dizaines de milliers de têtes nucléaires vont aussitôt crier à la dissémination et à la prolifération nucléaire dans le monde. Pour répondre à leurs arguments, il suffit de leur répliquer par la question suivante: pourquoi ont-ils, eux seuls, le droit de posséder l’arme nucléaire et pas les autres? Dans les débats sur la prolifération nucléaire, la question de la peur de la dissémination est récurrente. Ce qui fait le plus peur aujourd’hui, ce n’est vraiment pas la dissémination proprement dite qui est un thème de propagande politique, mais le gigantesque arsenal nucléaire détenu par les Etats-Unis (10 000 ogives nucléaires), la Russie(14 000 ogives nucléaires) sans compter celle de la France, de la Grande Bretagne, de l’Inde, du Pakistan et d’israël. Ce gigantesque arsenal nucléaire est capable de faire sauter mille fois la planète terre. Pour avoir les mains libres dans leur croisade immédiatiser, les Américains et les Européens jouent sur un autre registre, la peur que l’arme nucléaire tombe un jour entre les mains des intégristes ou des fous. Mais on peut leur répliquer que jusqu’à nouvel ordre, le seul fou qui a osé utiliser à ce jour l’arme atomique est Harry Truman en bombardant Hiroshima et Nagasaki par deux bombes atomiques ayant entraîné la mort en quelques secondes des dizaines de milliers de personnes. Rappelons pour mémoire à l’intention de tous les amnésiques de la terre que Harry Truman fut le président des Etats-Unis d’Amérique, champion de la démocratie et leader du monde libre.

 

Lors du deuxième sommet Afrique Amérique latine tenu samedi et dimanche à l’ile Marguerite, au Venezuela, Chavez déclare que le monde du vingt unième siècle sera multipolaire. Malheureusement le président vénézuelien ne nous dit pas comment un monde multipolaire est possible et comment il pourrait voir le jour avec la persistance d’un système impérialiste qui est par définition la négation même d’un ordre multipolaire. Ce n’est sûrement pas avec de la seule coopération dans les domaines économiques, commerciaux, monétaires et culturels que ce monde multipolaire verra le jour. Pour l’émergence d’un monde multipolaire, il faut absolument que les États du sud résistent d’abord et avant à l’assaut et à l’hégémonie des États impérialistes en formant un véritable pacte militaire avec l’arme nucléaire comme seule arme de dissuasion. Pour réaliser leur rêve d’un monde multipolaire, Il faut que les Etats du sud prennent pour exemple l’Union soviétique qui, grâce à la bombe atomique, ait pu établir une parité  stratégique avec le monde capitaliste. Sans la bombe atomique, l’Union soviétique et les démocraties populaires auraient été broyées et englouties comme l’ex-Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan. L’élément déterminant et décisif qui a donné naissance à un monde bipolaire après la Seconde Guerre mondiale, c’est la bombe atomique de l’union soviétique et celle de la Chine communiste. Le premier devoir d’un Etat du sud consiste à établir une véritable coopération avec les autres Etats du sud avec à terme la fabrication de sa bombe atomique. Mais ce n’est pas parce qu’un Etat se dote de l’arme nucléaire qu’il doit se préparer à une guerre thermonucléaire. Bien au contraire, la bombe atomique est le seul garant de son indépendance nationale dans un monde régi par l’impérialisme et par la loi de la soldatesque. L’histoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale montre que c’est la bombe atomique qui a été le principal facteur de pacification de ce continent grâce à la politique de l’équilibre de la terreur établie entre les puissances nucléaires. Les dirigeants des États du sud et du Tiers monde doivent absolument méditer cette leçon européenne s’ils veulent un jour voir émerger, comme l’a rappelé Chavez lors du sommet Afrique Amérique latine, un monde multipolaire.

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : Alliances militaires, dissuasion. 

MAINTENIR LE PEUPLE DANS L’IGNORANCE

juin 18, 2009

MAINTENIR LE PEUPLE DANS L’IGNORANCE POUR MIEUX LE DOMINER

 

Pour dominer le peuple, il faut le maintenir dans l’ignorance. Pour y parvenir, il existe deux voies: la religion et la lobotomisation. C’est une leçon d’histoire, la religion a toujours été l’instrument privilégié des classes dominantes pour gouverner le peuple. La religion est d’abord un outil simple à manier au sein des sociétés profondément religieuses. Pour les classes dominantes, il n’y a pas beaucoup de travail à fournir pour dominer le peuple mis à part le maintien et l’entretien de la flamme de la religion par des prières des incantations, des rites et des traditions hérités du passé. C’est pourquoi le travail des gouvernants dans les sociétés religieuses est largement simplifié, car la religion fait l’économie de la pensée et de l’explication. Un peuple imprégné par la religion n’a pas à se demander si la soumission dans le monde terrestre est l’expression d’une volonté divine. Pour le simple fidèle et pour le croyant, la question de la domination sociale ne se pose jamais, car la religion a déjà fait un premier travail en amont en transformant les hommes en esclaves de Dieu et d’autres hommes. Pour un croyant ou un fidèle, point d’explications ou de discussion, la soumission et la domination font partie de l’ordre naturel des choses. L’emprise de la religion simplifie grandement le travail des classes dominantes qui n’ont pas à expliquer et à argumenter, car un fidèle ou un croyant n’a pas besoin de comprendre mais tout simplement de croire.

 

Dans les sociétés où la religion a perdu de son influence, les choses se présentent d’une manière différente. Dans les sociétés non religieuses, en l’occurrence les sociétés occidentales, les classes dominantes ont mis à contribution les résultats des recherches physiologiques et anatomiques sur le cerveau humain et son mode de fonctionnement. Grâce à l’endocrinologie et la neurophysiologie, science des sécrétions internes, on a découvert le les sécrétions internes, les hormones, l’existence des centres de mouvements de réflexe et des zones dans le cerveau qui peuvent être excitées ou modifiées par certaines hormones ou par certains poisons administrés à très petites doses. Les expériences de laboratoires ont montré que certaines zones du cerveau peuvent être excitées par les sons, la lumière et les images qui jouent un grand rôle dans l’inhibition ou la désinhibition des réflexes conditionnés. Mais on peut également affaiblir la faculté de résistance des mécanismes nerveux supérieurs comme l’écorce cérébrale ; il suffit de provoquer une généralisation de l’inhibition interne, ce qui est identique au sommeil, ou d’avoir recours à la fatigue. Quand une partie de l’écorce cérébrale est affaiblie, l’ordre donné à l’individu devient irrésistible grâce à l’irradiation dans toute l’écorce de l’inhibition causée par cet ordre. Ce phénomène du sommeil d’une partie du cerveau est un préalable à la suggestion qui survient dans un état d’affaiblissement  physiologique.  La question de la suggestion revêt une importante capitale pour la propagande politique dont le but est de modifier et d’orienter le psychisme humain dans un sens ou dans un autre. L’ignorance est donc le meilleur milieu pour former des masses se prêtant facilement à la suggestion (sur les différentes techniques relatives à l’affaiblissement physiologique et psychique de l’individu, voir l’article qui suit « Pollution sonore, pollution psychologique et propagande politique »

 

Ce qui est commun au peuple religieux et au peuple manipulé, c’est l’ignorance. Un homme ignorant est un être servile et soumis facilement à la suggestion et aux ordres. L’horizon de l’homme ignorant est tellement borné que tout dans le monde lui paraît aller de soi et que les objets ordinaires qui l’entourent ne le questionnent guère. L’existence de l’homme ignorant a quelque chose de fébrile et d’enfermé. L’homme ignorant est prisonnier de son assurance dogmatique qui l’empêche de s’interroger sur les raisons et les conditions de son de son ignorance. L’homme ignorant ne se doute pas un seul instant que sa servilité psychique est la condition sine qua non de la domination d’une classe sociale qui cherche coûte que coûte à maintenir le peuple dans l’ignorance. 

FAOUZI ELMIR

 

Mots-clés : domination, peuple, ignorance, croyance, religion, science

 

 

ACCIDENT D’AVION RIO-PARIS(SUITE)

juin 9, 2009

ACCIDENT D’AVION RIO-PARIS(SUITE)

COMMENT « NOYER LE POISSON » AVEC LES SONDES DE VITESSE ?

