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LE GOUVERNEMENT FRANCAIS ET L’INTERVENTION “NON HUMANITAIRE”

janvier 27, 2009

LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS ET L’INTERVENTION « NON HUMANITAIRE »

Par Haïcem MANAA

Article publié dans le quotidien ALQDS ALARABI du 27 janvier 2009

Traduit par F.ELMIR

 

L’arrivée du président français, le seul avec Jean Marie le Pen à refuser de répondre au questionnaire adressé par la Ligue des droits de l’Homme à tous les candidats aux présidentielles, et la nomination(aux affaires étrangères)[1] de Bernard Kouchner, l’allié inconditionnel de l’Etat hébreu, portent un coup à l’image de la France et à sa réputation au sein des associations et des organisations populaires, des sociétés civiles arabes et des Ligues des droits de l’Homme-je veux dire par là les organisations qui ne sont pas soumises aux aléas du financement-, et même en France parmi les défenseurs des droits de l’Homme et du travail humanitaire.

 

Considérés comme des amis dignes de confiance, Sarkozy et Kouchner ont été mis à l’avance au courant des préparatifs de la guerre sur Gaza comme l’ont confirmé plusieurs responsables israéliens. Bien plus, le gouvernement israélien leur a demandé (à Sarkozy et Kouchner) la conclusion d’un accord de partenariat privilégié avec l’Union européenne non pas à la fin de la présidence française(c’est-à-dire durant la période des fêtes de fin d’année considérée comme une période favorable à la conclusion dédit accord) mais le 8 décembre 2008 pour ne pas entraver l’opération israélienne de fin d’année qui selon les termes du prix Nobel de la mort, Shimon Peres, «a réalisé  en 16 jours ce que l’humanité n’a pu faire pendant 16 ans de lutte contre le terrorisme »

 

Livni(Tsivi, actuelle ministre israélienne des affaires étrangères), qui vécut à Paris entre 1980 et 1984 sous un faux nom, assassina en l’empoisonnant, un savant irakien spécialisé dans la physique nucléaire chez qui elle travaillait comme servante. Un mandat d’arrêt a alors été lancé à son encontre d’abord sous son faux nom puis sous son vrai nom mais le lobby juif réussit à enterrer l’affaire. Cette même Livni donnait des embrassades à Kouchner devant les portes de l’Elysée pendant que les enfants de Gaza mouraient sous les décombres, victimes des bombardements et des armes prohibées et meurtrières. Au cours d’une émission sur la deuxième chaîne(France 2), l’ambassadeur de l’Etat hébreu à Paris déclare « quand Docteur Kouchner dit qu’il faut dialoguer avec le Hamas, nous allons le faire immédiatement ». L’attachée aux droits de l’Homme de l’ambassade israélienne hurlait en même temps en disant : arrêter de présenter Gaza comme une victime.

 

Alors que la police française procédait au démantèlement, place Stalingrad, d’une tente de solidarité avec le peuple palestinien, elle laissait l’association (juive) Migdal organiser une fête de solidarité avec l’unité militaire(israélienne) qui quadrille la Cisjordanie par 700 barrages. Ce qui constitue une provocation flagrante à l’égard de tous les démocrates, des défenseurs des droits de l’Homme et de la communauté arabe et islamique. Face à une forte mobilisation populaire qui avait rassemblé un million de personnes dans toutes les villes françaises dénonçant les atrocité israéliennes à Gaza, Kouchner et Sarkozy déclaraient hypocritement « Nous dénonçons l’importation du problème du Moyen Orient sur les territoires français ». Un grand nombre d’intellectuels, d’artistes et de résistants, dont Raymond Aubrac (parmi les premiers résistants français et compagnon du Général de Gaulle), Carole Bouquet (actrice et militante des droits de l’Homme), Rony Brauman (ancien président des médecins sans frontières), Monique Chevalier Gendreau(militante pour des nations alternatives et unies), Regis Debray(penseur de gauche et ancien conseiller de Mitterand), Stephane Hessel (ambassadeur aux droits de l’Homme), Miry Mendes France(fille de Franz Fanon), Gilles Perrot(l’écrivain de gauche connu), demande à Sarkozy l’envoi d’un navire hôpital sur les côtes de Gaza pour soigner les blessés palestiniens, surtout que la République française avait été l’initiatrice aux Nations unis de plusieurs décisions sur le Corridor humanitaire. Mais le président français a décidé d’envoyer une frégate pour patrouiller tout le long des côtes avec Gaza pour interdire l’arrivée d’armes à la résistance palestinienne alors qu’en même temps les armes en provenance de la « République des droits de l’Homme », qui est aussi le premier exportateur d’armes de l’Union européenne vers Israël sont déchargées dans les ports israéliens.   

