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Lumpenprolétariat, agent de dissolution des sociétés capitalistes

août 13, 2011

Lumpenprolétariat du XXIème siècle, agent de dissolution des sociétés capitalistes occidentales

samedi 13 août 2011

Les émeutes de ces derniers jours en Angleterre, berceau du capitalisme occidental et de l’idéologie démocratique moderne et le premier laboratoire européen des idées archéo-libérales appliquées par Madame Thatcher, se révèlent d’une portée considérable à condition de les replacer dans la suite de la « crise financière » de septembre octobre 2008 et dans le cadre des événements et des convulsions qui ont secoué le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au début de cette année 2011 et qui arrivent aujourd’hui sur les rivages de l’Europe. En quoi, disons-nous, les émeutes d’Angleterre sont des événements importants qui méritent un examen attentif, car, c’est la première fois depuis le XIXème siècle qu’un pays capitaliste et n’est pas n’importe quel pays capitaliste est frappé par une violente et une vraie révolte menée par le lumpenprolétariat du XXIème siècle, composé de jeunes désoeuvrés parqués dans des ghettos et reclus dans des « quartiers sensibles » que les classes dominantes, leur propagande politique et les chiens de garde de l’ordre établi s’ingénient à les présenter comme des classes dangereuses, comme des criminels et des gens « asociaux » et « anormaux ».

Si l’on essaie de chercher les raisons profondes qui sont à l’origine des émeutes ayant secoué l’Angleterre ces derniers jours, le premier constat qui s’en dégage est qu’elles ne sont pas dues comme aiment le ressasser les responsables politiques britanniques, à une horrible horde de criminels et à l’émergence du phénomène de gang et du gangstérisme mais elles ont été plutôt provoquées par 30 ans de nihilisme archéo-libéral et de révolution conservatrice menée par Madame Thatcher après sa prise du pouvoir en 1979 pour qui tous les maux de la société sont le fait de « l’État Providence » qui a faussé les sacro saintes règles du jeu du marché et qui a engendré, par sa politique de redistribution, une société d’assistés présentés par les mass media contrôlées par le grand capital et par les politicards corrompus et asservis, comme le seul responsable du déficit public des budgets des États, de l’alourdissement des impôts des riches tentés de partir de chez eux et des charges sociales qui grèvent dangereusement la compétitivité des entreprises. Dire que les émeutes anglaises ont été préparées souterrainement par 30 ans de thatchérisme et de blairisme qui en est la version soft ne suffit pas à lui seul à expliquer ce qui s’est réellement passé en Angleterre ces derniers jours, car elles ont révélé un phénomène inconnu jusqu »alors mais beaucoup plus dangereux pour les tenants de l’ordre établi, la désintégration et la dissolution de la société anglaise et plus généralement de toutes les sociétés capitalistes occidentales qui n’auront plus affaire cette fois-ci à des syndicats et partis politiques réformistes et parfaitement intégrés mais à un lumpenprolétariat d’un nouveau genre qui est prêt à tout et qui possède tous les moyens pour mettre à mort le système actuel.

La société capitaliste comme toute société de classe est une société artificielle maintenue artificiellement par une classe dominante qui recourt à la manipulation mentale des dominés pour les maintenir dans leur état de domination et qui dispose de toute une panoplie de moyens techniques et humains et d’un arsenal de stratagèmes fondés alternativement sur les contraintes physiques, psychologiques et symboliques. L’arme redoutable à laquelle ont toujours recouru les bourgeoisies européennes et leurs laquais, les politicards corrompus et asservis, pour maintenir la « cohésion sociale », est celle de diviser la société pour mieux régner en dressant les différentes couches de la société les unes contre les autres. Le dernier stratagème en date, devenu l’arme favorite par excellence des bourgeoisies européennes et américaine est l’instrumentalisation du religieux, la mise en scène du terrorisme islamique et la propagation à grande échelle de l’islamophobie pour provoquer la peur, la méfiance mutuelle entre les membres d’une même société.

Tous ces stratagèmes utilisés jusqu’ici pour manipuler le psychisme humain ont bien fonctionné mais ils se révèlent auourd’hui inadaptés et inefficaces face à l’émergence à grande échelle d’une nouvelle classe, le lumpenprolétariat interethnique dans les grandes métropoles capitalistes en Europe et aux Etats-Unis, une couche sociale qui est complètement réfractaire à la propagande politique des bourgeoisies capitalistes et à leurs innombrables moyens de manipulation et de contraintes physiques et psychiques. Car, si tous les moyens et tous les stratagèmes employés par les bourgeoisies et les capitalistes ont marché jusqu’ici, c’est parce que leurs destinataires et leurs victimes appartiennent à des classes moyennes et à des couches sociales ayant été fortement endoctrinés par l’institution scolaire et possédant un niveau moyen d’instruction. Or, le lumpenprolétariat du XXIème siècle est formé de groupes analphabètes ayant déserté l’école très jeunes sans savoir ni lire ni écrire ni compter. En revanche, ce qui caractérise ce lumpenprolétariat du XXIe siècle, c’est sa parfaite maîtrise des nouvelles technologies de communication à distance, notamment les réseaux sociaux de communication qui lui permettent de se mobiliser rapidement, de communiquer à distance et d’établir une stratégie et une tactique visant à coordonner des actions à l’échelle d’un territoire national voire à l’échelle d’un continent tout entier. Il n’est pas exclu que le prochain soulèvement de ce lumpenprolétariat se fasse instantanément non pas à l’intérieur d’un seul pays mais dans l’ensemble des pays européens voire même des territoires lointaines comme ceux des Etats-Unis et du Canada. C’est cette nouvelle classe, le lumpenprolétariat dont parle Marx qui est en train de bouleverser la donne et qui est en train de creuser la tombe des capitalistes, des bourgeoisies et de leurs laquais, les politicards en Europe et aux Etats-Unis et ce ne sont pas vraiment ces procédés ridicules et somme toute dérisoires, par exemple en mobilisant 16000 policiers dans les rues de Londres ou en coupant facebook, Twitter ou blackberry, qui vont empêcher l’implosion et la dissolution des sociétés capitalistes.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : émeutes, Angleterre, sociétés, capitalisme.

