Archive for juillet 2011

Islamophobie et fascisme européen du 21 ème siècle

juillet 26, 2011

L’islamophobie et le fascisme européen du 21ème siècle

Le criminel norvégien Andeers Behring Breivik qui a massacré de sang froid selon les dernières estimations 76 personnes à Oslo et sur l’ile de Utoya où se tenait une réunion du mouvement de la jeunesse du parti travailliste, Arbeidaranes Ungdomsfylking, AUB, dirigé par Eskil Pedersen, ardent défenseur du boycott d’Israël notamment au niveau de la coopération universitaire et académique, est décrit par un porte-parole de la police comme un fou et un déséquilibré mental. Selon les premières déclarations du tueur fou, son geste meurtrier visait à « changer la société norvégienne ». En effet, le carnage perpétré par Anders Behring Breiivik montre une fois de plus que l’analyse des comportements des individus appartenant aux groupuscules et partis d’extrême droite relève davantage de la psychiatrie et des maladies mentales que du domaine de l’idéologie et de la politologie. Cependant, bien que le cas des millions d’électeurs qui légitiment par leur bulletin de vote un système qui les oppriment reste toujours du domaine de la psychiatrie et des maladies mentales, ces électeurs-là sont plutôt atteints d’un autre maladie, celle de l’intoxication mentale et du viol psychique provoqués par les produits toxiques répandus par la propagande politique lors des kermesses électorales organisées à intervalles réguliers dans les « démocraties parlementaires ».

Par Son geste criminel, le tueur fou norvégien, Anders Behring Brevik, va sans doute faire des émules en Europe et chez les yankees et il va sûrement entrer dans l’histoire comme un « héros » et comme un « patriote » dans le panthéon des « grands hommes », comme ardent défenseur de « l’Europe judéo-chrétienne » et « l’Europe blanche » aryenne, de Hitler à Jean Paul II, en passant par leurs comparses, et par tous ces illuminés, les Opus Dei, les néo nazis, les nostalgiques de la Gross deutsche Reich über alles, les sionistes, les partis d’extrême droite en Europe notamment dans l’Europe de l’Est etc. En gros, le tireur fou norvégien a apporté sa contribution au combat apocalyptique et millénariste comme le firent jadis ses ancêtres les Croisés, et comme le font aujourd’hui ses émules et tous ces zélotes qui luttent pour redonner à l’Europe son statut originel, c’est-à-dire une Europe blanche comme neige, « purifiée » et « nettoyée » de ses vils envahisseurs mahométans, ces basanés et ces métèques qui l’ont déjà « colonisée » et « occupée » et qui l’ont « souillée » et « infectée », par leurs impuretés sanguines.

Cela étant dit, il faudra dépasser le seul geste meurtrier de l’islamophobe norvégien pour essayer de comprendre les conditions d’émergence et de développement de l’islamophobie dans nos sociétés actuelles. L’abondante littérature consacrée à l’islamophobie pèche, nous emble-t-il, par empirisme stérile à bien des égards, car , au lieu d’expliquer le pourquoi du phénomène, se contente de le décrire sans apporter véritablement des réponses convaincantes et sans donner réellement les vraies clés de sa compréhension. Parmi les carences dont souffre la plupart des analyses et des études sur l’islamophobie, nous en citons deux : promo l’absence de contextualisation et second, la focalisation quasi maladive sur la rhétorique et les invectives islamophobes des partis et des groupuscules d’extrême droite.

