Islamophobie et fascisme européen du 21 ème siècle

juillet 26, 2011

L’islamophobie et le fascisme européen du 21ème siècle

Le criminel norvégien Andeers Behring Breivik qui a massacré de sang froid selon les dernières estimations 76 personnes à Oslo et sur l’ile de Utoya où se tenait une réunion du mouvement de la jeunesse du parti travailliste, Arbeidaranes Ungdomsfylking, AUB, dirigé par Eskil Pedersen, ardent défenseur du boycott d’Israël notamment au niveau de la coopération universitaire et académique, est décrit par un porte-parole de la police comme un fou et un déséquilibré mental. Selon les premières déclarations du tueur fou, son geste meurtrier visait à « changer la société norvégienne ». En effet, le carnage perpétré par Anders Behring Breiivik montre une fois de plus que l’analyse des comportements des individus appartenant aux groupuscules et partis d’extrême droite relève davantage de la psychiatrie et des maladies mentales que du domaine de l’idéologie et de la politologie. Cependant, bien que le cas des millions d’électeurs qui légitiment par leur bulletin de vote un système qui les oppriment reste toujours du domaine de la psychiatrie et des maladies mentales, ces électeurs-là sont plutôt atteints d’un autre maladie, celle de l’intoxication mentale et du viol psychique provoqués par les produits toxiques répandus par la propagande politique lors des kermesses électorales organisées à intervalles réguliers dans les « démocraties parlementaires ».

Par Son geste criminel, le tueur fou norvégien, Anders Behring Brevik, va sans doute faire des émules en Europe et chez les yankees et il va sûrement entrer dans l’histoire comme un « héros » et comme un « patriote » dans le panthéon des « grands hommes », comme ardent défenseur de « l’Europe judéo-chrétienne » et « l’Europe blanche » aryenne, de Hitler à Jean Paul II, en passant par leurs comparses, et par tous ces illuminés, les Opus Dei, les néo nazis, les nostalgiques de la Gross deutsche Reich über alles, les sionistes, les partis d’extrême droite en Europe notamment dans l’Europe de l’Est etc. En gros, le tireur fou norvégien a apporté sa contribution au combat apocalyptique et millénariste comme le firent jadis ses ancêtres les Croisés, et comme le font aujourd’hui ses émules et tous ces zélotes qui luttent pour redonner à l’Europe son statut originel, c’est-à-dire une Europe blanche comme neige, « purifiée » et « nettoyée » de ses vils envahisseurs mahométans, ces basanés et ces métèques qui l’ont déjà « colonisée » et « occupée » et qui l’ont « souillée » et « infectée », par leurs impuretés sanguines.

Cela étant dit, il faudra dépasser le seul geste meurtrier de l’islamophobe norvégien pour essayer de comprendre les conditions d’émergence et de développement de l’islamophobie dans nos sociétés actuelles. L’abondante littérature consacrée à l’islamophobie pèche, nous emble-t-il, par empirisme stérile à bien des égards, car , au lieu d’expliquer le pourquoi du phénomène, se contente de le décrire sans apporter véritablement des réponses convaincantes et sans donner réellement les vraies clés de sa compréhension. Parmi les carences dont souffre la plupart des analyses et des études sur l’islamophobie, nous en citons deux : promo l’absence de contextualisation et second, la focalisation quasi maladive sur la rhétorique et les invectives islamophobes des partis et des groupuscules d’extrême droite.

D’abord, l’absence de contextualisation se manifeste par l’ignorance totale des conditions spécifiques d’émergence et de développement de l’islamophobie dans le sens où l’islamophobie n’est pas un phénomène ex nihilo né du jour au lendemain sous un ciel étoilé. Ceux qui traitent de cette question font donc l’impasse du contexte et des conditions objectives et subjectives qui ont donné naissance au phénomène de l’islamophobie. Ils n’essayent pas non plus à aucun moment de leur raisonnement à replacer l’islamophobie dans le cadre d’un système social, politique, économique et idéologique, le capitalisme et d’une conjoncture, la crise du capitalisme et ses conséquences sur l’hégémonie idéologique des classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis. Pour dire les choses autrement, l’islamophobie est intrinsèquement et consubstantiellement liée à l’avènement du fascisme européen du XXIème siècle et à la fascisation des différents rouages de l’Etat et de la société. Si l’on perd de vue ce cadre et ce contexte, l’islamophobie devient un phénomène incompréhensible car son émpergence déoucle appelle comme par le passé, de l’avènement des régimes d’exception avec toutes les modifications politiques, institutionnelles et idéologiques qui en découlent. L’islamophobie apparaît à bien des égards comme à la fois l’expression de la crise de l’idéologie dominante héritée du siècle des Lumières et fondée sur le sécularisation et la laïcité de l’État et sur les valeurs universelles, telles l’universalité de la raison, de l’égalité et de la liberté d’une part et comme l’effet induit par la crise de cette même idéologie, d’autre part.

Ensuite, la focalisation quasi maladive sur le discours et la rhétorique islamophobes des groupuscules et des partis d’extrême droite est une manière bien commode pour les classes dominantes pour occulter les vrais enjeux politico-idéologiques et les vrais centres névralgiques de diffusion et de propagation de l’islamophobie sous sa double forme silencieuse et déclarée. En réalité, malgré les apparences trompeuses, ceux qui contribuent efficacement à la propagation et à la diffusion de l’islamophobie en Europe et aux États-Unis, ce ne sont pas les partis et les groupuscules d’extrême droite, mais tout simplement les partis dits de gouvernement, c’est-à-dire le parti unique à deux têtes, traduisons les partis de droite et les partis de gauche non communistes, qui gouvernement et qui alternent au pouvoir en Europe et aux États-Unis qui, grâce à leur mainmise totale sur les mass media et sur les hauts lieux de la production intellectuelle, propagaent et répandent à dose homéopathique et à différents niveaux de la société la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Par leurs législations sur le voile, la burqa et par leurs référendums à répétition sur la construction des mosquées, les partis et les gouvernements européens n’ont qu’un seul but, la manipulation des opinions publiques, comme à la fois un thème de mobilisation politique et électorale et comme l’antidote et un redoutable dérivatif à la lutte des classes. Pour être clair sur ce point, c’est la propagande islamophobe et le matraquage systématique des paris et des gouvernements en Europe et aux Etats-Unis autour des thèmes de l’immigration , de l’Islam et des musulmans qui ont engendré par ricochet et par voie de conséquence les groupuscules et les partis d’extrême droite un peu partout en Europe et non l’inverse.

Sans l’islamophobie silencieuse des classes dominantes des pays capitalistes et leurs déclarations tonitruantes sur les soi-disant racine judéo-chrétiennes de l’Occident, sur « l’invasion des immigrés » du napoléonite Sarkozy et sur l’échec du multiculturalisme(Cameron, Merkel, John Howard etc), sans leurs législations bidonnées pour le besoin de la cause qui puent la xénophobie et l’islamophobie, le tapage médiatique sur les immigrés et leur prétendue « boulimie » pour les allocations familiales, sans les sondages bidonnés sur les « peurs » des « souchistes » vis-à-vis des « envahisseurs non-souchistes », sans toute cette littérature immonde qui donnent de la nausée des Thilo Sarrazin et ses comparses diffusés à grand renforts, sans les référendums orchestrés sur les mosquées, nous n’aurions jamais entendu parler à coup sûr ni d’immigrés ni de musulmans ni de tous ceux qui en font leur fonds de commerce politique, les le Pen père et fille, les Jorg Heider, les Geert Wilders, les Vlaams Blok, les Pia Kjaersgaard, les Jobikk etc.

Ce qui nous fait dire que le fascisme européen du XXIème siècle n’est pas une vue de l’esprit, mais dont les fondements ont été mis en place depuis les années 1980, ce sont en effet les éléments de comparaison entre le fascisme d’aujourd’hui et celui des années vingt et trente du XXème siècle, mais à deux différences près, 1) le fascisme européen du XXIème n’est plus confiné dans un, deux ou trois pays mais c’est tout le continent européen qui est devenu fasciste et 2°, l’ennemi et le bouc émissaire désigné à la vindicte populaire qui étaient jadis le juif deviennent sous le fascisme européen du XXIème siècle, les 16 millions de mahométans.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : islamophobie, fascisme, Europe,

Publicités

Crise grecque: sauver la Grèce ou gagner du temps ?

juillet 22, 2011

Dette grecque :
Sauver la Grèce ou gagner du temps ?