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La révolte des gueux dans le « paradis » de Madame Thatcher

août 10, 2011

La révolte des gueux dans le « paradis » de Madame Thatcher

mercredi 10 août 2011

Les commentaires sur les émeutes en cours dans le pays de Madame Thatcher vont bon train et les images d’émeutiers maîtres des rues de Londres, de Brixton, de Birmingham, de Nottingham ou bien d’autres villes anglaises montrent si besoin est que si les gueux et les victimes du capitalisme se mettent marche, ils font trembler la terre entière et ils sèment la peur et le désarroi dans les rangs de leurs exploiteurs, les capitalistes et leurs fidèles serviteurs, les politicards asservis et corrompus. Si l’on suit les mass media aussi bien en Angleterre qu’en France et dans d’autres pays capitalistes, des mass media qui sont à la solde du grand capital et de leurs États, les émeutiers sont des pilleurs, des looters, et des criminels à qui le premier ministre anglais David Cameron promet d’utiliser toute » la force de la loi » pour les punir. Cette position répressive de Cameron est d’ailleurs approuvée par le parti travailliste qui est d’accord pour enfermer les émeutiers par milliers et d’ailleurs les autorités policières et judiciaires ont prévu des centres de détention supplémentaires pour accueillir en masse les fauteurs de trouble.

Les images diffusées par les mass media à la solde du capital montrent des jeunes gens de couleur cagoulés s’adonnant à des actes de vandalisme et de pillage sans expliquer le pourquoi et le comment des choses. La première technique de manipulation des mass media vise à donner aux événements en cours en Angleterre une couleur raciale et communautariste pour masquer le caractère social et de lutte de classe, entre les victimes d’un système qui condamne l’écrasante majorité de la jeunesse au chômage, à l’errance et à la misère d’une part et leurs exploiteurs, les capitalistes et ceux qui sont commandités pour maintenir le système en place, les politicards corrompus et asservis. Pour manipuler l’opinion publique et pour diviser la société selon le principe diviser pour régner, les mass media s’attardent sur les fauteurs de troubles de couleur sans montrer les exploités blancs qui participent aux émeutes au même titre que leurs collègues noirs. Il faut bien rappeler que ces émeutes ne sont pas une première en Angleterre puisqu’elles ont déjà commencé dès l’arrivée de Madame Thatcher au pouvoir en 1979, en 1980, 1985 et l’on a vu tout récemment depuis le début de cette année 2011, une vague de grèves et des manifestations, parfois d’une extrême violence menée par des étudiants contre le siège du parti conservateur à Londres.

Si l’on essaie de mettre en perspective les événements qui sont en cours dans l’Angleterre post thatchérienne, les émeutes qui sont parties de Nottenham jeudi dernier ne sont guère différentes par leur nature et leur visée politique et sociale de celles de Sidi Bouzid en Tunisie, de celles d’Egypte et d’autres pays du monde arabo-muslman, de celles de Wisconsin, de Grèce, d’Espagne, de Tel-Aviv. Les causes de toutes ces convulsions et de tous ces troubles qui n’épargnent aucune région du monde sont les symptômes pathologiques de l’exacerbation des contradictions sociales et en dernier lieu de la putrescence et de la désintégration du système capitaliste. Malgré leur différence ethnique et géographique, Mohamed Bouazizi qui a été à l’origine des révoltes tunisienne et qui a abouti à la fuite de Ben Ali et Marc Dugan sont à la fois les victimes d’un système, le système capitaliste mais aussi et surtout les signes révélateurs et avant coureurs d’un système sénile et cadavérique qui n’est plus capable de contenir comme par le passé ses propres contradictions et c’est pourquoi, comme Marx l’avait prévu, il est condamné à mourir de sa mort naturelle sans que la bourgeoisie, les capitalistes, les politicards asservis et leur bras armé, l’État, puissent changer quoi que ce soit au cours des choses et au sens de l’histoire.

Dans quelques jours, la bourgeoisie et la classe politique qui sert ses intérêts vont lâcher en nombre leurs chiens de garde dans les rues de Londres, de Birmingham, de Manchester etc à la recherche d’émeutiers qui vont être châtiés d’une manière exemple pour créer des effets dissuasifs sur les jeunes et sur les exploités. La vengeance de la bourgeoisie et de ses appareils répressifs va être terrible à l’encontre des gueux qui ont osé défier les autorités et qui sont devenus ne serait-ce que pour quelques jours les maîtres incontestés des grandes artères commerciales à Londres et ailleurs. Certes, comme prévu, les gueux anglais vont payer cher leur révolte de misère et ils vont être sévèrement punis pour avoir malmené la bourgeoisie et ses laquais, les politicards et les appareils répressifs de l’État. Mais ces braves jeunes courageux qui ne sont pas seulement des pillards et qui n’ont rien à perdre que leurs chaînes resteront dans l’histoire comme ceux qui ont osé opposer à la violence physique et symbolique de la classe dominante dans le premier pays capitaliste du monde, leur propre violence qui est une vraie violence de classe, celle que devraient normalement exprimer toutes les victimes de l’exploitation capitaliste et tous les damnés de la terre. Au lieu de condamner les gueux anglais en les qualifiant de pillards et de criminels qui sont les termes utilisés habituellement par toute classe dominante à l’égard de ses ennemis, il faudrait plutôt ériger deux statues : l’une à la mémoire de Marc Dugan et l’autre dédiée à tous les « pillards » et les émeutiers anonymes qui ont su exprimer leur propre violence de classe.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Angleterre, émeutes, crise, capitalisme

TRIBULATIONS D’UN IMPERIALISME DECADENT EN LIBYE

mars 20, 2011

TRIBULATIONS D’UN IMPÉRIALISME DÉCADENT EN LIBYE

Apparemment, Muammar El-Khadaffi a la baraka, car cet homme, connu pour ses caractères étranges et ses comportements imprévisibles et donné mort voilà il y a encore quelques jours sinon physiquement du moins politiquement, n’en attendait pas tant de ce cadeau providentiel offert par Sarkozy et Cameron qui ont fait voter à la va vite au Conseil de Sécurité de l’ONU la résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime libyen accusé de massacre et d’exactions contre les populations civiles notamment dans les régions de l’Est et de l’Ouest du pays, tenues par les rebelles. Il va sans dire que les raids menés par l’aviation française, britannique et américaine contre les troupes et les positions militaires des loyalistes et des partisans du colonel libyen, non seulement n’atteindront aucun de leurs objectifs fixés mais renforceront bien au contraire un régime affaibli en proie à une insurrection depuis le 17 février en donnant l’impression à l’opinion et à la rue en Libye et dans le monde arabo musulman comme une nouvelle agression impérialiste et colonialiste. Ce faisant, non seulement la popularité d’El-Kadaffi va se voir grimper en flèche en transformant du jour au lendemain un dictateur sanguinaire en héros et en libérateur, un nouveau Omar EL- Mukhtar mais les membres du Conseil provisoire formé après le début de la révolte le 17 février vont être discrédités et vont apparaître qu’on le veuille ou non comme les hommes de main des agresseurs occidentaux et comme des traîtres à la cause de leur pays.