D’abord, l’absence de contextualisation se manifeste par l’ignorance totale des conditions spécifiques d’émergence et de développement de l’islamophobie dans le sens où l’islamophobie n’est pas un phénomène ex nihilo né du jour au lendemain sous un ciel étoilé. Ceux qui traitent de cette question font donc l’impasse du contexte et des conditions objectives et subjectives qui ont donné naissance au phénomène de l’islamophobie. Ils n’essayent pas non plus à aucun moment de leur raisonnement à replacer l’islamophobie dans le cadre d’un système social, politique, économique et idéologique, le capitalisme et d’une conjoncture, la crise du capitalisme et ses conséquences sur l’hégémonie idéologique des classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis. Pour dire les choses autrement, l’islamophobie est intrinsèquement et consubstantiellement liée à l’avènement du fascisme européen du XXIème siècle et à la fascisation des différents rouages de l’Etat et de la société. Si l’on perd de vue ce cadre et ce contexte, l’islamophobie devient un phénomène incompréhensible car son émpergence déoucle appelle comme par le passé, de l’avènement des régimes d’exception avec toutes les modifications politiques, institutionnelles et idéologiques qui en découlent. L’islamophobie apparaît à bien des égards comme à la fois l’expression de la crise de l’idéologie dominante héritée du siècle des Lumières et fondée sur le sécularisation et la laïcité de l’État et sur les valeurs universelles, telles l’universalité de la raison, de l’égalité et de la liberté d’une part et comme l’effet induit par la crise de cette même idéologie, d’autre part.

Ensuite, la focalisation quasi maladive sur le discours et la rhétorique islamophobes des groupuscules et des partis d’extrême droite est une manière bien commode pour les classes dominantes pour occulter les vrais enjeux politico-idéologiques et les vrais centres névralgiques de diffusion et de propagation de l’islamophobie sous sa double forme silencieuse et déclarée. En réalité, malgré les apparences trompeuses, ceux qui contribuent efficacement à la propagation et à la diffusion de l’islamophobie en Europe et aux États-Unis, ce ne sont pas les partis et les groupuscules d’extrême droite, mais tout simplement les partis dits de gouvernement, c’est-à-dire le parti unique à deux têtes, traduisons les partis de droite et les partis de gauche non communistes, qui gouvernement et qui alternent au pouvoir en Europe et aux États-Unis qui, grâce à leur mainmise totale sur les mass media et sur les hauts lieux de la production intellectuelle, propagaent et répandent à dose homéopathique et à différents niveaux de la société la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Par leurs législations sur le voile, la burqa et par leurs référendums à répétition sur la construction des mosquées, les partis et les gouvernements européens n’ont qu’un seul but, la manipulation des opinions publiques, comme à la fois un thème de mobilisation politique et électorale et comme l’antidote et un redoutable dérivatif à la lutte des classes. Pour être clair sur ce point, c’est la propagande islamophobe et le matraquage systématique des paris et des gouvernements en Europe et aux Etats-Unis autour des thèmes de l’immigration , de l’Islam et des musulmans qui ont engendré par ricochet et par voie de conséquence les groupuscules et les partis d’extrême droite un peu partout en Europe et non l’inverse.

Sans l’islamophobie silencieuse des classes dominantes des pays capitalistes et leurs déclarations tonitruantes sur les soi-disant racine judéo-chrétiennes de l’Occident, sur « l’invasion des immigrés » du napoléonite Sarkozy et sur l’échec du multiculturalisme(Cameron, Merkel, John Howard etc), sans leurs législations bidonnées pour le besoin de la cause qui puent la xénophobie et l’islamophobie, le tapage médiatique sur les immigrés et leur prétendue « boulimie » pour les allocations familiales, sans les sondages bidonnés sur les « peurs » des « souchistes » vis-à-vis des « envahisseurs non-souchistes », sans toute cette littérature immonde qui donnent de la nausée des Thilo Sarrazin et ses comparses diffusés à grand renforts, sans les référendums orchestrés sur les mosquées, nous n’aurions jamais entendu parler à coup sûr ni d’immigrés ni de musulmans ni de tous ceux qui en font leur fonds de commerce politique, les le Pen père et fille, les Jorg Heider, les Geert Wilders, les Vlaams Blok, les Pia Kjaersgaard, les Jobikk etc.