Les fidèles serviteurs du grand capital réunis hier soir à Bruxelles pour aider la Grèce pavoisent et exultent et pavoisent; ça y est, tout va bien Madame la Marquise. On l’a compris, après cet accord « historique » selon les termes de Barroso, le grand capital n’a pas tardé à réagir à juger par la hausse des bourses européennes, asiatiques et américaines. Mais la question qui mérite d’être posée, pourquoi ce soudain optimisme de la météo du capital et pourquoi cette euphorie des bourses et des marchés financiers en Europe, en Asie et aux États-Unis? Cet optimisme est-il dû à l’avenir radieux promis à l’économie et au peuple grecs qui se trouvent au fond du trou depuis plus de deux ans ou est-il plutôt lié à l’assurance donnée une fois de plus par les États aux grandes banques, notamment françaises et allemandes, qui ont prêté des sommes astronomiques à la Grèce?

Personne n’est dupe, les milliards octroyés à la Grèce ne sauveront jamais ce pays d’une faillite annoncée à terme, bien au contraire, ce deuxième plan avec de nouvelles dettes vont enfoncer ce pays encore un peu plus à cause des anciens et des futurs plans d’austérité par les bailleurs de fonds et qui seront de nature à aggraver le mal au lieu d’y remédier. Le plan d’austérité promis par le gouvernement socialiste de Georges Papandréou va carrément plomber toute velléité de croissance entraînant du coup une aggravation et du déficit public et de la dette. Il ne faut pas être un économiste chevronné pour savoir que l’injection de liquidités est une solution de facilité et le cas argentin est éloquent à cet égard. Injecter de liquidités dans l’économie d’un pays n’a jamais quoi que ce soit et encore moins le problème des dettes, car on ne soigne pas une économie malade avec des médicaments et inadaptés qui font plus de mal que de bien et une crise structurelle chronique ne saurait être surmontée par des mesures palliatives, occasionnelles et passagères. En réalité, les milliards octroyés par l’Union Européenne et le FMI, c’est tout simplement un cadeau empoisonné, car l’accumulation des dettes va pousser les prêteurs à augmenter leur taux d’intérêt entraînant du coup une augmentation mécanique des charges de la dette. À cela s’ajoutent les réserves et les a priori déjà formés des agences des notations des agences de crédit et le manque de confiance des investisseurs institutionnels comme les compagnies d’assurance et les fonds de pension.

Loin de résoudre le problème de la dette souveraine de la Grèce, l’accord de Bruxelles va rendre la vie encore plus dure au peuple et aux travailleurs grecs qui ont déjà subi un premier plan d’austérité et qui s’apprêtent à en subir les effets désastreux d’un deuxième avec à la clé une réduction dramatique de leur niveau de vie. Le plan d’austérité préparé par le gouvernement Papandréou pour obtenir les fonds promis par l’Europe et le FMI va frapper encore plus durement non seulement tous les Grecs sans exception avec l’augmentation de la TVA mais aussi les petites et les moyennes entreprises qui contribuent pour une grande part au PIB du pays, mais aussi les retraités et les jeunes contraints à l’émigration à la recherche du travail dans d’autres régions du monde et qui vont devenir comme la jeunesse espagnole, une jeunesse sans avenir. Contrairement aux sirènes de la propagande capitaliste, les travailleurs grecs ne sont pas trop payés et ils sont plus « paresseux » que les autres travailleurs européens puisqu’un travailleur grec a travaillé en moyenne en 2009 2161 heures par an contre 1382 heures en Allemagne et la productivité du travailleur grec par heure de travail a augmenté de 26,3% contre 11,6% en Allemagne.

Aujourd’hui, ce n’est pas l’économie grecque qui est en crise, mais toutes les économies de la zone euro et bien au-delà de l’Europe, puisque les Etats-Unis se trouvent depuis le mois de mai en cessation de paiement après avoir atteint le plafond de sa dette de 14,3 milliards de dollars et le débat fait actuellement rage entre le parti unique à deux têtes, Républicains et démocrates pour éviter purement et simplement la faillite du gouvernement américain dont la datte est fixée pour le 2 août. Cette crise est au fond moins une crise d’argent et de liquidités qu’une crise de croissance et de reproduction élargie du système capitaliste. Ceux qui ont crié victoire un peu vite à Bruxelles après l’accord sur un deuxième plan d’aide à la Grèce savent que la crise qui frappe cette dernière n’est seulement une crise spécifique à un seul pays ou à un ensemble de pays de la zone euro mais une crise structurelle et généralisée frappant toutes les économies capitalistes. Même avec tous ces milliards, les résultats sont plus qu’hypothétiques, car, d’après des analyses et des projections futuristes, si un miracle il y a, « le miracle grec » ne produira ses effets que dans sept ou dans dix ans, mais d’ici là, on peut se demander si le peuple travailleur de ce pays va avoir de la patience pour s’échiner et de se courber devant les pilleurs et non pas les bailleurs de fonds de son pays.

L’accord de Bruxelles sur la Grèce n’est pas vraiment destiné à sauver la Grèce d’une faillite annoncée ou à désamorcer une crise passagère et conjoncturelle mais à empêcher en réalité la déconfiture pure et simple de la zone euro. Car il faut savoir que la déconfiture de la zone euro va produire un séisme d’une magnitude jamais égalée entraînant l’effondrement du système bancaire à cause de la perte de confiance entre les banquiers eux-mêmes qui refuseront de se prêter l’argent l’un à l’autre. Cette annonce tapageuse autour de l’accord de Bruxelles sur la dette grecque vise en réalité à conjurer la peur non seulement de la faillite de la Grèce et de la zone euro mais même encore au-delà, la dislocation de l’Union Européenne. Il est notoirement connu que l’injection des liquidités dans les circuits économiques est une solution de facilité qui, n’en déplaise aux thuriféraires du Keynésianisme, n’est autre chose qu’un ersatz; l’injection des liquidités vise tout simplement à gagner du temps et ce n’est pas en gagnant du temps que l’on résoudra les crises.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Grèce, dette, Europe, crise, économie.

Le referendum bidion du roi du Maroc

juillet 15, 2011

Le referendum bidon du roi du Maroc

le 15 juillet 2011

Selon la campagne de propagande politique orchestrée par les États capitalistes en Europe et aux Etats-Unis, les Marocains ont soi-disant « massivement » voté pour les nouvelles réformes constitutionnelles proposées début mars par le roi du Maroc, Mohammed VI. Ce dernier, observant avec inquiétude le sort réservé à Ben Ali en Tunisie, à Moubarak en Egypte, devient du jour au lendemain en « réformateur » et en ardent partisan de la démocratie en annonçant à grands renforts médiatiques l’octroi d’une « nouvelle « constitution à son peuple. Sans aucun doute, ces réformes constitutionnelles ont-elles été annoncées non pas par conviction personnelle du « roi des peuples » et du « guide des fidèles » qu’est le roi Mohamed VI mais sous la double pression des révoltes arabes d’une part et du capital transnational au Maroc qui a mis en coupe réglée et le peuple marocain et son État nabot d’autre part.

Dans le référendum du 1er juillet, on nous dit que le peuple souverain marocain a voté à 98,5% pour les réformes constitutionnelles proposées par le roi Mohamed VI. Comme on pouvait s’en douter, aussitôt les résultats du référendum connus, les pays capitalistes occidentaux, notamment la France et les États Unis dont les multinationales contrôlent les secteurs économiques vitaux du pays, ont salué la victoire du oui et ils ont prédit l’avènement d’une « ère nouvelle » au Maroc sous la direction du « roi des pauvres » et le « guide des Croyants ». Curieusement, ce chiffre de 98,5% qui fait rêver tous les dictateurs de la planète, était réservé jadis par les « démocraties » capitalistes aux « dictatures » communistes et aux régimes à parti unique qui hurlaient soit aux résultats truqués soit à l’absence de multipartisme. Il faut rappeler au passage que les « démocraties » occidentales considéraient Ben et Hosni Moubarak étaient des grands démocrates puisqu’ils étaient élus à plus 95% des voix alors que le président biélorusse élu à environ 60% est devenu le dernier « despote » en Europe.

