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Les 60 pays amis des rats de Benghazi planchent sur le butin à partager

septembre 1, 2011

Les 60 pays amis des rats de Benghazi planchent sur le butin à partager

jeudi 1er septembre 2011

La date du premier septembre n’a pas été choisie au hasard par les pays amis des rats de Benghazi et des rats tripolitains, les mercenaires de la CIA et de l’OTAN, puisqu’elle coïncide avec le 42ème anniversaire de la révolution libyenne conduite par le colonel Mouammar el Kadhafi contre le régime fantoche et corrompu du roi Idris Sanoussi. Les 60 pays amis des rats de Benghazi représentés par le CNT, réunis à Paris pour débattre de l’avenir de la nouvelle Libye font comme s’ils étaient les vainqueurs de la guerre civile et se comportent comme s’ils étaient les nouveaux maîtres de la Libye post-kadafite. Pour peu que l’on se penche sur la nature des régimes qui ont pris fait et cause pour les rats de Benghazi et pour les jihadistes de Tripoli, nous n’avons aucun mal à tirer la conclusion logique: c’est l’alliance entre d’une part un impérialisme occidental agonisant engagé dans une lutte à mort pour sauver ce qui peut être sauvé et d’autre part ses laquais dans le monde arabo musulman qui tremblent devant la montée des masses et des révoltes populaires qui menacent de balayer leurs régimes réactionnaires et moyenâgeux. C’est cette peur au ventre qui explique les comportements grégaires des classes dirigeants dans l’Occident capitaliste et celles des monarchies féodales du Golfe et de la Turquie Atlantiste.

Cette réunion de Paris en soutien aux rats de Benghazi fait immédiatement penser à la conférence de Berlin de 1884-1885 convoquée par le chancelier allemand Otto von Bismarck pour partager le continent africain entre les puissances impérialistes du moment, Grande Bretagne, France, Belgique, Portugal. Nous avons vu comment cette course à la colonisation de l’Afrique et autres contrées du monde a débouché sur la Première Guerre mondiale et ses millions de morts laissés sur les champs de bataille. Aujourd’hui, un siècle plus tard, le monde est confronté de nouveau au même dilemme et au même fléau que sont le capitalisme et son rejeton naturel l’impérialisme qui sèment la mort et la destruction un peu partout dans le monde. Le dernier épisode en date est la croisade impérialiste en Libye qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils sans parler des millions de morts causés par les précédents conflits armés menés par le militarisme et la soldatesque yankee et de ses satellites en Europe et ailleurs.

Les 60 pays réunis à Paris amis pour soi-disant aider les rats de Benghazi vont parler, disent-ils, de l’avenir de la Libye. Mais de quel avenir parlent-ils ? Celui promis par les rats de Benghazi qui représentent même pas 1% de la population ou celui de Mouammar Kadhafi qui a fait de la Libye un pays moderne, qui a tenu tête à six mois de bombardements intensifs et qui a refusé de se mettre les genoux à terre ? La nouvelle Libye des rats de Benghazi, tout le monde peut deviner ce qu’elle sera si par malheur ces mercenaires autochtones de l’OTAN et de la CIA parviendront à prendre réellement le pouvoir à Tripoli, la nouvelle Libye sera une nouvelle colonie comme le sont aujourd’hui le Kosovo et les anciens pays d’Europe de l’Est. Les deux premières mesures que comptent prendre les rats de Benghazi, conformément aux desiderata de leurs maîtres à Washington Londres et Paris, sont faciles à deviner et elles ne sont plus un secret de polichinelle, 1°) la privatisation de la compagnie nationale du pétrole et 2°) la banque centrale libyenne.