Sarkozy et Cameron justifient leur activisme en faveur d’une intervention militaire en Libye pour des raisons humanitaires, en l’occurrence la protection des populations civiles notamment celles de Benghazi contre la vengeance du colonel El-Khadaffi qui a promis de leur faire payer cher leur rébellion et leur révolte contre son autorité. Franchement, il faut être un imbécile pour croire aux soi-disant raisons humanitaires invoquées par les promoteurs de la résolution de 1973 et par leur volonté de protéger des populations civiles désarmées. Si Sarkozy, Cameron et Clinton étaient vraiment si soucieux de la protection des populations civiles, pourquoi n’ont-ils pas montré le même zèle et la même compassion pour les victimes des régimes répressifs au Bahrein et au Yémen qui n’hésitent pas à tirer sur des manifestants désarmés et à tuer sans ménagement tous ceux qui contestent le pouvoir en place ? Tous ces responsables occidentaux qui pleurent aujourd’hui dans les chaumières et qui se lamentent sur le sort des populations civiles en Libye, sont restés dans le passé de marbre quand l’entité sioniste massacrait les populations civiles en Palestine occupée et au Liban. On se souvient encore dans la foulée de la guerre du Gaza, le même Sarkozy qui s’active pour faire voter une résolution contre la Libye, a envoyé à l’époque une frégate en Méditerranée pour participer à côté de l’Egypte et d’Israël à la soi-disant surveillance de trafics d’armes en direction du Hamas mais dont l’objectif était aussi et surtout d’asphyxier la bande de Gaza pour obliger ses habitants à se révolter contre ce dernier.

Derrière l’activisme de Sarkozy et de Cameron pour une intervention militaire en Libye, il y a évidemment les arrières-pensées politiques de l’un et de l’autre. Pour le premier, cette crise libyenne est l’occasion pour se montrer sur la scène internationale et pour faire du marketing politique dans la perspective des élections présidentielles de 2012. Car, il faut rappeler que la candidature de Sarkozy est donné battu dès le premier tour devant Marine Le Pen et même sa candidature pour les prochaines élections est contestée au sein même de son propre camp. La crise libyenne apparaît alors comme un pari, une sorte de quitte ou double pour engranger des dividendes en vue des prochaines élections présidentielles de 2012. Quant à Cameron, la crise libyenne, c’est son premier baptême de feu en essayant de montrer à son opinion publique comme ce fut le cas pour Tony Blair que la Grande Bretagne peut encore jouer dans la cour des grands. La stratégie et les objectifs visés par l’un et l’autre sont en dernier lieu la chute du régime du colonel El-Khadaffi et son remplacement par un régime plus favorable et plus ouverts aux intérêts des capitalistes français et anglais.

Enfin, pour ceux qui ont encore quelques doutes sur le sujet, la crise libyenne vient confirmer l’idée que notre monde actuel entre dans une nouvelle phase de son histoire. Nous avons pu remarquer, notamment depuis les « révolutions arabes » qui balaient le monde arabo-musulman, que l’impérialisme américain est non seulement incapable d’intervenir pour infléchir le cours des choses dans le sens de ses intérêts mais qu’il a complètement perdu pied et qu’il n’est plus le maître de la situation imposant ses propres conditions politiques et économiques. Auparavant, les Etats-Unis étaient le meneur du jeu qu’ils imposaient à tout le monde en intervenant partout, envahissant là où ils voulaient et quand ils le voulaient sans demander quoi que ce soit, surtout pas la caution de l’ONU comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003, soit pour renverser des régimes hostiles à leur hégémonie planétaire soit pour soutenir des dictatures et des félons inféodés à leurs intérêts. À présent, les choses et la donne ont changé et le fait que ce ne sont plus les Etats-Unis qui mènent la danse dans la crise libyenne mais deux pays satellites de second rang, en l’occurrence la France et la Grande Bretagne, montre une fois de plus la mort cérébrale du capitalisme et par voie de conséquence celle de son rejeton naturel, l’impérialisme.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Libye, guerre, France, Grande Bretagne, impérialisme, capitalisme.

REFORMES AU MAROC:EFFETS D’ANNONCE ET COSMETIQUE POLITIQUE

mars 13, 2011

RÉFORMES AU MAROC :
EFFETS D’ANNONCE ET COSMÉTIQUE POLITIQUE

Pris de panique après les « révolutions » tunisienne et égyptienne et la révolte libyenne, les tyrans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord font feu tout bois pour retarder l’heure de leur déchéance en faisant du replâtrage institutionnel grâce aux conseils amicaux de leurs maîtres en Europe et aux Etats-Unis qui possèdent une longue et sacrée expérience dans ce que Alliot-Marie, l’ancienne ministre Française des Affaires poussée à la sortie pour ses relations d’affaires avec l’ancien président tunisien déchu, Ben Ali, la « gestion des foules ». Pour nous assurer que tous les tyrans du Moyen Orient et d’Afrique du Nord lisent bien le même manuel et la même table des matières, il suffit d’écouter leurs discours qui répètent tous les mêmes mots qui sont utilisés aussi bien par les rois du Maroc, de Jordanie d’Arabie Saoudite ou du Bahreïn que par le président yéménite et le président algérien. Ce qui est remarquable dans l’attitude de ces tyrans, c’est leur volte-face soudaine en devenant du jour au lendemain des « réformateurs » et des « démocrates » et en découvrant soudainement les vertus des réformes politiques et institutionnelles, alors qu’avant les révoltes des peuples arabes, personne ne les entendait parler ni de réformes ni de démocratie qui, faut-il le dire franchement, étaient et elles sont toujours le cadet de leurs soucis.