Les pays capitalistes qui ont crié un peu vite à l’avènement de la démocratie suite aux résultats du référendum du 1er juillet n’ont pas dit un mot sur les conditions de son déroulement notamment les fraudes massives commises par les autorités et la propagande gouvernementale qui a mené une campagne d’intoxication et de matraquage pour inciter les Marocains à voter oui pour la « nouvelle » constitution. La propagande capitaliste occidentale n’a pas parlé des 60% d’analphabètes marocains qui savent ni lire ni écrire et l’on voit mal comment ils peuvent lire ce qui figure sur le bulletin de vote. Non seulement les 60% d’analphabètes marocains ne savent ni mire ni écrire mais ils ne savent même pas ce qui signifie le mot constitution. Il y a fort à parier que 98% des marocains n’ont jamais entendu parler de constitution. La propagande capitaliste occidentale n’a pas parlé de ces millions de marocains qui ont reçu plusieurs bulletins en même temps, c’est-à-dire qu’un seul électeur a voté plusieurs fois ni de ceux qui n’en ont reçu aucun. Pour ceux qui savent à peine lire et écrire, les autorités leur ont réservé des supports de propagande assez astucieux comme les prospectus et les gadgets publicitaires sur lesquels est écrit le mot oui.

La propagande capitaliste occidentale a omis de parler de l’autorité ayant supervisé et contrôlé le déroulement du référendum, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur qui peut exercer des pressions psychologiques et physiques sur les électeurs, qui peut influencer le choix des électeurs et qui peut manipuler les chiffres comme bon lui semble. Le dernier élément qui laisse pantois plus d’un et qui nous fait dire que le référendum au Maroc, c’est du bidon et qu’il a été bidonné par les pays capitalistes occidentaux pour améliorer l’image de leur marionnette autochtone, le roi Mohamed VI, est le taux pharamineux de participation au référendum qui s’élève au 1er juillet 2011 à plus de 75% alors que celui des élections législatives de 2007, atteignait difficilement le 35%. Personne ne peut croire à cette farce électorale, car il est difficilement concevable que la conscience politique ait fait un bond de 40% chez les marocains entre 2007 et 2011.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Maroc, référendum, réformes, constitution.

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

juillet 14, 2011

Défaite de l’impérialisme occidental en Libye et en Syrie

Le 14 juillet 2011

Depuis le 27 mars dernier, date du lancement des opérations militaires initiées par l’Occident impérialiste contre la Libye avec la couverture politique d’une marionnette arabe, le Qatar et une couverture médiatique, la chaîne arabe Al-Jazeera, le constat est sans appel, l’impérialisme occidental a été, une fois de plus, défait, vaincu et humilié. Au même moment, le complot ourdi en sous-main contre le régime syrien de Bachar Al-Assad, par les mêmes forces impérialistes a également été mis en échec grâce au bourbier libyen d’une part et au soutien de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais d’autre part.

L’impérialisme occidental n’avait aucunement prévu les événements du Moyen-Orient et encore moins la chute de leurs hommes de main, Ben Ali en Tunisie et Hosni Mubarak en Egypte dont les régimes étaient là naturellement pour servir, sauvegarder et gérer en bon père de famille les intérêts économiques, politiques et géostratégiques du capital transnational dans cette région du monde riche en ressources naturelles. La révolte libyenne qui avait été à l’origine l’expression d’un réel mécontentement populaire contre le régime de Moammar El-Kadaffi a été déviée de son objectif initial et exploitée par une bande d’opportunistes et d’arrivistes à la solde de la CIA, de l’impérialisme occidental et des forces réactionnaires arabes qui, sous prétexte de protection des populations civiles, voulaient intervenir dans les cours des événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord dans un but bien précis : étouffer dans l’oeuf toute velléité de libération et d’émancipation des peuples arabes et prévenir tout changement dans les rapports de pouvoir et de classe dans cette région du monde. Il suffit d’observer de plus près les réactions et les stratégies politiques des monarchies moyenâgeuses du Golfe face aux révoltes des peuples arabes pour se rendre à quel point les révoltes des peuples arabes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, au Bahreïn avaient poussé ces forces réactionnaires et contre-révolutionnaires pour réagir afin de maintenir le statu quo au MOAN(Moyen-Orient et Afrique du Nord)

Il va sans dire que l’intervention militaire en Libye, les machinations et le complot contre le régime syrien font partie d’un même plan global mis au point par les impérialistes occidentaux avec l’aide de leurs marionnettes autochtones, les monarchies réactionnaires du Golfe, visant d’abord au renversement de ces deux régimes et ensuite leur remplacement par des gouvernements fantoches qui viendront grossir les rangs des forces réactionnaires dans le monde arabo-musulman. Mais la tournure prise par les événements en Libye et en Syrie montre manifestement l’échec des stratégies et des plans des forces impérialistes occidentales et de leurs satellites autochtones, les monarchies moyenâgeuses et réactionnaires du Golfe. En effet, aujourd’hui, plus de trois mois après le début de l’intervention militaire en Libye, les forces impérialistes et leur fer de lance, l’OTAN, aidé sur le terrain par leurs marionnettes que la propagande politique capitaliste appellent les révolutionnaires, se révèlent incapables de réaliser la moindre avancée ni sur le terrain militaire ni sur le terrain politique. À présent, la coalition militaire occidentale se trouve dans la nasse grâce, selon les propres aveux d’Alain Jupé, à la résistance inattendue du régime libyen. Après plus de trois mois de bombardements et de pressions politiques et judiciaires, El Kadhafi et son régime sont toujours là, inflexibles, et tout indique qu’ils ne sont pas prêts à se rendre et à se soumettre au diktat des va-t-en-guerre et des « napoléonites ». Objectivement, ce sont au contraire les agresseurs impérialistes qui sont découragés et démoralisés à juger par le retrait de la Norvège de la coalition à partir du mois d’août et l’appel de l’Italie à une solution politique. Non seulement, l’agression occidentale contre la Libye n’a pas atteint ses objectifs politiques et militaires, elle a coûté des millions d’euros aux contribuables des pays participant à la coalition militaire. Il faut rappeler que l’aventure militaire française a coûté jusqu’ici au contribuable la maudite somme de 160 millions d’euros et 290 millions d’euros au contribuable anglais alors que ces deux pays n’hésitent pas à imposer à leurs peuples respectifs des politiques d’austérité draconiennes.

On peut dire la même chose de la Syrie de Bachar Al-Assad. En effet, malgré toutes les pressions régionales et internationales dont il est l’objet quotidiennement et malgré le soutien politique, financier et logistique apporté par l’impérialisme occidental et les monarchies réactionnaires du Golfe à une opposition syrienne fabriquée de toutes pièces, le régime syrien a résisté et résiste toujours et le scénario d’un imminent changement politique dans ce pays semble, du moins dans l’état actuel des choses, de plus en plus improbable. Aujourd’hui, le plan de déstabilisation de la Syrie avec à terme un changement de régime se trouve contrarié à cause du refus de la Russie et de la Chine de porter le dossier syrien devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, Syrie, impérialisme occidental, guerre, Moyen-Orient, Afrique

TRIBULATIONS D’UN IMPERIALISME DECADENT EN LIBYE

mars 20, 2011

TRIBULATIONS D’UN IMPÉRIALISME DÉCADENT EN LIBYE

Apparemment, Muammar El-Khadaffi a la baraka, car cet homme, connu pour ses caractères étranges et ses comportements imprévisibles et donné mort voilà il y a encore quelques jours sinon physiquement du moins politiquement, n’en attendait pas tant de ce cadeau providentiel offert par Sarkozy et Cameron qui ont fait voter à la va vite au Conseil de Sécurité de l’ONU la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime libyen accusé de massacre et d’exactions contre les populations civiles notamment dans les régions de l’Est et de l’Ouest du pays, tenues par les rebelles. Il va sans dire que les raids menés par l’aviation française, britannique et américaine contre les troupes et les positions militaires des loyalistes et des partisans du colonel libyen, non seulement n’atteindront aucun de leurs objectifs fixés mais renforceront bien au contraire un régime affaibli en proie à une insurrection depuis le 17 février en donnant l’impression à l’opinion et à la rue en Libye et dans le monde arabo musulman comme une nouvelle agression impérialiste et colonialiste. Ce faisant, non seulement la popularité d’El-Kadaffi va se voir grimper en flèche en transformant du jour au lendemain un dictateur sanguinaire en héros et en libérateur, un nouveau Omar EL- Mukhtar mais les membres du Conseil provisoire formé après le début de la révolte le 17 février vont être discrédités et vont apparaître qu’on le veuille ou non comme les hommes de main des agresseurs occidentaux et comme des traîtres à la cause de leur pays.