Tout compte fait, les 160 millions d’euros que le nouveau rambo et le napoléonite Sarkozy a dépensés pour faire sa guerre contre le régime du colonel Kadaffi reviendront de facto multipliés par dix à la compagnie française Total qui se taillera la part de lion en supplantant les autres compagnies pétrolières et notamment la compagnie du pétrole italienne ENI. Il ne faut pas être un grand marabout pour devenir ce que sera la nouvelle Libye voulue par les rats de Benghazi et leurs maîtres impérialistes, un seul mot suffit pour le qualifier : PILLAGE. Toute la question est de savoir si le peuple libyen connu pour son nationalisme et son anticolonialisme laissera faire les rats de Benghazi et leurs maîtres. Rien n’est moins sûr. En tout cas, ce sont les jours et les mois à venir qui le diront.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, rats de Benghazi, OTAN, agression, impérialisme.

guerre coloniale en Libye: origines et cheminement vers le scénario irako-afghan

août 27, 2011

Guerre coloniale en Libye :
Origines et cheminement vers le scénario irako-afghan

Samedi 27 août 2011

L’initiateur de la guerre contre le régime du colonel Kadhafi, le napoléonite Sarkozy n’est pas allé par quatre chemins et il s’est littéralement trahi en disant que la guerre actuelle contre la Libye, c’est « sa » guerre à lui. Se démarquant légèrement d’un autre criminel de guerre Georges Bush qui a mené sa croisade contre le régime de Saddam Hussein au nom de la démocratie et du nettoyage de ce pays de ses armes de destruction massives, ADM, les deux nouveaux criminels de guerre français et anglais, Sarkozy et Cameron ont justifié leur agression contre par les puissances impérialistes le peuple libyen et de renverser le régime du colonel Kadhafi au nom de l’humanitarisme et de la protection des populations civiles. Il faut rappeler que l’humanitarisme impérialiste a été inventé de toutes pièces par les Etats-Unis et leurs satellites à l’époque où ils cherchaient à démanteler l’ex-Yougoslavie et à abattre le récalcitrant Slobodan Milosevic. À l’origine de la guerre coloniale contre la Libye, il y a une convergence d’intérêts bassement matériels et des arrière-pensées électoralistes et politiques entre d’une part les deux criminels de guerre français et anglais et d’autre part les frustrations d’anciens compagnons du colonel Kadhafi mus par l’appât du gain et par un esprit mercantile débridé. Mais cet opportunisme politique n’explique pas tout, car il y a bien d’autres facteurs qui ont joué comme déclencheur de la guerre coloniale en Libye.

Origines de la guerre coloniale en Libye

L’idée que la guerre coloniale en cours contre la Libye est une guerre pour le pétrole contient certes une part de vérité mais elle est trop simpliste pour expliquer et rendre compte de la réalité politique et sociale et de la complexité des facteurs qui sont en jeu. D’abord, le régime libyen n’est ni un régime socialiste ni un régime communiste et il n’y a aucune raison apparente pour l’abattre pour s’emparer des puits de pétrole. Ceux qui exploitent le pétrole libyen, ce sont les grandes compagnies pétrolières occidentales, américaines et européennes qui font leur beurre en toute liberté et l’on voit mal comment l’or noir aurait pu constituer un facteur déclenchant du conflit actuel. Il existe certainement sur le terrain une compétition exacerbée et une lutte acharnée entre chacune des compagnies pétrolières pour s’accaparer du plus gros morceau de gâteau mais elles n’ont aucun problème ni avec le colonel Kadhafi ni avec la politique économique générale du régime puisqu elles exploitent librement, comme des renards libres dans des poulaillers, les champs pétrolifères, de la transformation et l’exportation de l’or noir.