 

Après avoir accolé l’étiquette de terroristes à des dizaines d’associations musulmanes françaises, le ministre de l’Intérieur Sarkozy est le premier responsable européen à coopérer avec les listes noires américaines. Il a interdit à 13 académiciens et travailleurs humanitaires, originaires de l’Arabie Saoudite, d’assister à un congrès à Paris destiné à la formation d’une confédération mondiale du travail humanitaire(Le Bureau international des associations humanitaires et d’entraide). Après cela, il a donné des instructions de poursuite à l’encontre de tout musulman français voulant partir dans une région de conflit. C’est-à-dire l’Afghanistan et l’Irak. Certains citoyens français ont ainsi été condamnés à sept ans de prison pour s’être rendus en Irak sans épargner ceux qui avaient seulement l’intention de s’y rendre. Non seulement, le gouvernement (français) n’a rien fait pour faire libérer ses citoyens emprisonnés dans les prisons américaines en Irak, il a dépêché un officier des renseignements généraux et un autre du ministère des affaires étrangères à Guantanamo pour aider la direction de la prison contre les prisonniers d’origine française. Toutes ces mesures contraignantes prises à l’encontre des citoyens français d’origine musulmane, on ne les trouve pas quand il s’est agi des « prisonniers » de « l’Arche de Noë » ou des soldats français engagés dans l’armée israélienne. Bien au contraire, il existe un site internet sous le nom « le service civil en Israël » avec un numéro de téléphone et de fax et le paiement d’un billet d’avion pour servir dans l’armée israélienne. Sous la couverture du service civil, le site n’hésite pas à mettre en ligne des images de volontaires en séance d’entraînement, en train de manier les armes et en déclarant leur fierté d’avoir combattu sur le front Nord durant l’agression sur le Liban(en été 2006). Monsieur Sarkozy n’a rien fait pour arrêter ces volontaires (engagés dans l’armée israélienne) malgré leurs déclarations prouvant leur participation dans des activités militaires. Qui importe donc le conflit en France : ceux qui défendent les victimes ou ceux qui se battent dans l’armée d’agression ? Qui crée la division entre des français d’origine arabe et musulmane et une classe politique ayant pris fait et cause pour l’agression israélienne sur Gaza ? Qui est le vrai responsable de la démission de tous les membres de « l’amicale juive et musulmane » en l’absence d’un minimum de solidarité avec les victimes de Gaza ?

 

Cette politique destructrice menée par le tandem Sarkozy-Kouchner n’anéantit pas seulement les principes de la diplomatie française definis par la déclaration du général de Gaulle en 1967 sur la nature colonialiste et usurpatrice d’Israël et le refus de prendre partie pour l’agresseur, mais elle constitue le motif pour la formation en France d’un front commun groupant toutes les forces progressistes, démocratiques et les défenseurs des droits de l’Homme, qui s’opposent aux intérêts des sociétés multinationales et ceux du lobby israélien. Ce front commun doit hausser le ton et dire tout haut que le gouvernement français actuel est devenu la cinquième colonne des criminels de guerre israéliens. C’est parce que le gouvernement actuel ne représente plus la société française, qu’une résistance civile et pacifique doit s’organiser en dénonçant une politique qui met en danger les intérêts français vitaux dans le monde arabo-musulman et en préconisant une autre politique fondée sur le rapprochement entre les deux peuples arabe et français ; pour défendre sa cause, cette  résistance civile se réfère à la Déclaration des droits de l’Homme et des citoyens, à la constitution française et à tous les engagements internationaux de la France en matière des droits de l’Homme et de la loi humanitaire internationale. 

 

 

 



[1] Les notes mises entre parenthèses ont été ajoutées par le traducteur.

JEAN LUC MELENCHON ET MARC DOLEZ

novembre 9, 2008

APPEL A FORMER UN NOUVEAU PARTI DE GAUCHE PAR JEAN-LUC MÉLENCHON ET MARC DOLEZ

 

Messieurs Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essone et Marc Dolez, député du Nord publient sur Internet http://www.casuffitcommeca.fr/   un communiqué dans lequel ils claquent la porte du parti socialiste et ils lancent un appel à la construction d’un nouveau parti de gauche.   Messieurs Mélenchon et Dolez prennent acte de l’inertie d’un parti socialiste qui a avalisé l’Europe du traité de Lisbonne, qui change ses alliances, qui s’abstient face à la droite et qui refuse de « mettre en cause le capitalisme »

 

RAISONS DE LA FONDATION D’UN NOUVEAU PARTI

 

Les raisons qui ont poussé les deux signataires sont à la fois idéologiques et politiques. Raisons idéologiques, les deux signataires reprochent à leurs anciens camarades du parti socialiste de rester aveugles à « la crise du capitalisme (qui) éclate aux yeux ». Le constat qu’ils font du capitalisme est sans appel : il replonge les hommes dans les débâcles et le désastre écologique. Le capitalisme créé des sociétés à deux vitesses, des richesses pour une petite minorité et la misère pour le plus grand nombre. Raisons politiques, le parti socialiste français participe avec la droite dans la mise en œuvre de sa politique intérieure et européenne en votant pour le traité de Lisbonne et en signant le Manifeste commun des partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays.