Sarkozy et Cameron justifient leur activisme en faveur d’une intervention militaire en Libye pour des raisons humanitaires, en l’occurrence la protection des populations civiles notamment celles de Benghazi contre la vengeance du colonel El-Khadaffi qui a promis de leur faire payer cher leur rébellion et leur révolte contre son autorité. Franchement, il faut être un imbécile pour croire aux soi-disant raisons humanitaires invoquées par les promoteurs de la résolution de 1973 et par leur volonté de protéger des populations civiles désarmées. Si Sarkozy, Cameron et Clinton étaient vraiment si soucieux de la protection des populations civiles, pourquoi n’ont-ils pas montré le même zèle et la même compassion pour les victimes des régimes répressifs au Bahrein et au Yémen qui n’hésitent pas à tirer sur des manifestants désarmés et à tuer sans ménagement tous ceux qui contestent le pouvoir en place ? Tous ces responsables occidentaux qui pleurent aujourd’hui dans les chaumières et qui se lamentent sur le sort des populations civiles en Libye, sont restés dans le passé de marbre quand l’entité sioniste massacrait les populations civiles en Palestine occupée et au Liban. On se souvient encore dans la foulée de la guerre du Gaza, le même Sarkozy qui s’active pour faire voter une résolution contre la Libye, a envoyé à l’époque une frégate en Méditerranée pour participer à côté de l’Egypte et d’Israël à la soi-disant surveillance de trafics d’armes en direction du Hamas mais dont l’objectif était aussi et surtout d’asphyxier la bande de Gaza pour obliger ses habitants à se révolter contre ce dernier.

Derrière l’activisme de Sarkozy et de Cameron pour une intervention militaire en Libye, il y a évidemment les arrières-pensées politiques de l’un et de l’autre. Pour le premier, cette crise libyenne est l’occasion pour se montrer sur la scène internationale et pour faire du marketing politique dans la perspective des élections présidentielles de 2012. Car, il faut rappeler que la candidature de Sarkozy est donné battu dès le premier tour devant Marine Le Pen et même sa candidature pour les prochaines élections est contestée au sein même de son propre camp. La crise libyenne apparaît alors comme un pari, une sorte de quitte ou double pour engranger des dividendes en vue des prochaines élections présidentielles de 2012. Quant à Cameron, la crise libyenne, c’est son premier baptême de feu en essayant de montrer à son opinion publique comme ce fut le cas pour Tony Blair que la Grande Bretagne peut encore jouer dans la cour des grands. La stratégie et les objectifs visés par l’un et l’autre sont en dernier lieu la chute du régime du colonel El-Khadaffi et son remplacement par un régime plus favorable et plus ouverts aux intérêts des capitalistes français et anglais.

Enfin, pour ceux qui ont encore quelques doutes sur le sujet, la crise libyenne vient confirmer l’idée que notre monde actuel entre dans une nouvelle phase de son histoire. Nous avons pu remarquer, notamment depuis les « révolutions arabes » qui balaient le monde arabo-musulman, que l’impérialisme américain est non seulement incapable d’intervenir pour infléchir le cours des choses dans le sens de ses intérêts mais qu’il a complètement perdu pied et qu’il n’est plus le maître de la situation imposant ses propres conditions politiques et économiques. Auparavant, les Etats-Unis étaient le meneur du jeu qu’ils imposaient à tout le monde en intervenant partout, envahissant là où ils voulaient et quand ils le voulaient sans demander quoi que ce soit, surtout pas la caution de l’ONU comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003, soit pour renverser des régimes hostiles à leur hégémonie planétaire soit pour soutenir des dictatures et des félons inféodés à leurs intérêts. À présent, les choses et la donne ont changé et le fait que ce ne sont plus les Etats-Unis qui mènent la danse dans la crise libyenne mais deux pays satellites de second rang, en l’occurrence la France et la Grande Bretagne, montre une fois de plus la mort cérébrale du capitalisme et par voie de conséquence celle de son rejeton naturel, l’impérialisme.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, guerre, France, Grande Bretagne, impérialisme, capitalisme.

REFORMES AU MAROC:EFFETS D’ANNONCE ET COSMETIQUE POLITIQUE

mars 13, 2011

RÉFORMES AU MAROC :
EFFETS D’ANNONCE ET COSMÉTIQUE POLITIQUE

Pris de panique après les « révolutions » tunisienne et égyptienne et la révolte libyenne, les tyrans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord font feu tout bois pour retarder l’heure de leur déchéance en faisant du replâtrage institutionnel grâce aux conseils amicaux de leurs maîtres en Europe et aux Etats-Unis qui possèdent une longue et sacrée expérience dans ce que Alliot-Marie, l’ancienne ministre Française des Affaires poussée à la sortie pour ses relations d’affaires avec l’ancien président tunisien déchu, Ben Ali, la « gestion des foules ». Pour nous assurer que tous les tyrans du Moyen Orient et d’Afrique du Nord lisent bien le même manuel et la même table des matières, il suffit d’écouter leurs discours qui répètent tous les mêmes mots qui sont utilisés aussi bien par les rois du Maroc, de Jordanie d’Arabie Saoudite ou du Bahreïn que par le président yéménite et le président algérien. Ce qui est remarquable dans l’attitude de ces tyrans, c’est leur volte-face soudaine en devenant du jour au lendemain des « réformateurs » et des « démocrates » et en découvrant soudainement les vertus des réformes politiques et institutionnelles, alors qu’avant les révoltes des peuples arabes, personne ne les entendait parler ni de réformes ni de démocratie qui, faut-il le dire franchement, étaient et elles sont toujours le cadet de leurs soucis.

Les réformes institutionnelles du roi du Maroc sont présentées par les mass media de l’Occident capitaliste comme un remède miracle aux problèmes sociaux du peuple marocain, un événement majeur et elles inaugurent une nouvelle ère politique. Ce tapage médiatique autour des réformes du roi Mohammed VI n’est en réalité qu’une mise en scène, des effets d’annonce et de la cosmétique politique pour faire croire au peuple marocain et au-delà aux peuples arabes que quelques bricolages institutionnels et quelques replâtrages dans la sphère politique suffiraient pour résoudre leurs problèmes pressants qui sont le chômage, la misère et l’analphabétisme. La question que l’on se pose à cet effet, en quoi la modification de quelques articles dans la constitution marocaine ou le dessaisissement du roi de quelques pouvoirs insignifiants pourraient-ils contribuer à résoudre le problème de la pauvreté qui frappe plus que la moitié des marocains et celui de l’analphabétisme qui avoisine le 60% ?