 

En ce moment de deuil, il n’est nullement question d’entretenir la polémique sur la ou les causes du crash Rio-Paris dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Dans mon précédent article, j’ai essayé d’imaginer des hommes en situation et des enchaînements « logiques » à partir d’informations diffusées par les médias. Mon intention n’était nullement de démontrer une hypothèse et de proférer des certitudes et des vérités universelles. Comme tout être humain, le crash de l’Airbus d’Air France m’a profondément choqué. J’ai imaginé cette scène horrible ou en quelques minutes des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont perdu la vie dans des conditions atroces. C’est ce traumatisme psychologique qui m’a amené à m’interroger sur les raisons du drame.   

 

Dans mon précédent article, J’ai certes parlé d’AIR France comme entreprise capitaliste, mais soyons clairs, il n’y a pas qu’AIR France qui est soumise à l’implacable logique mercantile. Il se trouve que le crash survient sur AIR France mais il aurait pu avoir lieu sur une toute autre compagnie aérienne qu’Air France. Je dirai même, et personne ne peut me reprocher un quelconque chauvinisme vu mon nom de métèque, que la compagnie d’AIR France est réputée pour être parmi les compagnies aériennes les plus sûres au monde, qu’elle se taille la réputation d’un transporteur aérien fiable et que son personnel de maintenance est connu et reconnu dans le monde entier pour sa compétence technique. Mais aujourd’hui personne ne peut nier le fait que nous vivons dans un système capitaliste où il existe une seule loi qui gouverne nos sociétés, celle du profit. Une entreprise capitaliste n’est pas une association de charité ou de philanthropie, ni EMMAUS ni les RESTOS DU COEUR. La raison d’être d’une entreprise capitaliste, c’est l’exploitation des hommes et des machines pour faire du profit et rien que du profit. Dire ou penser le contraire, c’est se voiler la face pour ne pas voir la logique absurde d’un système dans laquelle nous sommes tous pris et dont nous sommes tous à un degré ou à un autre les victimes consentantes. Air France reste donc une entreprise capitaliste ou ses salariés figurent sous la rubrique Charges de sa comptabilité et que comme toute entreprise capitaliste se doit de diminuer ses charges pour faire plus en de profits sous peine de mettre la clé sous la porte comme Air Liberté ou d’autres compagnies aériennes. Ses lignes nationales et internationales doivent être rentables coûte que coûte et pour qu’elles le soient et pour atteindre des objectifs purement mercantiles., il est sans cesse demandé aux hommes et aux machines de fournir plus de sacrifices et plus d’efforts. En Europe, le mot profit est un tabou alors qu’en écoutant CNN par exemple ou les medias anglo-saxons en général, la performance d’une entreprise est mesurée par les profits qu’elles génère et non pas par le chiffre d’affaires. Nous vivons dans un système qui fonctionne selon sa propre cohérence interne et une entreprise capitaliste fait tout pour diminuer ses charges dans le but d’augmenter ses profits. Le secteur des transports aériens en général et AIR France en particulier n’échappent pas à l’implacable et sinistre logique mercantile et à la marchandisation des rapports sociaux. L’actionnaire d’Air France investit de l’argent et veut récupérer sa mise, il n’a que faire de la sécurité et des vies humaines qui ne sont pas vraiment les premières de ses préoccupations. Soumis à la dictature du profit et à la course effrénée aux rendements, les hommes sont broyés par un système qui les dépasse et qui leur fait perdre leurs moyens intellectuels en devenant ainsi des simples machines et des simples robots. C’est parce qu’ils deviennent des machines et des robots que les hommes deviennent dangereux pour leurs semblables car ils ont perdu toute faculté de discernement entre ce qui relève du domaine de l’humain et ce qui appartient au monde technique.  

 

En sortant de son chapeau l’histoire des sondes de vitesse, Air France et le Bureau Enquête et Accident(BEA) cherchent à noyer le poisson en insinuant que la cause de l’accident Rio-Paris serait due à une simple défaillance technique. Pour parler vulgairement, l’histoire de sondes de vitesse est une « histoire à toto » que l’on raconte aux enfants avant de dormir. L’enquête officielle privilégie l’hypothèse d’une simple défaillance technique due au mauvais fonctionnement des capteurs de vitesse ou sondes Pilot, à laquelle AIR France tente de remédier en équipant ses avions A 330 et A 340. Cette hypothèse ne résiste pas à l’examen pour deux raisons principales. D’abord l’Airbus Rio-Paris subit une révision à mi avril et s’il y avait un problème de capteurs ou de sonde de vitesse, le personnel de la maintenance aurait détecté l’anomalie. Ensuite, une note interne d’Air France datant de novembre 2008, fait état d’un « nombre significatif d’incidents liés aux calculateurs de vitesse sur des A330 -340 ». Puisque la compagnie était au courant de l’existence de problèmes de calculateurs de vitesse, pourquoi ne s’est-elle pas employée à y remédier très rapidement avant que ne survienne le crash du vol Rio-Paris ? Logiquement, cette note interne aurait dû alerter la compagnie pour prendre les mesures nécessaires qui s’imposent et pour éviter un tel drame, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

 

Malheureusement, à ce jour, c’est l’hypothèse des conditions météorologiques qui est la plus probable. Quand j’ai émis dans un précédent article que ce sont les conditions météorologiques qui pourraient être à l’origine de l’accident de l’Airbus d’Air France, d’une zone de perturbation tempétueuse sur la trajectoire du vol je n’avais pas pris connaissance des analyses et des conclusions d’un spécialiste en météorologie qui s’est penché sur les conditions météorologiques de la zone traversée par l’avion d’Air France. L’auteur de cet article, Tim Vasquez, a conclu, cartes et images de satellite à l’appui, à l’hypothèse d’une violente tempête tropicale qui pourrait être à l’origine du crash de l’Airbus d’Air France. En effet, les conclusions de l’auteur font apparaître que le vol AF 447 se serait engouffré dans une zone de turbulence tempétueuse tropicale et qu’il aurait subi de fortes turbulences sur 125 km (75 miles). Ce sont ces violentes turbulences qui auraient entraîné une série de défaillances techniques en commençant par une panne radio puis la désintégration progressive, morceau après morceau, de la carlingue de l’avion.

 

FAOUZI ELMIR

 

 

Annexe

 

J’avais l’intention de traduire en français les analyses de Tim Vasquez sur les conditions météorologiques de la zone où se trouvait l’Airbus d’Air France. Mais faute de temps et vu l’ampleur du travail, j’ai dû me contenter de la reproduction du texte original en anglais.

 

 

Air France Flight 447: A detailed meteorological analysis 

3 06 2009

by Tim Vasquez

Air France flight 447 (AF447), an Airbus A330 widebody jet, was reported missing in the equatorial Atlantic Ocean in the early morning hours of June 1, 2009. The plane was enroute from Rio de Janeiro (SBGL) to Paris (LFPG). Speculation suggested that the plane may have flown into a thunderstorm. The objective of this study was to isolate the aircraft’s location against high-resolution satellite images from GOES-10 to identify any association with thunderstorm activity. Breakup of a plane at higher altitudes in a thunderstorm is not unprecedented; Northwest Flight 705 in 1963 and more recently Pulkovo Aviation Flight 612 in 2006 are clear examples.

Back in the 1990s I did flight route forecasting for the Air Force. One of my assignments in summer 1994 was forecasting was the sector between Mombasa, Kenya and Cairo, Egypt for C-5 and C-141 aircraft. The Sudan region had tropical MCS activity similar to this with little in the way of sensor data, so this incident holds some special interest for me as one of our C-5s could easily have followed a very similar fate. Using what’s available to me I decided to do a little analysis and see if I could determine anything about the fate of AF447 and maybe through some circuitous, indirect means help give authorities some clues on where to look.

1. Reports and evidence

Reports indicate AF447 reported INTOL (S01 21.7′,W32 49.9′ or -1.362,-32.832) at 0133Z and was to proceed to TASIL (N4 00.3′,W29 59.4′, or +4.005,-29.990) in 50 minutes (a true track of 28.1 deg) (source) indicating that it flew high altitude route UN873 (see below).

