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LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPERIALISME DANS LE MONDE ARABE

février 22, 2011

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPÉRIALISME DANS LE MONDE ARABE

Désormais, il n’est plus possible d’écrire un article sur les événements dans le monde arabe sans penser à toutes les victimes de répression qui sont tombés hier en Tunisie, en Egypte et qui tombent aujourd’hui par centaines en Libye, et sûrement celles qui tomberont demain au Yémen, au Bahreïn, au Maroc, en Algérie etc. Ce n’est pas encore fini car les révoltes héroïques des peuples arabes qui éclatent un peu partout contre leurs gouvernements fantoches, produit du colonialisme et de l’impérialisme, ne sont plus une question de jours mais une question d’heures. Avec la répression féroce dont le peuple libyen est aujourd’hui la victime, on pensait que les atrocités et l’utilisation d’armes chimiques prohibées par la Convention de Genève contre les populations civiles palestiniennes et libanaises étaient une spécialité israélienne et sioniste. Et bien non, le bombardement des tripolitains par l’aviation et le recours à des mercenaires africains pour réprimer sauvagement la révolte du peuple libyen, au vu des images présentées par la chaîne arabe Aljazeera, montrent si besoin est que Sharon, Olmert, Ben Ali et Moubarak sont des apprentis sanguinaires à côté de Muammar Kadhafi.

Revenons à présent à une analyse sommaire des événements qui secouent le monde arabe en commençant d’abord par un scénario. Imaginons un seul instant que les milliers de morts et de blessés tunisiens, égyptiens, libyens, yéménites, bahreïnis, marocains etc soient des victimes chinoises, cubaines ou nord coréennes. Dans ce cas là, nous aurions bien évidemment assisté à une véritable hystérie médiatico-politique dans les pays capitalistes et à un matraquage continu 24H sur 24H sur la répression des régimes communistes, comme ce fut le cas jadis lors du coup d’état de Jaruzelski en Pologne en décembre 1980 ou de Tienanmen en Chine en juin 1989, l’invention des charniers fictifs à Timisoara avant la chute du régime communiste. On se rappelle encore que, pour liquider le régime communiste roumain, les pays impérialistes inventent de toutes pièces les charniers de Timisoara et donnent des interprétations tendancieuses du massacre de Katyn durant la Seconde guerre mondiale. On se souvient aussi que pour démanteler l’ex-Yougoslavie, la propagande politique capitaliste orchestrée par les Etats-Unis et leurs satellites européens invente des massacres et des génocides de populations civiles par les méchants serbes et par le méchant Milosevic. En revanche, nous assistons aujourd’hui à un phénomène inverse et à un retour du balancier, où ce sont des régimes alliés des Etats-Unis et de l’Europe qui sont en proie à des contestations populaires et qui sont en train de tomber comme les pièces de domino les uns après les autres. À leurs alliés dictateurs dans le monde arabe, les Etats-Unis et leurs satellites européens demandent seulement un « usage modéré » de la force et de la violence policière et armée. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe disent à leurs pions les dictateurs du Moyen-Orient de tuer petit à petit, disons par paquet de 10 personnes au lieu de cinquante ou de cent personnes à la fois, pour ne pas créer un choc au sein des opinions publiques internationales. Pour traiter les révoltes dans le monde arabe, les mass media capitalistes en Europe et aux Etats-Unis pratiquent la politique de l’esquive et de la désinformation en occultant le soutien inconditionnel militaire et politique de leurs pays à leurs créatures moyen orientales et en maquillant la nature et la portée des révoltes comme si c’étaient des mouvements de contestation pour l’instauration et l’imitation servile d’une parodie de démocratie capitaliste. Les peuples arabes en révolte contre leurs régimes répressifs veulent-ils réellement des constitutions, des partis politiques et des journaux ou plutôt du pain et du travail ? Si l’on essaie de dresser une photographie des mouvements de révolte contre les régimes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Libye et demain en Jordanie et au Maroc, on s’aperçoit vite que la démocratie à l’occidentale est le cadet des soucis des manifestants et des révoltés qui sont en réalité des exploités, des spoliés vivant avec moins d’un dollar par jour et victimes d’un système et d’un mode de production, synonyme de misère et de pauvreté, le capitalisme.