Pourquoi donc tout ce tapage des mass media dans l’Occident capitaliste en général et en France et aux Etats-Unis en particulier, qui se transforment à l’occasion en simples représentants de commerce et en agents commis pour assurer le service après vente des réformes du roi du Maroc ? À cette question, il y a deux réponses possibles. La première réponse est que le Maroc représente un lieu hautement stratégique et une zone franche pour le capital transnational et pour les multinationales qui exploitent comme bon leur semble une main d’œuvre corvéable. Si ce sont les Etats-Unis et la France qui assurent le service après vente des « réformes politiques et constitutionnelles » de Mohammed VI, on s’en doute bien, c’est à cause de la présence massive d’entreprises et de multinationales américaines et françaises au Maroc. La deuxième réponse est le traumatisme subi par le monde capitaliste occidental suite aux deux « révolutions » tunisienne et égyptienne et qu’il cherche désormais désespérément à contenir la poussée révolutionnaire des peuples arabo-musulman et à éviter sa contagion à d’autres régions du pourtour méditerranéen et du golfe arabique.

Au fond, les réformes politiques et constitutionnelles du roi du Maroc sont des réformes en trompe-l’œil, des simples effets d’annonce et de la cosmétique politique concoctés par des grands cabinets américains et français spécialisés dans la communication et la manipulation psychique des masses. Les réformes politiques et constitutionnelles promises par le roi du Maroc et relayées dans l’Occident capitaliste à grands renforts médiatiques n’auront aucuns effets sur la vie quotidienne des victimes du capital et les problèmes majeurs de l’écrasante majorité du peuple marocain continuera à patauger dans la pauvreté et la misère La démocratie promise par l’Occident n’est que de la poudre aux yeux, car cette démocratie à l’occidentale n’est autre chose qu’une technique de gouvernement assez astucieuse pour cacher les mécanismes de l’exploitation capitaliste et pour faire participer les exploités et les victimes du capital, avec leur propre consentement, à la gestion de leur propre exploitation et à celle de leur propre domination politique, économique et sociale.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Maroc, réformes, capitalisme, manipulation politique

ERE DES REVOLUTIONS:LE COMPTE A REBOURS A COMMENCE

mars 10, 2011

ÈRE DES RÉVOLUTIONS:
LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

« Ce texte est ue version abrégée d’un article qui sera publié sur notre site internet à partir du 19 mars. »

Comment expliquer les « révolutions arabes » et la montée des contestations sociales et politiques dans le monde arabo-musulman ? Cette question est d’une importance capitale, car pour y répondre correctement, il faudra impérativement abandonner le terrain de l’empirisme simpliste qui envahit le monde actuel au profit d’une approche dialectique des événements qui secouent actuellement la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. À écouter les sirènes de la propagande politique dans l’Occident capitaliste, les convulsions moyen-orientales expriment les aspirations des peuples arabes et musulmans à une démocratie à l’occidentale. Non seulement, cette affirmation est fausse mais elle recèle au fond une pensée foncièrement raciste et un ethnocentrisme exacerbé propre à un Occident qui s’érige en modèle pour les autres peuples de la planète considérés, pour reprendre un terme à connotation ethnologique et anthropologique, comme des peuples « sans histoire », des peuples mineurs incapables de penser par eux-mêmes, de choisir leur propre voie et d’inventer leur propre modèle politique et les institutions qui correspondent le mieux à leurs propres aspirations. La volonté de George Bush de faire du Moyen Orient un havre de démocratie et sa guerre contre le régime de Saddam Hussein sous le prétexte fallacieux d’instaurer un régime démocratique dans ce pays témoignent si besoin est de la persistance de ce fonds raciste et ethnocentriste de l’Occident capitaliste. Sans doute, dix ans après l’invasion de l’Afghanistan et huit ans de l’Irak, les peuples arabes qui se soulèvent aujourd’hui en masse contre leurs tyrans et les régimes soutenus et aidés par l’Occident capitaliste, ont-ils eu le loisir et le temps nécessaire pour voir et constater de visu à quoi rime la démocratie à l’Occidentale.

Pour mieux comprendre la portée des événements du Moyen Orient et les soulèvements en masse des peuples arabo-msulman, on ne peut pas faire l’impasse d’un système qui dure depuis deux siècles et qui a bouleversé de fond en comble la vie matérielle des hommes, en l’occurrence le mode de production capitaliste et son rejeton, l’impérialisme. Disons d’emblée, le système capitaliste, comme tout organisme vivant, est un système qui a fait son tems et qui arrive aujourd’hui à la fin de son cycle naturel et il est tout à fait normal qu’il meure de sa mort naturelle, car rien dans notre monde d’ici-bas n’est éternel. La féodalité n’est-elle pas morte après presque mille ans d’histoire ? Vu sa nature intrinsèque et son mode de fonctionnement, Il est d’ailleurs étonnant que le capitalisme, un système contre nature, ait pu survivre à toutes les crises et à toutes les convulsions qui ont émaillé son histoire. Si vous lisez ou si vous écoutez les discours des classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis depuis deux cents ans, celles-ci n’ont qu’n seul mot à la bouche, la crise. Puisque le capitalisme est un système en crise permanente et endémique, à quoi bon s’accrocher à un système qui dure depuis plus de deux siècles ? Les hommes sont –ils sado-masochistes à ce point pour perpétuer un tel système mortifère ?
On comprend aisément le désespoir et le désarroi de tous ceux qui s’accrochent à un système qui rend son âme, qui ne réalisent pas que le capitalisme est fini et qu’il ne faut pas s’attendre à un miracle de dernière heure pour retarder sa fin promulguée. Annoncer la mort du capitalisme n’est pas un événement extraordinaire dans la vie des hommes, car elle est conforme à la dure loi de l’évolution, au principe de la négation dialectique qui veut que toute chose recèle en elle-même les facteurs de sa négation, et que les anciens organismes soient remplacés par de nouveaux organismes. Mais un organisme ancien ne disparaît jamais, sa disparition signifie tout simplement sa transformation en une autre chose et sa transformation ne s’opère jamais dans un néant absolu. Sans négation des choses anciennes, point de changements tant qualitatifs que quantitatifs, point de vie, point de sociétés. La négation est donc une étape incontournable et ce n’est qu’après l’étape de cette négations, c’est-à-dire lorsque la chose nouvelle a remplacé l’ancienne, que l’évolution peut se produire.

La période historique dans laquelle nous entrons aujourd’hui ou plutôt nous sommes entrés depuis trente ans, ressemble à bien des égards à l’ère des révolutions qui a suivi la révolution française, qui a duré environ cinquante ans et qui a permis en fin de compte à la bourgeoisie de mettre en place les structures de sa société de classe et de se consolider. Nous nous trouvons à présent dans la même configuration historique qu’il y a deux siècles mais à la différence de l’ère des révolutions du début du XIXème siècle, le monde s’achemine non pas vers une démocratie à l’occidentale, c’est-à-dire une mascarade et une technique bien commode pour maquiller l’exploitation capitaliste mais vers un monde nouveau fondamentalement différent de celui dans lequel nous avons vécu jusqu’ici. Dire que les « révolutions arabes » traduisent les aspirations des peuples arabo-musulmans à une démocratie à l’occidentale comme le claironnent les sirènes de la propagande capitaliste occidentale, est tout simplement un non sens logique et historique, car cette affirmation est contraire à la tendance générale du mouvement et à tous les lois et principes régissant le monde de la nature et de la société, à savoir la loi de l’évolution, la loi de la conversion réciproque entre le changement quantitatif et le changement qualitatif, la double négation ou le mouvement ascendant en spirale et enfin la loi du remplacement de l’ancien par le nouveau.