Enroute High Altitude Caribbean and South America H-4, 30 AUG 2007 (National Geospatial-Intelligence Agency)

Though the actual flight plan data was not accessible to me, this corresponds well with an actual flight plan found on the Internet for a Varig B767 from Rio de Janeiro to Frankfurt:

(FPL-VRG8744-IS -B763/H-SIRYW/S -SBGL0110 -N0485F290 PCX3 POKA UA314 NUQ/N0475F330 UA314 SVD UZ10 NTL/M080F320 UN873 FEMUR/M080F320 UN873 INTOL/M080F320 UN873 EPODE/N0476F340 UN873 ASEBA/N0475F340 UN873 SAGMA/M080F340 UN873 CVS/M080F360 UN873 LIMAL/N0463F360 UN873 GDV UN858 SUNID/N0454F380 UN858 DGO UN976 PPN/N0457F360 UN976 LATEK UN871 KUDES T163 PSA PSA2W -EDDF1129 LSZH EDDL -EET/SBRE0050 SBAO0309 ORARO0340 GOOO0355 GVSC0518 GCCC0618 GMMM0746 LPPC0836 LECM0848 LFFF0951 LSAS1042 EDUU1059 EDFF1111 RIF/PPN/N0456F390 UN857 BAN BAN2E LEMD RMK/ETOPS UNDER 120 MIN RULE ENROUTE ALTS SBNT GVAC)

 

I decided to project the flight forward from INTOL. An altitude of FL350 and speed of 520 mph was given. Presumably this is ground speed according to the ACARS specification. Compensating for a 10 kt headwind as given by the SBFN sounding this yields an airspeed of M.80, which correlates well with the A330’s typical early cruise profile. This yields the following aircraft coordinates:

Time Coordinates Description
0133Z -1.362,-32.832 Reported INTOL
0145Z -0.033,-32.125 Extrapolation
0200Z +1.629,-31.242 Extrapolation
0215Z +3.290,-30.357 Extrapolation
0223Z +4.150,-29.876 Estimated TASIL
0230Z +4.951,-29.469 Extrapolation

 

 

2. Meteorological analysis

Surface analysis showed the suspected crash region to be within the intertropical convergence zone (ITCZ), which at this time of year is usually found at about the 5-10N parallel. A region of strong trade winds covered most of the tropical North Atlantic and this kept the ITCZ in a somewhat southerly position. The linear convergence along the ITCZ and the unstable atmospheric conditions combined to produce scattered clusters of thunderstorms.

Surface analysis for 0000Z. (NCEP)

Using McIDAS I acquired satellite GOES-10 satellite data from UCAR and centered it over the region between INTOL and TASIL. I then plotted the waypoints using McIDAS’s built-in coordinate entry panel. Since the source satellite images are georeferenced NOAA/GINI datasets, the points shown here are very accurate and are NOT placed by hand but by lat/long coordinates to the nearest 0.001 deg (0.06 mile). In the image below, the stationary southerly point in blue is INTOL and the aircraft’s estimated location from the above table is marked with a cross. Graticule spacing is 5 degrees. For the orange temperature plots I used the NCL/3aw curve; the sharp gradient of the enhancement from dark to light occurs at 243K (-30 deg C), indicating a cloud top of FL310 assuming the satellite pixel is completely overcast with that layer (which is not always true).

NOTE: If you have trouble seeing some of the large images, the source link is here -Anthony

Frame Controls 

Satellite images

 

Loop Mode:

Adjust Speed:

Dwell First/Last:

Frame No:

Omit Frame:
1  2  3
4  5  6
7  8  9

(Hit reload if you don’t see the satellite images in the looper above)

Raw infrared images are also available here: 0145Z, 0200Z, 0215Z, 0230Z.

And finally this image shows a zoomed image at 0215Z when AF447 made its last transmission:

click for a larger image

About 90% of the cloud material seen on this image is actually multiple levels of convective debris fields from dying storms and activity that occurred previously during the day, with only scattered cirrus fields at flight level. The active thunderstorm areas are defined by small-scale mottled areas of cold cloud tops. Compare with this structural diagram below of a similar tropical MCS in the same area in 1977. It illustrates that planes inflight are clear of most dangerous weather throughout a tropical system except when directly above an active updraft area.

Schematic of a typical tropical MCS observed in the Atlantic southwest of Dakar on 4 Sep 1974. (Structure and Dynamics of a Tropical Squall-Line System, R. A. Houze Jr., Mon. Wea. Rev., 105, 1540-1567)

It appears AF447 crossed through three key thunderstorm clusters: a small one around 0151Z, a new rapidly growing one at about 0159Z, and finally a large multicell convective system (MCS) around 0205-0216Z. Temperature trends suggested that the entire system was at peak intensity, developing rapidly around 2300-0100Z and finally dissipating around dawn. From a turbulence perspective, these cold spots would be the areas of highest concern as they signal the location of an active updraft producing new cloud material in the upper troposphere.

The last communication from the plane was at 0214Z (12:14 am local meridian time). This was an automated ACARS message reporting an electrical fault and pressurization problem. This would be about the time the plane was beginning to exit the cluster, but not before having flown for 75 miles of numerous updrafts. The exact aircraft location cannot be determined with certainty, however, since a 1-minute time error in position or reporting time translates to 9 miles of spatial error.

The Fernando de Noronha sounding is available here and shows typical tropical conditions with modest positive energy throughout the column from the surface up to 45,000 ft. There is what looks like anvil level material above 25,000 ft. The significant dry mid-level air is somewhat unusual and suggests the potential for enhanced evaporational cooling in the upper troposphere enhancing downdraft production, and any synoptic-scale lift (if present) enhancing instability through adiabatic cooling of the layer.

I modified this sounding (see below) using the prevailing temperature/dewpoint field across that part of the ocean and modifying for some cooling due to nighttime loss of heating. This is my best guess at the parcel profile that fed this storm. It yields a worst case instability of 1048 J/kg of CAPE, which is moderately strong but considered borderline for typical severe weather. Vertical velocity can be obtained by w=2*CAPE^0.5 yielding a maximum possible updraft speed contribution of 45.8 m/s or 102 mph, though in reality this is usually much less (on the order of half or less) due to precipitation loading and other factors.

 

3. Conclusions

The satellite imagery indicates that numerous cumulonimbus towers were rising to at least 51,000 ft, and were embedded in extensive stratiform anvils with tops of 35,000 to 45,000 ft. This kind of configuration is actually quite normal for equatorial storms due to the higher tropopause height, but it emphasizes that the aircraft was certainly within the bulk of an extensive cumulonimbus cloud field for a significant amount of time and that storms could indeed have been a contributing factor to the crash.

I’ve edited this section Monday night to cut down on the speculation about the accident chain, especially since I don’t know a whole lot about A330 systems. The airliners.net board and other sites cover the aircraft and CRM systems quite well. What I will try to do, however, is summarize what the aircraft probably encountered based on the data and my own experience.

* Turbulence — Turbulence is a definite candidate as a contributing factor. There is an isolated storm at (1.6,-31.5) that appears suddenly at 0200Z just as the A330 enters the main MCS cluster. From a turbulence perspective it is by far the most dangerous formation found on the loop. However it is 10-25 km to the left of UN873 and it is doubtful the crew would have been deviating at this time. Other cells like this one embedded within the main MCS may have caused severe turbulence. Young updrafts are particularly dangerous to flights because they contain significant rising motion yet precipitation fields have not yet fully developed and airborne radar signatures are weak, reducing the likelihood the crew will deviate around the cell. Another concern is the extensive upper-level dry air shown on the SBFN sounding (not counting the anvil debris at 350-300 mb), which may have contributed to enhanced evaporative cooling in and around the anvil and aggravated the turbulence experienced by the flight, especially around the margins of anvil clouds and towers. It is worth considering that cumulative periods of heavy turbulence crossing through the cluster may have caused minor internal damage that progressed in some way into an emergency.

* Icing — With a flight level temperature of -43 deg C suggested by the proximity sounding the A330 would have been flying mostly in rime ice and possibly some clear ice and graupel. At -43 deg C, water cannot exist even in supercooled form (see here for an explanation). The equivalent potential temperature throughout the profile is absolutely insufficient to bring warmer air with supercooled water to flight level. Without the supercooled water there is very little ice buildup on the airframe. My conclusion is that unless the plane descended below FL300 icing would not be the culprit.

* Lightning — Due to the high cloud tops and freezing level at 16,000 ft, there was extensive precipitation by cold rain process and it is likely the MCS was electrified. Lightning of course being considered with good reason since the A330 is one of the most computerized and automated airliners in service. I will say based on my 25 years of meteorology the storms were almost definitely producing lightning. As far what a strike would do to the A330, I have to leave that to to the avionics experts. Some answers might be found at http://www.airliners.net/aviation-forums/.