Les réformes institutionnelles du roi du Maroc sont présentées par les mass media de l’Occident capitaliste comme un remède miracle aux problèmes sociaux du peuple marocain, un événement majeur et elles inaugurent une nouvelle ère politique. Ce tapage médiatique autour des réformes du roi Mohammed VI n’est en réalité qu’une mise en scène, des effets d’annonce et de la cosmétique politique pour faire croire au peuple marocain et au-delà aux peuples arabes que quelques bricolages institutionnels et quelques replâtrages dans la sphère politique suffiraient pour résoudre leurs problèmes pressants qui sont le chômage, la misère et l’analphabétisme. La question que l’on se pose à cet effet, en quoi la modification de quelques articles dans la constitution marocaine ou le dessaisissement du roi de quelques pouvoirs insignifiants pourraient-ils contribuer à résoudre le problème de la pauvreté qui frappe plus que la moitié des marocains et celui de l’analphabétisme qui avoisine le 60% ?

Pourquoi donc tout ce tapage des mass media dans l’Occident capitaliste en général et en France et aux Etats-Unis en particulier, qui se transforment à l’occasion en simples représentants de commerce et en agents commis pour assurer le service après vente des réformes du roi du Maroc ? À cette question, il y a deux réponses possibles. La première réponse est que le Maroc représente un lieu hautement stratégique et une zone franche pour le capital transnational et pour les multinationales qui exploitent comme bon leur semble une main d’œuvre corvéable. Si ce sont les Etats-Unis et la France qui assurent le service après vente des « réformes politiques et constitutionnelles » de Mohammed VI, on s’en doute bien, c’est à cause de la présence massive d’entreprises et de multinationales américaines et françaises au Maroc. La deuxième réponse est le traumatisme subi par le monde capitaliste occidental suite aux deux « révolutions » tunisienne et égyptienne et qu’il cherche désormais désespérément à contenir la poussée révolutionnaire des peuples arabo-musulman et à éviter sa contagion à d’autres régions du pourtour méditerranéen et du golfe arabique.

Au fond, les réformes politiques et constitutionnelles du roi du Maroc sont des réformes en trompe-l’œil, des simples effets d’annonce et de la cosmétique politique concoctés par des grands cabinets américains et français spécialisés dans la communication et la manipulation psychique des masses. Les réformes politiques et constitutionnelles promises par le roi du Maroc et relayées dans l’Occident capitaliste à grands renforts médiatiques n’auront aucuns effets sur la vie quotidienne des victimes du capital et les problèmes majeurs de l’écrasante majorité du peuple marocain continuera à patauger dans la pauvreté et la misère La démocratie promise par l’Occident n’est que de la poudre aux yeux, car cette démocratie à l’occidentale n’est autre chose qu’une technique de gouvernement assez astucieuse pour cacher les mécanismes de l’exploitation capitaliste et pour faire participer les exploités et les victimes du capital, avec leur propre consentement, à la gestion de leur propre exploitation et à celle de leur propre domination politique, économique et sociale.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Maroc, réformes, capitalisme, manipulation politique

ERE DES REVOLUTIONS:LE COMPTE A REBOURS A COMMENCE

mars 10, 2011

ÈRE DES RÉVOLUTIONS:
LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

« Ce texte est ue version abrégée d’un article qui sera publié sur notre site internet à partir du 19 mars. »

Comment expliquer les « révolutions arabes » et la montée des contestations sociales et politiques dans le monde arabo-musulman ? Cette question est d’une importance capitale, car pour y répondre correctement, il faudra impérativement abandonner le terrain de l’empirisme simpliste qui envahit le monde actuel au profit d’une approche dialectique des événements qui secouent actuellement la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. À écouter les sirènes de la propagande politique dans l’Occident capitaliste, les convulsions moyen-orientales expriment les aspirations des peuples arabes et musulmans à une démocratie à l’occidentale. Non seulement, cette affirmation est fausse mais elle recèle au fond une pensée foncièrement raciste et un ethnocentrisme exacerbé propre à un Occident qui s’érige en modèle pour les autres peuples de la planète considérés, pour reprendre un terme à connotation ethnologique et anthropologique, comme des peuples « sans histoire », des peuples mineurs incapables de penser par eux-mêmes, de choisir leur propre voie et d’inventer leur propre modèle politique et les institutions qui correspondent le mieux à leurs propres aspirations. La volonté de George Bush de faire du Moyen Orient un havre de démocratie et sa guerre contre le régime de Saddam Hussein sous le prétexte fallacieux d’instaurer un régime démocratique dans ce pays témoignent si besoin est de la persistance de ce fonds raciste et ethnocentriste de l’Occident capitaliste. Sans doute, dix ans après l’invasion de l’Afghanistan et huit ans de l’Irak, les peuples arabes qui se soulèvent aujourd’hui en masse contre leurs tyrans et les régimes soutenus et aidés par l’Occident capitaliste, ont-ils eu le loisir et le temps nécessaire pour voir et constater de visu à quoi rime la démocratie à l’Occidentale.

Pour mieux comprendre la portée des événements du Moyen Orient et les soulèvements en masse des peuples arabo-msulman, on ne peut pas faire l’impasse d’un système qui dure depuis deux siècles et qui a bouleversé de fond en comble la vie matérielle des hommes, en l’occurrence le mode de production capitaliste et son rejeton, l’impérialisme. Disons d’emblée, le système capitaliste, comme tout organisme vivant, est un système qui a fait son tems et qui arrive aujourd’hui à la fin de son cycle naturel et il est tout à fait normal qu’il meure de sa mort naturelle, car rien dans notre monde d’ici-bas n’est éternel. La féodalité n’est-elle pas morte après presque mille ans d’histoire ? Vu sa nature intrinsèque et son mode de fonctionnement, Il est d’ailleurs étonnant que le capitalisme, un système contre nature, ait pu survivre à toutes les crises et à toutes les convulsions qui ont émaillé son histoire. Si vous lisez ou si vous écoutez les discours des classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis depuis deux cents ans, celles-ci n’ont qu’n seul mot à la bouche, la crise. Puisque le capitalisme est un système en crise permanente et endémique, à quoi bon s’accrocher à un système qui dure depuis plus de deux siècles ? Les hommes sont –ils sado-masochistes à ce point pour perpétuer un tel système mortifère ?
On comprend aisément le désespoir et le désarroi de tous ceux qui s’accrochent à un système qui rend son âme, qui ne réalisent pas que le capitalisme est fini et qu’il ne faut pas s’attendre à un miracle de dernière heure pour retarder sa fin promulguée. Annoncer la mort du capitalisme n’est pas un événement extraordinaire dans la vie des hommes, car elle est conforme à la dure loi de l’évolution, au principe de la négation dialectique qui veut que toute chose recèle en elle-même les facteurs de sa négation, et que les anciens organismes soient remplacés par de nouveaux organismes. Mais un organisme ancien ne disparaît jamais, sa disparition signifie tout simplement sa transformation en une autre chose et sa transformation ne s’opère jamais dans un néant absolu. Sans négation des choses anciennes, point de changements tant qualitatifs que quantitatifs, point de vie, point de sociétés. La négation est donc une étape incontournable et ce n’est qu’après l’étape de cette négations, c’est-à-dire lorsque la chose nouvelle a remplacé l’ancienne, que l’évolution peut se produire.