Les classes dominantes dans l’Occident capitaliste savent pertinemment que ce qui est arrivé hier à leurs créatures arabes, les Ben Ali, les Moubarak, les Kadhafi, peut leur arriver du jour au lendemain, qu’ils ne sont de ce fait nullement immunisés contre un retournement de situation et qu’ils peuvent être à leur tour balayés par des révoltes populaires semblables à celles qui se déroulent actuellement dans le monde arabo-musulman. Une révolte peut survenir à tout moment et elle peut rapidement dégénérer en révolution dès le premier mort en sachant pertinemment qu’une révolution n’est pas quelque chose que l’on programme à l’avance autour d’un dîner, dans les coulisses, dans les antichambres ou dans des réunions de cellules. Une révolution est comme un volcan, peut éclater à n’importe quel moment sans prévenir, face à laquelle les classes dominantes et exploiteuses ne peuvent rien faire et cela malgré les moyens répressifs, policiers et militaires dont elles disposent.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : révolution, capitalisme, crise, dialectique

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPERIALISME DANS LE MONDE ARABE

février 22, 2011

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPÉRIALISME DANS LE MONDE ARABE

Désormais, il n’est plus possible d’écrire un article sur les événements dans le monde arabe sans penser à toutes les victimes de répression qui sont tombés hier en Tunisie, en Egypte et qui tombent aujourd’hui par centaines en Libye, et sûrement celles qui tomberont demain au Yémen, au Bahreïn, au Maroc, en Algérie etc. Ce n’est pas encore fini car les révoltes héroïques des peuples arabes qui éclatent un peu partout contre leurs gouvernements fantoches, produit du colonialisme et de l’impérialisme, ne sont plus une question de jours mais une question d’heures. Avec la répression féroce dont le peuple libyen est aujourd’hui la victime, on pensait que les atrocités et l’utilisation d’armes chimiques prohibées par la Convention de Genève contre les populations civiles palestiniennes et libanaises étaient une spécialité israélienne et sioniste. Et bien non, le bombardement des tripolitains par l’aviation et le recours à des mercenaires africains pour réprimer sauvagement la révolte du peuple libyen, au vu des images présentées par la chaîne arabe Aljazeera, montrent si besoin est que Sharon, Olmert, Ben Ali et Moubarak sont des apprentis sanguinaires à côté de Muammar Kadhafi.

Revenons à présent à une analyse sommaire des événements qui secouent le monde arabe en commençant d’abord par un scénario. Imaginons un seul instant que les milliers de morts et de blessés tunisiens, égyptiens, libyens, yéménites, bahreïnis, marocains etc soient des victimes chinoises, cubaines ou nord coréennes. Dans ce cas là, nous aurions bien évidemment assisté à une véritable hystérie médiatico-politique dans les pays capitalistes et à un matraquage continu 24H sur 24H sur la répression des régimes communistes, comme ce fut le cas jadis lors du coup d’état de Jaruzelski en Pologne en décembre 1980 ou de Tienanmen en Chine en juin 1989, l’invention des charniers fictifs à Timisoara avant la chute du régime communiste. On se rappelle encore que, pour liquider le régime communiste roumain, les pays impérialistes inventent de toutes pièces les charniers de Timisoara et donnent des interprétations tendancieuses du massacre de Katyn durant la Seconde guerre mondiale. On se souvient aussi que pour démanteler l’ex-Yougoslavie, la propagande politique capitaliste orchestrée par les Etats-Unis et leurs satellites européens invente des massacres et des génocides de populations civiles par les méchants serbes et par le méchant Milosevic. En revanche, nous assistons aujourd’hui à un phénomène inverse et à un retour du balancier, où ce sont des régimes alliés des Etats-Unis et de l’Europe qui sont en proie à des contestations populaires et qui sont en train de tomber comme les pièces de domino les uns après les autres. À leurs alliés dictateurs dans le monde arabe, les Etats-Unis et leurs satellites européens demandent seulement un « usage modéré » de la force et de la violence policière et armée. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe disent à leurs pions les dictateurs du Moyen-Orient de tuer petit à petit, disons par paquet de 10 personnes au lieu de cinquante ou de cent personnes à la fois, pour ne pas créer un choc au sein des opinions publiques internationales. Pour traiter les révoltes dans le monde arabe, les mass media capitalistes en Europe et aux Etats-Unis pratiquent la politique de l’esquive et de la désinformation en occultant le soutien inconditionnel militaire et politique de leurs pays à leurs créatures moyen orientales et en maquillant la nature et la portée des révoltes comme si c’étaient des mouvements de contestation pour l’instauration et l’imitation servile d’une parodie de démocratie capitaliste. Les peuples arabes en révolte contre leurs régimes répressifs veulent-ils réellement des constitutions, des partis politiques et des journaux ou plutôt du pain et du travail ? Si l’on essaie de dresser une photographie des mouvements de révolte contre les régimes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Libye et demain en Jordanie et au Maroc, on s’aperçoit vite que la démocratie à l’occidentale est le cadet des soucis des manifestants et des révoltés qui sont en réalité des exploités, des spoliés vivant avec moins d’un dollar par jour et victimes d’un système et d’un mode de production, synonyme de misère et de pauvreté, le capitalisme.

Quand les mass media et les classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis interprètent à leur manière les mouvements de révolte dans le monde arabe, il faut traduire en ces termes, impérialisme agonisant dans le centre cherche désespérément de nouveaux pions pour remplacer ceux qui ont été chassés par leurs peuples avec pour mission: continuer le travail des dictateurs déchus mais sous d’autres formes.

Le vent de révolte qui souffle aujourd’hui au Moyen-Orient et en Afrique du Nord constitue à bien des égards un tournant non seulement dans l’histoire de cette région du monde mais dans l’histoire de l’humanité tout entière. C’est en effet la fin d’un cycle et le début d’un autre, la fin d’un système qui agonise et qui meurt lentement de sa mort naturelle et le début d’une nouvelle période marquée par des incertitudes et des convulsons. Ceux qui sont allés un peu vite en besogne en annonçant la fin du monde et de l’histoire avec la fin de la « guerre froide » et la dislocation du bloc communiste en ont pour leurs frais, car, ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient, ce sont d’une part les symptômes pathologiques de l’agonie et de la mort du capitalisme et la déconfiture du système impérialiste et d’autre part le début d’une nouvelle ère historique inaugurée par les luttes des peuples arabes, n’en déplaise au néocon Bernard Lewis, qui sont les véritables fossoyeurs d’un système qui domine le monde depuis plus de cinq siècles, depuis la découverte par Colomb de l’Amérique en 1492. Pour terminer cet article, nous voudrions reproduire cette prophétie de l’historien marxiste Immanuel Wallerstein qui écrit ceci « Fukuyama nous dit que la fin de la guerre froide, c’est la fin de l’histoire. Bien au contraire ! Les conflits profonds ne font que commencer. Les cinquante ans qui viennent seront la période d’une transformation profonde du système-monde dans lequel nous nous trouvons et autour de laquelle il y aura une lutte assidue, sans doute féroce, et d’une issue incertaine. La chute des régimes communistes ne marquait pas le triomphe du libéralisme mondial mais plutôt l’annonce de sa déchéance définitive » dans « l’histoire continue », éditions l’aube, 2005, première édition 1999.p.7.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : monde arabe, révoltes, révolution, capitalisme, impérialisme

LA REVOLUTION EGYPTIENNE EST-ELLE UNE REVOLUTION?

février 14, 2011

LA RÉVOUTION ÉGYPTIENNE EST-ELLE UNE RÉVOLUTION ?

C’est le mot révolution qui est employé par les mass media pour qualifier les événements qui se sont déroulés en Egypte du 25 janvier 2011 jusqu’au 11 février mettant fin à 30 ans de règne de Hosni Moubarak. Bien qu’il soit un peu prématuré pour juger de la portée des événements que vient de vivre l’Egypte, il n’est pas inintéressant de s’appuyer sur certains éléments qui se dégagent de ce mouvement de contestation de grande ampleur, pour dresser un premier bilan provisoire, loin de tout sentimentalisme, de ce que les medias appellent la révolution égyptienne.

Avant de s’interroger sur l’avenir du mouvement social en Egypte, la première question qui revient à l’esprit est de savoir comment analyser les événements qui viennent de secouer ce pays du Moyen-Orient peuple de plus de quatre-vingts d’habitants. À bien des égards, ce qui s’est passé en Egypte pendant 18 jours ressemble par certains aspects à une révolution au sens propre et figuré du terme et elle renferme les ingrédients de base des grandes révolutions du passé, Révolution française, révolutions de 1848 ou « printemps des peuples », Révolution bolchevique de 1917, révolution chinoise, révolution cubaine etc., notamment le soulèvement du peuple contre un régime et un gouvernement rendus responsables de ses malheurs. Aujourd’hui, avec le recul historique nécessaire, il devient désormais possible d’élaborer une théorie et une sociologie des révolutions et d’établir leurs traits saillants.

