LES PERROQUETS ARABES FACE AUX EMEUTES DE TUNISIE ET D’ALGERIE

LES PERROQUETS ARABES ET MAGHRÉBINS FACE AUX ÉMEUTES DE TUNISIE ET D’ALGÉRIE

Les dramatiques et sanglantes émeutes qui se déroulent actuellement en Tunisie et en Algérie sont une occasion pour écouter les commentaires affligeants et les élucubrations de ce qu’il convient d’appeler les perroquets arabes et maghrébins qui répètent bêtement ce qu’ils entendent dans les mass media en France qui, rappelons le au passage, sont contrôlées par des grands groupes capitalistes et par l’Etat qui protège et gère leurs intérêts comme un bon père de famille. Le choix de l’expression perroquet n’a pas été fait par hasard mais elle a été suggérée par le discours de ces bien pensants d’origine arabe, journalistes, sociologues et politologues qui ont été soumis à un lavage de cerveau dans des institutions universitaires en France, aux Etats-Unis ou dans d’autres pays. Quand on entend ces perroquets arabes et maghrébins dire que le régime tunisien de Zine Al Abdine Ben Ali est une dictature et que le président tunisien est un dictateur, ils reprennent à leur compte sans réfléchir et sans soumettre à la critique un discours entendu et ressassé dans les mass media en France par la bouche de journalistes, de politiciens, de sociologues, de politologues etc. Car ce débat sur le caractère dictatorial du régime tunisien cache en réalité une stratégie de manipulation de l’opinion publique car les mass media sont « déçues » de n’avoir pas trouvé dans le rang des émeutiers tunisiens et algériens, d’intégristes musulmans et de « barbus ».

Qu’est-ce qui fait dire à ces perroquets arabes et maghrébins que le régime de Ben Ali est une dictature en prenant pour argent comptant les soi-disant démocraties en France, en Angleterre ou aux Etats-Unis ? Aujourd’hui, ce sont les élections et l’existence d’institutions représentatives qui constituent les critères d’une vraie et authentique démocratie, pourquoi la Tunisie de Ben Ali, l’Algérie de Bouteflika, ou l’Egypte de Moubarak seraient-elles des dictatures alors que leurs chefs d’Etat ont été élus comme dans n’importe quel pays démocratique occidental, par leurs peuples respectifs et qu’il existe bel et bien d’institutions représentatives comme en France,aux Etats-Unis ou en Allemagne ? On aurait pu penser qu’un régime peut être qualifié de dictature en portant atteinte à certaines libertés publiques comme la liberté d’opinion ou de coalition. En interdisant le parti communiste tunisien, on peut dire que le régime de Ben Ali est une dictature mais que dire alors de l’Allemagne démocratique dont la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a déclaré illégal le parti communiste allemand ? Quid de la Hongrie, « pays démocratique » qui vient de prendre la présidence de l’Union Européenne, qui a interdit le parti communiste et a légiféré dans le sens de la restriction de la liberté d’expression. Si ces perroquets arabes et maghrébins étaient munis d’une petite dose d’esprit dialectique, ils auraient vite découvert derrière la mascarade électorale la face cachée de la démocratie, la dictature du Capital.

Depuis l’éclatement des émeutes en Tunisie vers mi-décembre 2010, les victimes de la répression se comptent par plusieurs dizaines, entre 60 et 80 selon certaines sources locales et la plupart des tués ont vu leurs boites crâniennes éclater en plusieurs morceaux au point de pousser les médecins urgentistes à faire grève pour protester contre la violence policière et les méthodes expéditives des forces de l’ordre. Le porte-parole du parti communiste tunisien interdit par le pouvoir, Hamm Hamami a été arrêté par 40 policiers et il n’y a pas un seul mot sur cette arrestation dans les journaux télévisés. Imaginons un seul instant que les émeutes de la faim et de la misère qui ont lieu en ce moment en Tunisie ou en Algérie, se déroulent en Chine, à Cuba, en Corée du Nord, en Biélorussie ou même en Iran, les chiens de garde et les scribes tenus en laisse par le pouvoir du Capital se seraient mobilisés comme un seul homme, 24H24H, avec des reportages et des « directs » pour montrer aux masses débiles des pays capitalistes l’horrible « dictature communiste » et la répression des « démocrates « et des « dissidents ». Mais nous avons tous compris, la Tunisie et l’Algérie ne sont pas des pays communistes mais elles font partie du périmètre néo colonial et ce sont plutôt des satellites qui tournent dans la galaxie du Capital transnational.