La période historique dans laquelle nous entrons aujourd’hui ou plutôt nous sommes entrés depuis trente ans, ressemble à bien des égards à l’ère des révolutions qui a suivi la révolution française, qui a duré environ cinquante ans et qui a permis en fin de compte à la bourgeoisie de mettre en place les structures de sa société de classe et de se consolider. Nous nous trouvons à présent dans la même configuration historique qu’il y a deux siècles mais à la différence de l’ère des révolutions du début du XIXème siècle, le monde s’achemine non pas vers une démocratie à l’occidentale, c’est-à-dire une mascarade et une technique bien commode pour maquiller l’exploitation capitaliste mais vers un monde nouveau fondamentalement différent de celui dans lequel nous avons vécu jusqu’ici. Dire que les « révolutions arabes » traduisent les aspirations des peuples arabo-musulmans à une démocratie à l’occidentale comme le claironnent les sirènes de la propagande capitaliste occidentale, est tout simplement un non sens logique et historique, car cette affirmation est contraire à la tendance générale du mouvement et à tous les lois et principes régissant le monde de la nature et de la société, à savoir la loi de l’évolution, la loi de la conversion réciproque entre le changement quantitatif et le changement qualitatif, la double négation ou le mouvement ascendant en spirale et enfin la loi du remplacement de l’ancien par le nouveau.

Les classes dominantes dans l’Occident capitaliste savent pertinemment que ce qui est arrivé hier à leurs créatures arabes, les Ben Ali, les Moubarak, les Kadhafi, peut leur arriver du jour au lendemain, qu’ils ne sont de ce fait nullement immunisés contre un retournement de situation et qu’ils peuvent être à leur tour balayés par des révoltes populaires semblables à celles qui se déroulent actuellement dans le monde arabo-musulman. Une révolte peut survenir à tout moment et elle peut rapidement dégénérer en révolution dès le premier mort en sachant pertinemment qu’une révolution n’est pas quelque chose que l’on programme à l’avance autour d’un dîner, dans les coulisses, dans les antichambres ou dans des réunions de cellules. Une révolution est comme un volcan, peut éclater à n’importe quel moment sans prévenir, face à laquelle les classes dominantes et exploiteuses ne peuvent rien faire et cela malgré les moyens répressifs, policiers et militaires dont elles disposent.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : révolution, capitalisme, crise, dialectique

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPERIALISME DANS LE MONDE ARABE

février 22, 2011

LA « CHUTE DU MUR » DE L’IMPÉRIALISME DANS LE MONDE ARABE

Désormais, il n’est plus possible d’écrire un article sur les événements dans le monde arabe sans penser à toutes les victimes de répression qui sont tombés hier en Tunisie, en Egypte et qui tombent aujourd’hui par centaines en Libye, et sûrement celles qui tomberont demain au Yémen, au Bahreïn, au Maroc, en Algérie etc. Ce n’est pas encore fini car les révoltes héroïques des peuples arabes qui éclatent un peu partout contre leurs gouvernements fantoches, produit du colonialisme et de l’impérialisme, ne sont plus une question de jours mais une question d’heures. Avec la répression féroce dont le peuple libyen est aujourd’hui la victime, on pensait que les atrocités et l’utilisation d’armes chimiques prohibées par la Convention de Genève contre les populations civiles palestiniennes et libanaises étaient une spécialité israélienne et sioniste. Et bien non, le bombardement des tripolitains par l’aviation et le recours à des mercenaires africains pour réprimer sauvagement la révolte du peuple libyen, au vu des images présentées par la chaîne arabe Aljazeera, montrent si besoin est que Sharon, Olmert, Ben Ali et Moubarak sont des apprentis sanguinaires à côté de Muammar Kadhafi.

Revenons à présent à une analyse sommaire des événements qui secouent le monde arabe en commençant d’abord par un scénario. Imaginons un seul instant que les milliers de morts et de blessés tunisiens, égyptiens, libyens, yéménites, bahreïnis, marocains etc soient des victimes chinoises, cubaines ou nord coréennes. Dans ce cas là, nous aurions bien évidemment assisté à une véritable hystérie médiatico-politique dans les pays capitalistes et à un matraquage continu 24H sur 24H sur la répression des régimes communistes, comme ce fut le cas jadis lors du coup d’état de Jaruzelski en Pologne en décembre 1980 ou de Tienanmen en Chine en juin 1989, l’invention des charniers fictifs à Timisoara avant la chute du régime communiste. On se rappelle encore que, pour liquider le régime communiste roumain, les pays impérialistes inventent de toutes pièces les charniers de Timisoara et donnent des interprétations tendancieuses du massacre de Katyn durant la Seconde guerre mondiale. On se souvient aussi que pour démanteler l’ex-Yougoslavie, la propagande politique capitaliste orchestrée par les Etats-Unis et leurs satellites européens invente des massacres et des génocides de populations civiles par les méchants serbes et par le méchant Milosevic. En revanche, nous assistons aujourd’hui à un phénomène inverse et à un retour du balancier, où ce sont des régimes alliés des Etats-Unis et de l’Europe qui sont en proie à des contestations populaires et qui sont en train de tomber comme les pièces de domino les uns après les autres. À leurs alliés dictateurs dans le monde arabe, les Etats-Unis et leurs satellites européens demandent seulement un « usage modéré » de la force et de la violence policière et armée. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe disent à leurs pions les dictateurs du Moyen-Orient de tuer petit à petit, disons par paquet de 10 personnes au lieu de cinquante ou de cent personnes à la fois, pour ne pas créer un choc au sein des opinions publiques internationales. Pour traiter les révoltes dans le monde arabe, les mass media capitalistes en Europe et aux Etats-Unis pratiquent la politique de l’esquive et de la désinformation en occultant le soutien inconditionnel militaire et politique de leurs pays à leurs créatures moyen orientales et en maquillant la nature et la portée des révoltes comme si c’étaient des mouvements de contestation pour l’instauration et l’imitation servile d’une parodie de démocratie capitaliste. Les peuples arabes en révolte contre leurs régimes répressifs veulent-ils réellement des constitutions, des partis politiques et des journaux ou plutôt du pain et du travail ? Si l’on essaie de dresser une photographie des mouvements de révolte contre les régimes en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Libye et demain en Jordanie et au Maroc, on s’aperçoit vite que la démocratie à l’occidentale est le cadet des soucis des manifestants et des révoltés qui sont en réalité des exploités, des spoliés vivant avec moins d’un dollar par jour et victimes d’un système et d’un mode de production, synonyme de misère et de pauvreté, le capitalisme.