Le facteur déterminant ayant ouvert, semble-t-il, la voie à la guerre coloniale en Libye et la lutte contre le régime du colonel Kadhafi, ce sont plutôt les conséquences sociales induites par la politique d’ouverture et l’introduction dans ce pays à structures tribales et communautaristes, d’un modèle individualiste et ô combien ravageur importé de l’Occident, celui du capitalisme sauvage dont les effets, comme tout le monde sait, sont toujours les mêmes, pauvreté, chômage de masse, misère, privation, frustration, révolte etc. En introduisant le capitalisme sauvage la loi de la jungle qui le caractérise, le régime du colonel Kadhafi a creusé sa propre tombe et il a scellé son arrête de mort en sapant les fondements sociologiques et les liens politiques sur et à partir desquels il s’est développé et s’est maintenu pendant plus de quatre décennies. Cette politique d’ouverture et d’introduction d’un capitalisme sauvage en Libye initiée par le propre fils de Kadhafi, Saif El-Islam, commence après l’invasion de l’Irak par les hordes bushiennes avec à la clé, l’abandon par le régime du colonel Kadhafi de son programme nucléaire et des armes de destruction massive. D’ailleurs, le renoncement du régime libyen à son programme nucléaire est devenu un argument de choc de l’Occident impérialiste contre l’Iran sommé d’imiter l’exemple libyen en abandonnant à son tour son programme nucléaire. En 2007, le régime libyen a procédé à une politique de privatisation de grande ampleur touchant tous les secteurs vitaux de la société notamment les banques et le logement. Avant l’introduction en 2007 du capitalisme sauvage dans l’économie libyenne, le revenu par habitant était parmi le plus élevé au monde et ce pays de six millions d’habitants ne connaissait pratiquement pas de chômage. L’introduction du capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse surtout parmi les jeunes a préparé le terrain psychologique et politique pour une véritable révolte populaire durant les premiers jours des contestations mais elle a aussi crée les conditions objectives et subjectives pour l’émergence de forces centrifuges et centripètes hostiles au régime que les opportunistes de tout poil, qu’ils soient autochtones ou étrangers n’ont pas maqué de récupérer, de mobiliser et d’exploiter à leur profit en galvanisant l’énergie physique et psychique des masses contre l’ennemi commun, le colonel Kadhafi et son régime. Les « révoltes » tunisienne et égyptienne ont été une source d’inspiration et pour les deux criminels de guerre français et anglais et pour la bande d’opportunistes autochtones de Benghazi qui ont saisi le moment opportun pour prendre le train en marche en lançant leurs attaques contre le régime en place.

Vers le scénario irako-afghan

Les six mois de guerre coloniale contre la Libye ont exacerbé les rivalités et ils ont laissé de traces indélébiles entre les différentes composantes de la société libyenne et les atrocités commises ces derniers jours par les uns et par les autres présagent des jours sombres pour ce pays nord africain. Les marionnettes autochtones présentés par les stratèges de la guerre psychologique menée par l’Occident impérialiste comme des révolutionnaires ne sont en réalité qu’une bande de supplétifs utilisées et manipulées par des forces impérialistes comme il en existe lors de chaque guerre coloniale. La preuve que ces marionnettes autochtones du CNT ne représentent rien qu’eux-mêmes, c’est le projet actuellement en discussion à l’ONU par les pays envahisseurs représentés par l’OTAN visant à envoyer une force militaire et policière pour maintenir l’ordre d’abord à Tripoli et ensuite dans le reste du pays. C’et dire que ceux qui ont pris d’assaut la capitale libyenne et qui s’apprêtent à prendre la relève à Tripoli ne sont pas les marionnettes autochtones, celles que l’on voit sur la première page des journaux ou celles qui font la une des journaux mais des forces militaires terrestres et aériennes, des forces spéciales et des services des renseignements qui ont déployées dès les premiers jours du conflit.