Ce qui nous fait dire que le fascisme européen du XXIème siècle n’est pas une vue de l’esprit, mais dont les fondements ont été mis en place depuis les années 1980, ce sont en effet les éléments de comparaison entre le fascisme d’aujourd’hui et celui des années vingt et trente du XXème siècle, mais à deux différences près, 1) le fascisme européen du XXIème n’est plus confiné dans un, deux ou trois pays mais c’est tout le continent européen qui est devenu fasciste et 2°, l’ennemi et le bouc émissaire désigné à la vindicte populaire qui étaient jadis le juif deviennent sous le fascisme européen du XXIème siècle, les 16 millions de mahométans.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : islamophobie, fascisme, Europe,

Crise grecque: sauver la Grèce ou gagner du temps ?

juillet 22, 2011

Dette grecque :
Sauver la Grèce ou gagner du temps ?

Les fidèles serviteurs du grand capital réunis hier soir à Bruxelles pour aider la Grèce pavoisent et exultent et pavoisent; ça y est, tout va bien Madame la Marquise. On l’a compris, après cet accord « historique » selon les termes de Barroso, le grand capital n’a pas tardé à réagir à juger par la hausse des bourses européennes, asiatiques et américaines. Mais la question qui mérite d’être posée, pourquoi ce soudain optimisme de la météo du capital et pourquoi cette euphorie des bourses et des marchés financiers en Europe, en Asie et aux États-Unis? Cet optimisme est-il dû à l’avenir radieux promis à l’économie et au peuple grecs qui se trouvent au fond du trou depuis plus de deux ans ou est-il plutôt lié à l’assurance donnée une fois de plus par les États aux grandes banques, notamment françaises et allemandes, qui ont prêté des sommes astronomiques à la Grèce?

Personne n’est dupe, les milliards octroyés à la Grèce ne sauveront jamais ce pays d’une faillite annoncée à terme, bien au contraire, ce deuxième plan avec de nouvelles dettes vont enfoncer ce pays encore un peu plus à cause des anciens et des futurs plans d’austérité par les bailleurs de fonds et qui seront de nature à aggraver le mal au lieu d’y remédier. Le plan d’austérité promis par le gouvernement socialiste de Georges Papandréou va carrément plomber toute velléité de croissance entraînant du coup une aggravation et du déficit public et de la dette. Il ne faut pas être un économiste chevronné pour savoir que l’injection de liquidités est une solution de facilité et le cas argentin est éloquent à cet égard. Injecter de liquidités dans l’économie d’un pays n’a jamais quoi que ce soit et encore moins le problème des dettes, car on ne soigne pas une économie malade avec des médicaments et inadaptés qui font plus de mal que de bien et une crise structurelle chronique ne saurait être surmontée par des mesures palliatives, occasionnelles et passagères. En réalité, les milliards octroyés par l’Union Européenne et le FMI, c’est tout simplement un cadeau empoisonné, car l’accumulation des dettes va pousser les prêteurs à augmenter leur taux d’intérêt entraînant du coup une augmentation mécanique des charges de la dette. À cela s’ajoutent les réserves et les a priori déjà formés des agences des notations des agences de crédit et le manque de confiance des investisseurs institutionnels comme les compagnies d’assurance et les fonds de pension.

Loin de résoudre le problème de la dette souveraine de la Grèce, l’accord de Bruxelles va rendre la vie encore plus dure au peuple et aux travailleurs grecs qui ont déjà subi un premier plan d’austérité et qui s’apprêtent à en subir les effets désastreux d’un deuxième avec à la clé une réduction dramatique de leur niveau de vie. Le plan d’austérité préparé par le gouvernement Papandréou pour obtenir les fonds promis par l’Europe et le FMI va frapper encore plus durement non seulement tous les Grecs sans exception avec l’augmentation de la TVA mais aussi les petites et les moyennes entreprises qui contribuent pour une grande part au PIB du pays, mais aussi les retraités et les jeunes contraints à l’émigration à la recherche du travail dans d’autres régions du monde et qui vont devenir comme la jeunesse espagnole, une jeunesse sans avenir. Contrairement aux sirènes de la propagande capitaliste, les travailleurs grecs ne sont pas trop payés et ils sont plus « paresseux » que les autres travailleurs européens puisqu’un travailleur grec a travaillé en moyenne en 2009 2161 heures par an contre 1382 heures en Allemagne et la productivité du travailleur grec par heure de travail a augmenté de 26,3% contre 11,6% en Allemagne.