* Precipitation — A dual engine flameout due to precipitation or ice ingestion is a noteworthy possibility as has been discussed on other sites (specific to the A330 type too). The precipitable water content in any tropical weather system can run very high. However a rain-induced flameout is not possible because supercooled water cannot exist at the -43C cruise altitude and insufficient equivalent potential temperature exists, even in updraft cores, to bring warmer air beyond a few degrees change to the flight level. Therefore the plane at FL350 was completely within some mixture of rime ice, graupel, or small hail. But again, as the link indicates, even ice poses risks to the engine.

* Hail — I got a few comments about hail. I am not entirely convinced that structural hail damage is a factor, partly because I can’t recall hearing much about large damaging hail at altitude in my experience with equatorial flight operations. This would require strong instability, which I’m not yet sure we have, not only to grow the stones but to loft large hailstones from the embryo “nursery” at FL200-250 up to flight level. A value of 1000 J/kg CAPE is really on the fence but not out of the question. The other problem is the mounting body of evidence (see SPC studies) suggesting well-sheared storms (this profile is poorly sheared) are the ones conducive to structures that support hail growth. Finally, another issue is airborne radars are be highly sensitive to hail because of the very high backscatter values of ice, making evasive action likely, and the “young updrafts” I pointed out earlier as a threat would not have provided the residence times necessary yet to contain hailstones; their main threat would be severe turbulence. I am not sure about the hail hypothesis, but I believe there is a high probability of graupel, small ice pellets, or small hail at FL350 in the storm complex (see Icing above).


Overall what we know for sure is weather was a factor and the flight definitely crossed through a thunderstorm complex. There is a definite correlation of weather with the crash. However the analysis indicates that the weather is not anything particularly exceptional in terms of instability or storm structure. It’s my opinion that tropical storm complexes identical to this one have probably been crossed hundreds of times over the years by other flights without serious incident.

Still, in the main MCS alone, the A330 would have been flying through significant turbulence and thunderstorm activity for about 75 miles (125 km), lasting about 12 minutes of flight time. Of course anything so far is speculation until more evidence comes in, and for all we know the cause of the downing could have been anything from turbulence to coincidental problems like a cargo fire.

My own opinion of the crash cause, as of Monday night, based on the complete lack of a HF radio call and consideration of all of the above, suggests severe turbulence (see the BOAC 911 and BNF 250 tragedies) combining in some unlikely way with CRM/design/maintenance/procedural/other deficiencies to trigger a failure cascade. We can almost certainly count on some unexpected surprises once the CVR is recovered. Until then, all we can do is await the investigation and hope that the world’s flight operations stay safe until AFR447’s lessons are revealed.


PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE D’ARTE, ELEMENTS POUR UNE CONTRE PROPAGANDE

mai 20, 2009

LA PROPGANDE ANTICOMMUNISTE DE LA CHAÎNE FRANCO-ALLEMANDE ARTE :

ÉLÉMENTS POUR UNE CONTRE PROPAGANDE

Depuis quelques semaines, pour célébrer le sinistre anniversaire de la chute du mur de Berlin, ARTE, la chaîne anticommuniste franco-allemande, diffuse tous les mardis, une série d’émissions sur les anciens États communistes. Disons le d’emblée, en regardant ces émissions sur les anciennes démocraties populaires, le téléspectateur n’aura rien à apprendre de nouveau par rapport aux poncifs habituels assénés par la propagande capitaliste: Staline, stalinisme, Goulag, des centaines de millions de morts, STASI, KGB, dictature, répression, totalitarisme etc. Ces schèmes et ces stéréotypes sont répétés et assénés mille fois par jour non seulement dans un seul pays mais ils font les choux gras de la propagande capitaliste mondiale. Si vous allez dans n’importe quel État en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique, au Moyen Orient, en Amérique latine, vous aurez le même discours stéréotypé sur le communisme avec les mêmes mots, les mêmes images, les mêmes manières de présenter les anciens États communistes. Ce qui change d’un pays à l’autre, c’est la langue dans laquelle sont traduits les mots Staline, Goulag, Stasi, terreur, millions de morts, stalinisme etc.  

 

C’est parce que la propagande est une forme sournoise de violence, il serait difficile de rester inerte ou indifférent à ce viol délibéré de notre être psychique. L’histoire du communisme soviétique qui a duré de 1917 à 1991 et l’histoire des démocraties populaires d’Europe de l’est qui a pris fin avec la chute du mur de Berlin le sinistre 9 novembre 1989 sont-elles réductibles à celles du Goulag,  de la Stasi, de la terreur, du totalitarisme, de la répression? Nous avons toutes les raisons de douter de cette légende noire tissée autour du socialisme et du communisme. Car si l’on examine attentivement l’histoire des États socialistes, on découvre bien d’autres choses que la légende noire montée de toutes pièces par la propagande capitaliste. Il a existé dans les anciens Etats socialistes des grandes réalisations économiques et scientifiques, une nouvelle organisation du travail et une nouvelle manière de produire et de repartir les richesses. Dans l’histoire du socialisme existant, des expériences originales avaient été mises en place et menées dans tous les domaines de la vie sociale. Si nous avons la curiosité de dresser une rétrospective des expériences socialistes, on se rend vite compte que la réalité est tout autre que celle que nous présentent la propagande capitaliste et les auteurs de la légende noire du stalinisme et du « livre noir du communisme ». D’abord, à ce jour, on ne peut pas écrire le soi-disant livre noir du communisme, car le communisme n’a jamais existé réellement. Comment pourrait-on écrire l’histoire de quelque chose qui n’a jamais existé ? Comment peut-on juger du succès ou de l’échec d’une expérience dont on ignore la nature, les propriétés et les caractéristiques? Le « livre noir du communisme » ne peut être qu’un tissu de mensonges, écrit par des bobards en mal de notoriété et mus par le seul appât du gain. Car pour écrire l’histoire ou le livre noir du communisme, il faut préalablement avoir vu et observé des phénomènes sur une plus ou moins longue durée. Or le communisme n’a jamais eu le temps de prendre son envol, terrassé par le dragon impérialiste. En revanche, le seul livre noir qui vaille la peine d’être écrit et qui mérite d’être lu de la première à la dernière page est celui du capitalisme. Car il y a tellement de choses à dire et à écrire sur l’histoire du capitalisme qui dure depuis cinq siècles. Alors qu’il y a très peu de choses à dire sur les éphémères expériences socialistes si ce n’est qu’elles ont été combattues et sabotées par les puissances impérialistes. Qu’avons-nous à dire d’expériences qui commençaient à peine à se mettre en place ? Les expériences socialistes ont-elles réellement échoué ou ont-elles été plutôt sabotées ? La chute du mur de Berlin sonne-t-il le glas du communisme et de l’échec des jeunes expériences socialistes ? Enfin, l’histoire des systèmes socialistes se réduit-elle à quelques poncifs que répète et martèle la propagande capitaliste, la terreur stalinienne, le Goulag, la Stasi, etc. ?

 

Rappelons pour mémoire les deux principes de base de toute propagande : la simplification des problèmes et la manipulation psychologique des masses. Le travail du propagandiste ne consiste ni à expliquer le pourquoi et le comment des choses ni à rechercher la vérité. Les problèmes de la propagande ne sont pas ceux du commun des mortels ; ils sont des faux et des pseudo problèmes alors que les vrais problèmes des hommes dans le monde capitaliste sont le chômage, la précarité, la misère et la pauvreté. C’est en partant de ces principes que l’on peut dire qu’ARTE, la chaîne franco allemande, fait de la propagande anticommuniste avec les redevances des contribuables comme les impôts qui servent à payer des flics, des militaires et des enseignants pour réprimer et pour endoctriner.