Les pays envahisseurs de l’OTAN et leurs marionnettes autochtones veulent nous faire croire que la guerre est terminée par un vainqueur et un vaincu. Ceux qui propagent ce genre d’histoire, on comprend parfaitement leurs motivations profondes et leurs arrières pensés bassement matérielles et purement électoralistes ; ce sont à n’en pas douter, les affairistes, les opportunistes, les rapaces et les charognards de tout poil qui ont hâte de retrouver enfin la tranquillité et la paix civile qui sont deux conditions sine qua non pour commencer à faire des affaires. Mais les stigmates et les cicatrices de la guerre coloniale contre la Libye ne vont pas disparaître et elles ne vont pas se fermer de sitôt après tout ce qui s’est passé depuis six mois ; bien au contraire, les choses vont empirer encore un peu plus et les positions des forces antagonistes en présence vont se radicaliser encore un peu plus. Il ne faut pas être un grand analyste politique et un fin observateur de la politique internationale pour comprendre que la Libye est entrée désormais, comme avant elle l’Irak et l’Afghanistan, dans un cercle infernal de violence, de rivalités et de luttes sanglantes. Après la chute des Talibans en octobre 2001 suite à l’invasion de leur pays par les Etats-Unis et leurs supplétifs européens et extra européens, et après la chute du régime de Saddam Hussein en Irak en avril 2003 et surtout après la capture de ce dernier en décembre de la même année, tout le monde pensait que c’était fini et à cette époque régnait un optimisme démesuré parmi tous ceux qui pensaient qu’après chaque guerre, les choses reprennent leur cours normal. Hélas, la réalité était tout autre chose et l’on a vu rapidement émerger des mouvements de résistance dans ces deux pays ont infligé un cinglant camouflet à tous ceux qui croyaient au retour de la paix civile et à la tranquillité. Après la mort de Bin Laden, l’Amérique a crié victoire sur le terrorisme et voil^qu’hier, le bâtiment de l’ONU à Abuja, la capitale du Nigéria s’est effondré suite à un attentat suicide tuant 18 personnes.

Dans le cas de la Libye, Il n’est nullement difficile de faire le même pronostic et d’avancer quelques hypothèses. La guerre qui se déroule actuellement en Libye n’est pas encore finie, elle n’a fait que commencer. La Guerre libyenne n’est pas à proprement parler une simple guerre civile semblable à la guerre civile qui a ensanglanté le Liban de 1975 à 1990. La guerre de Libye n’est pas une révolte non plus semblable à celles qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte, ou qui sont en cours au Yémen, au Bahreïn. La guerre en Libye est au fond une guerre coloniale menée par des forces impérialistes avec l’appui des supplétifs autochtones, une guerre semblable à celles qui ont eu lieu en Irak et en Afghanistan dans la mesure où les forces ayant pris l’initiative de renverser le régime en place ne sont pas des mouvements de résistance surgissant du fon fond du pays mais des envahisseurs étrangers et des Etats ayant une longue et sanguinaire histoire colonialiste et impérialiste. C’est pourquoi, ceux qui fêtent aujourd’hui la chute du régime libyen du colonel Kadhafi et l’avènement d’une nouvelle « démocratie » vont un peu vite en besogne et ils vont très rapidement déchanter face à un remake et à une répétition générale du scénario irakien et afghan avec l’émergence des mouvements de résistance et de libération nationale appelés à lutter et contre les envahisseurs extérieurs et contre leurs marionnettes autochtones.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, guerre coloniale, OTAN, capitalisme.

TRIBULATIONS D’UN IMPERIALISME DECADENT EN LIBYE

mars 20, 2011

TRIBULATIONS D’UN IMPÉRIALISME DÉCADENT EN LIBYE

Apparemment, Muammar El-Khadaffi a la baraka, car cet homme, connu pour ses caractères étranges et ses comportements imprévisibles et donné mort voilà il y a encore quelques jours sinon physiquement du moins politiquement, n’en attendait pas tant de ce cadeau providentiel offert par Sarkozy et Cameron qui ont fait voter à la va vite au Conseil de Sécurité de l’ONU la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime libyen accusé de massacre et d’exactions contre les populations civiles notamment dans les régions de l’Est et de l’Ouest du pays, tenues par les rebelles. Il va sans dire que les raids menés par l’aviation française, britannique et américaine contre les troupes et les positions militaires des loyalistes et des partisans du colonel libyen, non seulement n’atteindront aucun de leurs objectifs fixés mais renforceront bien au contraire un régime affaibli en proie à une insurrection depuis le 17 février en donnant l’impression à l’opinion et à la rue en Libye et dans le monde arabo musulman comme une nouvelle agression impérialiste et colonialiste. Ce faisant, non seulement la popularité d’El-Kadaffi va se voir grimper en flèche en transformant du jour au lendemain un dictateur sanguinaire en héros et en libérateur, un nouveau Omar EL- Mukhtar mais les membres du Conseil provisoire formé après le début de la révolte le 17 février vont être discrédités et vont apparaître qu’on le veuille ou non comme les hommes de main des agresseurs occidentaux et comme des traîtres à la cause de leur pays.

