LA REVOLTE EGYPTIENNE VUE PAR LA PROPAGANDE CAPITALISTE

LA RÉVOLTE ÉGYPTIENNE VUE PAR LA PROPAGANDE CAPITALISTE

Pour la propagande capitaliste, la révolte de la jeunesse égyptienne contre Hosni Moubarak exprime la volonté de tout un peuple de se libérer d’un régime despotique et dictatorial et traduit ses aspirations vers la démocratie et la liberté. Depuis la révolte jadis de la jeunesse tunisienne qui a mis fin à un régime établi depuis 23 ans et la révolte d’aujourd’hui de la jeunesse égyptienne qui est en train d’asséner le coup de grâce au régime de Hosni Moubarak au pouvoir depuis 30 ans, la propagande capitaliste martèle et intoxique les opinions publiques en présentant ces deux événements comme des mouvements de révolte la démocratie. Disons le tout de suite, si tout le monde sait ce qu’est une dictature, en revanche, personne ne sait exactement ce que désignent le mot démocratie et le mot peuple. Sauf évidemment les nouveaux missionnaires bornés à savoir les politicards, ces techniciens de surface du Capital, les journalistes des mass media, ces scribes tenus en laisse par le pouvoir politique et par une intelligentsia endoctrinée et dressée comme les animaux cirque et qui répètent bêtement comme un perroquet les poncifs habituels des agents attitrés de la propagande capitaliste.

Quand la propagande capitaliste qualifie le mouvement de contestation qui secoue actuellement l’Egypte, de révolte de la jeunesse et du peuple égyptien pour la démocratie, elle n’explique pas, elle ne fait qu’interpréter un fait et un événement, car son rôle n’est pas à vrai dire l’explication mais l’intoxication des masses et la manipulation du psychisme humain. La première question que nous sommes en droit de se poser est la suivante: la révolte de la jeunesse et du peuple égyptiens est-elle réellement une révolte pour la démocratie comme le prétendent les agents attitrés de la propagande et ses nouveaux missionnaires bornés? La réponse aurait été d’une simplicité déconcertante si nous savions à l’avance ce qu’est la démocratie et si nous étions capables de délimiter les frontières entre démocratie, dictature et despotisme. S’il est malaisé pour ne pas dire impossible ce qu’est au fond la démocratie, c’est pour une raison très simple, personne n’est aujourd’hui en mesure de dire ce qu’est d’abord le peuple qui en est le fondement, les individus qui le composent, et le degré de sa conscience politique lui permettant de jouer en toute connaissance de cause le jeu démocratique. Prenons l’exemple des régimes fasciste et nazi dont les dirigeants avaient été élus par leurs peuples respectifs, la question que nous voulons poser à nos missionnaires bornés: le nazisme et le fascisme sont-ils des démocraties ou des dictatures quand on sait que Hitler et Mussolini avaient été démocratiquement élus voire plébiscités par leurs peuples respectifs, des peuples soi-disant souverains?

Le mot démocratie martelé mile fois par jour et répété à tout bout de champ par nos missionnaires bornés n’a rien à voir ni de près ni de loin avec l’origine grec du mot, le demos, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le peuple de l’agora n’a aucun rapport avec le peuple des temps modernes manipulés et bernés par la propagande, dressés et endoctrinés des années durant des écoles spécialement aménagés comme des animaux du cirque. Pour être dans le vrai, nous disons que la démocratie de nos jours est plus une dictature déguisée et maquillée qu’une vraie démocratie dans le sens où les dictateurs puisent leur légitimité non pas dans un droit divin ou dans les coups d’états militaires mais dans un césarisme où le peuple ne choisit pas mais apporté une légitimité douteuse à un système et à un ordre établi dominé par une caste de capitalistes et manipulé par la propagande politique.

Voici trois arguments qui montrent que ce que nos missionnaires bornés appellent démocratie n’est autre chose qu’une dictature déguisée. Premier argument, le suffrage universel accordé au peuple n’avait pas pour objectif le choix « démocratique » du peuple mais son contrôle et sa manipulation par des moyens et des techniques sournoises et discrètes pour le pousser à choisir les hommes de main d’un système et d’une idéologie dominante. Il faut rappeler à toutes fins utiles que dans l’esprit de celui qui fut l’initiateur du suffrage qu’était Napoléon III, l’objectif n’était pas la démocratie et l’expression démocratique du peuple français mais bel et bien une technique de manipulation politique pour asseoir sa dictature et son césarisme sur le vote populaire.