Quand les mass media et les classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis interprètent à leur manière les mouvements de révolte dans le monde arabe, il faut traduire en ces termes, impérialisme agonisant dans le centre cherche désespérément de nouveaux pions pour remplacer ceux qui ont été chassés par leurs peuples avec pour mission: continuer le travail des dictateurs déchus mais sous d’autres formes.

Le vent de révolte qui souffle aujourd’hui au Moyen-Orient et en Afrique du Nord constitue à bien des égards un tournant non seulement dans l’histoire de cette région du monde mais dans l’histoire de l’humanité tout entière. C’est en effet la fin d’un cycle et le début d’un autre, la fin d’un système qui agonise et qui meurt lentement de sa mort naturelle et le début d’une nouvelle période marquée par des incertitudes et des convulsons. Ceux qui sont allés un peu vite en besogne en annonçant la fin du monde et de l’histoire avec la fin de la « guerre froide » et la dislocation du bloc communiste en ont pour leurs frais, car, ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient, ce sont d’une part les symptômes pathologiques de l’agonie et de la mort du capitalisme et la déconfiture du système impérialiste et d’autre part le début d’une nouvelle ère historique inaugurée par les luttes des peuples arabes, n’en déplaise au néocon Bernard Lewis, qui sont les véritables fossoyeurs d’un système qui domine le monde depuis plus de cinq siècles, depuis la découverte par Colomb de l’Amérique en 1492. Pour terminer cet article, nous voudrions reproduire cette prophétie de l’historien marxiste Immanuel Wallerstein qui écrit ceci « Fukuyama nous dit que la fin de la guerre froide, c’est la fin de l’histoire. Bien au contraire ! Les conflits profonds ne font que commencer. Les cinquante ans qui viennent seront la période d’une transformation profonde du système-monde dans lequel nous nous trouvons et autour de laquelle il y aura une lutte assidue, sans doute féroce, et d’une issue incertaine. La chute des régimes communistes ne marquait pas le triomphe du libéralisme mondial mais plutôt l’annonce de sa déchéance définitive » dans « l’histoire continue », éditions l’aube, 2005, première édition 1999.p.7.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : monde arabe, révoltes, révolution, capitalisme, impérialisme

LA REVOLUTION EGYPTIENNE EST-ELLE UNE REVOLUTION?

février 14, 2011

LA RÉVOUTION ÉGYPTIENNE EST-ELLE UNE RÉVOLUTION ?

C’est le mot révolution qui est employé par les mass media pour qualifier les événements qui se sont déroulés en Egypte du 25 janvier 2011 jusqu’au 11 février mettant fin à 30 ans de règne de Hosni Moubarak. Bien qu’il soit un peu prématuré pour juger de la portée des événements que vient de vivre l’Egypte, il n’est pas inintéressant de s’appuyer sur certains éléments qui se dégagent de ce mouvement de contestation de grande ampleur, pour dresser un premier bilan provisoire, loin de tout sentimentalisme, de ce que les medias appellent la révolution égyptienne.

Avant de s’interroger sur l’avenir du mouvement social en Egypte, la première question qui revient à l’esprit est de savoir comment analyser les événements qui viennent de secouer ce pays du Moyen-Orient peuple de plus de quatre-vingts d’habitants. À bien des égards, ce qui s’est passé en Egypte pendant 18 jours ressemble par certains aspects à une révolution au sens propre et figuré du terme et elle renferme les ingrédients de base des grandes révolutions du passé, Révolution française, révolutions de 1848 ou « printemps des peuples », Révolution bolchevique de 1917, révolution chinoise, révolution cubaine etc., notamment le soulèvement du peuple contre un régime et un gouvernement rendus responsables de ses malheurs. Aujourd’hui, avec le recul historique nécessaire, il devient désormais possible d’élaborer une théorie et une sociologie des révolutions et d’établir leurs traits saillants.