Aujourd’hui, ce n’est pas l’économie grecque qui est en crise, mais toutes les économies de la zone euro et bien au-delà de l’Europe, puisque les Etats-Unis se trouvent depuis le mois de mai en cessation de paiement après avoir atteint le plafond de sa dette de 14,3 milliards de dollars et le débat fait actuellement rage entre le parti unique à deux têtes, Républicains et démocrates pour éviter purement et simplement la faillite du gouvernement américain dont la datte est fixée pour le 2 août. Cette crise est au fond moins une crise d’argent et de liquidités qu’une crise de croissance et de reproduction élargie du système capitaliste. Ceux qui ont crié victoire un peu vite à Bruxelles après l’accord sur un deuxième plan d’aide à la Grèce savent que la crise qui frappe cette dernière n’est seulement une crise spécifique à un seul pays ou à un ensemble de pays de la zone euro mais une crise structurelle et généralisée frappant toutes les économies capitalistes. Même avec tous ces milliards, les résultats sont plus qu’hypothétiques, car, d’après des analyses et des projections futuristes, si un miracle il y a, « le miracle grec » ne produira ses effets que dans sept ou dans dix ans, mais d’ici là, on peut se demander si le peuple travailleur de ce pays va avoir de la patience pour s’échiner et de se courber devant les pilleurs et non pas les bailleurs de fonds de son pays.

L’accord de Bruxelles sur la Grèce n’est pas vraiment destiné à sauver la Grèce d’une faillite annoncée ou à désamorcer une crise passagère et conjoncturelle mais à empêcher en réalité la déconfiture pure et simple de la zone euro. Car il faut savoir que la déconfiture de la zone euro va produire un séisme d’une magnitude jamais égalée entraînant l’effondrement du système bancaire à cause de la perte de confiance entre les banquiers eux-mêmes qui refuseront de se prêter l’argent l’un à l’autre. Cette annonce tapageuse autour de l’accord de Bruxelles sur la dette grecque vise en réalité à conjurer la peur non seulement de la faillite de la Grèce et de la zone euro mais même encore au-delà, la dislocation de l’Union Européenne. Il est notoirement connu que l’injection des liquidités dans les circuits économiques est une solution de facilité qui, n’en déplaise aux thuriféraires du Keynésianisme, n’est autre chose qu’un ersatz; l’injection des liquidités vise tout simplement à gagner du temps et ce n’est pas en gagnant du temps que l’on résoudra les crises.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Grèce, dette, Europe, crise, économie.

Le referendum bidion du roi du Maroc

juillet 15, 2011

Le referendum bidon du roi du Maroc

le 15 juillet 2011

Selon la campagne de propagande politique orchestrée par les États capitalistes en Europe et aux Etats-Unis, les Marocains ont soi-disant « massivement » voté pour les nouvelles réformes constitutionnelles proposées début mars par le roi du Maroc, Mohammed VI. Ce dernier, observant avec inquiétude le sort réservé à Ben Ali en Tunisie, à Moubarak en Egypte, devient du jour au lendemain en « réformateur » et en ardent partisan de la démocratie en annonçant à grands renforts médiatiques l’octroi d’une « nouvelle « constitution à son peuple. Sans aucun doute, ces réformes constitutionnelles ont-elles été annoncées non pas par conviction personnelle du « roi des peuples » et du « guide des fidèles » qu’est le roi Mohamed VI mais sous la double pression des révoltes arabes d’une part et du capital transnational au Maroc qui a mis en coupe réglée et le peuple marocain et son État nabot d’autre part.