 

Le premier problème que l’on remarque dans la série d’émissions consacrées aux anciens régimes socialistes, c’est que les journalistes d’ARTE parlent de systèmes communistes. Or les anciens États du bloc de l’est se donnèrent des noms tels que républiques socialistes, républiques populaires ou républiques démocratiques: URSS, union des républiques soviétiques socialistes, RDA, république populaire Chine, République populaire de Pologne etc. Si aucun État socialiste ne s’appelait et ne s’appelle République communiste, c’est tout simplement parce que la construction d’une société communiste n’était pas et n’est pas à l’ordre du jour. Certes, ce sont les partis communistes qui occupaient le pouvoir dans les anciens États socialistes mais ils travaillaient d’abord et avant tout à la construction d’une société socialiste considérée comme condition et comme préalable à l’avènement d’une société communiste. Leur objectif immédiat n’était donc pas le communisme mais le socialisme. D’ailleurs, ce serait une pure utopie de considérer que parce que l’on aura réussi une révolution prolétarienne la veille que l’on se réveillera le lendemain dans une société communiste. Une société communiste ne tombera pas du ciel du jour au lendemain et pour qu’elle le soit réellement, il faudra attendre peut-être un ou deux siècles le temps que les structures d’une société socialiste soient établies et consolidées définitivement. Autrement dit, La société communiste n’est pas le début mais le terme et la fin d’un long processus qui commence avec la société socialiste. La propagande capitaliste a martelé l’idée qu’avec la chute du mur de Berlin, c’est la fin du communisme. Or, la chute du mur de Berlin n’est nullement la preuve de l’échec du socialisme et encore moins du communisme, elle a malheureusement mis fin à des expériences socialistes qui étaient en cours dans un certain nombre de pays d’Europe de l’Est et dans l’Union soviétique. L’idée de la fin du communisme après la chute du mur de Berlin est mensongère, car la dislocation des États socialistes n’était pas due à l’échec du système socialiste mais à un plan impérialiste délibéré visant à endiguer et à abattre les régimes socialistes conformément à la doctrine Truman de l’endiguement ou du containement qui avait déclaré une guerre larvée et sans merci contre le communisme international. Le démantèlement de la fédération yougoslave était-il dû à l’échec de l’expérience de l’autogestion ou à un complot ourdi par les puissances impérialistes et de l’OTAN ?

 

ARRIÈRE-PLAN PSYCHIQUE ET IDÉOLOGIQUE DE LA PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE

 

On sait que le cheval de bataille de la propagande anticommuniste est la liberté d’expression qui était violée et bafouée dans les régimes socialistes. Pour apparaître crédibles, les propagandistes anticommunistes ont commencé par chercher des alibis, des « faits », et ils ont trouvé des écrivains besogneux en mal de notoriété et mus par le seul appât du gain, présentés comme des dissidents, des libres penseurs, et des « opprimés » par l’horrible « dictature communiste ». Les Soljenitsyne et Co étaient recrutés à coup de millions de dollars, « arrangés » pour le spectacle public, exhibés partout(radio, télévision, presse, conférences, prix Nobel etc) et instrumentalisés pour faire de la figuration dans la propagande anticommuniste. Après des mois et des années de matraquage et de martelage médiatiques sur la dissidence, la terreur stalinienne et l’oppression communiste, la mayonnaise a pris et des réflexes conditionnés se sont formés dans les masses qui finissent par identifier, grâce au mécanisme de l’association des idées, communisme, stalinisme, Goulag. On ne peut pas reprocher à la propagande anticommuniste d’avoir réussi à berner les masses et à manipuler psychologiquement ses victimes pour en faire des anticommunistes primaires, car c’est son travail de fabriquer une opinion publique hostile au communisme.

 

Nous commettrions cependant une erreur fatale si nous attribuions au seul travail du propagandiste les raisons du succès de la propagande anticommuniste et de la propagation de l’anticommunisme dans les sociétés capitalistes. Une propagande ne peut pas à elle seule prospérer sans la préexistence des stéréotypes et des leviers psychiques enfoncés à coup de marteau dans le psychisme des individus depuis leur enfance. Pour réussir ses actions, la propagande anticommuniste s’appuie sur un anticommunisme latent que font naître et nourrissent l’école et les institutions éducatives dans les sociétés capitalistes. Les enfants, devenus adultes, sont déjà imprégnés par l’anticommunisme. Grâce aux mass media, la flamme de l’anticommunisme est sans cesse entretenue et retravaillée pour aider les propagandistes anticommunistes à atteindre leurs buts psychologiques. C’est la préexistence de cet anticommunisme latent qui conditionne la réussite de toute propagande anticommuniste.  

 

Mais la question récurrente qui se pose est la suivante: pourquoi cette haine viscérale du communisme dans les sociétés capitalistes? Voila l’explication. Pour produire les objets et transformer la matière inerte, les hommes utilisent des instruments de production. Dans le processus de production, les hommes entretiennent des rapports entre eux, c’est ce que l’on appelle les rapports de production. L’état des rapports de production est déterminé par la forme de propriété des moyens de production. La forme du système de propriété sur les moyens de production est le fondement des rapports de production. Chaque forme de propriété détermine la position qu’occupent les hommes au sein de la production et les rapports de qu’ils entretiennent entre eux. La forme du système de propriété détermine par voie de conséquence la répartition des produits. L’élément décisif, fondamental, c’est la forme de du système de propriété des moyens de production car il détermine la nature même des rapports de production. Dans le mode de production capitaliste, les rapports sociaux sont fondés sur la propriété privée des moyens de production qui conditionne à son tour l’exploitation de l’homme par l’homme. À cause du régime de la propriété privée des moyens de production, des hommes peuvent exploiter et dominer d’autres hommes, c’est-à-dire ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre moyennant salaire. Les groupes et les classes qui contrôlent les moyens de production contrôlent les autres classes ainsi que tous les rouages de la société. Les possédants peuvent disposer de la force de travail des démunis. Ils ne travaillent pas eux-mêmes mais jouissent du fruit du travail  d’autrui. L’appropriation privée des moyens de production détermine l’inégalité de classes et conditionne l’exploitation économique, c’est-à-dire le pouvoir d’extraire de la plus-value. Le maintien de l’inégalité économique implique la domination politique. Les hommes politiques ne sont que les techniciens de surface et les employés chargés du service d’entretien du grand Capital.

 

Dans les sociétés capitalistes, il y a donc Pouvoir et pouvoir. La propagande politique cherche à accréditer l’idée de pouvoirs dilués ou de pouvoirs partagés, de pouvoir politique indépendant et séparé du pouvoir économique. C’est le travail du propagandiste d’entretenir en permanence cette confusion mais la réalité est tout autre. Le seul pouvoir qui domine est celui de la Propriété. Car la Propriété se donne rarement à voir, elle décide et détermine seulement quel pouvoir pourra s’exercer, au profit de qui et pour quoi faire. Celui qui a suivi ce développement sur la propriété privée des moyens de production comprendra aisément pourquoi un système socialiste et collectiviste devient la hantise et le cauchemar de ceux qui détiennent les moyens de production pour exploiter les travailleurs. L’objectif de la propagande anticommuniste vise à manipuler le psychisme des classes exploitées pour les empêcher de se révolter contre leurs exploiteurs, les détenteurs des moyens de production.

 

FABRICATION DE LA LÉGENDE NOIRE DU STALINISME PAR LA PROPAGANDE ANTICOMMUNISTE

 

L’histoire de la légende noire du stalinisme commence avec le rapport Khrouchtchev qui révèle au monde occidental les « crimes » de Staline. Voyons de plus près comment la légende noire du stalinisme se construit et se développe. Le point de départ de la légende noire du stalinisme est un discours de Nikita Khrouchtchev prononcée devant 1600 délégués du XXème congrès du parti communiste soviétique, tenu au Kremlin du 14 au 25 février 1956. Dans ce discours, Khrouchtchev dépeint Staline comme un aventurier, sanguinaire , cruel, stupide. À propos de ce discours de Khrouchtchev, on peut faire deux remarques. D’abord, ce discours de Khrounitchev a été prononcé au Kremlin devant les délégués du XXe Congrès du Parti communiste soviétique. La presse internationale capitaliste n’étant pas présente sur place, comment un journaliste peut-il être sûr que Khrouchtchev avait bel et bien prononcé de tels mots et à partir de là comment peut-il diffuser une information sans vérifier ses sources et sans violer ses règles de déontologie professionnelle ? La deuxième remarque concerne les conditions politiques du discours de Khrouchtchev. Le fait que le nouveau dirigeant épingle et pourfend la gestion de son prédécesseur n’a rien d’extraordinaire puisque la critique d’un prédécesseur dans n’importe quel régime politique s’inscrit dans la logique des choses. Le nouveau et futur dirigeant veut se donner une autre image et se montrer meilleur et plus performant que son prédécesseur. Cette stratégie politique n’est pas propre à l’Union soiviétique, elle fait partie des règles du jeu dans toute alternance soit dans les pays capitalistes soit dans les États communistes. D’ailleurs, les critiques de Khrounitchev de l’ère stalinienne ne datent pas du discours de Khrounitchev de 1956 mais du 12 septembre 1953, c’est-à-dire quelques mois seulement après la mort de Staline le 6 mars 1953 quand il a reconnu, avec d’autres comme Malenkov et Mikoyan, les insuffisances de la production de biens de consommation, du secteur agricole et du système de distribution commerciale et promettent des réformes pour y remédier. Quoi de plus normal de relever des carences dans le secteur agricole ou dans le circuit de distribution commerciale. Le discours de Khrouchtchev de 1956 fait partie de la stratégie politique et de communication de tout homme politique appelé à exercer le pouvoir. Quand Khrouchtchev critique les carences de Staline dans le secteur agricole, cet homme était de mauvaise foi car il oublie que c’est sous Staline que l’Union soviétique s’est bâtie comme une puissance économique et militaire. C’est sous Staline que la production agricole a été la plus forte et cela malgré toutes les difficultés liées à la guerre civile et à la mise en place des réformes agraires.