La première caractéristique d’une révolution est la rareté de son occurrence, car faire une révolution est plus difficile que de découvrir un nouveau continent ou une nouvelle planète du fait de la longue durée d’incubation requise pour la maturation des conditions et l’exacerbation des contradictions de classe qui sont nécessaires à son déclenchement. S’il est difficile pour ne pas dire impossible comme pour les tremblements de terre de prévoir l’heure et le lieu exacts du déclenchement d’une révolution, il est cependant possible de détecter ses prémisses et ses signes avant-coureurs. Grâce à leurs deux outils épistémologiques et méthodologiques, le matérialisme dialectique, le matérialisme historique et notamment la loi régissant l’histoire des sociétés humaines, celle de la lutte de classe, les marxistes sont comme les sismographes bien placés pour détecter les prémisses d’une révolution. Par exemple, dans un article publié sur le site « in défense of marxism » en date du 7 avril 2008 par Jean Duval et Fred Weston sous le titre « Egyptian April 6- adress rehearsal for bigger events in the future », ces deux auteurs annoncent déjà, grâce à leur approche marxiste des événements, le soulèvement du mouvement du 25 janvier 2011 des masses égyptiennes qui allaient mettre fin à 30 ans de régime despotique.

La deuxième caractéristique d’une révolution est qu’elle est régie par de lois semblables aux lois de la physique, à la loi galiléenne de l’inertie et de la loi newtonienne de la gravitation universelle. Cela veut dire qu’une révolution est un gigantesque champ de forces d’attraction et de répulsion, un immense champ de bataille entre des forces, c’est-à-dire des classes sociales en lutte les unes contre les autres, entre d’une part une classe exploiteuse qui s’accroche désespérément à son système économique et social et aux appareils répressifs et idéologiques pour pérenniser les rapports de domination et d’exploitation et d’autre part les classes exploitées qui cherchent coûte que coûte à détruire un ordre social qui les opprime et qui les exploite.

Si l’on tente une évaluation rapide des événements qui ont secoué l’Egypte du 25 janvier 2011 au 11 février 2011, on peut dire qu’en l’espèce nous n’avons pas affaire à une révolution proprement dite mais à une situation pré-révolutionnaire, car le départ de Moubarak n’a nullement entraîné le démantèlement de son système et les acteurs et les institutions de son ancien régime sont toujours là et il n’y a rien qui prouve pour le moment et même pour un avenir très proche que la bourgeoisie compradore égyptienne et les classes moyennes dépendantes de leurs maîtres en Europe, aux Etats-Unis et en Israël soient prêtes à lâcher de sitôt le morceau. Il n’y a donc pour l’instant aucun signe tangible qui montre qu’il existe une réelle cassure au sein de la société égyptienne, entre les forces sociales du 25 janvier 2011, la bourgeoisie autochtone et l’institution militaire, dont Moubarak est issu et qui fait partie intégrante de son régime. Pour briser l’échine dorsale d’une classe dominante, il faut au préalable réduire à néant ou du moins créér de la division au sein des appareils repressifs, militaire et policier de la bourgeoisie comme ce fut le cas durant la révolution bolchevique. Comment peut-on parler de révolution en Egypte avec une institution militaire qui est toujours acquise à l’ancien régime et qui apparaît aujourd’hui comme le seul maître du pays ?

Pour juger en toute objectivité et loin de tout sentimentalisme, des événements qui viennent de se produire dans ce pays du Moyen Orient, on peut dire que l’Egypte est certes entrée dans une période pré-révolutionnaire mais et pour que l’on puisse parler franchement de révolution égyptienne au sens propre et figuré du terme, il faut bien se remémorer cette fameuse formule de Lénine, pour qui une révolution triomphe, le jour où « ceux d’en bas » ne veulent plus et « ceux d’en haut » ne peuvent plus vivre à l’ancienne manière ». Ce qui n’est nullement le cas aujourd’hui en Egypte, car les manifestants de la place Tahrir qui ont chassé Moubarak du pouvoir ne sont pas des forces politiques proprement dites rassemblant des individus mécontents qui sont d’accord pour l’instant sur un seul objectif, chasser Moubarak du pouvoir. Un mouvement révolutionnaire ne soit nullement de contenter de chasser des tyrans et des despotes du pouvoir mais proposer une alternative politique crédible susceptible de soulever les masses comme un seul homme non pas pour remplacer un régime par un autre mais abattre et déraciner un système tout entier. Or, ces forces et ces mouvements politiques susceptibles pousser un peu plus loin leurs revendications n’existent pas aujourd’hui en Egypte. Ceux qui ont chassé Moubarak du pouvoir n’ont pas de solution politique alternative à part ressasser les vieilleries importées des Etats capitalistes occidentaux(démocratie, liberté d’expression, multipartisme). Pour situer grosso modo le niveau du cycle révolutionnaire de la révolution égyptienne, on peut dire que ceux qui ont renversé le régime Moubarak n’ont même pas encore atteint le stade du kerenskisme et du menchékisme de la révolution russe. A titre de rappel historique, la révolution bolchevique a mis 12 ans pour triompher et la révolution chinoise 22 ans. C’est dire le long chemin à parcourir par les révolutionnaires égyptiens pour parachever leur œuvre et leur travail. Depuis le 11 février 2011, un cycle révolutionnaire s’est enclenché en Egypte, il s’agit maintenant de suivre assidûment la suite des événements pour observer de plus près les autres cycles de la révolution égyptienne.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, révolution.

DEMOCRATIE,MYTHE ET ILLUSIONS(texte en arabe)

février 11, 2011

الديمقراطية، فكرة وهمية زائفة واُسطورة مضللة

فوزي المير

منذ إندلاع أنتفاضتي تونس ومصر، العالم الغربي الراسمالي ووسائل إعلامه ودعايته السياسية تردد وتروج نفس ألفكرة : ما حصل أمس في تونس وما يحدث اليوم في مصر هي ثورة شباب ضد نظامين معروفين بأساليهم القمعية والبوليسية ومتطلعة نحوالديمقراطية. دون أي شك، أنتفاضة الشباب في هذين البلدين هي بالفعل موجهة ضد ديكتاتورية وأستبدادية النظامين التونسي والمصري ولكن السؤال الذي يمكننا طرحه هو: كيف تكهن وعرف هذا الغرب الراسمالي مسبقآ أن هذه الحركات الشبابية في هذين البلدين تُريد فعلآ الديمقراطية وتطمح لبنائها ولتحقيقها ؟ آخرتصريحات المسؤؤلين السياسيين سواء في أوروبا، في الولايات المتحدةأ أوفي ألأتحاد ألأوروبي، أليس هي إلا مجرد تفسيرات وأقاويل لا علاقة لها لا من قريب ولا من بعيد مع ألأسباب العميقة وألأهداف الحقيقية التي دفعت بالشباب التونسي والمصري لتحرك ضد حكامهم السلطويين.؟ في الحقيقة، ما حدث وما يحدث اليوم في هذين البلدين هو صراع طبقي كما هو الحال في كل المجتمعات الطبقية سواء كان النظام رأسماليآ او اشتراكيآ، صراع طبقة كادحة ومُستغلة(مع فتح حرف ت) ضد حُكام وانظمة مربوطة بشكل وثيق بالنظام ألأمبريالي العالمي والتي تلعب دور الوسيط والعميل المحلي لحماية مصالح الرأسمال العالمي ولآنتاج هذه التبعية الخارجية على صعيد االاخلي بكل أشكالها، السياسية، وألأقتصادية، وألاجتماعية، والفكرية والثقافية والاديولوجية. الوظيفة ألأولى لهذه ألأنظمة المتعلقة بسكل عضوي بالرأسمال العالمي والتي تدور في فلق ألنظام ألأمبريالي هي استخدام العنف، والقوة وقمع الجماهير للمحفاظة على ُالتركيب الطبقي وهيكلية للمجتمعات والدول التي أنتجها ألأسعمار. اذا أردنا أن نكون منطقيون مع انفسنا،الحل الوحيد والضرورة القصوى للشعوب العربية وبشكل عام لكل شعوب العالم الثالث للخروج من حالة الفقر، وألبؤس والحرمان، والبطالة والتاخر ألأجتماعي والثقافي والفكري التي تتخبط فيها اليوم، ليس العلم الخيالي الذي نعرفه بأسم الديمقراطية، فكرة واهية وزائفة، بل هدم وتحطيم وأستأصال جذور المرض، نمط ألنتاج الرأسمالي وإقامة نظام أشتراكي يعتمد على نمط إقتصاد ينتج ليس للربح وتراكم الثروات بين أيدي بعض ألاحتكاريين بل توزيع الثروات بشكل عادل على هؤلاء الذين انتجوها، الطبقة الكادحة وقوة العمل.