Sarkozy et Cameron justifient leur activisme en faveur d’une intervention militaire en Libye pour des raisons humanitaires, en l’occurrence la protection des populations civiles notamment celles de Benghazi contre la vengeance du colonel El-Khadaffi qui a promis de leur faire payer cher leur rébellion et leur révolte contre son autorité. Franchement, il faut être un imbécile pour croire aux soi-disant raisons humanitaires invoquées par les promoteurs de la résolution de 1973 et par leur volonté de protéger des populations civiles désarmées. Si Sarkozy, Cameron et Clinton étaient vraiment si soucieux de la protection des populations civiles, pourquoi n’ont-ils pas montré le même zèle et la même compassion pour les victimes des régimes répressifs au Bahrein et au Yémen qui n’hésitent pas à tirer sur des manifestants désarmés et à tuer sans ménagement tous ceux qui contestent le pouvoir en place ? Tous ces responsables occidentaux qui pleurent aujourd’hui dans les chaumières et qui se lamentent sur le sort des populations civiles en Libye, sont restés dans le passé de marbre quand l’entité sioniste massacrait les populations civiles en Palestine occupée et au Liban. On se souvient encore dans la foulée de la guerre du Gaza, le même Sarkozy qui s’active pour faire voter une résolution contre la Libye, a envoyé à l’époque une frégate en Méditerranée pour participer à côté de l’Egypte et d’Israël à la soi-disant surveillance de trafics d’armes en direction du Hamas mais dont l’objectif était aussi et surtout d’asphyxier la bande de Gaza pour obliger ses habitants à se révolter contre ce dernier.

Derrière l’activisme de Sarkozy et de Cameron pour une intervention militaire en Libye, il y a évidemment les arrières-pensées politiques de l’un et de l’autre. Pour le premier, cette crise libyenne est l’occasion pour se montrer sur la scène internationale et pour faire du marketing politique dans la perspective des élections présidentielles de 2012. Car, il faut rappeler que la candidature de Sarkozy est donné battu dès le premier tour devant Marine Le Pen et même sa candidature pour les prochaines élections est contestée au sein même de son propre camp. La crise libyenne apparaît alors comme un pari, une sorte de quitte ou double pour engranger des dividendes en vue des prochaines élections présidentielles de 2012. Quant à Cameron, la crise libyenne, c’est son premier baptême de feu en essayant de montrer à son opinion publique comme ce fut le cas pour Tony Blair que la Grande Bretagne peut encore jouer dans la cour des grands. La stratégie et les objectifs visés par l’un et l’autre sont en dernier lieu la chute du régime du colonel El-Khadaffi et son remplacement par un régime plus favorable et plus ouverts aux intérêts des capitalistes français et anglais.

Enfin, pour ceux qui ont encore quelques doutes sur le sujet, la crise libyenne vient confirmer l’idée que notre monde actuel entre dans une nouvelle phase de son histoire. Nous avons pu remarquer, notamment depuis les « révolutions arabes » qui balaient le monde arabo-musulman, que l’impérialisme américain est non seulement incapable d’intervenir pour infléchir le cours des choses dans le sens de ses intérêts mais qu’il a complètement perdu pied et qu’il n’est plus le maître de la situation imposant ses propres conditions politiques et économiques. Auparavant, les Etats-Unis étaient le meneur du jeu qu’ils imposaient à tout le monde en intervenant partout, envahissant là où ils voulaient et quand ils le voulaient sans demander quoi que ce soit, surtout pas la caution de l’ONU comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003, soit pour renverser des régimes hostiles à leur hégémonie planétaire soit pour soutenir des dictatures et des félons inféodés à leurs intérêts. À présent, les choses et la donne ont changé et le fait que ce ne sont plus les Etats-Unis qui mènent la danse dans la crise libyenne mais deux pays satellites de second rang, en l’occurrence la France et la Grande Bretagne, montre une fois de plus la mort cérébrale du capitalisme et par voie de conséquence celle de son rejeton naturel, l’impérialisme.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, guerre, France, Grande Bretagne, impérialisme, capitalisme.

