Archive for the ‘MOYEN ORIENT’ Category

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

juillet 14, 2011

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

Le 14 juillet 2011

Depuis le 27 mars dernier, date du lancement des opérations militaires initiées par l’Occident impérialiste contre la Libye avec la couverture politique d’une marionnette arabe, le Qatar et une couverture médiatique, la chaîne arabe Al-Jazeera, le constat est sans appel, l’impérialisme occidental a été, une fois de plus, défait, vaincu et humilié. Au même moment, le complot ourdi en sous-main contre le régime syrien de Bachar Al-Assad, par les mêmes forces impérialistes a également été mis en échec grâce au bourbier libyen d’une part et au soutien de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais d’autre part.

L’impérialisme occidental n’avait aucunement prévu les événements du Moyen-Orient et encore moins la chute de leurs hommes de main, Ben Ali en Tunisie et Hosni Mubarak en Egypte dont les régimes étaient là naturellement pour servir, sauvegarder et gérer en bon père de famille les intérêts économiques, politiques et géostratégiques du capital transnational dans cette région du monde riche en ressources naturelles. La révolte libyenne qui avait été à l’origine l’expression d’un réel mécontentement populaire contre le régime de Moammar El-Kadaffi a été déviée de son objectif initial et exploitée par une bande d’opportunistes et d’arrivistes à la solde de la CIA, de l’impérialisme occidental et des forces réactionnaires arabes qui, sous prétexte de protection des populations civiles, voulaient intervenir dans les cours des événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord dans un but bien précis : étouffer dans l’oeuf toute velléité de libération et d’émancipation des peuples arabes et prévenir tout changement dans les rapports de pouvoir et de classe dans cette région du monde. Il suffit d’observer de plus près les réactions et les stratégies politiques des monarchies moyenâgeuses du Golfe face aux révoltes des peuples arabes pour se rendre à quel point les révoltes des peuples arabes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, au Bahreïn avaient poussé ces forces réactionnaires et contre-révolutionnaires pour réagir afin de maintenir le statu quo au MOAN(Moyen-Orient et Afrique du Nord)

Il va sans dire que l’intervention militaire en Libye, les machinations et le complot contre le régime syrien font partie d’un même plan global mis au point par les impérialistes occidentaux avec l’aide de leurs marionnettes autochtones, les monarchies réactionnaires du Golfe, visant d’abord au renversement de ces deux régimes et ensuite leur remplacement par des gouvernements fantoches qui viendront grossir les rangs des forces réactionnaires dans le monde arabo-musulman. Mais la tournure prise par les événements en Libye et en Syrie montre manifestement l’échec des stratégies et des plans des forces impérialistes occidentales et de leurs satellites autochtones, les monarchies moyenâgeuses et réactionnaires du Golfe. En effet, aujourd’hui, plus de trois mois après le début de l’intervention militaire en Libye, les forces impérialistes et leur fer de lance, l’OTAN, aidé sur le terrain par leurs marionnettes que la propagande politique capitaliste appellent les révolutionnaires, se révèlent incapables de réaliser la moindre avancée ni sur le terrain militaire ni sur le terrain politique. À présent, la coalition militaire occidentale se trouve dans la nasse grâce, selon les propres aveux d’Alain Jupé, à la résistance inattendue du régime libyen. Après plus de trois mois de bombardements et de pressions politiques et judiciaires, El Kadhafi et son régime sont toujours là, inflexibles, et tout indique qu’ils ne sont pas prêts à se rendre et à se soumettre au diktat des va-t-en-guerre et des « napoléonites ». Objectivement, ce sont au contraire les agresseurs impérialistes qui sont découragés et démoralisés à juger par le retrait de la Norvège de la coalition à partir du mois d’août et l’appel de l’Italie à une solution politique. Non seulement, l’agression occidentale contre la Libye n’a pas atteint ses objectifs politiques et militaires, elle a coûté des millions d’euros aux contribuables des pays participant à la coalition militaire. Il faut rappeler que l’aventure militaire française a coûté jusqu’ici au contribuable la maudite somme de 160 millions d’euros et 290 millions d’euros au contribuable anglais alors que ces deux pays n’hésitent pas à imposer à leurs peuples respectifs des politiques d’austérité draconiennes.

On peut dire la même chose de la Syrie de Bachar Al-Assad. En effet, malgré toutes les pressions régionales et internationales dont il est l’objet quotidiennement et malgré le soutien politique, financier et logistique apporté par l’impérialisme occidental et les monarchies réactionnaires du Golfe à une opposition syrienne fabriquée de toutes pièces, le régime syrien a résisté et résiste toujours et le scénario d’un imminent changement politique dans ce pays semble, du moins dans l’état actuel des choses, de plus en plus improbable. Aujourd’hui, le plan de déstabilisation de la Syrie avec à terme un changement de régime se trouve contrarié à cause du refus de la Russie et de la Chine de porter le dossier syrien devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, Syrie, impérialisme occidental, guerre, Moyen-Orient, Afrique

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LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPERIALISME DANS LE MONDE ARABE

février 22, 2011

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPÉRIALISME DANS LE MONDE ARABE

Désormais, il n’est plus possible d’écrire un article sur les événements dans le monde arabe sans penser à toutes les victimes de répression qui sont tombés hier en Tunisie, en Egypte et qui tombent aujourd’hui par centaines en Libye, et sûrement celles qui tomberont demain au Yémen, au Bahreïn, au Maroc, en Algérie etc. Ce n’est pas encore fini car les révoltes héroïques des peuples arabes qui éclatent un peu partout contre leurs gouvernements fantoches, produit du colonialisme et de l’impérialisme, ne sont plus une question de jours mais une question d’heures. Avec la répression féroce dont le peuple libyen est aujourd’hui la victime, on pensait que les atrocités et l’utilisation d’armes chimiques prohibées par la Convention de Genève contre les populations civiles palestiniennes et libanaises étaient une spécialité israélienne et sioniste. Et bien non, le bombardement des tripolitains par l’aviation et le recours à des mercenaires africains pour réprimer sauvagement la révolte du peuple libyen, au vu des images présentées par la chaîne arabe Aljazeera, montrent si besoin est que Sharon, Olmert, Ben Ali et Moubarak sont des apprentis sanguinaires à côté de Muammar Kadhafi.