Dans le référendum du 1er juillet, on nous dit que le peuple souverain marocain a voté à 98,5% pour les réformes constitutionnelles proposées par le roi Mohamed VI. Comme on pouvait s’en douter, aussitôt les résultats du référendum connus, les pays capitalistes occidentaux, notamment la France et les États Unis dont les multinationales contrôlent les secteurs économiques vitaux du pays, ont salué la victoire du oui et ils ont prédit l’avènement d’une « ère nouvelle » au Maroc sous la direction du « roi des pauvres » et le « guide des Croyants ». Curieusement, ce chiffre de 98,5% qui fait rêver tous les dictateurs de la planète, était réservé jadis par les « démocraties » capitalistes aux « dictatures » communistes et aux régimes à parti unique qui hurlaient soit aux résultats truqués soit à l’absence de multipartisme. Il faut rappeler au passage que les « démocraties » occidentales considéraient Ben et Hosni Moubarak étaient des grands démocrates puisqu’ils étaient élus à plus 95% des voix alors que le président biélorusse élu à environ 60% est devenu le dernier « despote » en Europe.

Les pays capitalistes qui ont crié un peu vite à l’avènement de la démocratie suite aux résultats du référendum du 1er juillet n’ont pas dit un mot sur les conditions de son déroulement notamment les fraudes massives commises par les autorités et la propagande gouvernementale qui a mené une campagne d’intoxication et de matraquage pour inciter les Marocains à voter oui pour la « nouvelle » constitution. La propagande capitaliste occidentale n’a pas parlé des 60% d’analphabètes marocains qui savent ni lire ni écrire et l’on voit mal comment ils peuvent lire ce qui figure sur le bulletin de vote. Non seulement les 60% d’analphabètes marocains ne savent ni mire ni écrire mais ils ne savent même pas ce qui signifie le mot constitution. Il y a fort à parier que 98% des marocains n’ont jamais entendu parler de constitution. La propagande capitaliste occidentale n’a pas parlé de ces millions de marocains qui ont reçu plusieurs bulletins en même temps, c’est-à-dire qu’un seul électeur a voté plusieurs fois ni de ceux qui n’en ont reçu aucun. Pour ceux qui savent à peine lire et écrire, les autorités leur ont réservé des supports de propagande assez astucieux comme les prospectus et les gadgets publicitaires sur lesquels est écrit le mot oui.

La propagande capitaliste occidentale a omis de parler de l’autorité ayant supervisé et contrôlé le déroulement du référendum, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur qui peut exercer des pressions psychologiques et physiques sur les électeurs, qui peut influencer le choix des électeurs et qui peut manipuler les chiffres comme bon lui semble. Le dernier élément qui laisse pantois plus d’un et qui nous fait dire que le référendum au Maroc, c’est du bidon et qu’il a été bidonné par les pays capitalistes occidentaux pour améliorer l’image de leur marionnette autochtone, le roi Mohamed VI, est le taux pharamineux de participation au référendum qui s’élève au 1er juillet 2011 à plus de 75% alors que celui des élections législatives de 2007, atteignait difficilement le 35%. Personne ne peut croire à cette farce électorale, car il est difficilement concevable que la conscience politique ait fait un bond de 40% chez les marocains entre 2007 et 2011.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Maroc, référendum, réformes, constitution.

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

juillet 14, 2011

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

Le 14 juillet 2011

Depuis le 27 mars dernier, date du lancement des opérations militaires initiées par l’Occident impérialiste contre la Libye avec la couverture politique d’une marionnette arabe, le Qatar et une couverture médiatique, la chaîne arabe Al-Jazeera, le constat est sans appel, l’impérialisme occidental a été, une fois de plus, défait, vaincu et humilié. Au même moment, le complot ourdi en sous-main contre le régime syrien de Bachar Al-Assad, par les mêmes forces impérialistes a également été mis en échec grâce au bourbier libyen d’une part et au soutien de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais d’autre part.