 

OBJECTIFS DU NOUVEAU PARTI DE GAUCHE

 

Les objectifs des signataires consistent à :

-         tourner la page du capitalisme et à transformer le système et le contenu de la production ;

-         répartir les richesses pour que le « plus grand nombre vive dignement » ;

-         refonder la République et faire « vivre une laïcité intransigeante » ;

-         construire une Europe démocratique et sociale ;

-         affirmer la solidarité des peuples au lieu de leur concurrence ;

-         reconstruire une vraie gauche s’affirmant sans complexe face à la droite et au capitalisme.

 

PROGRAMME

 

Pour réaliser ces objectifs, les signataires appellent au refus des conformismes, des opportunismes, des sectarismes et la résignation. Ils proposent un programme de gouvernement et un projet de rassemblement majoritaire du peuple. Le projet proposé n’a rien d’irréaliste ou d’utopique puisqu’un projet similaire a vu le jour en Allemagne avec Die Linke et son leader Oscar Lafontaine.

 

COMMENTAIRES

 

En analysant le contenu du programme proposé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, il n’y a rien à dire concernant le constat dressé du capitalisme et sa débâcle actuelle. Comme tout programme politique, l’appel lancé par les initiateurs reste entaché de généralités et de principes généraux. Disons que les signataires ont assuré le minimum syndical. Mais la question de la rupture avec le capitalisme appelle quelques commentaires. Il est à craindre que le discours de rupture avec le capitaliste de Jean Luc Mélenchon et de Marc Dolez ne soit une répétition générale de ce que l’on a déjà entendu par le passé dans la bouche d’un personnage nommé Mitterrand qui voulait lui aussi rompre avec le capitalisme. Une fois au pouvoir, son socialisme a duré même pas vingt quatre heures, du 10 mai au soir au matin du 11 matin le temps que les zélotes du moment (dont je faisais partie) de la place de la Bastille perdent leur degré d’alcoolémie. Evidemment, on ne peut pas comparer le discours anticapitaliste de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez à celui de Mitterrand, car le contraste est saisissant entre les intentions sincères des premiers, le cynisme et l’opportunisme du second. Néanmoins, pour s’en tenir à la stricte rigueur théorique en la matière, rompre avec le capitalisme signifie tout simplement modifier les rapports de production capitalistes qui légalisent l’extorsion de la plus-value par le capitaliste. Sans être maximaliste ou un gauchiste invétéré, nous posons la question suivante aux initiateurs de l’appel : comment changer la répartition ds richesses sans extriper au préalable la racine qui est responsable de cette répartition inégalitaire des richesses, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production ?  Nous anticipons un peu sur la réponse des initiateurs de l’appel en disant que les nationalisations n’abolissent pas la propriété privée des moyens de production qui restent entre les mains des capitalistes. Les nationalisations sont là tout simplement pour aider le capital à restaurer son taux de profit en prenant en charge certains charges qui grèvent dangereusement le processus de l’accumulation. Pour rompre avec le capitalisme, il faudra une ou des forces sociales (par exemple le parti bolchevique) induites par les luttes de classes et la dynamique révolutionnaire sur le terrain comme lors de la Révolution russe entre février et octobre 1917, qui soient capables et qui aient la volonté de décréter solennellement l’abolition de la propriété privée des moyens de production. C’est la dynamique révolutionnaire sur le terrain qui décide de l’abolition de la propriété privée et donc des rapports sociaux capitalistes et non pas un parti politique légaliste qui opère dans le cadre de la démocratie bourgeoise.

 

L’initiative de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez témoigne d’un changement de l’ambiance idéologique dû à la débâcle économique du capitalisme et à la faillite de son idéologie d’accompagnement l’archo-libéralisme. Surtout quand ce discours « anticapitaliste » émane des deux élus de la République bourgeoise, l’un membre de l’Assemblée nationale et l’autre membre du Sénat. Malgré ces remarques, l’auteur de ces lignes reste néanmoins très admiratif de cet homme politique atypique qu’est Jean-Luc Mélenchon qui a une part importante dans la victoire du Non en France le 29 mai 2005 lors du référendum sur la ratification du projet de traité constitutionnel européen. Sans oublier bien entendu son courage(aventure ?) politique et son initiative actuelle de claquer la porte d’un parti devenu à l’instar des partis de droite, une simple officine et la caisse de résonnasse du grand capital européen et mondial.

 

FAOUZI ELMIR

 

Mots clés : Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, parti politique.