Quand les mass media et les classes dominantes en Europe et aux Etats-Unis interprètent à leur manière les mouvements de révolte dans le monde arabe, il faut traduire en ces termes, impérialisme agonisant dans le centre cherche désespérément de nouveaux pions pour remplacer ceux qui ont été chassés par leurs peuples avec pour mission: continuer le travail des dictateurs déchus mais sous d’autres formes.

Le vent de révolte qui souffle aujourd’hui au Moyen-Orient et en Afrique du Nord constitue à bien des égards un tournant non seulement dans l’histoire de cette région du monde mais dans l’histoire de l’humanité tout entière. C’est en effet la fin d’un cycle et le début d’un autre, la fin d’un système qui agonise et qui meurt lentement de sa mort naturelle et le début d’une nouvelle période marquée par des incertitudes et des convulsons. Ceux qui sont allés un peu vite en besogne en annonçant la fin du monde et de l’histoire avec la fin de la « guerre froide » et la dislocation du bloc communiste en ont pour leurs frais, car, ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen Orient, ce sont d’une part les symptômes pathologiques de l’agonie et de la mort du capitalisme et la déconfiture du système impérialiste et d’autre part le début d’une nouvelle ère historique inaugurée par les luttes des peuples arabes, n’en déplaise au néocon Bernard Lewis, qui sont les véritables fossoyeurs d’un système qui domine le monde depuis plus de cinq siècles, depuis la découverte par Colomb de l’Amérique en 1492. Pour terminer cet article, nous voudrions reproduire cette prophétie de l’historien marxiste Immanuel Wallerstein qui écrit ceci « Fukuyama nous dit que la fin de la guerre froide, c’est la fin de l’histoire. Bien au contraire ! Les conflits profonds ne font que commencer. Les cinquante ans qui viennent seront la période d’une transformation profonde du système-monde dans lequel nous nous trouvons et autour de laquelle il y aura une lutte assidue, sans doute féroce, et d’une issue incertaine. La chute des régimes communistes ne marquait pas le triomphe du libéralisme mondial mais plutôt l’annonce de sa déchéance définitive » dans « l’histoire continue », éditions l’aube, 2005, première édition 1999.p.7.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : monde arabe, révoltes, révolution, capitalisme, impérialisme

LE MONDE CAPITALISTE EST SONNE

janvier 29, 2011

RÉVOLTES TUNISIENNE ET EGYPTIENNE :
LE MONDE CAPITALISTE EST SONNÉ

En l’espace de quinze jours, le monde capitaliste occidental a connu deux révoltes successives en perdant d’abord le régime fantoche de Ben Ali en Tunisie et un autre en Egypte qui est en train de vaciller sur ses pieds et de vivre ses derniers jours avant sans doute d’être balayé par des émeutes populaires. Les trois jours de « colère » en Egypte ont causé pour le moment une quarantaine de morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers d’arrestations sans parler de tous les dégâts matériels, incendies dans les bâtiments publics et dans les différents sièges du parti National dirigeant, pillage de magasins, désertion de soldats et de policiers etc. À n’en pas douter, ces deux tremblements de terre qui frappent quasi simultanément deux régimes fantoches considérés comme deux pions importants pour les Etats-Unis et l’Europe, pour le capital transnational qui exploite honteusement une main d’œuvre docile et bon marché et pour les bourgeoisies compradore de la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord ont entraîné un changement immédiat dans la météo du capital puisque depuis les manifestations de « colère » en Egypte, les bourses mondiales ont plongé en clôturant en forte baisse et une ruée vers l’or.

Comme, lors de la révolte tunisienne où le pouvoir en place avait manœuvré jusqu’au bout pour étouffer la colère de la rue, on assiste aujourd’hui à une répétition générale, à un un remake avec le même scénario en Egypte où Hosni Mubarak et sa clique cherchent désespérément à juguler les protestations de « colère » contre son régime en proposant dans son discours démagogique un changement de gouvernement et des réformes et des promesses mais il est fort à parier qu’il est trop tard pour arrêter un mouvement et une jeunesse désespérée décidées à en découdre une fois pour toutes. Le problème principal auquel se trouve confronté actuellement le gouvernement égyptien et d’ailleurs tout pouvoir en place, est la manière de retourner une situation explosive et incontrôlable en sa faveur en divisant les rangs des manifestants et des protestataires. Comme pour la Tunisie de Ben Ali où la France a cherché à sauver le régime de son allié et protégé en dépêchant sur place des experts spécialisés dans « la gestion des foules », aujourd’hui, les Etats-Unis font de même, car , tout en invitant publiquement le gouvernement égyptien à laisser les manifestants s’exprimer et à faire entendre leurs voix dans les rues, ils échafaudent, avec la collaboration de hauts responsables politiques et militaires égyptiens et israéliens, des « plans de sauvetage » du régime de leur allié et protégé, pour venir à bout de la révolte. D’ailleurs, la première mesure concrète qui figure dans les « plans de sauvetage » états-uniens du régime de Mubarak et visant à une meilleure « gestion des foules » égyptiennes, concerne fatalement les nouvelles technologies de l’information, Internet, les réseaux sociaux de Facebook et Twitter, le téléphone portable et mine de rien, les téléphones fixes et cela dans le but d’empêcher les protestataires de la « colère » de se communiquer entre eux leurs mots d’ordre et leurs stratégies de mobilisation et de mouvement. Cette mesure de contrôle des nouvelles technologies de l’information par le pouvoir en place s’avère périlleuse et incertaine, et elle peut être ou non efficace selon les circonstances, car si elle a réussi en Iran à étouffer les contestations sociales et politiques nées dans la foulée de la réélection d’Ahmadinejad, elle a en revanche lamentablement échoué en Tunisie et cet aveu d’échec apparaît dans le dernier discours de Ben Ali avant de prendre la fuite quand il a décidé d’accorder à la jeunesse tunsiienne la « pleine liberté » de l’Internet. L’échec du gouvernement égyptien semble patent puisque la coupure d’Internet et des téléphones mobiles le jeudi soir n’a nullement empêché la mobilisation des foules dans les grandes villes après la prière de vendredi.