Revenons à présent à une analyse sommaire des événements qui secouent le monde arabe en commençant d’abord par un scénario. Imaginons un seul instant que les milliers de morts et de blessés tunisiens, égyptiens, libyens, yéménites, bahreïnis, marocains etc soient des victimes chinoises, cubaines ou nord coréennes. Dans ce cas là, nous aurions bien évidemment assisté à une véritable hystérie médiatico-politique dans les pays capitalistes et à un matraquage continu 24H sur 24H sur la répression des régimes communistes, comme ce fut le cas jadis lors du coup d’état de Jaruzelski en Pologne en décembre 1980 ou de Tienanmen en Chine en juin 1989, l’invention des charniers fictifs à Timisoara avant la chute du régime communiste. On se rappelle encore que, pour liquider le régime communiste roumain, les pays impérialistes inventent de toutes pièces les charniers de Timisoara et donnent des interprétations tendancieuses du massacre de Katyn durant la Seconde guerre mondiale. On se souvient aussi que pour démanteler l’ex-Yougoslavie, la propagande politique capitaliste orchestrée par les Etats-Unis et leurs satellites européens invente des massacres et des génocides de populations civiles par les méchants serbes et par le méchant Milosevic. En revanche, nous assistons aujourd’hui à un phénomène inverse et à un retour du balancier, où ce sont des régimes alliés des Etats-Unis et de l’Europe qui sont en proie à des contestations populaires et qui sont en train de tomber comme les pièces de domino les uns après les autres. À leurs alliés dictateurs dans le monde arabe, les Etats-Unis et leurs satellites européens demandent seulement un « usage modéré » de la force et de la violence policière et armée. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe disent à leurs pions les dictateurs du Moyen-Orient de tuer petit à petit, disons par paquet de 10 personnes au lieu de cinquante ou de cent personnes à la fois, pour ne pas créer un choc au sein des opinions publiques internationales. Pour traiter les révoltes dans le monde arabe, les mass media capitalistes en Europe et aux Etats-Unis pratiquent la politique de l’esquive et de la désinformation en occultant le soutien inconditionnel militaire et politique de leurs pays à leurs créatures moyen orientales et en maquillant la nature et la portée des révoltes comme si c’étaient des mouvements de contestation pour l’instauration et l’imitation servile d’une parodie de démocratie capitaliste. Les peuples arabes en révolte contre leurs régimes répressifs veulent-ils réellement des constitutions, des partis politiques et des journaux ou plutôt du pain et du travail ? Si l’on essaie de dresser une photographie des mouvements de révolte contre les régimes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Libye et demain en Jordanie et au Maroc, on s’aperçoit vite que la démocratie à l’occidentale est le cadet des soucis des manifestants et des révoltés qui sont en réalité des exploités, des spoliés vivant avec moins d’un dollar par jour et victimes d’un système et d’un mode de production, synonyme de misère et de pauvreté, le capitalisme.

Quand les mass media et les classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis interprètent à leur manière les mouvements de révolte dans le monde arabe, il faut traduire en ces termes, impérialisme agonisant dans le centre cherche désespérément de nouveaux pions pour remplacer ceux qui ont été chassés par leurs peuples avec pour mission: continuer le travail des dictateurs déchus mais sous d’autres formes.

Le vent de révolte qui souffle aujourd’hui au Moyen-Orient et en Afrique du Nord constitue à bien des égards un tournant non seulement dans l’histoire de cette région du monde mais dans l’histoire de l’humanité tout entière. C’est en effet la fin d’un cycle et le début d’un autre, la fin d’un système qui agonise et qui meurt lentement de sa mort naturelle et le début d’une nouvelle période marquée par des incertitudes et des convulsons. Ceux qui sont allés un peu vite en besogne en annonçant la fin du monde et de l’histoire avec la fin de la « guerre froide » et la dislocation du bloc communiste en ont pour leurs frais, car, ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient, ce sont d’une part les symptômes pathologiques de l’agonie et de la mort du capitalisme et la déconfiture du système impérialiste et d’autre part le début d’une nouvelle ère historique inaugurée par les luttes des peuples arabes, n’en déplaise au néocon Bernard Lewis, qui sont les véritables fossoyeurs d’un système qui domine le monde depuis plus de cinq siècles, depuis la découverte par Colomb de l’Amérique en 1492. Pour terminer cet article, nous voudrions reproduire cette prophétie de l’historien marxiste Immanuel Wallerstein qui écrit ceci « Fukuyama nous dit que la fin de la guerre froide, c’est la fin de l’histoire. Bien au contraire ! Les conflits profonds ne font que commencer. Les cinquante ans qui viennent seront la période d’une transformation profonde du système-monde dans lequel nous nous trouvons et autour de laquelle il y aura une lutte assidue, sans doute féroce, et d’une issue incertaine. La chute des régimes communistes ne marquait pas le triomphe du libéralisme mondial mais plutôt l’annonce de sa déchéance définitive » dans « l’histoire continue », éditions l’aube, 2005, première édition 1999.p.7.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : monde arabe, révoltes, révolution, capitalisme, impérialisme