Deuxième argument, le pluralisme politique. Le pluralisme politique claironné par les agents attitrés de la propagande politique et par les missionnaires bornés de la démocratie est un pluralisme en trompe-l’œil, car si nous regardons de plus près les partis qui gouvernent dans les pays capitalistes depuis le milieu du XIXème siècle, en Europe et en Amérique du Nord, on s’aperçoit que ce sont grosso modo un ou deux partis au plus qui alternent au pouvoir en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne etc. Ces partis appelés à juste titre par le politologues « partis de gouvernement», ce sont en réalité des partis uniques dont les membres sont voués corps et âme à la défense des intérêts du Capital et des capitalistes. Quant aux autres partis présents sur l’échiquier politique, ce sont en fait des partis bidons qui sont là uniquement pour la figuration et pour la mise en scène carnavalesque lors des kermesses électorales qui sont organsinées à intervalles olympiques dans les pays capitalistes.

Troisième argument, la liberté de la presse et d’opinion. Il est bien vrai que tout le monde peut dire et écrire ce qu’il veut et qu’il existe dans les pays « démocratiques », une kyrielle de sources d’information, radio, télévision, journaux, internet etc. Mais tous ces supports de communication de masse, ce sont en réalité des leurres de dupes, car derrière cette profusion de messages et d’informations, seuls les messages et les informations véhiculés par les mass media contrôlées par le grand capital et par les États qui servent ses intérêts qui parviennent au grand public et qui touchent le « peuple » à qui on demande périodiquement de mettre un chiffon de papier dans l’urne pour désigner ses « représentants » légitimes. Sans se demander aucunement si les électeurs qui ont choisi l’ont fait dans leurs propres intérêts ou s’ils ont choisi des politicards asservis appelés à défendre dans les enceintes parlementaires et les assemblées élus, les intérêts bien compris de leurs maîtres, les détenteurs de la propriété économique et des grands capitalistes.

Les deux révoltes tunisienne et égyptienne révèlent si besoin est le vrai fonds totalitaire de l’Occident capitaliste et un dogmatisme à toute épreuve. Comment ces missionnaires bornés et les nouveaux croisés de la démocraties devinent-ils que les deux révoltes tunisienne et égyptienne sont des révoltes pour la démocratie telle qu’elle est martelée par la propagande politique capitaliste? La jeunesse et le peuple de ces deux pays veulent-ils réellement des élections « libres », du multipartisme politique et des mass media « libres » ou aspirent-ils plutôt à autre chose qu’a cette fable et cette fiction, qu’est la démocratie? Pourquoi chaque révolte, soit dans le monde arabe ou ailleurs dans le monde, est-elle toujours interprétée comme une révolte pour une démocratie à l’occidentale? Pourquoi n’est-elle pas autre chose qu’une simple aspiration à la démocratie ? Pourquoi le sens de l’histoire doit-il forcément s’orienter dans un seul sens, celui de la démocratie de nos missionnaires bornés ? N’y a-t-il pas un autre sens de l’histoire ? Pourquoi l’histoire ne s’orienterait-elle pas vers un autre système plus ou moins égalitaire, un système « partageux » où les richesses sociales reviennent à tous ceux qui les ont produites et non pas à une poignée de profiteurs et d’exploiteurs capitalistes?

Après toutes les épreuves qu’ils ont dû subir depuis un siècle, et tout dernièrement la croisade bushienne en Irak et en Afghanistan, les peuples du Moyen-Orient à ne pas confondre avec leurs dirigeants félons et leurs gouvernements fantoches, sont aujourd’hui suffisamment mûrs et instruits par l’histoire et les leçons du passé pour comprendre à demi-mot ce que veut dire une démocratie à l’occidentale. Les deux récentes révoltes tunisienne et égyptienne sont deux messages d’espoir que l’histoire n’est pas à sens unique et qu’il est possible de l’orienter, grâce à une conscience politique affirmée conjuguée avec un peu de volonté et un peu de ténacité, dans un autre sens, non pas celui des riches, des puissants et des capitalistes mais dans celui des peuples opprimés.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, Tunisie, propagande, démocratie, capitalisme.

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