Victime de son manichéisme et d’un esprit borné, le monda capitaliste cherche une fois de plus, comme lors de la révolte tunisienne, à noyer le poisson en attribuant la cause et les racines de la révolte égyptienne à un problème politique, à la soi-disant absence de démocratie et de réformes politiques. Il faut rappeler à toutes fins utiles que ce qui se passe aujourd’hui en Egypte n’a aucun rapport avec la soi-disant démocratie et liberté d’expression et il n’est nullement le résultat d’un manque de réformes ou d’un quelconque immobilisme politique de la part du pouvoir en place. Bien au contraire, la pauvreté et la misère qui frappent la moitié des égyptiens avec un dollar par jour ont été aggravées par l’instauration en Egypte d’un capitalisme sauvage et par la mise en œuvre d’une politique sauvage de privatisation tous azimuts menée par le propre fils de Hosni Mubarak, Jamal, sans doute sous la pression des bailleurs de fonds égyptiens, du capital transnational et des gouvernements capitalistes des Etats-Unis et d’Europe. C’est cette politique archéo-libérale qui a aggravé une situation économique déjà désastreuse et qui a entraîné un élargissement du fossé entre les plus riches et les plus pauvres. La propagande politique capitaliste cherche à manipuler les opinions publiques tant en Occident que dans les pays arabes en attribuant les racines des révoltes tunisienne et égyptienne à l’absence de démocratie et de liberté d’expression dans ces deux pays. Nous le savons tous, la démocratie et la liberté d’expression, ces chantres de l’Occident capitaliste, c’est tout simplement de la foutaise et une histoire à dormir et ceux qui les prennent pour argent comptant, et ils sont, il faut le dire franchement et sans détour, soit des illuminés soit des imbéciles. Pour les révoltés de la Tunisie et de l’Egypte, la démocratie, ce poncif de la propagande politique, est le cadet de leurs soucis, car ce qu’ils veulent avant tout et ce qu’ils cherchent à obtenir, ce n’est pas du bla bla et du vent mais du pain et du travail.

En guise de conclusion, il faudra dire pourquoi le monde capitaliste a perdu son latin avec les deux révoltes tunisienne et égyptienne. D’abord, ces deux révoltes l’ont pris de court et elles ne figuraient nulle part dans l’agenda du capital transnational qui a investi massivement dans la Tunisie de Ben et dans l’Egypte de Hosni Mubarak, deux régimes fantoches qui étaient considérés comme des dictatures assez sûres pour la prospérité des affaires et deux dictateurs perçus comme le meileur rempart et la meilleure garantie pour maintenir en coupe réglée les classes exploitées de leurs pays. Ensuite, avec ces deux révoltes presque simultanées, le monde capitaliste ne réalise pas qu’il change d’époque, celle de l’agonie d’un système et d’un mode de production qui ont fait leur temps et qui vivent aujourd’hui leurs derniers jours. A cet égard, les deux révoltes tunisienne et égyptienne, ainsi que les autres révoltes en gestation, sont loin d’être des troubles passagers liés à des simples dysfonctionnements homéostatiques inhérents à un régime politique mais les symptômes pathologiques d’un changement profond de paradigme, la dislocation du système impérialiste qui se révèle désormais incapable désormais de maîtriser et de dominer ses contradictions internes. Les conditions objectives qui ont donné naissance aux deux révoltes tunisienne et égyptienne sont identiques à celles qui ont permis aux bolcheviques de réussir leur révolution en 1917 et à Mao d’instaurer le régime communiste en Chine.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Egypte, Tunisie, révolte, capitalisme, impérialisme, démocratie.

LA NOUVELLE CUISINE POLITIQUE EN TUNISIE

janvier 22, 2011

LA NOUVELLE CUISINE POLITIQUE EN TUNISIE

Il ne faut pas être un grand expert en politique et un fin observateur de la politique internationale pour deviner ce qui se trame aujourd’hui dans la Tunisie de l’après Ben Ali. Il faut dire que le monde capitaliste occidental a été pris de court et il ne s’attendait pas vraiment à ce coup de poker tunisien, car le régime semblait jouir d’une stabilité parfaite depuis 23 ans et le pantin en place convenait parfaitement au capital transnational, notamment le capital français et américain, puisqu’il gérait en bon père de famille ses intérêts moyennant une rémunération substantielle et une fortune personnelle de 4 miliards de dollars et à 8 milliards de dollars avec celle d’autres membres de la famille de sa femme. La question de la retraite de Ben Ali et de sa famille ne se pose donc pas. A l’origine des « malheurs » de Ben Ali et de son régime fantoche, il y a le jeune diplômé Mohamed Bouazizi, le jeune qui s’est immolé par le feu le 17 décembre 2010, à l’origine de ce qui est convenu d’appeler la révolte tunisienne, mort avant de voir la fin du régime, qui a changé la donne en créant un vide politique que les néo colonisateurs de la Tunisie et leurs pantins autochtones cherchent aujourd’hui à combler par tous les moyens. Qu’ont-ils trouvé au fait pour remplacer rapidement le régime défunt de Ben Ali ?

Après le départ de Ben Ali, les néo-colonisateurs capitalistes et leurs pantins autochtones ont voulu parer au plus pressé en mettant en place un gouvernement dit de transition composé d’anciens membres du régime défunt. Mais ils ont vu que cela ne marchait pas et ne suffisait guère à calmer la colère des foules et à éteindre la flamme de la révolte. Mais comme les néo-colonisateurs capitalistes et leurs pantins autochtones sont des gens pragmatiques à cause des intérêts colossaux qui sont en jeu, ils sont en train d’inventer de nouveaux ingrédients pour leur nouvelle cuisine politique. Quelle est cette nouvelle recette miracle pour la Tunisie de l’après Ben Ali ? Elle est très facile à deviner et elle est vite trouvée : la carte islamiste.