La première caractéristique d’une révolution est la rareté de son occurrence, car faire une révolution est plus difficile que de découvrir un nouveau continent ou une nouvelle planète du fait de la longue durée d’incubation requise pour la maturation des conditions et l’exacerbation des contradictions de classe qui sont nécessaires à son déclenchement. S’il est difficile pour ne pas dire impossible comme pour les tremblements de terre de prévoir l’heure et le lieu exacts du déclenchement d’une révolution, il est cependant possible de détecter ses prémisses et ses signes avant-coureurs. Grâce à leurs deux outils épistémologiques et méthodologiques, le matérialisme dialectique, le matérialisme historique et notamment la loi régissant l’histoire des sociétés humaines, celle de la lutte de classe, les marxistes sont comme les sismographes bien placés pour détecter les prémisses d’une révolution. Par exemple, dans un article publié sur le site « in défense of marxism » en date du 7 avril 2008 par Jean Duval et Fred Weston sous le titre « Egyptian April 6- adress rehearsal for bigger events in the future », ces deux auteurs annoncent déjà, grâce à leur approche marxiste des événements, le soulèvement du mouvement du 25 janvier 2011 des masses égyptiennes qui allaient mettre fin à 30 ans de régime despotique.

La deuxième caractéristique d’une révolution est qu’elle est régie par de lois semblables aux lois de la physique, à la loi galiléenne de l’inertie et de la loi newtonienne de la gravitation universelle. Cela veut dire qu’une révolution est un gigantesque champ de forces d’attraction et de répulsion, un immense champ de bataille entre des forces, c’est-à-dire des classes sociales en lutte les unes contre les autres, entre d’une part une classe exploiteuse qui s’accroche désespérément à son système économique et social et aux appareils répressifs et idéologiques pour pérenniser les rapports de domination et d’exploitation et d’autre part les classes exploitées qui cherchent coûte que coûte à détruire un ordre social qui les opprime et qui les exploite.

Si l’on tente une évaluation rapide des événements qui ont secoué l’Egypte du 25 janvier 2011 au 11 février 2011, on peut dire qu’en l’espèce nous n’avons pas affaire à une révolution proprement dite mais à une situation pré-révolutionnaire, car le départ de Moubarak n’a nullement entraîné le démantèlement de son système et les acteurs et les institutions de son ancien régime sont toujours là et il n’y a rien qui prouve pour le moment et même pour un avenir très proche que la bourgeoisie compradore égyptienne et les classes moyennes dépendantes de leurs maîtres en Europe, aux Etats-Unis et en Israël soient prêtes à lâcher de sitôt le morceau. Il n’y a donc pour l’instant aucun signe tangible qui montre qu’il existe une réelle cassure au sein de la société égyptienne, entre les forces sociales du 25 janvier 2011, la bourgeoisie autochtone et l’institution militaire, dont Moubarak est issu et qui fait partie intégrante de son régime. Pour briser l’échine dorsale d’une classe dominante, il faut au préalable réduire à néant ou du moins créér de la division au sein des appareils repressifs, militaire et policier de la bourgeoisie comme ce fut le cas durant la révolution bolchevique. Comment peut-on parler de révolution en Egypte avec une institution militaire qui est toujours acquise à l’ancien régime et qui apparaît aujourd’hui comme le seul maître du pays ?