REFORMES AU MAROC:EFFETS D’ANNONCE ET COSMETIQUE POLITIQUE

mars 13, 2011

RÉFORMES AU MAROC :
EFFETS D’ANNONCE ET COSMÉTIQUE POLITIQUE

Pris de panique après les « révolutions » tunisienne et égyptienne et la révolte libyenne, les tyrans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord font feu tout bois pour retarder l’heure de leur déchéance en faisant du replâtrage institutionnel grâce aux conseils amicaux de leurs maîtres en Europe et aux Etats-Unis qui possèdent une longue et sacrée expérience dans ce que Alliot-Marie, l’ancienne ministre Française des Affaires poussée à la sortie pour ses relations d’affaires avec l’ancien président tunisien déchu, Ben Ali, la « gestion des foules ». Pour nous assurer que tous les tyrans du Moyen Orient et d’Afrique du Nord lisent bien le même manuel et la même table des matières, il suffit d’écouter leurs discours qui répètent tous les mêmes mots qui sont utilisés aussi bien par les rois du Maroc, de Jordanie d’Arabie Saoudite ou du Bahreïn que par le président yéménite et le président algérien. Ce qui est remarquable dans l’attitude de ces tyrans, c’est leur volte-face soudaine en devenant du jour au lendemain des « réformateurs » et des « démocrates » et en découvrant soudainement les vertus des réformes politiques et institutionnelles, alors qu’avant les révoltes des peuples arabes, personne ne les entendait parler ni de réformes ni de démocratie qui, faut-il le dire franchement, étaient et elles sont toujours le cadet de leurs soucis.

Les réformes institutionnelles du roi du Maroc sont présentées par les mass media de l’Occident capitaliste comme un remède miracle aux problèmes sociaux du peuple marocain, un événement majeur et elles inaugurent une nouvelle ère politique. Ce tapage médiatique autour des réformes du roi Mohammed VI n’est en réalité qu’une mise en scène, des effets d’annonce et de la cosmétique politique pour faire croire au peuple marocain et au-delà aux peuples arabes que quelques bricolages institutionnels et quelques replâtrages dans la sphère politique suffiraient pour résoudre leurs problèmes pressants qui sont le chômage, la misère et l’analphabétisme. La question que l’on se pose à cet effet, en quoi la modification de quelques articles dans la constitution marocaine ou le dessaisissement du roi de quelques pouvoirs insignifiants pourraient-ils contribuer à résoudre le problème de la pauvreté qui frappe plus que la moitié des marocains et celui de l’analphabétisme qui avoisine le 60% ?

Pourquoi donc tout ce tapage des mass media dans l’Occident capitaliste en général et en France et aux Etats-Unis en particulier, qui se transforment à l’occasion en simples représentants de commerce et en agents commis pour assurer le service après vente des réformes du roi du Maroc ? À cette question, il y a deux réponses possibles. La première réponse est que le Maroc représente un lieu hautement stratégique et une zone franche pour le capital transnational et pour les multinationales qui exploitent comme bon leur semble une main d’œuvre corvéable. Si ce sont les Etats-Unis et la France qui assurent le service après vente des « réformes politiques et constitutionnelles » de Mohammed VI, on s’en doute bien, c’est à cause de la présence massive d’entreprises et de multinationales américaines et françaises au Maroc. La deuxième réponse est le traumatisme subi par le monde capitaliste occidental suite aux deux « révolutions » tunisienne et égyptienne et qu’il cherche désormais désespérément à contenir la poussée révolutionnaire des peuples arabo-musulman et à éviter sa contagion à d’autres régions du pourtour méditerranéen et du golfe arabique.