Quand on entend les commentaires de nos perroquets arabes et maghrébins sur les émeutes en Tunisie et en Algérie, ils n’ont qu’un seul mot à la bouche, démocratie comme si les besoins urgents et les occupations premières des peuples arabo musulmans étaient le bla bla et non le pain, la nourriture et le travail. La première question qui nous vient à l’esprit et que nous avons envie de poser à nos perroquets arabes et maghrébins est la suivante : les émeutiers de Tunisie et d’Algérie veulent-ils réellement de la démocratie ou du pain et du travail ? Mohammed Bouazizi s’est immolé par le feu, parce qu’il voulait mettre un bulletin dans l’urne ou parce qu’il était un jeune sans travail et qui cherchait à vivoter en vendant des marchandises sur la voie publique ? Les émeutiers tunisiens et algériens veulent-ils de la démocratie ou plus de démocratie c’est-à-dire du bla bla et plus de bla bla ou plutôt du pain et du travail ? Les émeutiers sont des jeunes gens désabusés, en majorité des diplômés et des sur diplômés sans travail et sans aucune perspective dans la vie et qui, en exprimant leur colère et leur ras-le-bol, demandent des comptes à leurs gouvernements pantins et croupions qui sont des sous-préfecture du capital transnational.

Parmi les perroquets arabes et maghrébins, il y en a un qui s’est distingué par son « esprit fin » en comparant le vendeur ambulant tunisien Mohammed Bouazizi qui s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid et qui a été à l’origine des émeutes Tunisie à Jan Palach, un étudiant Tchécoslovaque qui s’était immolé par le feu en janvier 1969 pour protester contre l’entrée des troupes de Varsovie en août 1968. Mais notre sociologue perroquet se fourvoie en comparant Mohammed Bouazizi à Jan Palach, car le marchand ambulant tunisien s’est immolé par le feu parce qu’il cherchait à gagner sa vie et parce qu’il était la victime directe d’un système mortifère, le capitalisme alors que l’étudiant tchèque était victime que de la propagande anticommuniste de Radio Free Europe et de Voice of America. La « légende » Palach fabriquée par la propagande capitaliste internationale a été récupérée par l’agent de la CIA et le pantin Vaclav Havel qui s’en était servi comme arme de combat dans sa croisade anticommuniste, en commérant en février 1989, juste avant la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie, le vingtième anniversaire de sa mort.

Contrairement aux élucubrations de nos perroquets arabes et maghrébins et à leurs inspirateurs, les mass media capitaliste en France, la crise que traversent actuellement Tunisie et l’Algérie, n’est pas une crise politique dans le sens où les peuples tunisiens et algériens veulent plus ou moins de démocratie mais elle est d’abord et avant tout une crise sociale, symptôme pathologique d’une crise plus profonde, la crise du capitalisme. Les motivations profondes des émeutiers de Bab Elwed ou de Kasserine ne traduisent pas des aspirations populaires pour plus ou moins de bla bla démocratique mais elles expriment la révolte d’une jeunesse désoeuvrée contre un système synonyme de misère et de pauvreté. En s’attaquant à un symbole en envoyant quarante policiers pour arrêter un seul homme, en l’occurrence Hamm Hamimi, porte-parole du parti communiste tunisien, le pouvoir en place se dévoile, car ce geste indique qu’il a affaire non pas à des casseurs, des voyous, des terroristes et des délinquants mais à une guerre de classe menée par un lumpenprolétariat désoeuvré et désespéré.

FAOUZI ELMIR
Mots-clés : Emeutes, Tunisie, Algérie, crise sociale, capitalisme, violence, répression, mass media,

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