Pour juger en toute objectivité et loin de tout sentimentalisme, des événements qui viennent de se produire dans ce pays du Moyen Orient, on peut dire que l’Egypte est certes entrée dans une période pré-révolutionnaire mais et pour que l’on puisse parler franchement de révolution égyptienne au sens propre et figuré du terme, il faut bien se remémorer cette fameuse formule de Lénine, pour qui une révolution triomphe, le jour où « ceux d’en bas » ne veulent plus et « ceux d’en haut » ne peuvent plus vivre à l’ancienne manière ». Ce qui n’est nullement le cas aujourd’hui en Egypte, car les manifestants de la place Tahrir qui ont chassé Moubarak du pouvoir ne sont pas des forces politiques proprement dites rassemblant des individus mécontents qui sont d’accord pour l’instant sur un seul objectif, chasser Moubarak du pouvoir. Un mouvement révolutionnaire ne soit nullement de contenter de chasser des tyrans et des despotes du pouvoir mais proposer une alternative politique crédible susceptible de soulever les masses comme un seul homme non pas pour remplacer un régime par un autre mais abattre et déraciner un système tout entier. Or, ces forces et ces mouvements politiques susceptibles pousser un peu plus loin leurs revendications n’existent pas aujourd’hui en Egypte. Ceux qui ont chassé Moubarak du pouvoir n’ont pas de solution politique alternative à part ressasser les vieilleries importées des Etats capitalistes occidentaux(démocratie, liberté d’expression, multipartisme). Pour situer grosso modo le niveau du cycle révolutionnaire de la révolution égyptienne, on peut dire que ceux qui ont renversé le régime Moubarak n’ont même pas encore atteint le stade du kerenskisme et du menchékisme de la révolution russe. A titre de rappel historique, la révolution bolchevique a mis 12 ans pour triompher et la révolution chinoise 22 ans. C’est dire le long chemin à parcourir par les révolutionnaires égyptiens pour parachever leur œuvre et leur travail. Depuis le 11 février 2011, un cycle révolutionnaire s’est enclenché en Egypte, il s’agit maintenant de suivre assidûment la suite des événements pour observer de plus près les autres cycles de la révolution égyptienne.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, révolution.

DEMOCRATIE,MYTHE ET ILLUSIONS(texte en arabe)

février 11, 2011

الديمقراطية، فكرة وهمية زائفة واُسطورة مضللة

فوزي المير

منذ إندلاع أنتفاضتي تونس ومصر، العالم الغربي الراسمالي ووسائل إعلامه ودعايته السياسية تردد وتروج نفس ألفكرة : ما حصل أمس في تونس وما يحدث اليوم في مصر هي ثورة شباب ضد نظامين معروفين بأساليهم القمعية والبوليسية ومتطلعة نحوالديمقراطية. دون أي شك، أنتفاضة الشباب في هذين البلدين هي بالفعل موجهة ضد ديكتاتورية وأستبدادية النظامين التونسي والمصري ولكن السؤال الذي يمكننا طرحه هو: كيف تكهن وعرف هذا الغرب الراسمالي مسبقآ أن هذه الحركات الشبابية في هذين البلدين تُريد فعلآ الديمقراطية وتطمح لبنائها ولتحقيقها ؟ آخرتصريحات المسؤؤلين السياسيين سواء في أوروبا، في الولايات المتحدةأ أوفي ألأتحاد ألأوروبي، أليس هي إلا مجرد تفسيرات وأقاويل لا علاقة لها لا من قريب ولا من بعيد مع ألأسباب العميقة وألأهداف الحقيقية التي دفعت بالشباب التونسي والمصري لتحرك ضد حكامهم السلطويين.؟ في الحقيقة، ما حدث وما يحدث اليوم في هذين البلدين هو صراع طبقي كما هو الحال في كل المجتمعات الطبقية سواء كان النظام رأسماليآ او اشتراكيآ، صراع طبقة كادحة ومُستغلة(مع فتح حرف ت) ضد حُكام وانظمة مربوطة بشكل وثيق بالنظام ألأمبريالي العالمي والتي تلعب دور الوسيط والعميل المحلي لحماية مصالح الرأسمال العالمي ولآنتاج هذه التبعية الخارجية على صعيد االاخلي بكل أشكالها، السياسية، وألأقتصادية، وألاجتماعية، والفكرية والثقافية والاديولوجية. الوظيفة ألأولى لهذه ألأنظمة المتعلقة بسكل عضوي بالرأسمال العالمي والتي تدور في فلق ألنظام ألأمبريالي هي استخدام العنف، والقوة وقمع الجماهير للمحفاظة على ُالتركيب الطبقي وهيكلية للمجتمعات والدول التي أنتجها ألأسعمار. اذا أردنا أن نكون منطقيون مع انفسنا،الحل الوحيد والضرورة القصوى للشعوب العربية وبشكل عام لكل شعوب العالم الثالث للخروج من حالة الفقر، وألبؤس والحرمان، والبطالة والتاخر ألأجتماعي والثقافي والفكري التي تتخبط فيها اليوم، ليس العلم الخيالي الذي نعرفه بأسم الديمقراطية، فكرة واهية وزائفة، بل هدم وتحطيم وأستأصال جذور المرض، نمط ألنتاج الرأسمالي وإقامة نظام أشتراكي يعتمد على نمط إقتصاد ينتج ليس للربح وتراكم الثروات بين أيدي بعض ألاحتكاريين بل توزيع الثروات بشكل عادل على هؤلاء الذين انتجوها، الطبقة الكادحة وقوة العمل.