ما يُسمى عادة بالديمقراطية، التي أصبحت اسطوانة النخبات الببغائية ومبشرين ذات العقل المحدود سواء في الغرب او في العالم العربي، ما هي في الواقع إلا فكرة وهمية زائفة وأسطورة مضللة أخترعتها البورجوازية والطبقات الرأسمالية الحاكمة في اوروبا في منتصف القرن التاسع عشر، في هدف معين: ليس لحبها لشعوبها اولمنح الطبقة الكادحة والبروليتاريا الفرصة للتعبيرعن إرادتها وعن حريتها بل الهيمنة عليها، وكبحها وقمع مطالبها وتضليلها نفسيآ وعقليآ عبر وسائل دعايتها السياسية لمنعها من ألأنتفاضة والثورة ضد النظام السياسي وضد المستغلين(مع كسر حرف ل). عندما نقول بأن الديمقراطية هي فكرة وهمية واُسطورة مضللة، هذا يعني أن اساسها ألأول، الشعب، هو شيء لا يُمكن لأحد تحديده بشكل دقيق. ما هو هذا الشعب الذي يختار بكل حرية ممثلييه ؟ السؤال الذي نريد طرحه على الممبشرين للديمقراطية ذوالعقول المحدودة هو: ما هي درجة الوعي السياسي لهذا الشعب التي تتغنى به الديمقراطيات الرأسمالية؟ هذا السؤال يؤدي بدوره الى عدة اسئلة : ما هو هذا الشعب الذي يختار ممثلين له وكيف يمكننا تحديد مفهومه بإعتباره ألأساس ألأول من أسس الديمقراطية؟ هذا الشعب، هل هو مجموعة انسانية موحدة مكونة من أعضاء ملتحمين عضويآ البعض بالبعض ام هو تجمع اشخاص تستنعه وسائل الدعاية الرأسمالية لأغراض سياسية مُعينة، لمهمة معينة ولغاية زمنية محددة، ألأشتراك في ألنتجابات غلى سبيل المثال؟ هذا الشعب الذي يختار ممثليه من وقت الى آخر، هل هو في الحقيقة شعب حر او بالأحرى هو شعب مضلل نفسيآ وعقليآ بالدعاية السياسية التي تحتكرها الطبقات الحاكمة والتي من شأنها أن توجه خياره يوم ألانتخاب نحو ممثلين مأجورين مهمتهم ألأؤلى سن قوانين و تشريعات خاصة لحفظ التركيب الطبقي للمجتمعات الرأسمالية ؟ هؤلاء الذين يتغنون من الصباح الى المساء بالديمقراطية يجب أن يسالون أنفسهم هل الشعب في الديمقراطيات الراسمالية، هل هو شعب حر بكل معنى الكلمة،مالكآ كل قواه العقلية والفكرية ليختار بكل حرية ممثليه والمدافعين عن مصالحه؟ الجواب الوحيد على هذه ألأسألة هو فكرة الشعب هي فكرة وهمية وتحليل مفهوم الشعب يتعلق من حقل العلم الخيالي أكثر من علم ألجتماع أو علم السياسة أو الفلسفة السياسية. المجموعات الوحيدة التي يمكن أن نعتيرها كمجموعات طبيعية موجودة حاليآ في مجتمعاتنا الحاضرة هو الطبقات ألأجتماعية وما نعرفه عادة تحت اسم شعب في المجتمعات الرأسمالية البورجوازية ما هوفي الحقيقة إلا شعب ينتمي الى الطبقات الكادحة والفئات المُستغلة(مع كسر حرف ال غ) التي هي بطبيعة الحال مجموعات أنسانية مضللة عقليآ ونفسيآ بوسائل الدعاية السياسية التي تهيمن عليها طبقة الراسماليين والبورجوازية والدول التي تحمي مصالحها.

على غرار فكرة شعب حر في الديمقراطيات الراسمالية، نستطيع أن نقول نفس الشيء في ما يتعلق بالتعددية الحزبية والتعددية السياسية او حرية الرأئ والتعبير في الديمقراطيات الراسمالية. التعددية الحزبية ما هي مسرحية، تهريج ومهزلة، لأنه هو نفس الحزب او الحزبين الذين يهيمنون على اللسلطة في المجتمعات الرأسمالية الغربية منذ منصف القرن التاسع عشرحتى ألأن، وهذا صحيح سواء في الولايات المتحدة ألأمريكية او في أوروبا. هذا الحزب أو الحزبين الذي نعرفهم باسم حزب او أحزاب السلطة السياسية لا يمثلون بطبعة الحال لا الشعب ولا الطبقات الكادحة ولكن مصالح الطبقة الرأسمالية والبورجوازية. هذ الحزب أو الحزبين الذين يُؤلفون ألأغلبية في مجالس النواب أوفي مجالس الشيوج يسنون قوانين ونشريعات من شأنها الحفاظ على التركيب الطبقي الرأسمالي وبشكل خاص الملكية الفردية الخاصة. ألاحزاب الاُخرى أو ما يُسمى بأحزاب المعارضة، فدورها هوفقط دور شكلي يتمثل بحضورها في وسائل الإعلام بضعة أيام قبل كل انتخاب وبعدها تختفي لمدة أربعة او خمسة سنوات قبل أن تعود مرة اُخرى على المسرح الإعلامي والسياسي. يجب التنويه أيضآ أن هذه ألحزاب المعارصة لا تملك أي تاثير على مجرى الحوادث وان الاحزاب ألشتراكية غير الشيوعية ليست أحزابآ معارضة بالمعنى الصحيح لأنها تشترك مع ألحزب أو مجموعة ألأحزاب اليمينية في إدارة والحفاظ على هيكلية والتركيب الطبقي للنظام الرأسمالي.

كثيرآ ما يتغنى الغرب الراسمالي بحرية الرأيء وحرية التعبير لبيع ديمقراطيته المزيفة الى دول العالم الثالث. هنا ايضآ، حرية الرأيء وحرية التعبير ما هي الا أسطورة وفكرة وهمية ومضللة على غرار فكرتي الشعب والتعددية الحزبية. هذا صحيح أن هناك كثيرآ من الجرائد والصحف وهناك عدة مصادر للاخبار، ولكن كبار الجرائد والصحف التي تصنع ألأخبار وكبار محطات الراديو والتلفزيون التي يستمع اليها الجماهير، تنتمي لشركات رأسمالية ضخمة والى الدول التي هي في خدمة مصالحها( l إقرأ مقالنا « اسظورة حرية الرأيء والتعبير في الديمقراطيات الغربية »
http://elmirfaouzi.wordpress.com

في وقتنا الحاضر، الديمقؤاطية هي رأس حربة يستعملها الغرب الراسمالي لتغطية حروبه الصليبية ضد شعوب العالم الثالث وأيضآ لتضليل الطبقات الكادحة والمُستغلة(مع فتح حرف ال غ) التي تعيش في المجتمعات الرأسمالية نفسها. لمعرفة ما تعني بالضبط كلمة ديمقراطية في المفهوم الغربي الرأسمالي، يجب أن نطلب أولآ الى شعبي افغنستان والعراق لمعرفة رأيهم في ديمقراطية جورج دابليو بوش وقوات حلف ألأطلسي.