 

Quand Khrouchtchev dépeint Staline comme un sanguinaire, il ne fait qu’affirmer et alléguer, car il n’apporte aucune preuve matérielle sur ce qu’il dit. La légende noire du stalinisme a été construite autour de ces hypothétiques mots prononcés par Khrouchtchev. C’est de ces quelques éléments allégués et nullement confirmés, connus aussi sous le nom de rapport secret de Khrouchtchev », que la propagande anticommuniste s’empare pour faire ses choux gras et pour échafauder des schémas et des stéréotypes répétés et assénés devenus au fil des décennies, ce que l’on appelle le stalinisme dont le terme suggère la terreur, la violence et le Goulag. Voyons comment la propagande déforme les faits et devient un tissu de mensonges. Le 27 mars 1957, c’est-à-dire moins d’un mois après la mort de Staline, une amnistie a été décrétée permettant la libération des détenus condamnés à moins de cinq ans de prison. Pour la propagande anticommuniste, les détenus libérés étaient victimes de la nature totalitaire du stalinisme. Alors que les détenus libérés à l’occasion de la fête nationale en France le 14 juillet de chaque année sont des détenus de droit commun. Pour la propagande anticommuniste, les prisons soviétiques sont des camps de concentration et les prisons dans les pays capitalistes des hôtels quatre étoiles.

 

GENÈSE DE LA LÉGENDE NOIRE DU STALINISME :

L’ANTI-BOLCHÉVISME

 

Staline ou pas, la propagande anticommuniste se devait de fabriquer coûte que coûte un dictateur communiste. Si Staline n’avait pas existé, la propagande anticommuniste l’aurait inventé. Quoiqu’il fît, Staline ou tout autre dirigeant communiste était condamné d’avance à devenir cet « horrible dictateur », un sanguinaire, un dictateur etc. Pour la propagande anticommuniste, les dictateurs sanguinaires sont exclusivement des communistes, hier Staline, Ceausescu, Milosevic, et aujourd’hui, Castro, Kim Il Sung et Alexandre Loukachenko qualifié par Bush et l’Union européenne de « dernier dictateur » d’Europe. Un dictateur communiste, c’est généralement quelqu’un qui est « mal élevé » (lire n’obéissant pas à l’œil et au doigt au diktat des États impérialistes) Alors quid de la dictature du capital et celle de ses fidèles serviteurs, les hommes politiques et l’intelligentsia, des Adolphe Thiers, des Franco, des Pinochet, des Bush et de tous les dictateurs, arabes, africains et latino-américaines ?

 

La propagande anticommuniste nous rebat aujourd’hui les oreilles avec Staline, le Goulag, la Stasi etc. mais nous avons oublié qu’avant la légende noire du stalinisme, il a existé un anti-bolchevisme virulent et la Révolution Bolchevique de 1917 avait été férocement combattue dès les premiers jours et par la bourgeoisie et par les partis socialistes et même par des éminents marxistes comme Kautsky, Bernstein et « l’école marxiste austro-hongrois ». Il suffit de consulter la presse capitaliste de l’époque pour se rendre compte combien la Révolution Bolchevique avait focalisé toutes les rancoeurs et toutes les hostilités des forces politiques réactionnaires et conservatrices. En 1917, bien rares étaient les partisans de la révolution bolchevique dans les États capitalistes. Les syndicats et les partis politiques prétendant défendre les intérêts du mouvement ouvrier se montraient circonspects envers la révolution bolchevique de 1917. Dès les premiers jours de la révolution bolchevique, la classe capitaliste et ses affidés se mirent à comploter pour empêcher son exportation et la propagation du marxisme léninisme. Les réfugiés russes en France publièrent des brochures fiancées par l’Etat français qui menait à son tour sa propre propagande contre la révolution bolchevique.

 

L’anti-bolchevisme en France se manifesta très tôt par cette affiche réalisée à l’initiative de « l’Union des  intérêts économiques », une organisation patronale, et tirée à des millions d’exemplaires représentant un moujik hirsute et mal rasé tenant dans un rictus effrayant un couteau entre les dents d’où dégoulinaient des gouttes de sang. Les Bolcheviques étaient présentés comme une « création boche », un « horrible rassemblement d’assassins » et une « organisation d’une incessante terreur », « Lénine et Trotsky, celui-ci pur boche d’origine, mais tous deux petit-fils de Karl Marx par le cerveau comme notre Longuet l’est par le sang » etc. Parmi les plus virulents détracteurs de la Révolution bolchevique, J.W. Bientstock, traducteur de Dostoïevski et Jean Binet Valmer, un médecin, journaliste et romancier suisse naturalisé français qui fut un des orateurs de l’Action française.

 

Les hommes de gauche n’étaient pas en reste puisqu’ils menèrent une propagande anti-bolchévique en publiant dans la presse des articles et des brochures. Citons parmi les socialistes,l’ancien ministre Albert Thomas, le professeur de sociologie, Célestin Bouglé, qui avait été récompensé par le poste de directeur de l’Ecole normale supérieure, Charles Dumas, ancien député socialiste de l’Allier de 1910 à 1914, Maurice Bokanowski séputé radical de la Seine depuis 1914, Pierre Georges La Chesnais spécialistes des questions électorales et des questions russes, et l’un des fondateurs de l’année ancêtre de l’Année politique.

 

Karl Kautsky, le leader de la II Internationale, fut d’abord le maître à penser des bolcheviques avant de devenir leur adversaire et le renégat et le révisionniste avec Edouard Bernstein. Au lieu de la Révolution, Karl Kautsky préconisait une démocratie bourgeoise à contenu social, nationalisation de la grande industrie, de transports, des mines. Face à l’expérience révolutionnaire des bolcheviques, les marxistes austro-hongrois comme Otto Bauer et Max Adler, Karl Renner, Rudolf Hilferding, s’opposèrent aux méthodes radicales et à la dictature du prolétariat. Ils proposèrent à la place de la révolution bolchevique une social démocratie et une troisième voie entre révolution et capitalisme. Les idées des marxistes austro-hongrois furent adoptées par les socialistes français et Léon Blum exposées dans La Bataille socialiste et la Vie socialiste.

 

Dès les premiers mois de la révolution bolchevique, l’opposition et les forces réactionnaires étaient à pied d’œuvre pour comploter et saboter les processus révolutionnaires en cours. À peine la guerre impérialiste terminée, la guerre civile éclata avec la formation des premiers volontaires de l’Armée Blanche conduite par le général Denikine. Les foyers de la guerre civile s’allumèrent partout, au nord avec la contre-révolution finlandaise, qui menaça Petrograd ; sur la Basse Volga avec les Cosaques dirigés par Krasnov qui menaça Tsarityne ; dans le Kouban, Denikine organisa ses premiers volontaires. Dès les premiers mois de la Révolution, les bolcheviques se trouvèrent confrontés à trois grandes Armées Blanches, Koltchak à l’Est, Denikine au sud et Ioudenitch au Nord. Ces forces réactionnaires soutenues partaient de la périphérie avec pour objectif Moscou et la prise en étau des troupes bolcheviques mal aguerries.