ما يُسمى عادة بالديمقراطية، التي أصبحت اسطوانة النخبات الببغائية ومبشرين ذات العقل المحدود سواء في الغرب او في العالم العربي، ما هي في الواقع إلا فكرة وهمية زائفة وأسطورة مضللة أخترعتها البورجوازية والطبقات الرأسمالية الحاكمة في اوروبا في منتصف القرن التاسع عشر، في هدف معين: ليس لحبها لشعوبها اولمنح الطبقة الكادحة والبروليتاريا الفرصة للتعبيرعن إرادتها وعن حريتها بل الهيمنة عليها، وكبحها وقمع مطالبها وتضليلها نفسيآ وعقليآ عبر وسائل دعايتها السياسية لمنعها من ألأنتفاضة والثورة ضد النظام السياسي وضد المستغلين(مع كسر حرف ل). عندما نقول بأن الديمقراطية هي فكرة وهمية واُسطورة مضللة، هذا يعني أن اساسها ألأول، الشعب، هو شيء لا يُمكن لأحد تحديده بشكل دقيق. ما هو هذا الشعب الذي يختار بكل حرية ممثلييه ؟ السؤال الذي نريد طرحه على الممبشرين للديمقراطية ذوالعقول المحدودة هو: ما هي درجة الوعي السياسي لهذا الشعب التي تتغنى به الديمقراطيات الرأسمالية؟ هذا السؤال يؤدي بدوره الى عدة اسئلة : ما هو هذا الشعب الذي يختار ممثلين له وكيف يمكننا تحديد مفهومه بإعتباره ألأساس ألأول من أسس الديمقراطية؟ هذا الشعب، هل هو مجموعة انسانية موحدة مكونة من أعضاء ملتحمين عضويآ البعض بالبعض ام هو تجمع اشخاص تستنعه وسائل الدعاية الرأسمالية لأغراض سياسية مُعينة، لمهمة معينة ولغاية زمنية محددة، ألأشتراك في ألنتجابات غلى سبيل المثال؟ هذا الشعب الذي يختار ممثليه من وقت الى آخر، هل هو في الحقيقة شعب حر او بالأحرى هو شعب مضلل نفسيآ وعقليآ بالدعاية السياسية التي تحتكرها الطبقات الحاكمة والتي من شأنها أن توجه خياره يوم ألانتخاب نحو ممثلين مأجورين مهمتهم ألأؤلى سن قوانين و تشريعات خاصة لحفظ التركيب الطبقي للمجتمعات الرأسمالية ؟ هؤلاء الذين يتغنون من الصباح الى المساء بالديمقراطية يجب أن يسالون أنفسهم هل الشعب في الديمقراطيات الراسمالية، هل هو شعب حر بكل معنى الكلمة،مالكآ كل قواه العقلية والفكرية ليختار بكل حرية ممثليه والمدافعين عن مصالحه؟ الجواب الوحيد على هذه ألأسألة هو فكرة الشعب هي فكرة وهمية وتحليل مفهوم الشعب يتعلق من حقل العلم الخيالي أكثر من علم ألجتماع أو علم السياسة أو الفلسفة السياسية. المجموعات الوحيدة التي يمكن أن نعتيرها كمجموعات طبيعية موجودة حاليآ في مجتمعاتنا الحاضرة هو الطبقات ألأجتماعية وما نعرفه عادة تحت اسم شعب في المجتمعات الرأسمالية البورجوازية ما هوفي الحقيقة إلا شعب ينتمي الى الطبقات الكادحة والفئات المُستغلة(مع كسر حرف ال غ) التي هي بطبيعة الحال مجموعات أنسانية مضللة عقليآ ونفسيآ بوسائل الدعاية السياسية التي تهيمن عليها طبقة الراسماليين والبورجوازية والدول التي تحمي مصالحها.