Au fond, les réformes politiques et constitutionnelles du roi du Maroc sont des réformes en trompe-l’œil, des simples effets d’annonce et de la cosmétique politique concoctés par des grands cabinets américains et français spécialisés dans la communication et la manipulation psychique des masses. Les réformes politiques et constitutionnelles promises par le roi du Maroc et relayées dans l’Occident capitaliste à grands renforts médiatiques n’auront aucuns effets sur la vie quotidienne des victimes du capital et les problèmes majeurs de l’écrasante majorité du peuple marocain continuera à patauger dans la pauvreté et la misère La démocratie promise par l’Occident n’est que de la poudre aux yeux, car cette démocratie à l’occidentale n’est autre chose qu’une technique de gouvernement assez astucieuse pour cacher les mécanismes de l’exploitation capitaliste et pour faire participer les exploités et les victimes du capital, avec leur propre consentement, à la gestion de leur propre exploitation et à celle de leur propre domination politique, économique et sociale.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Maroc, réformes, capitalisme, manipulation politique

LA REVOLUTION EGYPTIENNE EST-ELLE UNE REVOLUTION?

février 14, 2011

LA RÉVOUTION ÉGYPTIENNE EST-ELLE UNE RÉVOLUTION ?

C’est le mot révolution qui est employé par les mass media pour qualifier les événements qui se sont déroulés en Egypte du 25 janvier 2011 jusqu’au 11 février mettant fin à 30 ans de règne de Hosni Moubarak. Bien qu’il soit un peu prématuré pour juger de la portée des événements que vient de vivre l’Egypte, il n’est pas inintéressant de s’appuyer sur certains éléments qui se dégagent de ce mouvement de contestation de grande ampleur, pour dresser un premier bilan provisoire, loin de tout sentimentalisme, de ce que les medias appellent la révolution égyptienne.

Avant de s’interroger sur l’avenir du mouvement social en Egypte, la première question qui revient à l’esprit est de savoir comment analyser les événements qui viennent de secouer ce pays du Moyen-Orient peuple de plus de quatre-vingts d’habitants. À bien des égards, ce qui s’est passé en Egypte pendant 18 jours ressemble par certains aspects à une révolution au sens propre et figuré du terme et elle renferme les ingrédients de base des grandes révolutions du passé, Révolution française, révolutions de 1848 ou « printemps des peuples », Révolution bolchevique de 1917, révolution chinoise, révolution cubaine etc., notamment le soulèvement du peuple contre un régime et un gouvernement rendus responsables de ses malheurs. Aujourd’hui, avec le recul historique nécessaire, il devient désormais possible d’élaborer une théorie et une sociologie des révolutions et d’établir leurs traits saillants.

La première caractéristique d’une révolution est la rareté de son occurrence, car faire une révolution est plus difficile que de découvrir un nouveau continent ou une nouvelle planète du fait de la longue durée d’incubation requise pour la maturation des conditions et l’exacerbation des contradictions de classe qui sont nécessaires à son déclenchement. S’il est difficile pour ne pas dire impossible comme pour les tremblements de terre de prévoir l’heure et le lieu exacts du déclenchement d’une révolution, il est cependant possible de détecter ses prémisses et ses signes avant-coureurs. Grâce à leurs deux outils épistémologiques et méthodologiques, le matérialisme dialectique, le matérialisme historique et notamment la loi régissant l’histoire des sociétés humaines, celle de la lutte de classe, les marxistes sont comme les sismographes bien placés pour détecter les prémisses d’une révolution. Par exemple, dans un article publié sur le site « in défense of marxism » en date du 7 avril 2008 par Jean Duval et Fred Weston sous le titre « Egyptian April 6- adress rehearsal for bigger events in the future », ces deux auteurs annoncent déjà, grâce à leur approche marxiste des événements, le soulèvement du mouvement du 25 janvier 2011 des masses égyptiennes qui allaient mettre fin à 30 ans de régime despotique.