 

A SUIVRE …

 

 

FAOUZI ELMIR

ODILE DEVEAUX

 

MOTS-CLES, propagande, stalinisme, terreur, violence révolutionnaire, anticommunisme, ARTE, Contre-propagande

ACTUALITE DE GUSTAVE LE BON

juillet 12, 2008

 

ACTUALITÉ DE LA « PSYCHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON

 

Grand témoin de l’avènement du suffrage universel et de l’émergence des foules sur la scène politique, Gustave le Bon publie en 1895 son célèbre ouvrage « la psychologie des foules »[i] dans lequel il analyse ce phénomène nouveau dans l’histoire des sociétés humaines. Après avoir observé de plus près les moyens humains, techniques et intellectuels déployés par les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 en France, nous nous sommes rendu compte que les idées de Gustave le Bon sont plus que jamais d’actualité.  Dans cet article, c’est la stratégie du vainqueur de cette élection qui a retenu notre attention en essayant de la comprendre à la lumière de la « psychologie des foules » de Gustave le Bon.

PRINCIPALES IDÉES DE LA « PYSHOLOGIE DES FOULES » DE GUSTAVE LE BON

Gustave le Bon explique l’émergence de l’âge des foules par deux facteurs: la destruction des croyances religieuses, politiques et sociales et la création de conditions d’existence et de pensée nouvelles engendrées par les découvertes des sciences et de l’industrie. C’est l’époque où ce sont l’opinion et l’action des foules qui mènent désormais le monde et déterminent l’avenir des États et des nations. Gustave le Bon définit la foule comme « une agglomération d’hommes (qui) possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose. La personnalité consciente s’évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans une même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que, faute d’une expression meilleure, j’appellerai une foule organisée, ou, si l’on préfère, une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l’unité mentale des foules » »(p.16) Cependant, la présence de plusieurs individus côte à côte ne leur confère pas les caractères des foules. En outre, il faut qu’ils subissent l’influence des excitants extérieurs, les meneurs « qui ne sont pas, le plus souvent, des hommes de pensée, mais d’action »(p.64) Les meneurs des foules se recrutent généralement parmi les « névrosés, ces excités, ces demi aliénés qui côtoient les bords de la folie » (Idem).  Leur mission première consiste à créer de la foi en une œuvre, en une idée en une personne, en cherchant toujours à flatter de bas instincts.

Gustave le Bon évoque les moyens d’action qu’utilisent les meneurs pour parvenir à leurs fins. Pour dominer les foules, il faut que leurs meneurs agissent sur elles par des suggestions rapides selon trois principes:  l’affirmation, la répétition et la contagion(p.66)  Par l’affirmation pure et simple, le meneur écarte tout raisonnement et « plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuve et de démonstration, plus elle a d’autorité » Les défenseurs d’une cause politique ont toujours pratiqué l’affirmation qui, pour qu’elle soit efficace, nécessite la répétition et toujours dans les mêmes termes. Une banalité ou un mensonge répétée mille fois devient une vérité collective indiscutable. Un produit très ordinaire devient sous l’effet des spots publicitaires un objet de désir et de convoitise irrésistibles. Lorsqu’une affirmation a été maintes fois répétée par plusieurs individus, elle forme après un certain laps de temps et sous l’effet de la contagion, un courant d’opinion. Pour Gustave le Bon, « dans les foules, les idées, les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi intense que celui des microbes »(p.67)  Il avance une deuxième idée qui se révèle d’une actualité déconcertante, celle du captage des croyances fixes et des croyances mobiles par les meneurs des foules en vue de leur transformation et de leur adaptation en fonction d’une opinion devenue populaire par voie de contagion. Du coup, les gouvernements et la classe politique deviennent les esclaves des opinions populaires et des croyances des foules et la presse qui dirigeait auparavant l’opinion, est désormais dirigée par elle.

Ce sont les procédés de l’affirmation, de la répétition et de la contagion que les meneurs mettent en œuvre pour mobiliser les foules électorales que Gustave le Bon définit comme des collectivités hétérogènes caractérisées par « la faible aptitude au raisonnement, l’absence d’esprit critique, l’irritabilité, la crédulité et le simplisme »(p.92)  outre ces procédés, le candidat aux élections doit flatter les convoitises et les vanités des électeurs, « l’accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à lui faire les plus fantastiques promesses »(p.93)  L’adversaire attaqué ne doit en aucun cas répondre par des arguments mais par les mêmes armes que celui qui l’attaque. En effet, s’il est attaqué par des affirmations calomnieuses, il devra répondre par d’autres affirmations calomnieuses et non par le raisonnement et la démonstration. Le meneur des foules électorales doit habilement suggestionner et proférer des affirmations violentes, car pour le Bon, « Exagérer, affirmer, répéter et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement, sont les procédés d’argumentation familiers aux orateurs des réunions publiques »(p.29)  Ce qui compte pour les meneurs des foules, ce sont les mots et les images car la raison et les arguments ne sauraient lutter contre certains mots et certaines images. Il faut utiliser le plus possible des mots et des termes très généraux et très vagues comme démocratie, socialisme, égalité, liberté etc., car la puissance des mots réside dans les termes bien choisis qui sont susceptible de « faire accepter les choses les plus odieuses »(p.58)  il faut créer pour les foules des illusions, car leur credo n’a jamais été la soif des vérités et pour Gustave le Bon, celui « qui sait les illusionner est aisément leur maître; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime »(p.59) Pour vaincre les foules, il faut capter d’abord les sentiments qui les animent, « feindre de les partager, puis tenter de les modifier, en provoquant au moyen d’associations rudimentaires, certaines images suggestives; savoir revenir au besoin sur ses pas, deviner surtout à chaque instant les sentiments qu’on fait naître. »(p.61) Pour le Bon, c’est une nécessité pour l’homme politique de « varier son langage suivant l’effet produit au moment où l’on parle » et l’orateur qui prépare son discours à l’avance en suivant l’enchaînement logique de sa pensée n’aura aucune influence sur les foules.

SARKOZY, ARCHETYPE DES MENEURS DES FOULES

Quand on lit la « psychologie des foules » de Gustave le Bon, un classique des sciences sociales, on ne peut qu’être frappé par son actualité et par la pertinence de ses analyses qui discréditent l’idée de la démocratie et du libre choix des électeurs. Le vainqueur de l’élection présidentielle de 2007 en France a le profil typique du meneur des foules tel qu’il avait été décrit par le Bon.  Ce candidat a mené conjointement trois formes de propagande: propagande sociologique, propagande d’agitation et propagande d’intégration. Ces trois formes de propagande ont été menées grâce des groupes industriels, amis du candidat Sarkozy, qui ont fait main basse sur les moyens de communication de masse. Le plus puissant parmi eux est la première chaîne TFI qui, selon l’ancien juge d’instruction Eva Joly, « est une machine de guerre pour la propagande »(AFP 24 mai 2007)  rappelons que ces trois formes de propagande ne sont efficaces que sur la longue durée et il faut un temps suffisamment long pour qu’elles soient efficaces. Ces types de propagande nécessitent du temps et le déploiement des moyens matériels et humains considérables pour agir sur la psychologie des foules électorales en propageant dans la société, d’une façon permanente mais insidieuse et diffuse, des croyances et des opinions qui sont, selon Gustave le Bon, de deux types: d’une part, des croyances et des opinions permanentes et générales qui sont en nombre fort restreint et qui sont enfouies dans les strates les plus profondes de la psyché collective et d’autre part, une couche d’opinions, d’idées, de pensées qui naissent et meurent constamment et dont la durée ne dépasse même pas la vie d’une génération. Ce sont en réalité des sub-propagandes qui préparent le terrain psychologique à la propagande politique proprement dite. Sarkozy a mené de concert, pendant des années, ces trois formes de propagande pour préparer sa propagande politique de 2007. Ces trois formes de propagande ont commencé leurs activités sur le terrain bien avant 2002, durant les six derniers mois du gouvernement Jospin et elles allaient s’intensifier après 2002 quand Sarkozy était devenu ministre de l’intérieur. Chacun de nous a encore les souvenirs du matraquage médiatique mené par TFI sur l’insécurité en France. Selon le schéma de le Bon, la propagande sociologique de Sarkozy a fait en effet remonter à la surface des opinions et des idées très anciennes ancrées dans les bas-fonds de l’imaginaire collectif français comme la valeur du travail, le droit de propriété et la sécurité. Cette propagande sociologique est aussi en quelque sorte une propagande d’intégration qui agit discrètement et qui vise à manipuler les courants fondamentaux de la société pour adapter les groupes propagandés à des anciennes croyances préexistantes.