على غرار فكرة شعب حر في الديمقراطيات الراسمالية، نستطيع أن نقول نفس الشيء في ما يتعلق بالتعددية الحزبية والتعددية السياسية او حرية الرأئ والتعبير في الديمقراطيات الراسمالية. التعددية الحزبية ما هي مسرحية، تهريج ومهزلة، لأنه هو نفس الحزب او الحزبين الذين يهيمنون على اللسلطة في المجتمعات الرأسمالية الغربية منذ منصف القرن التاسع عشرحتى ألأن، وهذا صحيح سواء في الولايات المتحدة ألأمريكية او في أوروبا. هذا الحزب أو الحزبين الذي نعرفهم باسم حزب او أحزاب السلطة السياسية لا يمثلون بطبعة الحال لا الشعب ولا الطبقات الكادحة ولكن مصالح الطبقة الرأسمالية والبورجوازية. هذ الحزب أو الحزبين الذين يُؤلفون ألأغلبية في مجالس النواب أوفي مجالس الشيوج يسنون قوانين ونشريعات من شأنها الحفاظ على التركيب الطبقي الرأسمالي وبشكل خاص الملكية الفردية الخاصة. ألاحزاب الاُخرى أو ما يُسمى بأحزاب المعارضة، فدورها هوفقط دور شكلي يتمثل بحضورها في وسائل الإعلام بضعة أيام قبل كل انتخاب وبعدها تختفي لمدة أربعة او خمسة سنوات قبل أن تعود مرة اُخرى على المسرح الإعلامي والسياسي. يجب التنويه أيضآ أن هذه ألحزاب المعارصة لا تملك أي تاثير على مجرى الحوادث وان الاحزاب ألشتراكية غير الشيوعية ليست أحزابآ معارضة بالمعنى الصحيح لأنها تشترك مع ألحزب أو مجموعة ألأحزاب اليمينية في إدارة والحفاظ على هيكلية والتركيب الطبقي للنظام الرأسمالي.

كثيرآ ما يتغنى الغرب الراسمالي بحرية الرأيء وحرية التعبير لبيع ديمقراطيته المزيفة الى دول العالم الثالث. هنا ايضآ، حرية الرأيء وحرية التعبير ما هي الا أسطورة وفكرة وهمية ومضللة على غرار فكرتي الشعب والتعددية الحزبية. هذا صحيح أن هناك كثيرآ من الجرائد والصحف وهناك عدة مصادر للاخبار، ولكن كبار الجرائد والصحف التي تصنع ألأخبار وكبار محطات الراديو والتلفزيون التي يستمع اليها الجماهير، تنتمي لشركات رأسمالية ضخمة والى الدول التي هي في خدمة مصالحها( l إقرأ مقالنا « اسظورة حرية الرأيء والتعبير في الديمقراطيات الغربية »
http://elmirfaouzi.wordpress.com

في وقتنا الحاضر، الديمقؤاطية هي رأس حربة يستعملها الغرب الراسمالي لتغطية حروبه الصليبية ضد شعوب العالم الثالث وأيضآ لتضليل الطبقات الكادحة والمُستغلة(مع فتح حرف ال غ) التي تعيش في المجتمعات الرأسمالية نفسها. لمعرفة ما تعني بالضبط كلمة ديمقراطية في المفهوم الغربي الرأسمالي، يجب أن نطلب أولآ الى شعبي افغنستان والعراق لمعرفة رأيهم في ديمقراطية جورج دابليو بوش وقوات حلف ألأطلسي.