L’impérialisme occidental n’avait aucunement prévu les événements du Moyen-Orient et encore moins la chute de leurs hommes de main, Ben Ali en Tunisie et Hosni Mubarak en Egypte dont les régimes étaient là naturellement pour servir, sauvegarder et gérer en bon père de famille les intérêts économiques, politiques et géostratégiques du capital transnational dans cette région du monde riche en ressources naturelles. La révolte libyenne qui avait été à l’origine l’expression d’un réel mécontentement populaire contre le régime de Moammar El-Kadaffi a été déviée de son objectif initial et exploitée par une bande d’opportunistes et d’arrivistes à la solde de la CIA, de l’impérialisme occidental et des forces réactionnaires arabes qui, sous prétexte de protection des populations civiles, voulaient intervenir dans les cours des événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord dans un but bien précis : étouffer dans l’oeuf toute velléité de libération et d’émancipation des peuples arabes et prévenir tout changement dans les rapports de pouvoir et de classe dans cette région du monde. Il suffit d’observer de plus près les réactions et les stratégies politiques des monarchies moyenâgeuses du Golfe face aux révoltes des peuples arabes pour se rendre à quel point les révoltes des peuples arabes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, au Bahreïn avaient poussé ces forces réactionnaires et contre-révolutionnaires pour réagir afin de maintenir le statu quo au MOAN(Moyen-Orient et Afrique du Nord)

Il va sans dire que l’intervention militaire en Libye, les machinations et le complot contre le régime syrien font partie d’un même plan global mis au point par les impérialistes occidentaux avec l’aide de leurs marionnettes autochtones, les monarchies réactionnaires du Golfe, visant d’abord au renversement de ces deux régimes et ensuite leur remplacement par des gouvernements fantoches qui viendront grossir les rangs des forces réactionnaires dans le monde arabo-musulman. Mais la tournure prise par les événements en Libye et en Syrie montre manifestement l’échec des stratégies et des plans des forces impérialistes occidentales et de leurs satellites autochtones, les monarchies moyenâgeuses et réactionnaires du Golfe. En effet, aujourd’hui, plus de trois mois après le début de l’intervention militaire en Libye, les forces impérialistes et leur fer de lance, l’OTAN, aidé sur le terrain par leurs marionnettes que la propagande politique capitaliste appellent les révolutionnaires, se révèlent incapables de réaliser la moindre avancée ni sur le terrain militaire ni sur le terrain politique. À présent, la coalition militaire occidentale se trouve dans la nasse grâce, selon les propres aveux d’Alain Jupé, à la résistance inattendue du régime libyen. Après plus de trois mois de bombardements et de pressions politiques et judiciaires, El Kadhafi et son régime sont toujours là, inflexibles, et tout indique qu’ils ne sont pas prêts à se rendre et à se soumettre au diktat des va-t-en-guerre et des « napoléonites ». Objectivement, ce sont au contraire les agresseurs impérialistes qui sont découragés et démoralisés à juger par le retrait de la Norvège de la coalition à partir du mois d’août et l’appel de l’Italie à une solution politique. Non seulement, l’agression occidentale contre la Libye n’a pas atteint ses objectifs politiques et militaires, elle a coûté des millions d’euros aux contribuables des pays participant à la coalition militaire. Il faut rappeler que l’aventure militaire française a coûté jusqu’ici au contribuable la maudite somme de 160 millions d’euros et 290 millions d’euros au contribuable anglais alors que ces deux pays n’hésitent pas à imposer à leurs peuples respectifs des politiques d’austérité draconiennes.

On peut dire la même chose de la Syrie de Bachar Al-Assad. En effet, malgré toutes les pressions régionales et internationales dont il est l’objet quotidiennement et malgré le soutien politique, financier et logistique apporté par l’impérialisme occidental et les monarchies réactionnaires du Golfe à une opposition syrienne fabriquée de toutes pièces, le régime syrien a résisté et résiste toujours et le scénario d’un imminent changement politique dans ce pays semble, du moins dans l’état actuel des choses, de plus en plus improbable. Aujourd’hui, le plan de déstabilisation de la Syrie avec à terme un changement de régime se trouve contrarié à cause du refus de la Russie et de la Chine de porter le dossier syrien devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, Syrie, impérialisme occidental, guerre, Moyen-Orient, Afrique