Une autre forme de propagande à laquelle nous avons pu assister lors des élections présidentielles françaises de 2007 est la propagande d’agitation. Sarkozy est l’agitateur type qui a utilisé la propagande d’agitation qui est la forme la plus visible et la plus facile à réaliser, car elle s’adresse aux sentiments les plus simples et les plus violents des foules. Par exemple, le christianisme considère le travail comme une punition de l’homme qui a commis le péché originel. Le travail est une corvée pour l’homme avec toutes les contraintes et les servitudes qu’il induit. Et pourtant, le slogan travailler plus et gagner plus du candidat Sarkozy a séduit environ vingt millions d’électeurs. Quand on sait par ailleurs que les longues luttes sociales qui avaient été menées depuis le XIXe siècle par les mouvements ouvriers visaient à réduire le temps du travail. Comme l’avait bien analysé le Bon, les foules adorent les chefs qui les violentent psychiquement.

Une caractéristique principale de la propagande d’agitation est fondée sur la propagation et l’exploitation de la haine qui est le ressort le plus rentable et qui met à la vindicte publique un ou plusieurs ennemis préalablement désignés. La propagande d’agitation mené par Sarkozy et ses principaux stratèges a trouvé un terrain favorable dans un climat propice provoqué par le sentiment d’insécurité que le ministre de l’intérieur et son bras séculier TF1 avaient su susciter et entretenir pendant des années au sein de la société française. L’agitateur Sarkozy et les caméras de TFI avaient en effet habilement orchestré des campagnes médiatiques visant à provoquer les psychoses d’anxiété des classes moyennes menacées par le spectacle de paupérisation et l’angoisse des travailleurs précaires, « ceux qui se lèvent tôt » en leur inventant des ennemis désignés, les fainéants, les assistés, les Rmistes patentés, les profiteurs des allocations familiales et les fraudeurs des Assedic(émission droit de savoir de TFI à la veille du débat Sarkozy-Royal entre les deux tours). La réussite de la propagande d’agitation de Sarkozy est due par ailleurs à une implantation sociologique forte d’un parti d’extrême droite et la progression de ses idées sur l’immigration dans les différentes couches de la société française. Il est fort probable que les émeutes des banlieues en novembre 2005 aient été volontairement provoquées en sous-main par des services commandés de la police et des renseignements généraux pour attiser des courants d’opinion anti-arabes, anti-noirs et anti-immigrés en général. Le fait que la moitié de l’électorat traditionnel du Front national ait basculé en faveur de Sarkozy n’a rien de fortuit car cela montre d’une façon indiscutable que le travail en profondeur mené pendant des années par la propagande d’agitation du ministre de l’intérieur bien avant 2002 a payé en récoltant en passant les dividendes électoraux générés par les émeutes de novembre 2005.

RACISME ET ANTISÉMITISME DANS LE DISCOURS POLITIQUE

Le rapport de 2005 de la commission européenne contre le racisme et l’intolérance, l’ECRI(European commission against Racism and Intolerance), montre  une utilisation d’éléments racistes, antisémites et xénophobes dans le discours politique. L’étude réalisée par le politologue Jean-Yves Camus, cite de nombreux exemples de recours à une rhétorique raciste, antisémite et xénophobe lors d’élections européennes ou nationales. Pour l’ECRI, ce regain du discours et des idées racistes, antisémites et xénophobes dans la vie politique, y compris dans les formations politiques classiques, est une évolution inquiétante qui appelle une action urgente et concertée.

Dans son rapport de 2006, « l’ L’ECRI s’inquiète de l’intensification du climat d’hostilité envers les personnes qui sont ou sont perçues comme étant musulmanes et regrette les manifestations d’islamophobie qui peuvent être constatées à différents niveaux dans les sociétés européennes. L’ECRI continue d’être préoccupée par les phénomènes d’antisémitisme, de plus en plus répandus dans de nombreux pays européens. Elle déplore les violations des droits de l’homme dont souffrent les Roms/Tsiganes/Gens du Voyage, qui forment une cible particulière du racisme dans toute l’Europe. L’ECRI regrette que le racisme anti-Noir soit encore très présent dans de nombreux pays européens alors que cette forme de racisme n’est pas suffisamment reconnue et ne reçoit pas assez l’attention des dirigeants politiques ou du grand public. »

L’ECRI se montre par ailleurs préoccupée par le climat négatif dans l’opinion publique, qui joue un rôle central dans l’apparition de manifestations de racisme ou d’intolérance dans la société. Ce climat est alimenté par certains médias et aussi par l’utilisation d’arguments racistes et xénophobes dans le discours politique. Actuellement, les discours xénophobes vivent leurs beaux jours dans les pays où le passage à une société multiculturelle suscite des peurs qui rencontrent un écho, dans un contexte de crise économique et de mondialisation posant, pour beaucoup de citoyens, la question de l’identité nationale. Et là encore, ce sont les groupes minoritaires et les différentes communautés qui sont visés, y compris par les partis politiques traditionnels de nombreux pays. Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont particulièrement touchés. Sur le sujet de l’immigration, le ton du débat politique s’est non seulement considérablement durci, mais il a aussi tendance à stigmatiser des communautés entières, notamment les étrangers. Ces derniers sont présentés comme responsables de la détérioration des conditions de sécurité, du chômage et de l’augmentation des dépenses publiques. Ce processus de stigmatisation fait le lit du racisme et de la discrimination raciale envers cette partie de la population en Europe. Malgré les avancées législatives et sur le plan des politiques, beaucoup de personnes continuent de subir la discrimination dans des domaines importants, tels que l’emploi, l’éducation, le logement, la santé, etc.

Pour lutter contre les actes racistes et discriminatoires fondés sur la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine ethnique ou nationale,  l’ECRI préconise le renforcement d’une protection juridique qui doit être soutenue et complétée par une vraie volonté politique pour combattre le racisme et la discrimination raciale.

Ces mesures proposées par l’ECRI semblent illusoires et inefficaces à bien des égards. Le renforcement des législations nationales et internationales demeure purement hypothétique. Certes, le constat établi par l’ECRI est exact mais aussi inquiétant. Car les deux rapports de 2005 et 2006 ne pipent mot sur les causes de l’envahissement du discours politique en Europe par tous ces thèmes à connotation raciste et xénophobe. Et pour cause. Ce sont les hommes politiques qui utilisent sciemment et délibérément, la haine, le racisme, la xénophobie comme stratagème pour conquérir  le pouvoir en caressant les idées et les croyances primaires des groupes sociaux qu’ils comptent attirer par leur propagande. Il y a donc une grande part ou de l’inconscience ou de l’hypocrisie, dans les propositions de la commission européenne chargée de la lutte contre le racisme et l’intolérance. Ce sont en réalité les groupes politiques, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, qui en sont la cause et le leitmotiv, car, ils ne pourront conquérir ou se maintenir au pouvoir qu’au prix d’une lente et patiente dissémination dans l’ensemble de la société, à petites doses et à intervalles réguliers, des germes de la haine et de la division en s’adressant en priorité aux strates inférieures et primaires de leurs clientèles électorales. Lutter par des moyens juridiques contre le racisme et l’intolérance s’apparente à une contradiction dans les termes, car on ne voit pas comment les assemblées parlementaires au sein desquelles s’élaborent ces lois et ces règlements veulent réellement lutter contre la haine, le racisme et l’intolérance lqui sont en même temps leur fonds de commerce électoral. Par exemple, l’immigration en France a cessé d’être depuis les années quatre-vingt le fonds de commerce du Front national et des partis de la droite pour devenir aussi l’apanage des partis de gauche et de tous les partis politiques qui ont eu à participer aux différents gouvernements. 

En guise de conclusion, les membres composant l’Ecri seraient bien inspirées de prendre quelques heures de leur temps pour lire attentivement la « psychologie des foules » de Gustave le Bon s’ils voulaient réellement comprendre les causes profondes des maux qu’ils se proposent de combattre. Malheureusement, la cause de la maladie n’est pas dans le malade lui-même mais dans le médecin qui prétend le soigner et pour guérir la maladie, il faudra procéder à l’inverse : d’abord, soigner la maladie contagieuse du médecin pour empêcher sa transmission au malade et sa propagation dans le corps social tout entier.

FAOUZI ELMIR

MOTS CLES : psychologie, foules, manipulation.

 


[i] Gustave le Bon,  Psychologie des foules, Première publication, 1895, nouvelle édition 1963, Paris, PUF, 2ème tirage, 1971. 132 pages. Collection : Bibliothèque philosophique contemporaine.