LA REVOLTE EGYPTIENNE VUE PAR LA PROPAGANDE CAPITALISTE

février 6, 2011

LA RÉVOLTE ÉGYPTIENNE VUE PAR LA PROPAGANDE CAPITALISTE

Pour la propagande capitaliste, la révolte de la jeunesse égyptienne contre Hosni Moubarak exprime la volonté de tout un peuple de se libérer d’un régime despotique et dictatorial et traduit ses aspirations vers la démocratie et la liberté. Depuis la révolte jadis de la jeunesse tunisienne qui a mis fin à un régime établi depuis 23 ans et la révolte d’aujourd’hui de la jeunesse égyptienne qui est en train d’asséner le coup de grâce au régime de Hosni Moubarak au pouvoir depuis 30 ans, la propagande capitaliste martèle et intoxique les opinions publiques en présentant ces deux événements comme des mouvements de révolte la démocratie. Disons le tout de suite, si tout le monde sait ce qu’est une dictature, en revanche, personne ne sait exactement ce que désignent le mot démocratie et le mot peuple. Sauf évidemment les nouveaux missionnaires bornés à savoir les politicards, ces techniciens de surface du Capital, les journalistes des mass media, ces scribes tenus en laisse par le pouvoir politique et par une intelligentsia endoctrinée et dressée comme les animaux cirque et qui répètent bêtement comme un perroquet les poncifs habituels des agents attitrés de la propagande capitaliste.

Quand la propagande capitaliste qualifie le mouvement de contestation qui secoue actuellement l’Egypte, de révolte de la jeunesse et du peuple égyptien pour la démocratie, elle n’explique pas, elle ne fait qu’interpréter un fait et un événement, car son rôle n’est pas à vrai dire l’explication mais l’intoxication des masses et la manipulation du psychisme humain. La première question que nous sommes en droit de se poser est la suivante: la révolte de la jeunesse et du peuple égyptiens est-elle réellement une révolte pour la démocratie comme le prétendent les agents attitrés de la propagande et ses nouveaux missionnaires bornés? La réponse aurait été d’une simplicité déconcertante si nous savions à l’avance ce qu’est la démocratie et si nous étions capables de délimiter les frontières entre démocratie, dictature et despotisme. S’il est malaisé pour ne pas dire impossible ce qu’est au fond la démocratie, c’est pour une raison très simple, personne n’est aujourd’hui en mesure de dire ce qu’est d’abord le peuple qui en est le fondement, les individus qui le composent, et le degré de sa conscience politique lui permettant de jouer en toute connaissance de cause le jeu démocratique. Prenons l’exemple des régimes fasciste et nazi dont les dirigeants avaient été élus par leurs peuples respectifs, la question que nous voulons poser à nos missionnaires bornés: le nazisme et le fascisme sont-ils des démocraties ou des dictatures quand on sait que Hitler et Mussolini avaient été démocratiquement élus voire plébiscités par leurs peuples respectifs, des peuples soi-disant souverains?

Le mot démocratie martelé mile fois par jour et répété à tout bout de champ par nos missionnaires bornés n’a rien à voir ni de près ni de loin avec l’origine grec du mot, le demos, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le peuple de l’agora n’a aucun rapport avec le peuple des temps modernes manipulés et bernés par la propagande, dressés et endoctrinés des années durant des écoles spécialement aménagés comme des animaux du cirque. Pour être dans le vrai, nous disons que la démocratie de nos jours est plus une dictature déguisée et maquillée qu’une vraie démocratie dans le sens où les dictateurs puisent leur légitimité non pas dans un droit divin ou dans les coups d’états militaires mais dans un césarisme où le peuple ne choisit pas mais apporté une légitimité douteuse à un système et à un ordre établi dominé par une caste de capitalistes et manipulé par la propagande politique.

Voici trois arguments qui montrent que ce que nos missionnaires bornés appellent démocratie n’est autre chose qu’une dictature déguisée. Premier argument, le suffrage universel accordé au peuple n’avait pas pour objectif le choix « démocratique » du peuple mais son contrôle et sa manipulation par des moyens et des techniques sournoises et discrètes pour le pousser à choisir les hommes de main d’un système et d’une idéologie dominante. Il faut rappeler à toutes fins utiles que dans l’esprit de celui qui fut l’initiateur du suffrage qu’était Napoléon III, l’objectif n’était pas la démocratie et l’expression démocratique du peuple français mais bel et bien une technique de manipulation politique pour asseoir sa dictature et son césarisme sur le vote populaire.