La carte de l’islamisme dans la Tunisie de l’après Ben Ali convient parfaitement à la nouvelle situation politique inédite dans un pays épargné jusqu’ici par le virus de l’islamisme intégriste. Mais comme les néo colonisateurs et leurs pantins autochtones sont des gens lucides et visionnaires, la carte islamiste leur va comme un gant, car elle est la seule solution possible dans l’état actuel pour pérenniser l’ancien régime sous d’autres formes mais avec de nouveaux clones de Ben Ali et de nouvelles marionnettes autochtones qui font parfaitement l’affaire, c’est-à-dire sauvegarder au mieux les affaires du capital transnational. Cet recours à l’islam politique dans la Tunisie de l’après Ben Ali n’est pas une exception à la règle mais il a toujours été l’arme historique du capitalisme et de l’impérialisme qui ont fait de l’instrumentalisation du religieux à la fois un principe et une méthode de gouvernement soit pour sauver des intérêts menacés soit pour perpétuer la domination du capital sur l’ensemble de la société.

L’INSTUMENTALISATION DU RELIGIEUX PAR LE CAPITALISME ET L’IMPÉRIALISME

C’est une banalité de dire que les intégrismes, musulman, chrétien et juif, sont et ils ont toujours été du pain béni et les alliés objectifs du capitalisme et de l’impérialisme. Ce n’est pas le lieu ici de démontrer le bien fondé de cette thèse mais l’histoire est truffée d’exemples montrant d’une façon indéniable comment le capitalisme et l’impérialisme ont instrumentalisé les religions pour arriver à leurs fins. Pour commencer on peut dire que tous ces États croupions du Moyen-Orient qui se disent indépendants et qui sont aujourd’hui les gendarmes de l’impérialisme dans cette région du monde ont été créés de toutes pièces par les anciennes puissances coloniales anglaise et française en recourant au principe bien connu « diviser pour régner » et à la stratégie de l’instrumentalisation du religieux et de l’exacerbation des sentiments religieux pour dépecer l’empire Ottoman.

Nous n’allons pas refaire toute l’histoire mais prenons quelques exemples pour situer cette proximité idéologique et cette alliance politique objective entre capitalisme,impérialisme,intégrisme(tous les intégrismes). La Russie a réussi à séparer les minorités slaves de l’empire ottoman en créant des petites principautés chrétiennes suite à la guerre qui fit rage dans les Balkans en 1878. En 1860, pour détacher la Syrie et le Mont Liban de l’empire Ottoman, la France avait provoqué une (première, oui une première) guerre civile entre druzes, musulmans chiites de Syrie et les chrétiens maronites du Mont Liban. Bien avant la solution finale d’Hitler, l’intégrisme juif a été provoqué et encouragé en sous main à la fin du XIXème siècle par les pays européens pour se débarrasser d’une partie de leurs populations d’origine juive en les incitant à partir « ailleurs » dans un premier temps en Ouganda et ensuite, « manque de pot » pour les palestiniens en Palestine te ce n’est pas hasard que le Moyen Orient est devenu le « foyer national juif » et la nouvelle destination du « peuple élu » quand on sait les énormes ressources pétrolières que recèlent les sous-sols de cette région du monde. Pour faire imploser l’ex-Yougoslavie, l’impérialisme américain et ses satellites européens ont provoqué une guerre civile et religieuse entre les différents peuples de la fédération yougoslave.

Bien avant de créer Ben Laden et ses acolytes et bien avant de mener leur croisade anticommuniste en Afghanistan, les Etats-Unis et l’Occident capitaliste avaient déjà suscité et encouragé en sous main le fondamentalisme religieux musulman à la fin des années 1960 en Arabie Saoudite et au Pakistan qui, pour lutter contre le marxisme « athée » dans le monde arabo-msulman, ont créé en 1969 l’OCI ( Organisation de la Conférence Islamique) qui groupe aujourd’hui 56 Etats et avait et continue à financer des écoles coraniques et des mouvements intégristes un peu partout dans le monde arabo-musulman. L’ennemi communiste n’existant plus, l’intégrisme musulman a été recyclé par l’idéologie capitaliste et l’impérialisme pour devenir aujourd’hui un moyen d’abrutissement des masses, un enjeu dans la lutte politique capitalistes et un moyen de diversion pour masquer les questions essentielles engendrées par un capitalisme agonisant que sont le chômage de masse, la misère et la pauvreté et les solutions misérabilistes qui leur sont affectées, charité, associations caritatives, soupe populaire etc.

La propagande politique officielle focalise les regards sur le seul intégrisme musulman et sur les sectes, la scientologie etc mais elle passe sous silence, après tout c’est son rôle, l’intégrisme chrétien instrumentalisé à bon escient par le capitalisme et l’impérialisme. À force d’être abreuvé à longueur de journée de benladeneries, on oublie l’existence de tous ces réseaux et de tous ces mouvements intégristes chrétiens qui travaillent dans l’ombre et qui ont été créés et encouragés par les États capitalistes pour lutter contre le marxisme, le communisme athée mais aussi contre d’autres religions, notamment la religion musulmane. Curieusement, les mass media n’évoque jamais le cas de ce célèbre intégriste que fut le pape Jean Paul II qui avait joué un rôle déterminant dans la renaissance de l’intégrisme chrétien et des partis d’extrême droite non seulement jadis et aujourd’hui dans l’Europe de l’Est mais aussi dans l’Europe de l’Ouest et qui est considéré à juste titre comme le fossoyeur du bloc communiste. La propagande capitaliste ne dit pas un mot sur les intégristes chrétiens de l’Opus Dei, sur ceux de mouvement charismatique et la Légion du Christ qui sont l’équivalent des mouvements intégristes musulmans et qui forment les réseaux informels de propagande pour les partis de la démocratie chrétienne qui ont gouverné et qui gouvernent aujourd’hui certains pays européens. Ajoutons à cela les partis d’extrême droite en Europe qui sont en réalité des mouvements et des réseaux intégristes chrétiens, xénophobes et racistes, maquillés en partis politiques grâce à la complaisance et au soutien souterrain apportés par les Etats capitalistes et par l’impérialisme et dont le rôle consiste à lutter contre le communisme mais aussi contre les musulmans et la religion musulmane.

Aujourd’hui, avec l’irruption de la carte islamiste dans la Tunisie de l’après Ben Ali, nous sommes sûrs que derrière cette nouvelle cuisine politique, il y a la main invisible des néo-colonisateurs et de leurs marionnettes autochtones.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Tunisie, islamisme, intégrisme, religion, capitalisme, impérialisme.