La deuxième caractéristique d’une révolution est qu’elle est régie par de lois semblables aux lois de la physique, à la loi galiléenne de l’inertie et de la loi newtonienne de la gravitation universelle. Cela veut dire qu’une révolution est un gigantesque champ de forces d’attraction et de répulsion, un immense champ de bataille entre des forces, c’est-à-dire des classes sociales en lutte les unes contre les autres, entre d’une part une classe exploiteuse qui s’accroche désespérément à son système économique et social et aux appareils répressifs et idéologiques pour pérenniser les rapports de domination et d’exploitation et d’autre part les classes exploitées qui cherchent coûte que coûte à détruire un ordre social qui les opprime et qui les exploite.

Si l’on tente une évaluation rapide des événements qui ont secoué l’Egypte du 25 janvier 2011 au 11 février 2011, on peut dire qu’en l’espèce nous n’avons pas affaire à une révolution proprement dite mais à une situation pré-révolutionnaire, car le départ de Moubarak n’a nullement entraîné le démantèlement de son système et les acteurs et les institutions de son ancien régime sont toujours là et il n’y a rien qui prouve pour le moment et même pour un avenir très proche que la bourgeoisie compradore égyptienne et les classes moyennes dépendantes de leurs maîtres en Europe, aux Etats-Unis et en Israël soient prêtes à lâcher de sitôt le morceau. Il n’y a donc pour l’instant aucun signe tangible qui montre qu’il existe une réelle cassure au sein de la société égyptienne, entre les forces sociales du 25 janvier 2011, la bourgeoisie autochtone et l’institution militaire, dont Moubarak est issu et qui fait partie intégrante de son régime. Pour briser l’échine dorsale d’une classe dominante, il faut au préalable réduire à néant ou du moins créér de la division au sein des appareils repressifs, militaire et policier de la bourgeoisie comme ce fut le cas durant la révolution bolchevique. Comment peut-on parler de révolution en Egypte avec une institution militaire qui est toujours acquise à l’ancien régime et qui apparaît aujourd’hui comme le seul maître du pays ?

Pour juger en toute objectivité et loin de tout sentimentalisme, des événements qui viennent de se produire dans ce pays du Moyen Orient, on peut dire que l’Egypte est certes entrée dans une période pré-révolutionnaire mais et pour que l’on puisse parler franchement de révolution égyptienne au sens propre et figuré du terme, il faut bien se remémorer cette fameuse formule de Lénine, pour qui une révolution triomphe, le jour où « ceux d’en bas » ne veulent plus et « ceux d’en haut » ne peuvent plus vivre à l’ancienne manière ». Ce qui n’est nullement le cas aujourd’hui en Egypte, car les manifestants de la place Tahrir qui ont chassé Moubarak du pouvoir ne sont pas des forces politiques proprement dites rassemblant des individus mécontents qui sont d’accord pour l’instant sur un seul objectif, chasser Moubarak du pouvoir. Un mouvement révolutionnaire ne soit nullement de contenter de chasser des tyrans et des despotes du pouvoir mais proposer une alternative politique crédible susceptible de soulever les masses comme un seul homme non pas pour remplacer un régime par un autre mais abattre et déraciner un système tout entier. Or, ces forces et ces mouvements politiques susceptibles pousser un peu plus loin leurs revendications n’existent pas aujourd’hui en Egypte. Ceux qui ont chassé Moubarak du pouvoir n’ont pas de solution politique alternative à part ressasser les vieilleries importées des Etats capitalistes occidentaux(démocratie, liberté d’expression, multipartisme). Pour situer grosso modo le niveau du cycle révolutionnaire de la révolution égyptienne, on peut dire que ceux qui ont renversé le régime Moubarak n’ont même pas encore atteint le stade du kerenskisme et du menchékisme de la révolution russe. A titre de rappel historique, la révolution bolchevique a mis 12 ans pour triompher et la révolution chinoise 22 ans. C’est dire le long chemin à parcourir par les révolutionnaires égyptiens pour parachever leur œuvre et leur travail. Depuis le 11 février 2011, un cycle révolutionnaire s’est enclenché en Egypte, il s’agit maintenant de suivre assidûment la suite des événements pour observer de plus près les autres cycles de la révolution égyptienne.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, révolution.