Deuxième argument, le pluralisme politique. Le pluralisme politique claironné par les agents attitrés de la propagande politique et par les missionnaires bornés de la démocratie est un pluralisme en trompe-l’œil, car si nous regardons de plus près les partis qui gouvernent dans les pays capitalistes depuis le milieu du XIXème siècle, en Europe et en Amérique du Nord, on s’aperçoit que ce sont grosso modo un ou deux partis au plus qui alternent au pouvoir en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne etc. Ces partis appelés à juste titre par le politologues « partis de gouvernement», ce sont en réalité des partis uniques dont les membres sont voués corps et âme à la défense des intérêts du Capital et des capitalistes. Quant aux autres partis présents sur l’échiquier politique, ce sont en fait des partis bidons qui sont là uniquement pour la figuration et pour la mise en scène carnavalesque lors des kermesses électorales qui sont organsinées à intervalles olympiques dans les pays capitalistes.

Troisième argument, la liberté de la presse et d’opinion. Il est bien vrai que tout le monde peut dire et écrire ce qu’il veut et qu’il existe dans les pays « démocratiques », une kyrielle de sources d’information, radio, télévision, journaux, internet etc. Mais tous ces supports de communication de masse, ce sont en réalité des leurres de dupes, car derrière cette profusion de messages et d’informations, seuls les messages et les informations véhiculés par les mass media contrôlées par le grand capital et par les États qui servent ses intérêts qui parviennent au grand public et qui touchent le « peuple » à qui on demande périodiquement de mettre un chiffon de papier dans l’urne pour désigner ses « représentants » légitimes. Sans se demander aucunement si les électeurs qui ont choisi l’ont fait dans leurs propres intérêts ou s’ils ont choisi des politicards asservis appelés à défendre dans les enceintes parlementaires et les assemblées élus, les intérêts bien compris de leurs maîtres, les détenteurs de la propriété économique et des grands capitalistes.

Les deux révoltes tunisienne et égyptienne révèlent si besoin est le vrai fonds totalitaire de l’Occident capitaliste et un dogmatisme à toute épreuve. Comment ces missionnaires bornés et les nouveaux croisés de la démocraties devinent-ils que les deux révoltes tunisienne et égyptienne sont des révoltes pour la démocratie telle qu’elle est martelée par la propagande politique capitaliste? La jeunesse et le peuple de ces deux pays veulent-ils réellement des élections « libres », du multipartisme politique et des mass media « libres » ou aspirent-ils plutôt à autre chose qu’a cette fable et cette fiction, qu’est la démocratie? Pourquoi chaque révolte, soit dans le monde arabe ou ailleurs dans le monde, est-elle toujours interprétée comme une révolte pour une démocratie à l’occidentale? Pourquoi n’est-elle pas autre chose qu’une simple aspiration à la démocratie ? Pourquoi le sens de l’histoire doit-il forcément s’orienter dans un seul sens, celui de la démocratie de nos missionnaires bornés ? N’y a-t-il pas un autre sens de l’histoire ? Pourquoi l’histoire ne s’orienterait-elle pas vers un autre système plus ou moins égalitaire, un système « partageux » où les richesses sociales reviennent à tous ceux qui les ont produites et non pas à une poignée de profiteurs et d’exploiteurs capitalistes?

Après toutes les épreuves qu’ils ont dû subir depuis un siècle, et tout dernièrement la croisade bushienne en Irak et en Afghanistan, les peuples du Moyen-Orient à ne pas confondre avec leurs dirigeants félons et leurs gouvernements fantoches, sont aujourd’hui suffisamment mûrs et instruits par l’histoire et les leçons du passé pour comprendre à demi-mot ce que veut dire une démocratie à l’occidentale. Les deux récentes révoltes tunisienne et égyptienne sont deux messages d’espoir que l’histoire n’est pas à sens unique et qu’il est possible de l’orienter, grâce à une conscience politique affirmée conjuguée avec un peu de volonté et un peu de ténacité, dans un autre sens, non pas celui des riches, des puissants et des capitalistes mais dans celui des peuples opprimés.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, Tunisie, propagande, démocratie, capitalisme.